‹ Traité de la fabrication de l'alcoholChapitre 114 sur 154 · C. Le condenseur · texte numérisé non relu

C. Le condenseur

D. Le réfrigérant ;

E. La sortie de la vinasse ; G. L'éprouvette à alcool.

Pfg. i8i.

1* Marche du moût ou ùin. Le vin fermenté est élevé, à Taide d'une pompe à vapeur de construction connue, par le tuyau S, dans le condenseur C, faisant en même temps l'office d'un chaufTevin. La partie de cet organe jouant le rôle d*un chauffe-vin, se compose d'un vase à doubles parois et d*un serpentin d faisant suite au tuyau S dans lequel passe le moût. Ce serpentin est entouré par les vapeurs alcooliques arrivant dans l'espace laissé libre entre les spires, de telle sorte que le vin se chauffe en le traversant et arrive, en cet état, dans le compartiment supérieur des ii divisions de la colonne à distiller. Le constructeur Bohm fait également arriver dans le compartiment supérieur le retour de vapeur de la pompe à vin dans le but de chauffer ce dernier autant que possible.

Chaque chambre de la colonne à distiller est munie d'un tropplein dont le bord supérieur dépasse un peu le fond du compartiment et dont l'extrémité inférieure débouche dans la chambre placée directement au-dessous et près du fond. Le trop^plein de chaque compartiment est diamétralement opposé à ceux des compartiments voisins. Le vin arrive premièrement dans le compartiment supérieur jusqu'au niveau du trop-plein, par lequel il s'écoule dans le deuxièmecompartiment qu'il remplit jusqu'au niveau de son propre trop-plein, l'extrémité de celui du compartiment placé au-dessus, plongeant dans la couche de liquide, et ainsi de suite. Le vin arrive ainsi de chambre en chambre au tuyau d'écoulement de la vinasse. Par suite de cette disposition des trop-pleins, le vin est obligé, pour trouver un écoulement, de circuler tout autour des calottes qui recouvrent les orifices destinés au passage des vapeurs ; il se trouve ainsi en contact intime avec les vapeurs qui le portent à l'ébullition. La vidange de la vinasse se fait par une vanne qui agit automatiquement sous l'impulsion d'un flotteur, formé par une boule creuse, lorsque la vinasse a atteint un certain niveau.

2* Marche des vapeurs, La vapeur, soit directe , soit d'échappement, arrive par un barbotteur recourbé dans le compartiment inférieur de la colonne à distiller A ; elle passe de là dans le compartiment placé au-dessus par l'orifice central du plateau et, comme cet orifice est recouvert par une calor.e dont les bords inférieurs plongent dans le liquide qui s'est amassé sur le plateau, elle est

obligée de traverser cette couche de liquide, autrement dit de barbotter dans ce liquide. Les vapeurs montent ainsi d'un compartiment à l'autre en s'enrichissant, c'est-à-dire en devenant de plus en plus alcooliques, tandis que le vin. qui marche en sens contraire, s'appauvrit de plus en plus et arrive enfin au bas de la colonne complètement dépouillé de son alcool. Au sortir de la colonne à distiller A, les vapeurs s'enrichissent encore dans la colonne à rectifier B qui , dans l'appareil de Bohm, se compose de 1 5 compartiments superposés, formés par des plateaux perforés munis de troppleins. Du rectificatcur B, les vapeurs passent dans le. condenseur C. Cette partie de l'appareil se compose d'un vase cylindrique C rempli d'eau, dans lequel plonge un autre vase à doubles parois K. C'est dans l'espace annulaire fermé formé par les deux parois et qui est traversé par un serpentin d que nous avons déjà décrit, sous le nom de chauffe-vin, que pénètrent les vapeurs alcooliques. Au contact du vin froid contenu dans ce chauflfe-vin et de Teau froide qui baigne les parois extérieures du condenseur, les vapeurs les plus aqueuses se condensent, tandis que les plus alcooliques vont se condenser au réfrigérant D, d'où elles coulent à l'éprouvette G.

Le liquide alcoolique moins riche condensé rétrograde par le tuyau recourbé c dans le compartiment supérieur de la colonne à rectifier, et de là descend par les trop-pleins de plateau en plateau, constamment traversé par les vapeurs qui s'élèvent de la colonne à distiller A et le dépouillent de l'alcool qu'il contient.

La construction que nous venons de décrire présente l'inconvénient de remettre en contact avec le vin et finalement de mélanger à la vinasse, de l'alcool amylique et d'autres corps ayant mauvais goût et mauvaise odeur. Quand on veut éviter cet inconvénient, on n'a qu'à placer la colonne à rectifier à côté de celle à distiller ; on obtient aussi de cette façon des vinasses plus concentrées.

3® Marche de Veau servant à refroidir. L'eau froide arrive d'abord dans le réfrigérant D, passe ensuite par ie tuyau r dans le condenseur d'où elle sort chaude en i.

