‹ Traité de la connaissance intellectuelle d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 5 sur 62 · PREFACE. IX · texte numérisé non relu

PREFACE. IX

les détails de construction d'une machine merveilleusement combinée, ainsi que l'usage et les proportions de toutes ses parties, si l'on ne connaît d'une certaine manière son organisation complète et la fin que doivent atteindre ses divers éléments d'après toute la pensée de son auteur?

Cette considération de l'ordre surnaturel est si nécessaire pour arriver à l'explication de la nature dans ses raisons les plus profondes, qu'il ne suffirait pas de s'y arrêter d'une manière quelconque : il faut encore la posséder dans un degré assez élevé de connaissance. L'on n'est parfait philosophe et guide sûr dans les régions les plus élevées de la science naturelle qu'à la condition d'être en même temps théologien ; je veux dire théologien capable de joindre à l'orthodoxie de la foi et à une pleine connaissance des dogmes une profonde intelligence des liens merveilleux qui, dans l'un et l'autre ordre, rattachent le monde à Dieu, et la pensée de l'homme à la pensée divine. De là cette fatale condamnation à l'imperfection dans les idées, et, souvent aussi, à des erreurs substantielles, qui pèse, dés l'origine, sur tous les systèmes modernes inventés dans l'intention préconçue de faire abstraction de l'ordre surnaturel, et présentés par des hommes ignorants de toute science sacrée, ou hétérodoxes dans la foi. Leur concept religieux étant faux ou incomplet, ils ne pouvaient aboutir au véritable et parfait concept philosophique; le vice de la foi faisait nécessairement ressentir son influence dans tous les ordres de la science. Aussi l'histoire de la philosophie ne fait-elle guère, en ces derniers temps, que mettre en évidence le peu de solidité de tous ces systèmes

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