‹ Traité de la dysurie sénile et de ses diverses complicationsChapitre 34 sur 53 · TRAITEMENT MÉDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MÉDICAL

Bien entendu, les boissons alcooliques pures, les liqueurs, les apéritifs seront tout à fait supprimés.

L’usage du café ou du thé sera considérablement restreint chez les sujets qui ont coutume d’en faire usage ; au repas du soir on les supprimera.

Même avec le choix d’éléments dont nous venons de tracer les grandes lignes, le prostatique devra encore veiller à la quantité de nourriture absorbée. Sans doute il ne doit pas se laisser débiliter, arriver à l’amaigrissement s’il n’était pas obèse auparavant, surtout s’il est très avancé en âge, perdre la résistance que doit laisser un régime bien compris ; mais il doit savoir quitter la table au bon moment, ne pas s’y rassasier trop complètement et se lever en ayant la sensation qu’il pourrait même sinon recommencer le repas, au moins le continuer encore un instant s’il le voulait.

Après le repas, après le repas du spir en particulier, même si la mauvaise saison ne permet pas de sortir faire une petite promenade, le prostatique fera bien de ne pas se laisser engourdir et endormir par le premier travail de la digestion. Il ne demeurera pas assis, circulera pendant une demi-heure ou une heure ; il ne se mettra jamais au lit de suite après avoir mangé, c’est le meilleur moyen pour éviter ou atténuer les réveils multiples à partir de onze heures ou minuit et la pollakiurie pénible de la seconde moitié de la nuit.

De façon générale du reste, si sa condition sociale le lui permet, le prostatique gagnera à ne pas se coucher avant 10 ou 11 heures; la vessie aura le temps de se vider des urines de la digestion avant d’être prise par l’atonie du sommeil, et sa congestion nocturne en sera d’autant diminuée.

TRAITEMENT DE EA DYSURIE

C’est ainsi encore que notre malade, s’il est tourmenté par une pollakiurie intense, fera bien de se lever un moment vers 2 ou 3 heures du matin, en bien se couvrant, et de faire une petite promenade de 10 ou 15 minutes dans son appartement pour laisser se dissiper la congestion due au décubitus dorsal trop prolongé, et rendre un peu de stimulus à sa vessie distendue. C’est donc le décubitus dorsal prolongé qu’il évitera, en ayant le courage de ne prendre le repos au lit et le sommeil qu’à dose interrompue.

La station assise trop prolongée a les mêmes inconvénients que le décubitus, surtout si c’est au cours d’une réception, d’un voyage en chemin de fer, où elle s’accompagne d’une retenue forcée de l’urine. Dans le voyage en chemin de fer sans water-closets se trouve encore la circonstance aggravante de la trépidation, qui entretient naturellement le besoin d’uriner et augmente encore la congestion.

Le prostatique devra s’arranger pour pouvoir uriner quand le besoin se fait sentir , et à ne pas se trouver dans des conditions telles qu’il soit obligé de retenir ses urines trop longtemps. Cette précaution est capitale, nous avons vu pourquoi.

La retenue congestionne le col vésical et affaiblit la vigueur expressive du muscle vésical qui se distend ; trop prolongée donc, elle réalise à merveille les deux conditions essentielles de la rétention.

Il est exact de dire que l’homme arrivé à l’âge mûr, et s’il a l’hérédité prostatique ou l’athérome précoce avantcoureur du prostatisme, doit chercher à ne jamais laisser distendre sa vessie ; il doit habituer cette dernière à l’évacuation régulière, presque à heure fixe, s’il veut garder

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