‹ Traité de la culture du mûrierChapitre 16 sur 21 · DES MALADIES DES MURIER · texte numérisé non relu

DES MALADIES DES MURIER

Origine des maladies; symptômes et effets.

La majeure partie des maladies du mûrier ont leur source dans l'incurie ou la négligence des planteurs; celles surtout qui désolent nos plantations, et qui les déciment annuellement, n'étendraient pas leurs ravages si des soins bien entendus étaient donnés , et des précautions convenables étaient prises pour les prévenir.

Il en existe malheureusement d'une nature tellement grave qu'elles sont incurables; d'autres, dont les symptômes échappent aux yeux les plus clairvoyants. Ce n'est que lorsque le mal est sans remède que la maladie devient apparente , et l'arbre est frappé de mort avant que Ton ait pu deviner sa maladie.

Les précautions propres k prévenir le mal sont donc ce qu'il y a de plus important k bien observer. Ne rien négliger pour maintenir les arbres en bonne santé , est chose plus facile que de tenter des guérisons toujours trèsdouteuses.

Les plus graves maladies du mûrier sont , sans contredit, celles qui amènent le développement du champignon mucor aux racines et au bas de la tige. Ces maladies sont contagieuses et peuvent rapidement envahir une plantation entière. Leurs symptômes , que je décrirai ultérieurement, avertissent le planteur au moins six mois avant d'entraîner la mort de l'arbre. Le champignon mucor ne surgirait jamais si Ton se donnait la peine de le prévenir par des précautions convenables.

Avant de déterminer les causes auxquelles s'attribuent les diverses maladies qui affligent nos plantations, il est , je crois, important d'en faire ici la classification.

Les maladies des mûriers, comme toutes celles des grands végétaux , peuvent se placer dans deux catégories. Je nommerai les unes , maladies organiques , et les autres , maladies accidentelles.

J'entends par maladies organiques , celles qui amènent un dérangement général ou partiel dans le système d'existence de l'arbre , et dont la cause est indépendante du fait de l'homme , et tient ou k l'organisation primitive du sujet, ou au sol où il est planté, ou aux transitions atmosphériques; et par maladies accidentelles , celles qui résultent d'un accident quelconque survenu au mûrier, et contre lesquelles un remède immédiat peut agir avec succès; quelques-unes de ces dernières, néanmoins, peuvent dégénérer en maladies organiques , si un prompt secours ne s'y oppose pas.

Les maladies organiques sont : le rabougrissement , la pourriture des racines , la paralysie, les ulcères chroniques, la pleurésie et Y apoplexie.

Les maladies accidentelles qui, excepté les chancres blancs, dégénèrent toujours faute de soins , en maladies organiques, sont : Yasphixie , l'invasion des lichens , celles des larves et des punaises, la rouille, la jaunisse, les chancres blancs à la tige et aux branches , le chancre noir et les dégâts occasionnés par les rats.

La cure des maladies organiques originelles, ainsi que 'celle de certaines maladies accidentelles , est sinon impossible, du moins très-difficile. Ces maladies sont [dus faciles à prévenir qu'à guérir ; elles ont presque toutes leur origine dans le manque de soins , dans la cueillette des feuilles ou dans la taille opérée en temps inopportun. Celles, cependant, qui ont leur source dans l'organisation première du sujet , sont incurables. Si ce vice d'organisation vient de la graine ou de tout autre accident survenu au sujet dans son jeune âge , tel que le développement du chancre noir aux racines lors de sa transplantation , il vaudrait mieux arracher le mûrier et le remplacer par un autre bien portant, que d'en tenter la guérison. Uneeiistance grêle , un aspect rachitique et rabougri , puis une mort lente terminera son existence , et la place qu'il aura occupée sera empoisonnée pour son successeur.

Pour devenir [dus intelligible, j'ai pensé qu'il convenait de décrire une k une toutes les maladies dont j'ai fait plus haut la nomenclature , en commençant parleur symptômes, puis les causes qui les amènent, et les effets de ces causes, et en terminant par les moyens curatifs que l'expérience m'a démontré être les meilleurs.

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