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DÉFORMATIONS DU COL

Du côté du canal, son premier effet, clans le sens vertical, est de porter en avant la partie postérieure de l’orilice urethro-vésical et de couder en avant aussi et plus ou moins brusquement, la portion originelle du canal prostatique. On peut avoir ainsi une déviation « à pic » de cette portion qui surplombe alors véritablement la partie sons-jacente du canal.

Dans le sens transversal, le canal prend la forme d’un V à concavité postérieure ; la concavité embrasse le lobe moyen hypertrophié les branches latérales représentant les lobes latéraux écartés par le lobe moyen qui s’est inséré comme un coin entre eux. Ce coin, vu par en haut du côté de l’orifice urétbro- vésical, ressemble assez à un éperon de cuirassé .

Du côté de l’orifice urétbro-vésical, on n’observe généralement rien de particulier et de bien différent de ce cpie nous venons de décrire. La forme de l’orifice se présente comme celle du canal qui est en dessous.

Dans d’autres cas, l’hypertrophie revêt des formes un peu spéciales. Elle peut d’abord se faire sous forme de lame , assez large mais peu haute, qui s’avance au niveau de l’orifice uréthro-vésical jusqu’à boucher la moitié ou les trois quarts postérieurs de cet orifice. C’est la forme d’hypertrophie dite « en barre ».

pliié arrive à soulever la muqueuse et à déformer le canal de très bonne heure, car il y a des lobules glandulaires accessoires assez nombreux entre le sphincter et la muqueuse, et leur hypertrophie devient de suite très sensible du côté de la cavité vésico-uréthrale.

Fio. 8. — Lobe moyen formant une hypertrophie très étalée en arrière du canal, et transformant la coupe de celui-ci en fente presque transversale.

HYPERTROPHIE PROSTATIQUE.

Ou bien la saillie hypertrophique est plus ramassée dans le sens latéral et se borne à un opercule plus ou moins étroit qui se rabat plus ou moins complètement sur l’orifice ; c’est l’hypertrophie en « soupape ».

Ou bien encore la saillie est tout à fait étroite ; c’est la pointe du lobe moyen insinué entre les bords latéraux de l’orifice qui est devenu plus ou moins mobile et vient flotter entre les lèvres du col et c’est alors « la luette vésicale 1 » .

Du côté de la cavité vésicale elle-même, l’hypertrophie du lobe moyen se traduit parfois par des tumeurs plus ou moins saillantes, sessiles ou pédiculées.

Souvent l’hypertrophie prostatique apparait, vue du côté de la vessie, comme une sorte de « gros col utérin » saillant dans la vessie, et surélevé au-dessus de tout ce qui l’entoure comme un col de matrice au fond du vagin. Mais alors ce n’est pas seulement le lobe moyen qui contribue à former cette saillie générale ; tous les lobes y participent. L’hypertrophie du lobe moyen du côté de la vessie se présente parfois sous forme de masse un peu effilée à sa partie supérieure, légèrement aplatie d’avant en arrière, et qui ressemble à un « croupion de poulet ».

D’autres fois, c’est une saillie arrondie plus ou moins volumineuse, sessile ou pédiculée, ressemblant par sa

1 L’expression de valvules , dônt parlaient si souvent les anciens écrits n’est plus guère employée aujourd’hui. Elle ne semble du reste pas avoir même pour les vieux auteurs, une signification bien précise ou tout au moins toujours identique. Tantôt on l’applique à des tumeurs plus ou moins limitées, bouchant le canal ou l’orifice du col, et formées évidemment par des saillies hypertrophiques des lobes latéraux ou moyen. Tantôt ce sont de simples replis membraneux , formés par le plissement ou le glissement des tuniques du canal au devant de l’hypertrophie sous-jacente d’un lobe, ou au niveau d’un angle, d’une coudure brusque du canal, etc., etc.

DEFORMATIONS DU COU.

rondeur générale, sa dureté, parfois même ses bosselures à une sorte de « fibrome ». Il peut y avoir plusieurs de ces saillies au-dessus du col, et il faut savoir, du reste, que les lobes latéraux pouvent donner lieu à ces productions du côté de la cavité vésicale tout aussi bien que le lobe moyen.

La saillie (croupion, fibrome, etc.) est parfois un peu pédiculée, parfois même très mobile sur un pédicule étroit. De chaque côté du pédicule, ou de l’insertion

rétrécie de la tumeur sur l’orifice uréthro-vésical ou dans l’urèthre (car le point de départ de la saillie hypertrophique peut être aussi bien dans le canal prostatique que sur le col proprement dit), on note ordinairement un sillon, une <( rigole » ; quand la surface de la tumeur hypertrophique est elle-même sillonnée « cannelée » pour ainsi dire, on a le type d’hypertrophie dit en éventail.

Certaines de ces tumeurs vésicales, qui généralement sont du volume d’une noisette, d’une amande, etc., peuvent acquérir un très grand développement, et on en a vu avoir le volume d’une noix, d’un œuf, d’une pomme même ; ce sont là cependant, somme toutes, des cas très exceptionnels.

Ces saillies sessiles ou pédiculées s’observent surtout au niveau du lobe moyen, mais nous avons dit qu’on peut les trouver également au niveau des lobes latéraux. Mercier en a rapporté plusieurs exemples. Dans un cas (cas de Cruveilhier) c’était une saillie pédiculée grosse comme

Fig. 9. — Type d'hypertrophie en éventail.

HYPERTROPHIE PROSTATIQUE.

une noix qui surmontait le lobe gauche. Dans un autre, il s’agissait de quatre tumeurs analogues, mais moins grosses cependant, surplombant l’orifice uréthro- vésical et se soutenant graduellement au-dessus de lui ; les deux postérieures appartenaient au lobe moyen ; les deux latérales étaient implantées sur les lobes latéraux.

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