CHAPITRE X
Enfin que la Punition elle-même est lofine et salutaire, à C07isidérer Dieu^ et l'homme, et celui qiii est puni.
Mais la Punition s'adresse aux méchants, j'en conviens : cependant elle n'est pas mauvaise en elle-même.
Au contraire elle est bonne, d'abord en ce qui concerne Dieu, dont la loi éternelle et immuable de justice commande que les péchés des hommes soient corrigés ou supprimés. La correction amende ceux qui sont susceptibles de réforme : ceux qui n'en sont pas susceptibles, la Punition les supprime.
Elle est bonne, à un autre point de vue, si tu considères les hommes, dont la société ne pourrait se maintenir ni se perpétuer, si les violents et les scélérats pouvaient tout se permettre impunément. De même que le supplice du voleur et de l'assassin est nécessaire à la sécurité privée, de même la sécurité publique a besoin quelquefois de supplices éclatants et portant sur un grand nombre. Il est nécessaire que ces châtiments tombent en de certains cas sur les tjTans et les brigands qui ravagent l'univers , afin que ces exemples avertissent qu'il est un œil de la Justice à qui rien ti échappe, et afin qu'ils crient aux autres Rois et aux Peuples : apprenez à respecter la Justice et à ne pas tnépriser les Dieux.
La Punition est bonne encore, même à l'égard de ceux qu'elle frappe, parce que cette punition n'est pas proprement une vengeance ou un châtiment. Jamais ce
ut pie poëta impius ait ; sed non aliud quain cohibitio qusedam à scelere et repressio : et ut cum Grsecis signanter dica, xÔAac-!.;, àAA' oj T',;jLwp{a. Ut mors bonis clenienter ssepe immissa, ante scelus : sic desperate malis, in scelere. quod ita amant, ut nisi sectione ab eo non avellantur. Sistit igitur deus efFraenem illum cursum, et peccantes paratosque peccare bénigne tollit.
Denique pœna omnis bona, Justitiff" adspectu : sicut impunitas mala; quœ efficit ut diutius scelesti, id est, miseri vivant. Acute Boëtius : Feliciores esse improbos supplicia luentes, quani si nulla eos justitiœ pœna coërceat. et caussam dat, quia bonum aliquod iis accessit (pœna videlicet) quod in reliquo cumulo criminum non habebant.