‹ Traité de la dysurie sénile et de ses diverses complicationsChapitre 49 sur 53 · TRAITEMENT DES CAS ASSOCIÉS AU CANCER · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES CAS ASSOCIÉS AU CANCER

encore affirmées à ce sujet, et tout dernièrement Albarran et Halle d’une part1, Guépin2 de l’autre, arrivaient à conclure de leurs recherches histologiques sur l’hypertrophie prostatique et le cancer de la prostate, qu’il y avait bien une relation directe entre les deux affections. Le cancer de la prostate ne serait qu’une déviation de la néoformation glandulaire qui envahit la prostate à un certain âge.

S’il est vraiment démontré que le cancer prostatique ne représente en réalité qu’un mode particulier de l’évolution de l’hypertrophie sénile, la question thérapeutique ne fait qu’une pour les deux affections et nous devons par conséquent ici, très naturellement, étudier le .traitement du cancer comme forme spéciale de la maladie urinaire sénile ; et même, dans cet ordre d’idées, on doit se demander si certaines opérations dites « radicales » de l’hypertrophie (les prostatectomies par exemple), quand elles seront rendues pratiques et seront définitivement réglées, ne sont pas appelées à prendre une importance énorme, non seulement pour guérir les accidents de l’hypertrophie agissant comme obstacle au cours de l’urine, mais pour prévenir aussi la dégénérescence maligne possible.

Pour le moment, nous envisagerons seulement la thérapeutique du cancer déjà formé. Deux cas sont tout de

1 De l'examen de 86 prostates hypertrophiées, Albarran et Hallé concluent que la lésion primitive est une altération glandulaire ; le stroma fibro-musculaire n’est pris que secondairement. Au milieu des lobules simplement adénomateux, ces auteurs ont trouvé dans 12 cas des lobules d’épithélioma adénoïde, des infiltrations épithéliales diffuses, et des ilôts de cancer alvéolaire (Soc. de Biologie , 2 juillet, 1898 .

2 Pour Guépin, l'hypertrophie sénile de la prostate évolue dans son deuxième stade soit vers la sclérose péri-glandulaire totale, soit vers la prolifération épithéliale des culs-de-sac (Guépin, Acad, de Médec., 26 juillet 1898).

TRAITEMENT DES COMPLICATIONS SUR LES ORGANES

suite à distinguer : 1° ceux qui correspondent à un cancer circonscrit , non sorti encore de la loge prostatique ; 2° ceux qui visent la carcinose prostato-pelvienne diffuse.

Dans le premier cas, la meilleure thérapeutique pour combattre les douleurs si vives de la dysurie due au cancer de la prostate, les accidents du cathétérisme (difficultés parfois très grande au passage de la sonde, fausses routes, hémorragies), les infiltrations d’urine faciles dans la masse néoplasique, etc., nous paraît être la taille hypogastrique pratiquée de bonne heure, ou si l’on veut la cystostomie, comme l’a conseillé aussi pour ces malades, M. Poncet1. Il ne faudra donc pas s’attarder longtemps à l’emploi de la sonde dans ces cas de cancer bien diagnostiqués ; à moins qu’elle ne passe très facilement en assurant l’évacuation régulière de l’urine, à moins aussi que son emploi soit facilement supporté par le malade. La taille hypogastrique évitera au malade les souffrances du ténesme, les efforts répétés et vains, les sondages souvent renouvelés et parfois très difficiles, car la sonde peut facilement s’égarer dans le tissu ramolli du néoplasme.

C’est dans ces conditions de cancer circonscrit qu’on a proposé et tenté même, mais dans des cas très rares encore, une opération curative, l’ablation de la prostate cancéreuse. Billroth a le premier proposé cette prostatectomie totale , et il en existe quelques observations. Les résultats en sont mauvais, nous parlons seulement des résultats immédiats bien entendu. Les difficultés opératoires sont considérables et certains opérateurs ont dû

1 Paul, Thèse Lyon, 1895, n° 1075.

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