‹ Traité de la fabrication de l'alcoholChapitre 112 sur 154 · II. APPAREIL PISTORIUS ET AUTRES APPAREILS A CHAUDIÈRES · texte numérisé non relu

II. APPAREIL PISTORIUS ET AUTRES APPAREILS A CHAUDIÈRES

Pistorius a construit, le premier, un appareil distillatoire en y appliquant d'une manière rationneUe les principes de distillation, de chauflage préalable du moût , de rectification et de déflegmation. Aussi cet appareil supplanta-t-il rapidement tous les autres et n'a-til été. détrôné que par les appareils continus ou colonnes à distiller qui sont employées aujourd'hui dans presque toutes les grandes distilleries. Par contre, nombre de petites usines ou exploitations agricoles sont encore munies de l'appareil de Pistorius, Cet appareil est représenté par la fîg. 177 tirée du traité de la fabrication de l'alcool de Ludersdorff'Pistoritis.

Le moût à distiller est contenu dans la chaudière inférieure A où il est soumis à l'action directe du feu et porté à l'ébullition, et les vapeurs alcooliques qui s'en dégagent, se rendent par le tuyau B dans la 2*"® chaudière C. Un agitateur , disposé dans la chaudière A, permet de remuer de temps en temps la masse liquide afin qu'elle ne se brûle pas. Le moût contenu dans la chaudière C est chauffé par les vapeurs produites dans la chaudière inférieure A et par les gaz de combustion . Le tuyau D conduit les vapeurs de la chaudière C dans le rectificateur E et dans le chaufTe vin F. L'appareil E F faisant, à la fois, l'office de réchaufifeuretde rectificateur, se compose d'un récipient extérieur E pour condenser les vapeurs alcooliques et d'un vase intérieur F, pour chaufTer le vin. Le tuyau D qui conduit les vapeurs mixtes delà chaudière dans le recificateur est recouvert à son embouchure a par une calotte, de telle sorte que les vapeurs en arrivant viennent frapper une paroi métallique refroidie par le vin contenu dans le chaufTe-vin F ; elles se condensent alors en partie, et le liquide condensé, en s'amassant dans la partie inférieure du récipient.

dépasse le niveau des bords de la calotte. Les vapeurs non condensées sont donc obligées de se frayer un chemin à travers l'épaisseur de la couche du liquide ; elles y barbottent, la ramènent à l'ëbullîtion et produisent ainsi une action rectificatrice.

Avant de suivre la marche des vapeurs à leur sortie du rectificateur E remarquons que l'appareil de IHstorius est disposé ^= de manière à ce que les vapeurs marchent en sens

inverse du vin à ^

distiller. Lechauf- ^

fe-vin F est, en '^

effet, rempli de vin provenant des eu ves à ferm enter; lorsque ce vin a été suflisamment chauffé par les vapeurs du rectilî cateur E , on le dirige à l'aide d'un robinet de décharge dans la chaudière C dont on a auparavant vidé le contenu dansl'épuiseurA.

Le liquide épuisé

en A a été préalablement éliminé par le conduit de vinasse. Une tubulure e, partant du tuyau B , conduit une partie des vapeurs de la chaudière A dans le réfrigérant à serpentin m et pennet de reconnaître au moyen d'un alcoomètre silelîquide condensé a bien été dépouillé de tout son alcool.

Revenons maintenant aux vapeurs sortant du rectifîcateur E ; elles pénètrent par le tuyau G dans le déâegmateur de Rstorius, quiaffecte la forme d'un bassin, ou plutôt de 3 bassins superposés H. H, et H,.

Chacun de ces bassins est divisé par un diaphragme en 2 parties, le compartiment infé- '^'^" ''^' rieur étant des-

tiné aux vapeurs et le supérieur k l'eau froide. Celle-ci arrive dans le bassin supérieur H, et coule de là en H,, puis en H et condense en partie les vapeurs qui, marchant en sens contraire de l'eau, entrent en H et remplissent successivement les compartiments inférieurs de H, H, et Hj. De là le nom de déflegmateur donné à cette partie de l'appareil. Le liquide condensé, faiblement alcoolique, rétrograde par le tuyau à bifurcation G dans la partie inférieure du rectifia ^teur E, tandis que les vapeurs alcooliques poursuivent leur chemia

par le tuyau t. Cette disposition présente l'inconvénient que les vapeurs rencontrent en G sur leur passage te liquide condense, qu'eUes en entraînent toujours quelque peu avec elle et qu'il peut en résulter un produit distillé faible et impur. Aussi les derniers appa-

Fig. 179.

reik construits par I^storius sont-Us munis d'un tube d'abduction spécial (voir &g. 178) qui sert à la rétrogradation du liquide condensé dans le rectiâcateur.

Les autres parties de l'apparul se comprennent sans peine. Les vapeurs alcooliques non condensées dans le déflegmateur sont conduites dans le serpentia du réfrigérant K, et le produit distillé s'écoule en L.

La fig. 177 représente un appareil à distiller à feu nu, mais il va

sans dire qu'on peut y appliquer la distillation ft la vapeur. L'appareil de Pistorius , tel que nùus l'avons décrit, exige une place assez considérable , aussi a-t-il été modifié, et c'est sous la (orme de colonne représentée par la âgure 178 qu'on le rencontre le plus souvent. Cette disposition, qui se comprend sans autre explication, économise, non-seulement de l'espace, mais encore de la chaleur. L'appareil de Pistorius permet d'obtenir, par une seule distillation, un produit brut renfermant 80 à 85 '/o d'alcool; il a réalisé un immense progrès sur les anciens appareils dont la manutention

Flg. tSo.

était pénible et coûteuse. On peut même dire que la fabrication allemande de l'alcool n'a pris sa place de grande industrie sur le marché du monde que depuis l'invention de cet appareil qui n'a été supplanté que par les appareils continus, supérieurs et plus économiques. Les parties de l'appareil de Pistorius qui sont défectueuses sont surtout le rectificateur et le déHegmateur ; c'est pourquoi on les remplace souvent par les dispositions malleures adoptées pour les nouveaux apparais. On les place alors, soit au-dessus

de la colonne habituelle de Pistorius (construction de fVeigelt , à Neisse (Fig. 179), soit simplement à côté (construction Folkmar, H niget C^, à Dresde (Fig. 180).

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