Un tuyau w, greflfé sur la conduite r et muni d'un robinet, permet, lorsqu'on veut nettoyer l'appareil à distiller, de faire arriver l'eau dans le compartiment supérieur de la colonne à rectifier, d'où elle .descend de plateau en plateau jusqu'au bas

de l'appardl pour s'échapper par l'orifice de sortie de la vinasse E. Les parties intérieures des appareils à distiller, lorsqu'ils ont sem un certain temps, se recouvrent d'une croûte formée par les résidus du ^n, les corps gras. la terre, les cellules de levure, etc., qui peut

Fig. i8ï.

atteindre jusqu'ft 3 cm. d'épaisseur. Pour enlever cette croûte sans démonter l'appareil, on le nettoie d'abord à l'eau, puis on ouvre tous les regards, et l'on introduit successivement dans chaque compartiment, en commen^nt par le bas, une capsule renfermant un mélange, en parties égales, de pétrole et d'alcool auquel on met le feu. 11 suffit de laisser brûler la flamme pendant 3 ou 4 minutes dans chaque compartiment pour arriver à dessécher complètement la

croûte ; elle se détache alors et peutStre enlevée sans peine. On doit pouvoir nettoyer ainsi les plus grands appareils en 3 ou 4 heures et en dépensant seulement 2 litres de pétrole et 2 litres d'alcool. (Zeîtschrift f. Spirit. Ind., 1884, page ^97.

Dans les appareils très grands, ou lorsqu'ils sont placés dans des bâtiments peu élevés, la colonne à rectifier, au lieu d'être placée au-dessus de la colonne à distiller, est montée à côté. Cette dispoété appliquée la première fois, si nous ne nous trompons pas, par C. Pautmann ; elle est représentée par la fig. 182.

A est la colonne à distiller ; ' E > à rectifier ;

F est le condenseur et chauflfe-vin ; g est le refirigérant ;

J est le régulateur d'écoulement de la vinasse ; c est le contrôleur de la vinasse.

EUenberger a construit un appareil analogue qui peut aussi servir pour la rectification. Dans cet appareil, la colonne à rectifier est placée sur une chaudière dans laquelle on introduit l'alcool à rectifier après l'avoir réduit à 48®. Quand on veut faire servir cet appareil pour la rectification, on ferme, à l'aide d'un robinet, la communication entre les colonnes à distiller et à rectifier et l'on faîl passer l'eau dans le serpentin du chauffe- vin.

2. Appareil à distiller de Femicke, de Halle-sf-Salle, pouvant distiller

fço hectolitres de pin à t heure , et produisant de T alcool

premier jet de 95® à p5^ Traites.

En Autriche où l'industrie de la distillation est généralement pratiquée dans de grands établissements, on a besoin d'avoir des appareils très puissants, et de produTe un alcool aussi concentré que possible, par suite des dispositions spéciales de la législation. L'appareil de Wemicke^ de Halle, qui est employé à la distillerie de Franz Xavér Brôsçhç, de Vysoçan, près Pragues, réalise ces conditions. Disons, en passant, que l'appareil le plus employé en Hongrie, est celui de Schmidt, de Nauen ; on en fait généralement grand cas. L'appareil de Wemicke (Fig. i83) est disposé de la manière suivante :

Le vin est élevé au moyen de la pompe P. et refoulé dans le serpentin du chauffe- vin B. De là, le vin arrive dans la colonne à distiller et passe d*un compartiment à un autre» en tombant sur la surface d'une sorte d'entonnoir dentelé qui est lui-même placé audessus d'un entonnoir analogue renversé. La partie coupée de la figure permet de se rendre compte aisément de cette disposition* Les lo derniers compartiments de la colonne sont munis de troppleins et de calottes en forme d'étoile. La section de ces calottes est représentée dans notre figure, par un croquis spécial qui montre, en outre, qu'une petite cloison, allant de la calotte à la paroi de la colonne, sépare les deux trop -pleins, celui d'amenée et celui d'écoulement du vin* Par suite de cette disposition, le vin arrivant par un des trop-pleins est obligé de faire le tour de la calotte pour s*écouler. Il passe ensuite dans la partie inférieure de la colonne, et se rassemble sur une couronne cylindrique dentelée, d'où il tombe en gouttelettes d'une hauteur de i m. environ, offrant ainsi une surface considérable d'évaporation.

Dans les distilleries de mélasse, où il est nécessaire de ne pas diluer la vinasse, on se sert toujours d'un serpentin ou d'un système tubulaire qui est représenté par A, dans notre figure ; mais quand on n*a pas à se préoccuper de cette considération, on peut, cela va sans dire, utiliser la vapeur directe.

La vidange de la vinasse se fait en K. Les vapeurs alcooliques sortent du chauffe-vin B déjà concentrée, et se rendent de là dans la colonne à rectifier composée elle-même de la colonne à rectifier proprement dite à plateaux perforés D et de la colonne à mauvais goûts C. Les vapeurs alcooliques arrivent dans l'espace compris entre ces deux organes différents, passent à travers les plateaux de la colonne à rectifier et de là dans le condenseur E et dans le réfrigérant. Le liquide condensé dans le condenseur E est conduit par le tuyau d dans le reclificateur proprement dit, et tombe de plateau en plateau jusqu'à la colonne à mauvais goûts , formée par des plateaux à calottes en forme d'étoiles. Un régulateur K^ règle la sortie des mauvais goûts. Le régulateur de vapeur est iormé par une membrane métallique, de forme spéciale, surmontée d'une colonne d'eau dont la hauteur est égale à la pression (calculée en eau) que l'on veut maintenir dans l'appareil. Une tige partant du milieu de la membrane, passe par le tube de niveau et est reliée , par l'intermé-

diaire d'un levier, à la soupape de distribution de vapeur. I.e régulateur d'alimentation de Teau servant à refroidir se compose d'un flotteur qui est mis en relation avec une soupape équilibrée au moyen d'une tige verticale. La soupape équilibrée communique par l'intermédiaire d'un tuyau avec le réservoir d'eau. Le flotteur est enfermé dans un récipient en tôle, dans lequel l'eau conserve toujours un même niveau. Grâce à cette condition , la quantité d'eau se rendant dans le condenseur est toujours régulière.

Page 1