CAP. XXII
Ignaviœ latilulum aliquodquœri solereiii Fato. sed id deleclum. Fatum agereper caussas médias, eoque illas adhibendas. Quatenus auxiliari patria. quatenus non oporteat. Finis impositus primo lihro et sermoni.
Et sermouis pausam hic aliquam faciente Langio, alacrius erupi et interrupi ego : Si ventus hic diutius
(') Epictéte dans l'Euchiridion.
dissipe entièrement. Comme l'ortie pique quand on la touche légèrement, mais émousse ses pointes quand on la comprime avec force, de même l'âpreté delà douleur s'augmente si l'on y apporte des remèdes trop doux, mais elle .cède à une médication sérieuse et énergique. Or, il n'est rien de plus fort que laNécessité. Du premier choc elle enfonce et disperse ces faibles bataillons. Pourquoi donc éprouverais-tu de la douleur? Tu n'en trouveras aucun motif dans des choses qui non seulement peuvent, mais qui doivent forcément arriver. A quoi te sert la plainte? Tu peux te débattre contre ce joug céleste, tu ne peux t'en débarrasser. N'espère pas fléchir par tes plaintes les arrêts du Destin. Il n'est contre la Nécessité d'autre refuge que de consentir à ce qu'elle impose. Le plus excellent des Sages a dit excellemment : tu ne peux éviter la défaite qiien évitant le combat, car il nest pas en toi de vaincre'i^). Tel est le combat contre la Nécessité : qui entreprend de lutter contre elle, succombe : bien plus, c'est déjà avoir succombé que d'entreprendre cette lutte.