‹ Traité de la connaissance intellectuelle d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 6 sur 62 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

ainsi que des alternatives répétées de victoires et de défaites dans la perpétuelle latte qu'ils se livrent entre eux.

S'il nous faut revenir à la doctrine des anciens pour la restauration d'une philosophie vraiment catholique, où trouverons-nous des sources plus pures et plus abondantes que les immortels ouvrages de l'angélique Docteur? Trois qualités me semblent tout spécialement requises pour le sujet qui nous occupe : sûreté de doctrine, étendue de la pensée, union intime avec les dogmes révélés. Que saint Thomas possède le premier de ces trois caractères, c'est ce que nous apprend une voix autorisée entre toutes et à laquelle aucun catholique ne peut refuser son humble soumission. D'un accord unanime, les Souverains Pontifes ont, de tout temps, honoré de leurs éloges la doctrine de ce maître éminent, sans cesser un seul instant d'en recommander instamment l'étude. Citons, entre beaucoup d'autres, le remarquable témoignage d'Innocent VI : « La doctrine de saint Thomas, dit-il, possède plus que toute autre, la Sainte Écriture exceptée, la propriété dans les termes, l'ordre et la mesure dans le développement, la vérité dans les opinions ^ de sorte qu'on n'a jamais vu dévier du chemin de la vérité ceux qui l'ont embrassée, et qu'on a toujours tenu pour suspect l enseignement de ceux qui l'ont combattue (1). » La sainte Eglise, dans l'acte le plus solennel de son culte, rend des actions de grâces publiques à Dieu, parce qu'il a bien voulu

{\) « Hujus doctrina prœ cœteris, excepta ranonica, habet proprietatem verborum, modum dicenlorum, veritatcm scntentiarum, ita ut nunquam qui eam tenuit, invenialur a veritatis tramite déviasse, et qui eam iinpu- (jnavit semper fuerit de veritate suspectus. » Bullarium ordinis Prtedicatorum, ïom. VUI.

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