DÉDICACE
A Monseigneur le duc de Moxtpensier (1), pair de France, prince souverain de Bombes et gouverneur de Normandie.
Monseigneur,
Le favorable témoignage qu'il vous a pieu de me rendre, par celle que vous m'avez fait cet honneur de ra'escrire, m'oblige de tant plus, que je sçay qu'il procède de vostre seule bonté, et non de mon mérite. Désirant vous faire paroistre combien je révère la faveur et bien-veillance d'un si grand Prince, j'ay trouvé n'en avoir pour le présent autre moyen, qu'en vous offrant des fruits de mon loisir. Entre lesquels je n'en ay point rencontré de plus digne de vous, que ce traité, qui porte titre de la Constance. Car Dieu vous ayant faitnaistre de la plus illustre maison du monde, vous a fait encore cette grâce que la vaillance, qui vous est héréditaire, ait receu la trempe d'une vertueuse institution : et que l'estude des lettres, et conversation des grans hommes, ait animé vostre courage à une vraie et solide vertu, de mesme façon que le chant Palladien de Timothée y eschaufoit celui de ce grand Alexandre. La calamité de nostre pauvre France vous a fourny d'un champ trop ample, a nostre grand regret, pour
(1) Henri de Bourbon, duc de Montpensier, mort en 1608 à trentecinq dns.