‹ Traité de la danse. Grammaire de la danse et du bon ton à travers le monde et les siècles depuis le singe jusqu'à nos jours. 6341 danses ou pas différents et articles en tous genres sur la danseChapitre 166 sur 210 · TEMPS · texte numérisé non relu

TEMPS

TENUE

1 et la dansent selon le commandement ci-dessous, connu de tout le monde Au commandement : Passez sous les bras, le couple 1 exécute des chassés en passant sous les bras élevés du couple la, jusqu au couple 2a; le couple la jusqu’au couple .2; maintenant, 8 couples dansent selon le même commandement. ^ ,

Au 2e commandement : Passez, les couples 1 et la font des chasses jusqu’aux couples 3a et 3 et dansent maintenant comme vis-â-vis, la avec 3, 1 avec 3a, 2 ave.e 2a. . ,

Après chaque chassé, il s’ensuit un autre des couples 1 et la jusqu au prochain couple. Dès que les couples 1 et la ont dansé avec tous les couples vis-â-vis, ils sortent.

Ensuite le couple 2 danse avec tous les couples et sort. Maintenant, 8 couples seulement dansent et ainsi de suite. -Ainsi les couples 1 et la seulement les premiers dansent, s’arrêtent les premiers, et ainsi de suite jusqu’à ce que seulement 4 couples dansent à la fin ; 4 et 4a vis-à-vis, et aussitôt que ceux-ci ont exécuté le commandement, la tempête est finie.

8 mesures. Introduction et révérence ; 4 mesures. En avant et en arrière; 4 mesures. Changer les dames ; 4 mesures. En ayant et en arrière; 4 mesures. Changer les dames ; 4 mesures. Chassé-croisé (à droite).; 4 mesures. Rechasser (à gauche) ; 4 mesures. Moulinet par la main droite cavalier avec cavalier, dame avec dame; 4 mesures. Moulinet- par la main gauche; 8 mesures. Grand moulinet à droite, dames et cavalier bras dessus, bras dessous. Lès dames se donnent mains droites au centre ; 8 mesures. Grand moulinet à gauche, les cavaliers se donnant cette fois mains gauches au centre; 4 mesures. Demi-ronde à 4; 4 mesures. Demichaîne anglaise; 4 mesures. En avant et en arrière; 4 mesures. Passer sous les bras.

Pour 4 couples, les uns derrière les autres, on répète 8 fois, — Pour 3 couples, les uns derrière les autres, on répète 6 fois. — Pour 2 couples, les uns derrière les autres, on répète 4 fois.

TEMPS (Un). — On appelle un temps, généralement, une noirede musique, ou une croche qui correspond à un mouvement de pied que l’on appelle un temps; exemple : Glisser le pied droit, un temps, etc.

Ne pas confondre avec un pas composé qui renferme presque toujours au moins 1 mesure de 2 temps ou 4 croches. Les temps peuvent se faire sur toutes les mesures de musique, en activant ou en ralentissant les temps ou mouvements de pieds.

Il faut avoir l’ouïe, pour la liaison de toutes sortes de temps, à toutes sortes de mesures.

TENUE ET MAINTIEN- — Voyez, après lecture: Bon ton (Leçons de), Belles manières, Bienséance, p. 42 à 45. Voir aussi Education, p. 155. — S’il est indéniable qu’une tenue correcte soit de mise en toute circonstance, combien sera-t-elle plus indispensable dans les occasions où, comme dans les fêtes, dîners, bals et réceptions, l’on est exposé à l’attention de personnes qui étudient, analysent et cherchent à définir, à travers la tenue, le caractère et les qualités, les vices ou les défauts.

Ces derniers, hélas! n’épargnant personne, on devra s’appliquer à mettre, sans cesser de paraître naturel, ses qualités en évidence. C’est un art qui est loin d’être à dédaigner, que celui dont on peut attendre de semblables services. Aussi seront bien inspirés, ceux qui viendront au cours de danse, se familiariser avec la tenue et le maintien.

Rien n’étant absolu, la tenue varie nécessairement à "l’infini. J’ai étudié cette question sur toutes ses faces dans cet ouvrage spécial, dont letudeest à conseiller à ceux qui, en toutes circonstances, désirent être

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à la hauteur de la meilleure opinion. La tenue diffère suivant qu’on se rend en visite, au bal, à un mariage, à un baptême, à un dîner, à une fête, etc.

Le dit ouvrage n’est pas moins documenté à l’égard du maintien. Le maintien est une question extrêmement délicate de l’éducation. Chose curieuse, c’est peut-être dans tout ce qui se ramifie vers la chorégraphie, que le maintien donne les meilleurs résultats. Examinez dans un bal combien tout le monde s’applique à être correct. Voyez combien les messieurs sont galants et empressés auprès des dames. Remarquez aussi avec quel tact et quelle gaieté, celles-ci savent accepter tous les compliments, sans jamais encourager les impertinences, dans lesquelles pourrait faire tomber, une trop grande liberté de langage.

On avait craint, lorsque furent implantées en France les danses tournantes, que ce contact des sexes, ne donnât lieu aux plus fâcheuses licences. Il n’en a rien été. Encore une fois les faits sont venus démentir les craintes des esprits moroses.

Les galanteries s’observent plutôt dans les danses genre quadrille, où les changements de dames, de mains, les saluts, les balancés, les tournoiements, sont généralement accompagnés de prévenances. Le maintien ëst le frein qui, seul, peut déterminer la limite et la mesure des dites galanteries, suivant l’âge, le genre, et la situation des dames à qui elles • s’adressent.

Tenue et maintien. — L’Éducation française. — On a le

tort, de trop bourrer nos enfants de sciences, et pas assez de choses pratiques et utiles. Il vaut beaucoup mieux, dans la plupart des cas, que nos jeunes gens sachent danser, que d’être ferrés sur le grec et le latin. Il se produit, heureusement, une évolution salutaire pour la réforme de l’enseignement.

Partout on sent qu’il serait maladroit de laisser plus longtemps se surchauffer dans les casernes scolaires, pne jeunesse qui réclame l’exercice et le plein âir. Nous élevons les enfants, sans envisager la carrière qu’ils embrasseront au sortir de l’école. Il nous faut en faire, non pas des diplômés, des bacheliers, mais surtout des hommes polis, élégants, sachant se tenir, danser et se présenter. M. Jules Lemaître, qui est cependant un universitaire de distinction, s’est écrié récemment en pleine Sorbonne, que nos enfant sortent « abrutis » de ces modernes bastilles qu’on appelle des écoles. Voilà où l’on en arrive, en voulant quand même pousser les jeunes gens dans des études, dont ils n’auront que faire dans la vie.

Toutes autres sont les prescriptions de l’hygiène. La jeunesse doit aequérir assez d’instruction pour être à la hauteur de la situation choisie. En aucun cas, le jeune homme ne devra négliger de devenir un cavalier, accompli. Cette dernière qualité lui sera assurée, par l’étude et la pratique de la danse, dans le monde.

- Le célèbre explorateur, M. Bonvalot, disait récemment, au cours d’une conférence : « Qu’on annexe aux classes Un champ d’un demi-hectare et que les enfants puissent jouer pour la patrie. » C’était avouer pittoresquement que la France a besoin d’hommes, et non de bacheliers.

Qu’on apprenne les langues vivantes utiles, passe encore, mais, pour l’amour de la patrie, qu’on nous débarrasse enfin du grec et du latin. L’exercice, l’hygiène, et l’étude bien comprise suffiront bien à nous donner les sujets qu’attendent le commerce, l’industrie, et l’agriculture.

Le rôle de l’homme n’est pas de faire des dissertations scientifiques. Il lui faut vivre en société, où son devoir est de plaire à la femme. Pour cela, il est indispensable qu’il sache danser. La danse est le meilleur des exercices pour l’éducation, les bonnes manières et la santé.

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Les étrangers n’ont garde de méconnaître un tel programme. Ne sont-ce pas les Anglais et les Allemands, qui nous supplantent dans toutes nos colonies, en parlant le Français mieux que nous-mêmes, et en s’entraînant dans les sports capables de leur assurer l’adresse, la tenue, la prestance et la force virile. .

Pendant ce temps, nos jeunes français sont emprisonnés sans air et sans lumière suffisante souvent. Ils traduisent Cicéron et Tite-Live.

Tenue et maintien. — Sommaire : Politesse chez soi. — Envers les grands parents. — Les père et mère. — Cousins et cousines. — Enfants , amis , professeurs , employés , domestiques. — Démarche au palais, au parlement. — Jeux et bals. — Entrée en ménage.

— Usages mondains. — Code du savoir vivre. — Guide de la bonne société. — L’élégance. — La distinction. — La conversation. — Les bavards. — Les liaisons dans le langage. — Excès de politesse. — Les surnoms. — Les jeux de mots. — La parole. — La voix. — Les calembours. — Le dîner et sesjrègles. — Les amphytrions. Le menu.

