‹ Traité de la connaissance intellectuelle d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 9 sur 62 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

folie à concéder que la philosophie de saint Thomas est vraie et à la déprécier en même temps, sous prétexte qu'elle est trop vieille. Cette raison la devrait rendre, au contraire, plus acceptable et digne de vénération ; car c'est pour elle une preuve de plus de sa ressemblance avec son divin exemplaire.

L'âge d'une doctrine pourrait en diminuer la valeur, seulement dans le cas où il serait pour nous un motif légitime de douter de son accord avec la vérité. Mais nous n'avons rien de pareil à craindre ici. Il ne s'agit pas, en effet, de ces sciences expérimentales qui nécessitent la recherche ou l'étude minutieuse de faits multiples et cachés et qui s'appuient sur des expériences dont le succès dépend de la perfection des instruments et des machines qu'elles emploient. 11 est clair que sur ce terrain, le travail des anciens devait se trouver imparfait, non par insuffisance de valeur intrinsèque, mais par pénurie de moyens. 11 serait parfaitement ridicule de prétendre revenir à Aristote et à ses commentateurs en matière de physique et de chimie, ou, en astronomie, à IHolémée et à Tycho-Brahé. Il ne s'agit point de tout cela dans le cas présent. Nous parlons ici de la doctrine rationnelle qui s'appuie tout à la fois sur les premiers principes de la raison et sur l'étude de phénomènes universels et communs qui ne sont point des produits artificiels, mais que la nature offre indistinctement à l'observation de tous les hommes. La philosophie, par là même qu'elle est une science universelle, ne relève point, dans ses théorèmes, de ces mille recherches de détail qui n'ont pour objet que des êtres particuliers, consi-

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