‹ Traité de la connaissance intellectuelle d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 11 sur 62 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

de s'attacher à la découverte de faits plus ou moins extraordinaires ou à l'invention de nouveaux instruments. Après Dieu, la cause la plus élevée des phénomènes créés c'est, sans aucun doute, l'âme humaine, principe de vie dans cet être, noble entre tous, pour qui a été fait l'univers visible qu'il possède comme son royaume. Or, nous arrivons à la connaissance de l'âme humaine par la réflexion sur nous-mêmes ; connaissance d'autant plus parfaite que nous savons mieux nous concentrer en notre propre conscience et en pénétrer les plus secrets replis par une subtile et profonde analyse. Enfin, les causes les plus élevées des phénomènes restreints aux conditions matérielles de l'espace et du temps, sont les essences intimes et spécifiques des choses. De ces essences découlent, il est vrai, des propriétés cachées et des faits qui nécessitent des recherches longues et difficiles; mais, de la même source dérivent également nombre de phénomènes que nous révèle en toute clarté une expérience facile et quotidienne. L'absence de ces moyens, dont la science actuelle est si riche, pour l'exploration de la nature matérielle, ne pouvait donc en aucune façon empêcher ni fausser dans une époque plus reculée, la contemplation de l'objet propre et formel de la philosophie.

Une deruière difficulté reste à résoudre, qui se présente sous des apparences assez spécieuses. A supposer, dira-t-on, que les éléments d'une doctrine purement philosophique se soient rencontrés à l'état parfait dans les temps passés, il n'en resterait pas moins vrai que son développement et les innombrables applications de ses principes ne

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