— Les vins. — Le couvert. — Les convives. — Les domestiques pour le service. — Savoir manger. — La serviette. — Le mouchoir. — Philippines. — Le café. — Le prêtre convive. — Le découpage des viandes , etc. — Le déjeuner. — Le five-o’ clock tea. — Les piques-niques. —

■ Lunch-garden-parties. — Le réveillon. — Gâteau des. Rois. — Musique et chansonnette. — Les militaires et les devoirs des maîtres envers eux. — Les serviteurs. — Cartes de visites, etc. — Correspondance. — Le style. — Signature des lettres. — La langue française.

— Cadeaux et ses règles. — Œufs de Pâques. — ln avril. — La femme doit être modeste. — L’homme bien élevé. — Dans les bals et les jeux .

— Le portrait des jeunes filles. — L’ hospitalité. — En voyage, chemin de fer , etc. — Caractère timide. — L’emprunteur. — Susceptible .

— Photographie. — Gratitude. — Eglise. — Parfum. — Maquillage.

— Chaussettes. — Se ganter et se déganter. — Mouchoir. — Voisinage. — Escalier. — Dents. — Oreilles. — Chaises. — Harmonie conjugale. — Mort d’un ennemi. — Bonheur d’amis. — Malheur. — Fumeur. — Ameublement. — Piano. — Livre questionnaire des confidences pour jeunes filles, exemple : Séverine , Meilhac et E. Giraudet.

— La Vie, les bals et la danse à Londres. — On ne doit être affectueux que pour ses parents ; on n’est aimable qu’avec ses amis, mais il est absolument indispensable d’être poli envers tout le monde. D’où il suit, que la politesse est l’un des plus indispensables éléments de la vie sociale, et que nul ne se soustrait impunément à son empire.

Avec les grands parents, la politesse doit être empreinte à la fois d’affection et de respect. Le foyer est la meilleure école, pour dresser chacun 'à cette politesse discrète et bienfaisante, qui doit être la règle de tout intérieur. Avec les père et mère, on peut se montrer également affectueux, aimable et poli, en dépit de la familiarité qui est de mise dans les familles.

En jouant avec son grand-père ou avec son père, on vei-llera à ne pas gagner, autant que possible, sans paraître négliger systématiquement le ]eu. Si vous fumez, privez-vous de ce plaisir en famille. L’odeur du tabac est malsaine et désagréable dans les appartements, surtout pour ceux qui ne fument pas. Soyez doux, prévenant, affable et respectueux envers vos père et mère, surtout lorsqu’ils sont âgés. Appliquez-vous à les distraire et à leur épargner toute contrariété. Aimez et honorez vos parents et, ce faisant, vous aurez dignement rempli vos obligations.

L est surtout leur mère que les jeunes 'gens doivent entourer de soins et d amour. Enfant, on doit la saluer d’un baiser le matin, le soir et

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chaque fois que l’on part ou qu’on arrive. Certains enfants conservent toute leur vie, cette filiale coutume d’embrasser leur mère en toute occasion. Imitez-les, car cette habitude est la bonne. Dites toujours merci â votre mère ; soyez poli envers elle, et ne fumez pas en sa société.

Une semblable politesse est également de mise envers les grands-pères et mères. La vieillesse a droit à d’imprescriptibles égards. Saisissez toute occasion de leur être agréable ; réservez-leur toujours et partout la meilleure place; à table, qu’ils aient le meilleur morceau. Offrez-leur de lire le journal à haute voix, si leur vue est mauvaise ou affaiblie.

La politesse doit présider aussi entre frères et sœurs, cousins et cousines. Bernardin de Saint-Pierre a dit : « De toutes les amitiés, il n’y en a aucune de comparable à l’amitié fraternelle. » On la rendra plus douce et plus affectueuse par une mutuelle confiance, et le mutuel désir de se combler de prévenances. Aimez-vous, appliquez-vous à vous supporter, à vous faire les concessions permises, et appliquez-vous à vous rendre la vie agréable. Pas de discussion, pas de taquinerie, pas de rivalité et pas d’injustice. En cas de dissentiments graves, rapportez-vous-en à l’arbitrage des parents.

Il est important pour les parents, d’user d’une certaine politesse envers les enfants. Ceux-ci seront d’autant plus polis envers vous, que vous vous appliquerez davantage à l’être pour eux. Evitez de gâter vos enfants. Soyez pour eux indulgent quand il le faut, ferme toujours, et n’hésitez pas à user de rigueur, quand cela devient nécessaire. Les enfants gâtés font souvent de mauvais citoyens. Les enfants prodiges qu’on surmène souvent à tort, ne sont pas toujours les plus intelligents. Quant on est jeune, il est prudent de rester, en toute chose, dans un prudent .juste milieu.

Comme il est toujours habile et juste, de prêcher d’exemple, les parents feront bien d’user, entre eux, d’une constante politesse. Celle-ci ne saurait être meilleure et plus durable, que si elle est basée sur les égards que l’on se doit entre époux. Evitez les discussions irritantes, les froissements de famille ou d’intérêt. If est, en ménage, des concessions nécessaires ; ne jamais manquer aux égards dus aux femmes, dont il sera convenable de toujours ménager la pudeur native.

L’homme laissera de côté ce ton autoritaire, de bien des maris. De son côté, la femme ne sera ni acariâtre, ni grondeuse. De la bonté, du charme et de l’égalité d’humeur de l’épouse, dépend souvent la galanterie de l’époux.

Le mari sera toujours aimable et complaisant pour sa femme. Il ira au devant de ses désirs, n’allèguera jamais la fatigue pour ne pas accompagner sa femme â une promenade ou à un plaisir projeté. Il s’appliquera à ne pas trop déserter , son foyer pour des habitudes de café, de cercle et autres divertissements aussi malfaisants qu’immoraux. Ne pas lire le journal en solitaire pendant ou après le repas. S’abstenir, en présence de sa femme, de conversation trop libre avec des amis.

La politesse due aux amis n’a rien de la banale politesse. Elle doit être aimable, affectueuse et empreinte de concession et de dévouement. Rien n’est plus commun que le mot, rien n’est plus rare que la chose, a dit La Fontaine, en parlant des amis. On a tort d’user de Sans gêne avec les amis ; l’amitié se conserve beaucoup mieux par la politesse et l’amabilité. Il peut exister de solides amitiés entre homme et femme. La femme, arrivée à l’âge de l’expérience, est une solide et précieuse amie:

Boiste a dit : « Si vous passez en revue toutes vos relations, vous verrez que vous avez à vous plaindre de toutes. Il faut donc leur pardonner, ou fuir dans le désert. » C’est démontrer, jusqu’à l’évidence, que deux

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amis se cèdent mutuellement, plutôt que de se contrarier. Le malheur à cet avantage de faire reconnaître les vrais amis. Soyez heureux, une foule de gens vous apporteront le témoignage de leurs sympathies ; que l’adversité s’abatte sur vous, et chacun disparait, sauf les vrais amis, quand on a le bonheur d’en posséder.

Chez soi, l’on est tenu à une politesse égale et constante envers tous les visiteurs, quels que soient leur rang, leur sexe et leur âge. Les maîtres de maison doivent être habillés au jour de leur réception et entièrement à la disposition des visiteurs. Si, au cours de la visite, on est dérangé pour affaire urgente, il faut laisser quelqu’un en compagnie du visiteur, autre qu’un domestique ou un salarié quelconque. L’absence doit être courte. Lorsqu'une lettre arrive au cours d’une réception, on la met de côté, et si l’on est pressé d’en connaître le contenu, ne l’ouvrir qu’avec l’assentiment du visiteur. Ne jamais faire attendre les personnes qui viennent vous visiter, à moins de s’en excuser.

Une des mille formes de la politesse chez soi, c’est la manière de recevoir ses invités à table, et la façon de disposer cette dernière. On ne se sert plus de réchaud. Une seule assiette figure devant chaque convive à qui les domestiques apportent les assiettes toutes servies. La fourchette est à gauche/ la cuillère et le couteau à droite de l’assiette Les verres sont disposés par grandeurs en ligne s’il y en a trois, et en carré s’il y en a quatre. Au milieu et au bout de la table, on dispose des corbeilles de fleurs. Parmi ces fleurs, sont les fruits, les compotes, les pièces montées et les sucreries. Une place demeure libre pour les plats qui devront figurer avant le découpage.

Sous la serviette surmontée d’un petit pain et du nom de chaque convive, est placé le- menu. Les domestiques servent les convives par la gauche, et leur versent- à boire par la droite, en commençant par les personnes à droite, et à gauche des maîtres de maison.

C’est dans les cadeaux que la politesse trouve encore à s’exercer utilement. Il faut un grand tact pour choisir judicieusement un cadeau. Il est de très mauvais goût d’offrir des objets dont on veut se débarrasser. Lorsque l’on offre, il faut imposer silence à ses propres goûts et à l’intérêt, pour n’écouter que la satisfaction de la personne à qui l’on offre. Il est facile de questionner adroitement sur les désirs ou préférence.

