‹ Traité de la constance et consolation ès calamitez publiques, écrit pendant le siège de Paris de 1590, éditedChapitre 5 sur 12 · DÉDICACE · texte numérisé non relu

DÉDICACE

exercer vostre valeur : et vous a jeté au travers des dangers d'une funeste et lamentable guerre, dont vous avez rapporté de glorieuses playes, qui vous ont acquis de la louange, et de la seurelé à cet Estât. L'honneur, que vous avez mérité par tant de belles actions, se partage entre beaucoup de différentes vertus, qui toutes y demandent leur droit. Mais pour moi, j'estime fort cette magnanimité qui, en un âge encore tendre et parmi de si rudes secousses de la fortune, vous a tenu toujours l'esprit droit et innexible, vous conduisant aux combats avec le mesme visage que les victorieux en reviennent. Or, n'est-ce pas assez, Monseigneur, que vous ayez cette perfection : les Princes doivent leur exemple au peuple. Et pour ce, ayant entrepris par ce traité d'exhorter mes citoyens à la Constance, vous me devez, ce me semble, permettre d'inscrire vostre nom sur le frontispice de cet ouvrage, afin que ce soit une double exhortation : l'une par vostre image, qui reluira à la leste de ce discours, l'autre par les raisons diffuses par tout le corps d'icelui. Donc, avec la mesme bonté qu'il vous a pieu de m'obliger à vous, recevez, je vous en supplie, ce mien petit labeur, que je vous présente, non tant pour me desgager de ce que je vous doy, que pour vous consacrer par icelui tout ce que Dieu me donnera jamais et d'esprit et de vie. Je le prie de tout mon cœur.

Monseigneur,

^'ous donner aussi heureuse fortune qu'il vous a doué d'excellente vertu. De Paris ce 1"'" juillet 1594.

Vostre très liumble et très obéissant serviteur, G. Du Vair.

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