PRÉFACE. XV
dérés dans les limites déterminées de leur propre sphère. Ce genre d'étude appartient aux sciences inférieures qui peuvent bien fournir à la philosophie matière à de nouveaux éclaircissements sans entrer pour cela dans son intime constitution; elles peuvent la rendre plus parfaite extensive mais non pas intensive. La philosophie a son point de départ dans les faits généraux qui se manifestent d'eux-mêmes aux sens et à la conscience et auxquels elle applique la lumière des vérités intellectuelles étudiées dans leur valeur ontologique. Une pareille science emploie comme instruments l'observation attentive de tout ce que la nature offre à la méditation du premier homme venu, une connaissance profonde et étendue des idées et des principes de la raison^ et^ par-dessus tout, cette puissante subtilité d'esprit qui sait pénétrer, sur les plus légers indices, jusqu'à l'essence intime des choses, découvrir dans les effets apparents les causes les plus éloignées et les plus cachées, découvrir enfin, sous de simples analogies, les lois les plus universelles et les plus constantes de la nature. Elle réclame, en somme, une grande élévation d'esprit, une méditation profonde, un sincère amour de la vérité, fortifié par une connaissance pure et parfaite des dogmes révélés. Que peut avoir à faire en tout ceci une vulgaire question de chronologie ?
La raison suprême des choses, c'est Dieu, cause première, efficiente, exemplaire et finale de toutes les créatures. Or, Dieu est relié, pour ainsi dire, avec l'ordre de la nature tout entier et avec chacune de ses parties. Pour s'élever jusqu'à lui et contempler ses perfections souveraines, point n'est besoin