Suivant les cas et convenances, on peut offrir des objets mobiliers, tels que jardinière, vide-poches, étagère, etc. Les objets d’art causent généralement une grande joie. Aux parents, on peut offrir ce qui est conforme à leurs besoins et à leur goût en toilette ou bijoux. Les parents âgés ou les supérieurs, apprécieront un travail ou objet fait par vous même.

La mise d’une femme élégante dénote une parfaite compréhension de la politesse. Pas trop de bijoux, pas d’étoffes ni de costumes tapageurs. On peut s’inspirer de la mode, sans la suivre servilement, lorsqu’elle n est pas heureuse. Chacun peut conserver son petit cachet d’originalité. D ailleurs, la suprême élégance réside moins dans les habits que dans la manière de les porter. Les gants devront être, en toutes circonstances,

1 objet d une attention minutieuse.

Les professeurs ont droit à la plus exquise politesse. Honorez ceux qui vous inculquent l’amour du travail et qui vous enseignent doucement, et avec leurs meilleurs soins, ce qu’ils ont appris souvent au prix des plus dure sacrifices. Tous ceux qui sont à votre service ont droit à vos égards. Kudover qui l’on paie, c’est lui reprocher ce qu’il gagne. Or, le travail d un employé, d’un domestique, de n’importe quel salarié, mérite le respect de tous. . ?

Là politesse est aussi indispensable dans la rue qu’à l’intérieur. La

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démarche des gens polis est facile à reconnaître. On doit saluer de la même manière, sans affectation comme sans négligence, toutes les personnes que l’on connaît On marche droit devant soi, sans toiser les gens, sans se retourner, et en'eédant le trottoir aux dames, aux vieillards et aqx infirmes.

Au palais de justice, de même qu’à l’église, la plus grande correction doit être observée. Sè tenir découvert dans le prétoire ou devant les magistrats. Etre toujours, à leur égard, soumis et respectueux. Ne pas appeler les gens de robe par leur nom, mais M. le Président, M. le Juge, suivant le cas ; ou Maître un tel, si l’on s’adresse à un avocat.

A la Chambre ou au Sénat, on est tenu aux égards envers les autres et la même dignité de soi-même. On s’y tient découvert et silencieux, sans chercher à s’immiscer dans les sociétés supérieures/ tout en visant à s’y faire admettre, par la supériorité et le talent. Si vous n’y êtes que comme simple spectateur, ne pas oublier que l’on doit ni parler, ni applaudir, ni se livrer à aucune manifestation.

On ne saurait faire trop de recommandation pour le bal. Ne jamais trop entourer, en dansant, la taille d’une jeune fille, mais la soutenir de la main posée à plat au milieu du dos. Après la danse, on reconduit la dame à sa place, en lui offrant le bras droit. Une jeune dame ne va au bal qu’avec son mari. En cas d’urgence, elle peut y figurer avec une dame âgée qui la chaperonne. On inscrit sur les carnets les dames qui v veulent bien vous faire l'honneur et : non le plaisir de danser. On ne quitte jamais les gants.

Dans les maisons où l’on joue, on devra observer une tenue basée sur le plus grand sang-froid. Que vous gagniez ou perdiez, sachez demeurer impassible. Evitez -les discussions et, devant un coup douteux, inclinezvous sans insister devant l'opinion de la galerie. On joue aussi à des jeux d’esprit, à des jeux innocents ; acceptez toujours d’y prendre part afin de faire plaisir à vos hôtes, mais apportez, en ces circonstances, du tact, de la délicatesse et cédez toujours et en toutes choses aux dames.

• Une circonstance bien délicate, et qui mérite d’êtré envisagée' sérieusement, c’est l’entrée en ménage. La jeune fille, du jour au lendemain, appelée à faire acte dé volonté, doit se montrer mesurée et circonspecte. Elle devra s’appliquer à satisfaire la famille et les amis de son mari. Au début du mariage, l’homme, pour établir graduellement son autorité et sans qu’il y paraisse, devra passer sur beaucoup de choses, et ne pas éloigner systématiquement la mère et les amies de la jeune femme. Passant tous ses instants auprès de sa jeune épousé, il arrivera, sans qu’elle s’en aperçoive, à être tout pour elle sans qu’elle éprouvé ni vide ni regret.

Usages mondains. — Code du savoir vivre. — Guide de la bonne société. — Questionnaire des confidences pour jeunes filles. — La vie, les bals et la dansera Londres. — L’élégance est une qualité éminemment française. Elle n’est plus ce qu'elle/ a été, car nos moeurs se sont modifiées ; mais elle est incontestablement enracinée au caractère de notre race. On ne fait plus dè très grandes révérences, de compliments filandreux; on est toujours galant, empressé et poli. La véritable élégance est celle qui suit les perfectionnements modernes et sait répondre aux aspirations de la société soumise à ses lois.

L’élégance et la distinction ne résident pas seulement dans la tenue ou les manières ; elles sont aussi dans le savoir faire. Ainsi rien n’est épineux comme la direction -de la conversation parmi les gens que l’on reçoit. La maîtresse de maison saura écouter, en société de beaux parleurs, elle devra payer de sa personne si les timides dominent. En toute circonstance, /elle devra -diriger l’entretien de façon que chacun

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puisse v prendre part, et être intéressant pour le plus grand nombre. Eviter avec le plus grand soin les questions irritantes. Rien n’est mauvais comme d’avoir des discussions discourtoises chez soi. La personne qui reçoit beaucoup, sera efficacement secondée par une parente ou une amie, prête à se porter près de la personne que la conversation du moment parait ennuyer, afin de l’entretenir de choses plus en rapport avec ses goûts et son intelligence.

La conversation a aussi sa charité. On ne doit pas médire des absents; on doit éviter de faire de la peine à qui que ce soit, de faire des critiques ou des compliments, exagérés, de provoquer soi-même lesdits compliments. On s'efforcera de laisser passer sans les relever et sans en rire, les erreurs commises.

Quoi qu’il ne soit pas possible d’établir ici un formulaire de conversation, on peut néanmoins rappeler quelques règles, qui rendront de grands services à tous ceux qui désirent demeurer corrects avec leur prochain. Shakespeare a dit : « La conversation doit être amusante et gaie sans grossièreté, spirituelle sans recherche ni affectation, libre sans indécence, savante sans pédanterie ni suffisance; si on parle de choses récentes, actuelles, il n’v faut ajouter aucune invention. Telle conversation est trop rare, ajoute l’écrivain anglais. »

Ne bavardez pas à tort et à travers en vous imposant aux gens pressés. LordChesterfield a écrit à son fils là-dessus : « Ne retenez jamais personne par le bouton de son habit ou par la main pour vous faire écouter, car si les gens ne veulent pas vous entendre, vous faites mieux de retenir votre langue que de les retenir. »

N’interrompez jamais un interlocuteur. Placez votre mot à propos. N’imposez pas vos discours. Discutez avec courtoisie. Ne critiquez pas, même avec modération. Evitez les lieux communs par trop usés. Ne parlez pas du temps à tout propos. N’affectez pas de parler à tout propos de vos connaissances professionnelles. Ne vous isolez pas, en société en des conversations particulières. Evitez les citations latines ou étrangères. Evitez les airs étonnés à telle ou telle nouvelle flatteuse pour des tiers. Ne parlez pas entre personnes de sexes différents, de choses contraires aux bonnes mœurs. Supportez que l’avis des autres soit contraire à vos opinions.

Le langage et la conversation, ont une élégance que nos lecteurs feront bien de suivre. C’est ainsi qu’on n’abusera pas des liaisons entre les mots. On évitera l’imparfait du subjonctif. Il sera poli de se rappeler le nom des personnes et des choses, au lieu de dire Machin, Chose ou la Machine. Une femme, quoique entrant chez elle dans tous les détails de son ménagé, n’assommera pas les gens de ses bonnes, de ses fournisseurs, et du prix de ses achats. Il y a des personnes qui arrivent à se rendre désagréables par la brutalité de leur, comment ? ou hein ? qu’ils vous décochent à tout propos.

Les gens bien ne s’occupent pas de la fortune d’autrui. Entre personnes de sexe différent, on ne doit pas, si l’on n’est parent, se désigner par le prénom. Ln mari dit ma femme et madame, en parlant de sa femme, aux domestiques. La femme dit mon marie t monsieur aux domestiques. I arlant de ses filles à un père, on lui dit : mesdemoiselles

w 1 %a-glt J™ entants, vos fillettes. Les parents, parlant J { fni mCS ëlettes' PU1S ™s filles-, pour les fils, mes 9narr^ i fies^ls- Les. étrangers disent, suivant F âge, vos

garçons, puis vos fils et enfin messieurs vos fils.

