CHAPITRE XXII
On se plaint d'ordinaire que le Destin fournit un certaitb prétexte à la caresse : ce prétexte dévoilé. Que le Destin agit par les causes intermédiaires, et qtie celles-là on peut s'en servir. Jusqu à quel point il faut porter secours à la patrie, et quand il faut s'e?i alstenir. Fin de ce premier livre.
Langius ayant fait ici une pause, j'éclatai tout à coup et je l'interrompis avec vivacité : Si ce bon vent souffle encore quelque temps en poupe, je ne me vois
spirat à puppi, non pi'ocul mihi videar à portu. Audeo enim jam deum sequi, audeo nécessitât! obsequi : et videor cum Euripide posse dicere.
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^Estus tamen unus est turbidae cogitationis , qui me jactat : quem, Langi, siste. Si enimMalapublicaà Fato : nec vinci id potest aut vitari : quid ultra de patria aut pro eo laboramus ? cur non omnia rectori illi magno et indomito permittimus, et cedemus ipsi, quod dicitur, manibus compressis? nam tuo quoque concessu, vanum auxilium omne et consilium, adversantibus Fatis.
Langius renidens, Per contumaciam aut proterviam adolescens, inquit, à recto abis et à vero. Fatis hoc est obsequi, an oppedere et illudere? Sedebo, inquis, manibus compressis. Bene habet. vellem nunclabiis. Quis enim unquam tibi dixit, Fatum merumsolumque agere, sine média et auxiliante caussa? Libères tibi toUere fatum est : sed ita ut in uxoris tune horto prius feras. A morbo sanescere : sed hactenus, ut medicum adhibeas et fomenta. Simile hic. et servari hanc fluctuantem et mergentem patrise tuaenavem si Fatum est; hoc quoque Fatum, propugnari eam et defendi. Si ad portum pervehi vis, manum remis admoveas oportet, et vêla expandas : non otiosus captes et expectes ab alto vontiiDi. Al contra, si Fatum illam ipsam patriam tuam
pas loin du port. Déjà j'ose suivre Dieu. J'ose me soumettre à la Nécessité, et je crois pouvoir dire avec Euripide : Taime mieux lui offrir des sacrifices que de me mettre en colère et de regimber vainemeyit contre ses aiguillons, faible inortel combattant contre Dieu. Cependant, il y a encore dans ma pensée un bouillonnement confus qui m'agite. Insistez sur ce point, Langius : si les maux publics sont l'œuvre du Destin, et si celui-ci ne peut être ni vaincu, ni évité, à quoi bon lutter contre lui et travailler davantage pour la patrie ? Pourquoi ne pas tout abandonner à la gouverne de ce maître absolu et indomptable, et ne pas nous soumettre à mainsjointes devant lui? Vous convenez vous-même que tout secours et toute prudence sont inutiles contre le Destin.
Langius me répondit avec un sourire aimable : Jeune homme, l'esprit d'opposition et de controverse t'entraîne au delà du droit et du vrai. Est-ce là se conformer au Destin, ou l'attaquer et en rire? Tu dis que tu demeureras les mains jointes. C'est bien. Je voudrais que maintenant tu joignisses les lèvres. Qui jamais t'a dit que le Destin agissait purement et simplement par luimême, sans le secours d'une cause intermédiaire? Le Destin veut que tu élèves des enfants : oui, mais il faut d'abord que tu te sois uni à une épouse. Il veut que tu sois guéri d'une maladie; mais à la condition que tu verras un médecin et que tu suivras ses ordonnances. De même ici. En même temps que le Destin veut que le vaisseau de ta patrie, battu par la tempête, échappe au naufrage qui le menace, il veut que tu combattes pour elle et que tu la défendes. Si tu veux arriver au por(,
perire : fiisnt Fato videlicet ista quoque, quœ ad exitiiimliumana via ducant. Plebs cum proceribus, et inter se, erit discors, nemo parère gnarus, nemo imperare. streuui lingua multi, ignavi omnes opéra, denique iu ducibus ipsis non consilium, non tides.
Vere Velleius : Ineluctahilis falorwn vis, cujus fortunam mutare constituit, consilia corrumpié, Itemque : Quippe ita reshabet, iit plerumque qui fortimam mutaturiis est deiis, consilia corrumpat : efficiatque , quod est miserrimum, ut quod accidit, etiam merito accidisse videatur. Xec tamen illuc statim delabere, ut extrema fata urgere patriam tuain censeas. Qui enim nosti? et qui scis an concussio et commotiuncula hsec tantum sit, an ad interitum morbus^ Fer opem igitur, et quamdiu, juxta vêtus verbum, anima liuic œgro est, spera. Quod si jam certis clarisque indiciis fatalis mutatio apparebit : me quidem judice valebit [x>i Gso .m-aysiv. Et Solonis exemplum tuto bic ingeram : qui cum Athenas Pisistratus occupasset, videretque conatum omnem frustra esse pro libertate ; arma et scutum ante fores Curiaî ponens, o patria, m(imi, tibi et dictis et factis opitidatus siun .- atque ita domum abiit , in pos-