DU DÉVELOPPEMENT DE LA CONNAISSANCE HUMAINE
Je n'ai pas l'intention de traiter ici, avec toute l'ampleur qu'il mériterait, le sujet annoncé dans le titre de ce chapitre. Il faudrait y employer non des articles mais des volumes entiers. Je me propose seulement de toucher brièvement quelques-uns des points les plus importants de cette matière, et de tracer pour ainsi dire l'esquisse d'un tableau qu'un génie plus habile et plus fort se chargera de créer et d'embellir. Je cherche simplement, à la lumière des principes de saint Thomas d'Aquin, quelle marche suit le développement de l'intelligence dans la connaissance de ses divers objets, sans me préoccuper de la variété infinie des vérités qu'elle y découvre.
La première opération de notre esprit est l'analyse et non la synthèse.
225. Cette proposition n'est en réahté qu'un simple corollaire de la doctrine que nous avons exposée jusqu'ici. Si, en effet, la perception d'une essence constitue vraiment le premier acte de notre esprit dans la connaissance directe de la vérité, et si nous ne pouvons percevoir immédiatement une essence qu'à la con dition de l'abstraire des objets perçus sensitivement, il est clair que le premier exercice de notre activité intellectuelle ne peut être qu'une séparation, une analyse. Il ne sera pas superflu néanmoins de rappeler ici quelques-unes des explications déjà données dans le cours de cet ouvrage ; d'autaut plus que ce point capital est précisément celui qui sépare radicalement la