Au lieu de dire Y avantage, dites le plaisir ou Y honneur de vous voir,

sunant les cas ou les personnes. Ne dites pas conséquent pour impor-

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tant , meuble en boule au lieu de meuble de boule. Ne pas recommander aux. enfants de dire monsieur ou madame à chaque mot ; cet excès de politesse ne tarde pas à dégénérer en défaut chez des êtres sans expérience. Il est de très mauvais goût de donner des surnoms aux gens, même quand ils sont flatteurs. '

On doit demander des nouvelles de leur santé, même aux supérieurs, lorsqu’on ne les voit pas pour la première fois, et qu’on les rencontre en dehors de leurs fonctions. Toutefois on doit le faire dans des termes polis et, souvent, respectueux. On ne remercie pas les gens venus en visite, puisqu’on se propose d’aller les visiter; mais on doit les remercier s’ils sont plus âgés que soi, venus de loin, très occupés ou dans une situation supérieure.

Les jeux de mots ; la parole : Il est puéril de dire des bêtises, de plaisanter à propos de tout, de faire des mots et de cultiver le calembour.

« Le calembour est l’esprit des sots, » a dit Victor Hugo. Toutefois c’est une distraction dont on peut user sans aller trop loin, dans l’intimité, si l’on a de l’esprit et si le mot est placé à propos.

Ainsi le jour où Victor Hugo, impatienté, s’écria : « Le calembour est l’esprit des sots! », l’amateur de mots à qui il s’adressait lui répondit avee autant de finesse que d’à-propos : « Les sauts sont les -bonds ! »

Une douce voix est un grand bienfait. Le ton faisant la chanson, comme dit un vieux proverbe, on conservera sa voix si elle est douce; on l’adoucira si elle est dure. On pourra, de la sorte tout dire, sans jamais blesser personne. Ce n’est pas, le plus souvent, la déclaration contraire qui blesse notre opinion, c’est le ton sur lequel est faite ladite déclaration.

Beaucoup de gens discutent avec parti pris ; démentent sans ménagement et n’ont ni égard ni respect pour les idées d’autrui. De là les blessures d’amour-propre et lés impossibilités d’entente. En cette occurrence, le son de la, voix fait plus de mal que les paroles.

Le dîner et ses règles : Savoir recevoir à dîner est une qualité difficile à acquérir. Alors même que vous seriez petit mangeur, il faut un menu abondant et bien choisi. C’est ici le cas de ne pas fréquenter plus riche que soi, car s’imposer des sacrifices pour arriver à ne pas rendre ce qu’on a reçu, est une de ces situations pénibles, que sauront éviter les intelligents.

Le dîner est soumis à une étiquette qu’on ne saurait transgresser sans violer les usages mondains. Invités huit jours d’avance, les convives doivent répondre par une acceptation, ou exprimer leurs regrets. On arrive un quart-d’heure avant de se mettre à table en tenue de cérémonie, ou de ville si l’on est reçu en réunion familiale ou intime Les amphytrions reçoivent dans le salon, où l’on se tient jusqu’au moment où le maître d’hôtel, ou une simple bonne, ouvre la porte à deux battants en disant : « Madame est servie. »

Les messieurs s’approchent de leur voisine de table désignée par le maître de la maison et lui ayant offert le bras la conduisent à table, à leur gauche, où ils devront l’entourer de prévenances et de soins durant tout le repas. Les hôtes s’efforcent de diriger la conversation sur des sujets généraux pouvant intéresser tout le monde.

Le menu, cette question primordiale, comprend poisson, entrées de viandes, volailles ou gibiers, rôti et légumes. 11 y a aussi des entremets sucrés et des. desserts en abondance. Après les entremets, on peut servir des glaces. Les vins se boivent dans l’ordre suivant : Après le potage, madère ou vin du Cap, ou vin de Sicile ou vin ordinaire. Pendant le premier service, Bordeaux ou Bourgogne ou continuation de l’ordinaire.

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Avant le rôti, le Château-Yquem. Pendant le second service, les grands crûs de Bourgogne ou de Bordeaux ou du vin supérieur à l’ordinaire. Avec les entremets sucrés, le vin de Xérès ; pendant le dessert, les vins de Muscat, d’Alicante, de Malvoisie. Enfin le Champagne, épilogue de tout dîner français. , . . , A T

Il y aurait impardonnable oubli à ne pas parler ici du couvert. Le luxe de la table doit être proportionné à la fortune de chacun. Il est indispensable que le linge et tous les ustensiles soient d’une propreté irréprochable et que les lleurs abondent. Les assiettes sont entre le couteau et la cuiller à droite, la fourchette à gauche et les verres sont devant elfes par rang de taille.

Les candélabres remplacent aujourd’hui la suspension. Le surtout, est fleuri selon les circonstances où est donné le repas. La soupière ne vient pas sur la table. Le potage est servi à l’arrivée des convives. On doit offrir de l’eau aux dames, celles-ci ne buvant purs que les vins fins.

On peut changer de couverts après chaque plat; mais cette précaution n’est de rigueur qu’après le poisson. Le fromage ne parait pas sur la table; le domestique l 'offre à chaque convive. Les desserts y sont disposés dès le commencement du dîner.

Les maîtres de maison ne font aucune réflexion, pas plus que les oonvives du reste, sur la valeur et la qualité des plats. On doit manger de tout avec empressement, comme si tout était supérieurement réussi.

On veille à ce que le service se fasse sans bruit. Les domestiques doivent commencer leur service par la dame placée à la droite de l’amphytrion ; on continue par celle qui est à gauche, et ainsi de suite. Le premier convive masculin à servir est celui qui est à droite de la maitresse. Le plat est présenté à gauche du convive; les vins sont versés à droite. Les domestiques font le service, en gants de coton blanc, les' femmes de chambre ont les mains nues. On ne se lave ni la bouche ni les mains à là fin du repas.

Il est difficile de savoir manger selon les règles, mais il faut y arriver si l’on veut vraiment appliquer les règles, du savoir-vivre. Partez de ce principe qu’on ne touche que le pain avec les doigts. Tout, y compris les os, les asperges et les fruits doit se maintenir avec la fourchette et se dépecer avec le couteau. On ne redemande pas de potage. On rompt son pain au lieu de le couper. Ne pas déplier entièrement sa serviette, qu’on n’attache ni avec une épingle ni autrement à son cou, à sa boutonnière, à son corsage. Eviter de tourner le dos au voisin de gauche en parlant à celui de droite. On doit constamment faire face à la. table. Si l’on a se moucher en mangeant, le faire vivement et sans bruit, sans se déplacer, ni se retourner.

Les philippines ne sont admises qu’entre parents. On ne trinque pas pour porter des toasts; on se lève simplement et l’on hausse son verre à la hauteur du visage. C’est l’hôte qui a l’initiative des toasts à moins qu’on le fête et que ses amis célèbrent en son honneur un événement heureux. On ne chante plus aujourd’hui après le repas, mais on passe faire de la musique au salon et une petite sauterie.

Aussitôt le diner terminé, la maîtresse de maison quitte la table et tout le monde suit son exemple. Le café et les liqueurs sont servies au salon par la maîtresse aidée des domestiques, ou des jeunes filles et des jeunes garçons de la maison. Quant le dîner est suivi de réception, c’est le moment où arrivent les personnes qui y ont été invitées. On organise des tables de jeux, les dames feuillètent des albums; on cause, on fait de la musique et Ion joue à des jeux de société intelligemment choisis.

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Lorsqu’un prêtre figure parmi les convives, il a droit à la première place à table, c’est-à-dire qu’il occupe la droite de la maitresse de la maison. Le prêtre a le pas, même sur les femmes ; la maîtresse passe donc à ses côtés sans s’appuyer sur son bras pour entrer dans la salle à manger et pour en sortir. On n’invite pas un prêtre, lorsqu’on est forcé de faire honneur à une autre personne.

Pour le découpage des volailles, viandes et poissons, on a, dans les grandes maisons, un m ai tre-d’ hôtel, l’écuyer tranchant. Si ce très utile fonctionnaire fait défaut, c’est le maître qui découpe ou l’un des convives qui connaît cette délicate partie du service. Nous ne pouvons faire ici, on le comprendra, un cours de dissection qui, d’ailleurs, ne formerait personne. On a souvent occasion de voir découper. Aux jeunes gens de prendre modèle sur eeux qui s’en tirent adroitement.

Le déjeuner est un premier repas auquel on n’invite généralement personne, sauf à la campagne. Toutefois un mari petit souvent, sans prévenir sa femme, amener deux ou trois aniis à déjeuner. La table' se dresse comme dans le dîner. On n’y mange, en général, que des mets froids, poissons mayonnaise, viandes grillées ou rôties. Le café, le thé et les liqueurs se servent à table.

De nombreuses dames offrent du thé, du chocolat ou tout autre chose à leur jour de réception. C’est le five o’clock tea. Une table supportant les ustensiles, occupe le coin du salon. Une jeune fille choisie parmi les jeunes parentes de l’hôtesse, en fait les honneurs, secondant ainsi la maîtresse de maison. A défaut d’une jéune fille, ce rôle sera avantageusement tenu par le mari, le frère ou le fils.

