I. Traitement hygiénique et préventif. — Il
y a lin traitement hygiénique fait de précautions, de soins du côté du régime, de l’alimentation , etc., qui est commun à tous les prostatiques, et à toutes les périodes du prostatisme. Nous n’y insisterons pas longtemps, car c’est celui qui s’attache à supprimer ou à atténuer les causes de congestion que nous avons déjà étudiées en détail à propos de cette dernière.
Le prostatique sera sobre , s’il veut durer et s’il veut éviter les grosses crises de son affection, s’il veut vivre en bonne intelligence avec l’ennemi qu’il porte en lui et qui veille à profiter de toutes ses imprudences. Pas de repas prolongés, surtout le soir, où il se contentera d’un potage, d’un peu de viande mangée avec un peu de sel, sans sauce, sans condiments trop relevés, ou d’un plat maigre préparé sans trop d’épices. Il ne lui est plus permis de « festoyer » , même avec l’excuse des réceptions et des fêtes légitimes du ménage ; il faut rompre avec la
TRAITEMENT DE LA DYSURIE
rompre avec la bonne chère et les aliments recherchés ou préparés de façon trop compliquée.
D’une façon générale, les aliments trop fortement azotés doivent être pris avec une grande modération, car ils augmentent le travail du rein et changent les urines en principes irritants pour les voies qu’ils traversent. Les viandes noires, les salaisons, les conserves, les pâtés de foie gras, le porc salé, le gibier, surtout s’il est faisandé, les poissons de mer, les écrevisses, les crustacés sont nuisibles pris en trop grande quantité ou trop souvent.
Les végétaux dont il faudra se méfier sont les truffes, les champignons, l’oseille, les épinards, les asperges; celles-ci produisent une activité sécrétoire trop considérable du rein ; l’oseille et les épinards augmentent beaucoup certains sels lithogènes de l’urine.
Les fromages faits ou forts doivent laisser la place dans l’alimentation ordinaire aux fromages blancs et pas raffinés.
Le vin rouge ou blanc ordinaire continuera à être pris en petite quantité si l’organisme est habitué à son usage, mais aux repas seulement, au repas de midi surtout ; on ne dépassera guère un demi litre par jour. Quant aux vins d’extra ou aux vins dits généreux (Bordeaux, Bourgogne, Champagne, vin d’Espagne, etc.), le prostatique sera sage en se contentant de leur sourire de loin.
Les bières qu’on boit en France sont trop alcooliques ou trop chargées en principes extractifs pour que leur usage habituel ne soit pas plutôt nocif pour les voies urinaires ; elles déterminent parfois à elles seules des accidents de cystite chez de jeunes sujets qui en abusent, c’est tout dire de leurs dangers chez nos malades.