Les pique-niques et cagnottes sont généralement dédaignés dans le beau monde. Il règne en ces réunions un laisser-aller qui ne tarde pas à dégénérer en licence et inconvenances. De même pour les cagnottes qu’on ne saurait tolérer que pour alimenter des oeuvres de bienfaisance. 11 estbien rare que l’emploi fait des fonds d’une cagnotte satisfasse gagnants et perdants.

Avec notre manie, de copier l’Angleterre, nous appelons aujourd’hui lunch l’ancien goûter de nos ancêtres. Il est le complément ou l’intermèdê des gardén-parties ou excursions champêtres. La plupart du temps c’est un buffet ou les dames s’assoient et les messieurs mangent debout derrière elles. Le lunch est réservé pour le milieu de la petite fête. Dans les parties de campagne, les dames observeront la plus grande réserve. Les garden-parties sont parfois dé véritables fêtes foraines avec accessoires et costumes qui aident à reproduire les pardons de Bretagne, les assemblées du Berry ou les kermesses flamandes.

Le réveillon est toujours en grande faveur. Les invités se rendent avec les hôtes à la messe de minuit et l’on revient souper dans une joyeuse intimité. On mange les plats d’usage : potage-bouillie parfumé mangé avec des gauffrettes, dinde truffée froide. . Le boudin traditionnel n’est jamais oublié; on peut encore servir des charcuteries. Comme desserts : fondants et fruits glacés. On ne boit exclusivement que du bordeaux et du champagne. On fait appel aux roses de Noël pour décorer la table.

Le gâteau des rois se tire en famille, soit à dîner,, soit dans Une soirée, on passe le gâteau découpé recouvert d’une serviétte sous laquelle chacun glisse sa main pour retirer son morceau. La personne qui a la fève la jette dans l’assiette du roi ou de la reine de son choix. L’assistance crie aussitôt : Vive la Reine ! Vive le Roi ! Le Roi verse une au- .* mène pour les pauvres et envoie, le lendemain, à la Reine, une couronne de fleurs naturelles.

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Lorsqu’on est invité, dans un salon, à jouer quelque chose, il est de bon goût de ne pas choisir un morceau déjà interprété par une autre personne. Les dames feront bien de ne pas chanter des chansonnettes comiques, cela autorise trop de familiarité de la part des hommes.

Ne pas oublier, lorsqu’on invite des militaires, de les engager à se désarmer dès leur arrivée, car les officiers ne doivent, d’après l’étiquette militaire, quitter leur sabre que lorsqu’ils y sont invités.

Les serviteurs. — On doit s’appliquer à traiter les domestiques avec politesse et bienveillance. On avait raison autrefois de les considérer, quand ils méritaient cette confiance par un long dévouement, comme étant presque de la famille. Il est charitable de ne pas les accabler de besogne et de ne pas les embrouiller par des ordres changeants et contradictoires. Certains maîtres généreux, font une pension aux vieux domestiques blanchis à leur service. Chacun est tenu à un cadeau, lorsqu’un domestique se marie, étant à son service. Un maître peut être témoin au mariage de son domestique. Dans toute circonstance heureuse nous devons un cadeau aux domestiques.

Les domestiques s’expriment à la troisième personne: ils sont toujours découverts s’ils appartiennent au sexe masculin, et n’ont jamais la tête nue dans le cas contraire. Les enfants ont tort de se familiariser avec les gens de service. En parlant de domestiques étrangers à la maison, les maîtres doivent, pour les femmes, -employer la désignation polie de Mademoiselle. On donne un pourboire aux domestiques apportant un présentée la part de leur maître; mais il serait déplacé de le questiontionner sur les petits côtés de la maison où il sert, ou sur ses patrons.

Cartes de visites. — C’est tout une affaire que de rédiger convenablement la carte avant de la donner à l’imprimeur, cependant il est des règles auxquelles on doit se conformer. Ainsi pour un monsieur, on met simplement le nom, et l’adresse au bas à droite, exemple :

Paul Blondier

83, rue de Montreuil , Paris.

Pour une dame on met seulement le nom, jamais l’adresse :

Madame P. Blondier

Lorsqu’une même carte sert pour le mari et la femme, elle est ainsi libellée :

Monsieur et Madame P. Blondier

83, rue de Montreuil, Paris.

Les jeunes filles n’ont pas de cartes à leur nom, ce n’est guère qu’après 30 ans qu’une demoiselle peut s’en faire imprimer d’ainsi conçues :

Mademoiselle Blondier

ee.n’est que lorsque plusieurs sœurs portent le même nom que chacune fait précéder son nom de son prénom, ou mieux de l’initiale.

Il va sans dire que lorsqu’un homme est docteur, officier ou magistrat, il fait placer ce titre devant son nom :

Docteur Paul Blondier

eu bien :

Paul Blondier

sous-lieutenant au 29e chasseurs

Les cartes de visites. s’envoient sous enveloppe non cachetée, affranchie à o centimes. Par décision récente on est autorisé à écrire telle formule ae politesse n’excédant pas 5 mots.

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Si l’on reculait devant les frais d’impression, il serait facile de se faire soi-même des cartes manuscrites sur de petits carrés de bristol.

On pourrait aussi les envoyer sous bande en ayant soin que celle-ci soit assez large pour que la carte arrive intacte. Aujourd’hui, les cartes imprimées sont si bon marché qu’on peut presque toujours en faire la dépense, d’autant plus que les plus simples sont les seules vraiment distinguées.

C’est au jour de l’an, principalement, qu’on les envoie, et le bon goût, d’accord en cela avec l’économie, commande de ne les envoyer qu’aux personnes avec lesquelles on est en relation et de ne pas les prodiguer à tout venant. Il est d’autres circonstances où l’emploi des cartes de visite est tout indiqué ; ainsi, lorsqu’on apprend qu’un deuil, un malheur, vient de frapper quelqu’un de ses connaissances, on envoie sa carte avec quelques mots de condoléance. Si l’événement est heureux, on joint ses compliments, ses félicitations. On l’adresse encore avec tout présent que l’on envoie afin d’en indiquer la provenance. Si, allant rendre une visite, les maîtres du logis sont absents, on laisse sa carte cornée au domestique, au concierge, ou à la rigueur sous la porte.

Quelques mots sur la carte évitent souvent une lettre lorsqu’on n’a que peu de chose à dire; ainsi pour remercier, pour recommander, etc,

« Madame Blondier,

remercie Madame V... du superbe bouquet qu'elle a eu la bonté de lui envoyer. »

Lorsqu’on ne peut assister à un enterrement ou à une messe de mariage, on s’excuse en envoyant sa carte avec quelques mots appropriés.

La façon de tourner une lettre dépend surtout de la personne à qui elle est adressée, les sentiments affectueux, le cœur ou simplement les rapports établis dicteront beaucoup mieux que nous ne pourrions le •faire, la forme à donner aux lettres. Il n’est pas nécessaire d’avoir reçu une instruction approfondie pour avoir un style coulant, voire même élégant, De bonnes notions de français 'èt un peu d’habitude et de goût, suffisent le plus souvent,

Dans les relations amicales, familières, on terminera la lettre en exprimant « les affectueux sentiments » .

' « Sa vive sympathie, » « Ses meilleures amitiés, » etc., ou bien en « embrassant affectueusement », selon le cas.

Lorsque la personne à laquelle on s’adresse n’est pas de votre intimité, on commencera la lettre ainsi : « Monsieur, Cher Monsieur, ou même Cher Monsieur X..., » ce qui marque un peu plus de familiarité. Quand c’est un homme qui s’adresse à une femme, il doit toujours témoigner de son respect quel que soit l’âge de celle-ci : « Croyez, Madame, à mes sentiments respectueux. » « Veuillez agréer l’assurance de mon profond respect, »... « de ma respectueuse sympathie. »

Les lettres s’envoient sous enveloppes fermées affranchies à 0.15. L’écriture doit être toujours très lisible, élégante, s’il se peut. Le papier plus ou moins élégant, mais toujours immaculé. Toutes ces conditions sont une des formes de la politesse. Il est, je Crois, superflu d’ajouter qu’on doit avoir grand soin d’affranchir suffisamment.

Quand, par lettre, on s’adresse à des étrangers titrés, on doit commencer ainsi : « Madame la duchesse, » de même on dira : « Monsieur le directeur. » A un officier, on donnera son grade : « Monsieur le commandant, ».ou si l’on a été soldat soi-même : « Mon général, mon lieutenant,» excepté pourtant pour un maréchal ou un amiral à qui l’on dit toujours: « Monsieur l’amiral, » « Monsieur le maréchal. » Pour tous les autres,

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dans le corps de lettre, on met seulement le titre : « Commandant, » etc.

A un prêtre, on donne toujours le titre : « Monsieur l’abbé, » et quel que soit celui écrit, on termine toujours par une formule assurant de : « Sentiments respectueux, » « De mon profond respect. »

A un dignitaire ecclésiastique, les catholiques s’adressent ainsi :

« Monseigneur, » et terminent :

« Je suis avec le plus profond respect,

« Monseigneur,

« De Votre Grandeur (ou de Votre Eminence, s’il s’agit d’un cardinal),

« Le très dévoué serviteur. »

Si l’on écrit à un prince, on mettra ce mot en tête, et dans le cours de la lettre on l’appellera «Votre Altesse ». ; à une femme de maison royale:

« Madame Votre Altesse. » S’il s’agit d’un roi: « Sire »; à la reine: « Madame » et dans la lettre: « Votre Majesté. » Pour finir :

« Je suis av'éc le plus profond respect, Sire (ou Madame ou Prince), de Votre Majesté (ou de Votre Altesse), le très humble et obéissant serviteur (ou sujet). »

Dans notre pays, comme dans tous ceux soumis au régime républicain, on écrit: « Monsieur le Président, » Pour terminer: « Je suis avec le plus profond respect,

« Monsieur- le Président,

« Votre très humble serviteur. »

Il en est de même pour un ministre, un ambassadeur, etc... Une femme observe les mêmes formules que lés hommes.

Lorsqu’on adresse une réclamation, une demande, une supplique, à un receveur, un préfet, etc., on termine ainsi:

« Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération distinguée. » « Veuillez, Monsieur le Directeur, recevoir l’expression de ma considération distinguée. »

Pour des lettres d’affaires ou a des personnes tout à fait étrangères, il est des formules courtes et précises.

D’une femme à un homme :

« Veuillez, Monsieur, recevoir l’expression de mes sentiments distingués ; » à une femme de son âge, même façon. A une femme plus âgée : « mes sentiments respectueux ».

D’homme à homme: « Veuillez, Monsieur, recevoir l’expression de ma considération distinguée. »

A un supérieur : « Veuillez agréer l’assurance de mon dévouement ; » « de mon entier dévouement. » « Veuillez agréer l’expression de mon respect et de mon dévouement, »

De supérieur à inférieur : « Recevez, je vous prie, l’assurance de ma considération distinguée ou de ma haute considération. »

En résumé, d’inférieur à supérieur, de plus jeune à plus âgé, on exprime ses sentiments de respect ou d’affection. Les enfants doivent, à tous leurs professeurs, les marques de déférence et de respect les plus absolues. Il en est de même où ce sont les parents qui écrivent. Ils doivent exprimer leur reconnaissance des soins et du dévouement que l’argent ne peut payer, et cela quelle que soit la position des uns ou des autres.

En écrivant pour donner une commande ou indiquer à un ouvrier le travail à faire, on ne doit jamais dire: «Faites ceci... Envoyez-moi cela, » mais « Veuillez faire ceci; ayez la complaisance de m’envoyer

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cela. » Si le fournisseur est connii depuis longtemps ou si l’ouvrier travaille habituellement pour vous, on dira: « Cher Monsieur X... »

Quand on a occasion d écrire à un serviteur, on doit le faire en termes très polis, et s’il est depuis plus ou moins longtemps à votre service, on peut employer des formules telles que : « Mon brave Joseph ou mon bon Joseph. » Si c’est le maître qui parle, il pourra ajouter: « Crovez à mes bons sentiments pour vous. »

On se demande souvent comment on doit signer ses lettres;

rien n’est plus simple. Une femme ou une jeune fille, ne signe de son prénom que les lettres familiales ou à ses amies, jamais à un homme, toutes les autres lettres seront signées de l’initiale de son prénom suivie du nom de son père, de son mari si elle est mariée. Lprsqu’elle est titrée de par son mariage, elle signe du nom de son père fou de l’initiale) suivi de son titre, exemple: J. Blondier, marquise de Laroche, ou B,, marquise de Laroche, mais jamais Marquise J. de Laroche, née Blondier.

Un homme peut signer dé son prénom suivi de son nom, et lorsqu’il écrit à des étrangers, il fait précéder de son titre s’il en a un : Duc de C... Capitaine V... Docteur de R... Celui qui porte un nom très connu peut fort bien négliger le titre en écrivant à des intimes, ainsi : Broglie.

La date se place en haut de la feuille, à droite, à la suite du nom de la ville: « Paris, 138, boulevard des Italiens, le 6 Mars, 18.. »jOn fait toujours bien de répéter l'adresse, c’est une façon modestie d’avouer qu’on se considère comme de trop peu d’importance pour que chacun se souvienne de votre adresse, s’il l’a vue une seule fois. On est de plus certain que le correspondant saura où vous répondre, sans prendre la peine de chercher.

S’il s’agissait d’une pétition, On mettrait l’adresse après la signature, au bag delà lettre. L’adresse du destinataire doit .être mise sur l’enveloppe de façon très lisible. Sur une seule ligne, Monsieur ou Madame, le titre ou la qualité s’il y a. lieu, et enfin le nom.

Sur une seconde ligne, la rue et le numéro, et enfin, sur une troisième, un peu à droite, la ville.

Monsieur B . . .

ou

Monsieur le docteur B. . .

Monsieur le duc de B..

Rue de. . 25

Si, par hasard, on avait â écrire â des personnes âgées et tenant aux vieux usages, on mettrait, comme autrefois :

Monsieur

Monsieur le Comte de M... ...

Entre ami, on supprime souvent le mot Monsieur devant un titre, ainsi : .

Comte de M. . .

Le timbre est collé dans l’angle supérieur, à droite. Quant au papier, il ne doit être ni trop commun ni trop glacé, de format moyen pour toute la correspondance ordinaire; lorsqu’il s’agit d’écrire â. des arnis ou à des parents, les fantaisies sont permises, pourvu qu’elles soient de bon goût: initiales, devise, prénom, emblème, fleurette, etc. . . Pour les lettres sérieuses, on ne peut tolérer que les initiales ou les armoiries,

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le papier sera blanc ou gris. Pour les pétitions, suppliques, demandes, etc., \ le papier ministre sera de rigueur. Dans tous les cas, les enveloppes doivent être assorties au papier. .

On ne doit jamais écrire en travers d une feuille déjà remplie, on ajoute une autre feuille. Il faut avoir soin de bien ortographier le nom des personnes et ne pas se contenter de leur titre, comme dans l’exemple suivant :

Monsieur le Receceur de

mais :

Monsieur D., receceur,

àX...

La carte lettre est très bien reçue pour la correspondance familière et amicale, surtout lorsque celui qui écrit est très occupé, car ce moyen est plus rapide qu’aucun' autre. Un billet, qui n’est en réalité qu’une lettre très courte, doit comme celle-ci, se soumettre aux règles du savoir-vivre.

Les cartes postales sont aussi très commodes, il faut avoir soin de ne pas écrire sur le côté réservé à l’adresse et de n’y attacher aucun échantillon. Elles ne peuvent servir qu’en écrivant à des fournisseurs.

En remettant une lettre à quelqu’un pour la porter à une troisième personne, il ne faut pas c-aehèter l’enveloppe ; mais celui qui la reçoit le fait immédiatement, en présence de celui qui lui confie. De cette façon, si le billet venait à s’égarer, il serait à l’abri de toute indiscrétion. L’auteur de la lettre ne fait aucune observation, pas plus que celui à qui elle est remise. Il est bien entendu que lorsque c’est une recommandation que l’on sollicite de vous, il faut donner la lettre ouverte, comme l’usage le veut, et elle sera remise de même.

La langue française est, dans son génie; dans son essence même, une des plus claires et des plus hastnonieuses, ayez donc soin de ne pas écrire d’une manière lourde et amphigourique ; chaque fois que faire, on pourra remplacer l’adjectif par le substantif, l’adverbe par l’adjectif, le substantif par le verbe.

Réfléchissez avant d’écrire, soyez correct, précis; tâchez d’employer toujours le mot exact, évitez les qui et les que trop fréquents et vous arriverez certainement à un style élégant.

Ce qui n’est pas clair n’est pas français, a dit Rivarol ; inspirez-vous de cette idée, coupez une phrase par un ou deux points plutôt que de l’alourdir et la rendre ténébreuse en l’enchaînant par des pronoms relatifs et des conjonctions. Le verbe donne beaucoup de précision de force et de clarté à la pensée, employez-le donc le plus possible; relisez-vous, il vous sera facile dans beaucoup de cas de remplacer un membre de phrase tout entier par un seul verbe et vous verrez combien le style y gagnera.

: « L’abus des épithètes affadit le style, celui des adverbes l’éteint. »

. Molière, raillant l’adverbe, fait dire à peu près en ces termes à Trissotin, dans les Femmes savantes :

...... pour loger superbement

Et traiter magnifiquement. ....

Voyez combien il a raison de rire !

Evitez donc ces différents travers et vous arriverez à écrire d’une façon correcte et élégante, ce à quoi l’on reconnaît toujours quelqu’un de distingue. 1 u

Cadeaux : Les présents entretiennnent l’amitié, dit un proverbe ; aussi 1 usage d’en offrir à ses àmis est-il universellement répandu, et les

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occasions deviennent-elles de plus en plus nombreuses ; ainsi les cadeaux dits de Noël, autrefois inusités, entrent de plus en plus dans les habitudes.

Nous ne parlons pas ici de ceux que le Petit Jésus met dans les souliers des bébés, mais de ceux que les parents ou les amis plus âgés font aux plus jeunes.

Comme ceux du jour de l’An, les présents de Noël affectent toutes les formes : bijoux, fleurs, livres, bronzes, étoffes, meubles, porcelaines...., tout est agréable à recevoir si le donateur a eu soin de chercher à connaître les goûts et les désirs de la personne à laquelle il destine l’objet. C’est toujours ainsi, du reste, que l’on doit procéder, et non pas consulter ses goûts personnels.

Les gens de même âge et de même sexe échangent des présents, lés inférieurs ne rendent pas ceux qu’ils ont reçus; cependant ils peuvent profiter d’une occasion, telle que fête, anniversaire, etc..., pour offrir quelque chose à leur tour. Si la personne ést riche, on choisit pour elle un bibelot de prix, un bijou, etc..., selon le degré d’intimité. Si l’on n’est pas assez riche pour faire de tels présents, on donnera plutôt des fleurs ou des bonbons de choix. Un célibataire reçu dans une maison saisira toutes les occasions pour témoigner sa reconnaissance en envoyant à la maîtresse du logis des fleurs, des bonbons ou des livres, ce sont" les seuls cadeaux qui lui soient permis.

A une personne peu aisée, on offrira, un objet qui soit â la fois une utilité et une fantaisie.

Quant à quelqu’un de vraiment pauvre, on donnera quelque chose de nécessaire; dans ces deux derniers cas, il faut beaucoup de tact et prendre bien garde de ne pas froisser.

Le père ou le mari remercie d’un mot pour sa fille ou pour sa femme. Au cas où une dame serait seule elle remercierait elle-même.

L’habitude de s’offrir des œufs de Pâques a subsisté jusqu’à nos jours. C’est une occasion de reconnaître les politesses reçues. En dehors des œufs pour les femmes et les enfants, on s’offre, entre gens de relations amicales, toute sorte d’objets réservés par l’usage pour cette occasion.

Le premier avril n’est pas seulement prétexte à mystification. On se fait auêsi des cadeaux. Ils sont plutôt comiques, mais ils n’en constituent pas moins un présent qui rend heureux. Poissons de carton pleins de fleurs, paniers de coucous remplis d’huîtres, pelote de fil à crochet renfermant un bijou- Ce genre de cadeau implique d’ailleurs une grande intimité.

Règle absolue : Une femme n’offre jamais rien à un homme. Il faut toujours emballer avec soin ce que l’on donne et enlever les étiquettes des magasins. Ceux qui reçoivent du donateur, lui-même, doivent déballer et considérer le cadeau avec empressement. Il est de bon goût ëtde la plus élémentaire gratitude de s’en montrer ravie et de ne pas ménager les remerciements. Dans une famille, les enfants, même mariés, les neveux et nièces, les petits-enfants se rendent chez les parents plus âgés èn toute occasion de fête, événements heureux ou malheureux et souhaits.

Choisissez le jour de l’an pour vous acquitter par des cadeaux envers tous ceux qui vous ont rendu quelque service.

La femme doit être d’ordinaire réservée, simple et modeste; je parle de la femme qui tient à ne pas sortir de son rôle d’épouse et de mère, c’ëst-à-dire être simplement un conseiller et un modèle. Toutefois, elle peut connaître, sans en faire parade, le maniement des armes, la conduite des chevaux. Elle évitera cette façon de faire une charité bruyante ; cela sent la réclame et l’ostentation. L’agrémentation d’une maison doit

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se ressentir de cet état d’esprit. La femme qui cherchera à atteindre la perfection s’appliquera à être ni médisante ni jalouse; à accueillir chacun avec bienveillance; à remplir scrupuleusement ses devoirs et à se considérer en tout et partout comme l’ange bienfaisant de son foyer .

Une extrême prudence envers tout homme qui n’est pas son parent devra être le guide de la femme mariée. Il lui est interdit de se montrer avec un homme, de marquer des préférences, de rechercher telle ou telle -société. Si elle n’a pas d’amour pour son mari, elle est tenue à l’honneur de son nom et à celui de ses enfants.

Dans quelle situation que le destin vous ait placée, ne laissez à personne la direction de votre maison. Serait-on riche comme Rotschild, on a toujours à s’occuper chez soi, ne serait-ce que dans la surveillance et la direction du personnel. Ce que je viens de dire pour la femme peut s’appliquer à l’homme dans la maison, bien entendu, de ce qui est commun aux deux sexes et à l’exclusion de ce qui leur est particulier.

L’homme bien élevé sera indulgent pour les femmes, alors même que l’une d’elles l’aurait froissé ou mécontenté. Il veillera, dans la conversation avec des dames, à être toujours mesuré dans ses expressions et courtois dans ses discours. Dans les bals ou les jeux, il serait impertinent de trop serrer sa danseuse. On ne quitte pas les gants pour danser; Un homme, même lorsqu’il n’est qu’un simple passant, doit ramasser ce qu’une femme aurait laissé tomber par mégarde. Il cède toujours le, pas à une dame et ne lui tend jamais la main le premier. Il ne peut offrir de présents sérieux, qu’à ses parentes ou à sa fiancée. Aux dames de ses amis, il offre des fleurs ou des bonbons.

Un homme intelligent s’applique à l’harmonie de sa tenue, et sait s’habiller comme il convient en toute circonstance.

Il a Ju linge parfait, peu de bijoux/ et s’applique constamment à s’harmoniser avec le cadre où il est appelé à évoluer.

S’il m’est permis, maintenant, d’esquisser le portrait de la jeune fille, je dirai' qu’il est interdit à une fille bien élevée de se retourner • dans la rue. Pas d’arrêt dans la rue avec des connaissances masculines ; discrétion avec des amies; tenue modeste, pas d’excentricité dans le costume ni dans les manières. Elle évite toute pose et toute affectation de langage.' Son maintien, ni raide ni langoureux, est fait d’aisance et de modestie. Elle ne peut accepter d’un homme aucun cadeau, à moins que cet homme soit son fiancé. Elle ne fait que rarement sa photographie et ne l’offre qu’à des parents ou des amis sérieux. Elle sera toujours charitable pour autrui . Aussitôt qu’elle reçoit confidence des sentiments qu’elle a pu inspirer à un jeune homme, elle doit remercier poliment si elle ne peut y répondre, ou en parler immédiatement à sa famille si elle ressent quelque inclination pour le parti qui s’offre ainsi directement à elle.

Chaque fois que nous sommes appelés à donner chez nous l’hospitalité à quelqu’un, nous sommes tenus aux plus grands égards envers notre hôte.

Tout doit être prêt pour le recevoir dès son arrivée et la plus, grande propreté préside aux préparatifs. Dans la chambre destinée aux invités, on disposera tout c-e que l’on croit être constamment sous leurs mains chez eux, afin de leur faire une vie facile, confortable et agréable. Pour cela, ne pas oublier, en outre, qu’on se doit à ses invités et organiser, à leur intention, tout ce qui- peut les distraire et les intéresser.

Si la loi des convenances exige toutes ces attentions, elle impose aussi des devoirs à ceux qui la reçoivent. L’invité doit être gai, empressé, serviable, prompt à reconnaître, sans basse flatterie, les avantages du pays et de la maison où il se trouve. 11 devra respecter les usages des

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gens et du pays où il est appelé à vivre. Il s’appliquera à distraire les enfants, à témoigner des égards aux amis de la maison et sera bienveillant pour les domestiques à qui il laissera un équitable pourboire au départ. Aussitôt rentré chez lui, l’invité renouvellera ses remerciements par lettre, et invitera déjà ses anciens hôtes à venir chez lui dès qu’ils le pourront.

On voyage tellement aujourd’hui, qu’il est intéressant de parler de la conduite à tenir en chemin de fer, aux eaux, à la campagne, etc. Le premier soin est d’offrir la meilleure place du compartiment aux gens âgés, qu’on se trouve en chemin de fer, diligence, omnibus, ou tout autre moyen de transport. On doit même se lever pour faire asseoir le vieillard que lés hasards du voyage forceraient à se tenir debout (voyéz : Omnibus, page 277). Quand c’est une dame qui se trouve aux places dépourvues de sièges, il est du devoir de tout homme, à moins qu’il ne soit trop vieux ou infirme, de la faire asseoir.

Tout homme bien élevé salue en entrant où se trouvent déjà des voyageurs; il est empressé auprès des dames dont il passe les paquets, ouvré la portière; mais n’engage jamais de conversation avec qui que ce soit. Dans les villes d’eau on n’est pas tenu à la même réserve. On y forme forcément des relations passagères qui peuvent même devenir sérieuses. C’est le cas de se montrer circonspect et de ne pas accorder sa confiance à la légère.

.Ne vous plaignez pas si la nature vous a gratifié d’un caractère timide. Allez de l’avant et, avec l’habitude, une gracieuse aisance fera succession à la timidité première. Rien n’est désagréable comme ces audacieux, dont l’aplomb déconcerte jusqu’aux vieux mondains, qui confondent souvent ces manières cavalières avec une mauvaise éducation.

On doit éviter tout emprunt dans les relations mondaines ; toutefois, on se prête des livres. L’emprunteur doit en avoir le plus grand soin. Si l’on est amené à emprunter tout autre objet, il est prudent et poli d’agir avec précaution, de façon à toujours respecter la, propriété d’autrui. Il est extrêmement délicat d’emprunter des articles de toilette, ne serait-ce que pour en prendre le patron. Si les circonstances nous' forcent à emprunter de l’argent, soyons ponctuel pour le restituer, offrons toujours des garanties et, dans certains cas, pavons-en l’intérêt; mais surtout, comme je le disais, au jour fixé pour la restitution, arrivons exactement avec l’argent.

On rencontre dans le monde des gens d’une susceptibilité exagérée. Le plus curieux c’est que ce sont précisément, eux qui ménagent le moins la susceptibilité des autres. Il faut s’appliquer à leur plaire, quand on le peut, sinon, on fera bien de ne pas les heurter de front. On saisira, si l’on est forcé de les éviter à cause de leur fragile susceptibilité, toute occasion de leur être agréable, même à leur insu, car l’on doit rendre le bien pour le mal. En désespoir de cause, on tâchera de les oublier.

Un usage plus répandu que jamais veut qu’on s’offre sa photographie entre intimés. On peut accorder sa photographie aux personnes de connaissance et de même sexe, qui la sollicitent, mais on ne l’offre qu’à des parents. La donner à tout venant dénote une trop flatteuse idée de soi-même. Une dame ne donne sa photographie à un homme que si elle est très âgée. Quant à l’homme qui a obtenu la photographie d’une jeune femme, il agira poliment en ne' la montrant pas, et en la brûlant loyalement/le jour où une brouille survient entre eux.

La gratitude et la reconnaissance sont de rigueur envers tous* ceux qui nous rendent quelque service, même lorsque ce service est payé. On a beaucoup d’égard, d’attention et de reconnaissance pour le médecin. On

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remercie le fournisseur dont on vient de payer la note. Quoique entrant dans un endroit public, quoique s’adressant à un guichet, à un employé placé pour recevoir le public, on salue toujours à l’arrivée et au départ, on s’exprime toujours avec politesse et on n’omet jamais des remerciements.

Quand on entre dans une église, dans un temple, ou dans un établissement d’un culte, même contraire au sien, on y observe une attitude absolument respectueuse et l’on se conforme au rituel prescrit. Quand une jeune personne quête dans une église, il serait inconvenant qu’elle fixât l’intérieur de la bourse , au moment où l’on dépose l'offrande. Elle devra regarder la personne qui donne en la remerciant d’un gracieux sourire. L’homme ayant pour devoir d’aller au devant des désirs féminins, il devra offrir l’eau bénite aux femmes accompagnées à l’église , alors même qu’il ne pratiquerait aucune crovanee°religieuse. Les dames donnent le pas aux ecclésiastiques qu’elles entourent de" prévenances et de respect. Ces hommes sont bien plutôt considérés comme des représentants de Dieu que comme des .hommes..

Lorsqu’on rend le pain bénit à la messe, ôn réserve des brioches qu’on offre à ses amis; on en porte une au curé.

Puisqu’il est admis qu’on se parfume, les femmes du moins, n’ayez qu’un parfum simple et délicat. Quant au maquillage, c’est une habitude regrettable qu’il est désolant de voir admettre aujourd’hui par certaines jeunes filles. Les malheureuses, combien je les plains, d’oublier que tout le charme, toute la beauté d’une jeune fille résident dans sa fraîcheur, sa jeunesse et son inexpérience.

La chaussette blanche est aujourd’hui proscrite, . c’est fâcheux, mais elle était devenue trop banale. Il y a donc des couleurs de chaussettes de par la mode, comme il y a des nuances de robes et des formes de chapeaux.

Beaucoup de personnes se demandent où et quand on doit se ganter et se déganter. On porte des gants dans la rue, à la promenade, à l’église, au jardin, en visite, en voyage, en soirée, au bal, au théâtre. A l’audience du président de la République, les hommes arrivent mains nues.

On doit faire du mouchoir un emploi fréquent, mais discret. Cet indispensable habitant de nos poches doit apparaître aussitôt qu’on veut cracher, se moucher ou même éternuer. .

Le voisinage est une véritable plaie dans beaucoup de petites villes. A Paris, on voisine si peu qu’on habite des années sans voir ses voisins et sans meme savoir le nom de celui qui habite le même palier. Qu’on les connaisse ou non, on doit à des voisins des égards, de la politesse et aide ou assistance en cas de malheur. L’homme qui gravit un escalier en même temps qu’une femme la précède ; s’ils descendent, il précède en cas d’accident.

Il ne faut pas nettoyer ses dents, couper ses ongles, laver ses oreilles en présence d’un tiers. Ce sont là des soins de propreté que l’on exécute seul au moment de la toilette. On doit se laver fréquemment, se baigner, se doucher, mais ne pas parler en public de toute cette hygiène intime.. Il faut éviter de s’étaler paresseusement sur les chaises ou autres sièges en présence d’autres personnes et n’y pas prendre des attitudes dénotant le sans-gêne ou la mauvaise éducation. On évitera de bâiller, de rire à tout propos et d’assommer l’auditoire de bavardages aussi ennuyeux qu’insignifiants.

Deux époux feront bien d’user de politesse l’un envers l’autre. L’harmonie conjugale n’en sera que plus solide. La femme ne fera rien

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sans consulter son mari et celui-ci agira sagement en faisant de sa femme sa confidente et son conseiller. Il n’est pas de petite attention qu’on ne puisse avoir l’un pour l’autre entre conjoints. Voyez cet exemple : « Une femme était en grande parure du soir, elle allait partir pour le bal et son mari s’extasiait sur sa beauté et sur sa toilette. — Tu me trouves belle ainsi habillée? Eh bien! ce triomphe me suffit. Il fera meilleur au coin de notre feu, je vais commander une tasse de thé, je garderai cette robe qui te plaît, et je n’aurai jamais passé de soirée plus belle qu’auprès de toi, tête à tête. » -

A mon humble avis, voilà de la politesse raffinée. Cette politesse qui naît de l’amour, qui vient du cœur.

De tels procédés seront d’un bon exemple pour les enfants. On fera bien d’être, en leur présence, prévenant, doux, attentionné l’un pour l’autre,

Remarquons que ces bonnes habitudes ne doivent pas être exagérées. L’excès en. tout est un défaut. Rien n’est insupportable comme ces couples qui se câlinent en public, qui se choient, qui se caressent et s’accablent de mots mignards. Passe encore s’ils sont jeunes, mais rien n’est plus grotesque s’ils sont dans l’âge neigeux qui annonce là glace prochaine.

Quand survient la mort d’un ennemi, taisons-nous ou, mieux encore, oublions les ressentiments passés. En cas de bonheur chez nos amis, n’oublions jamais de les féliciter. Celui que lé bonheur favorise; promotion, fortune, mariage, offre un dîner ou une soirée à ses amis. En cas de mariage chez des industriels ou commerçants, il sera équitable d’y associer dans la plus large mesure possible les employés et les ouvriers. Si le malheur frappe nos amis, n’hésitons pas à leur apporter nos consolations. Faisons-le avec tact et en prenant un réel et sincère intérêt à l’affliction de ceux que le destin accable.

Fumeur : Un usage très répandu et que nous ne conseillons cependant pas de suivre veut que l’on demande du feu au premier inconnu que l’on rencontre. Cela dénote un grand sans gêne et une éducation qui n’a rien de supérieur.

L’ameublement est une des questions les plus importantes' du savoir-vivre. Il doit être de bon goût, quoique simple, et tous les meubles doivent être placés où l’usage le commande. Armoire à glace au cabinet de toilette; armoire à chapeaux et à bijoux dans la chambre; canapés et fauteuils au salon ; buffet à la salle à manger; bibliothèque au bureau. Le piano se. place aujourd’hui de façon que l’exécutant ne tourne plus le dos à l’assistance.

Les fleurs, les plantes et les objets d’art complètent toujours et fort agréablement un mobilier. Du moins je me trompe, il est une fleur que l’on rencontrera avec plaisir dans un intérieur. Cette fleur, quoique précieuse, est à la portée des bourses les plus modestes. Elle se nomme la propreté.

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