‹ Traité de la fabrication de l'alcoholChapitre 117 sur 154 · appareil à disHIler tf/lgés · texte numérisé non relu

appareil à disHIler tf/lgés

L'appareil ft distiller A'Ugès, tout en appartenant à la catégorie des appareils continus ordinaires, est particulièremeat intéressant

FIg. 189.

parce qu'il met en applicadon un principe nouveau. Tandis que dans les appareils continus que nous venons de décrire, le vin descend de plateau en plateau, en formant une couche mince, dans l'appareil d'Ilgès, il forme une nappe continue qui occupe toute la colonne. La fig. 189 représente en coupe l'appareil d'Ilgès; nous devons ce croquis à l'obligeance de MM. Sachsenberg frères, à Bosslau-sur-Elbe.

Voici comment fonctionne cet appareil : le via provenant d'un réservoir élevé, complètement fermé, arrive d'une manière continue et régulière dans la colonne ; l'alimentation est réglée par une entrée d'air. La colonne, comme nous l'avons déjà dit, n'est pas divisée en compartiments par des plateaux ; elle forme une capacité non interrompue dans laquelle des diaphragmes, convenablement disposés, obligent le vin à serpenter sous la forme d'une nappe continue. Ces diaphragmes, de forme respectivement circulaire et annulaire sont garnis de côtes en relief excentrées et dirigées de manière à ce que le liquide prenne, en quittant chacun d'eus, une direction contraire à celle qu'il avait. Les fig. 190 et 191 permettent de se rendre compte de la construction de ces diaphragmes ou plateaux.

Fig. 190.

L'entrée de vapeur, réglée par un régulateur spécial que nous décrirons plus loin, se fait par une tubulure qui aboutit tangentiellement dans un évasement annulaire de la colonne à distiller. Par suite de cette disposition, la vapeur prend immédiatement le mouvement circulaire qui est transmis au moût par le dernier diaphragme. La sortie de la vinasse se fait à travers un régulateur dont la fig. 189 indique la construction. La sortie des vinasses est réglée automatiquement par un régulateur de telle feçon qu'il sorte

toujours un iFolume de vinasse égal à celui du vin entrant dans la colonne.

Le rectificateur de l'appareil d'Ilgès se compose d'un récipient en fonte à section rectangulaire, fermé à l'extrémité inférieure par un grillage et plein de petites billes en porcelaine.

Le dèflegmateur est composé d'un grand nombre de petits tubes en cuivre horizontaux, placés très près les uns des autres et divisés en rangées superposées. L'eau provenant des réfrigérants passe dans ces tubes, et condense les vapeurs qui se trouvent autour. Une lame dentelée en cuivre, soudée à chacun des tubes, conduit les gouttes du liquide condensé, de tuyau en tuyau, jusque sur les billes en porcelaine du rectificateur. Les flegmes condensés s'écoulent ainsi très régulièrement dans le rectificateur où, sous l'action des vapeurs ascendantes, ils sont de nouveau portés à l'ébullition.

Les vapeurs alcooliques se rendent, à leur sortie du dèflegmateur, dans un réfrigérant ordinaire.

Dans les appareils nouveaux et plus grands d'ilgès, les rectificateur et dèflegmateur sont placés, lorsqu'on ne dispose pas d'une hauteur suffisante, non sur la colonne à distiller, mais à côté. Dans ce cas, la forme de ces organes est conservée, mais le constructeur y ajoute une petite colonne à mauvais goûts. Cette colonne est munie d'une prise de vapeur spéciale et d'un siphon pour la sortie des mauvais goûts qui ne se trouvent pas ainsi mélangés avec la vinasse.

Nous donnerons à la fin de ce chapitre quelques indications sur la puissance des appareils Ilgès. Contentons -nous de dire pour le moment que Delbrûck en a obtenu de très bons résultais à la distillerie d'essai de Biesdorf.

Il faut reconnaître qu'à bien des points de vue Ilgès a ouvert une nouvelle voie aux constructeurs d'appareils, qui en ont créés plusieurs basés sur le même principe. Parmi les dispositions les plus originales de cet appareil, il faut citer d'abord la colonne à distiller, d'une construction toute différente de celle des appareils dérivés de la colonne française, puis le rectificateur à billes, et avant tout le régulateur d'alimentation. L'auteur croit, en outre, qu'Ilgès a été le premier en Allemagne qui ait adpaté un régulateur de vapeur à l'appareil à distiller.

6. uAppareil à distiller des frères Siemens à Charloften^ur^.

L'appareil (Fig. 192) peut servir à la dislilladon des moûts de pommes de terre, de maïs, de mélasse ou de betteraves.

Rg. 193.

La colonne à distiller se divise en plusieurs parties, ft savoir : le

cbauffe-vin A, la colonne à distiller propremeDt dite B. le bri»-

mousses E et le rectificateur C; elle se compose de tronçons en tonte placés les uns sur les autres et lûtes avec de la colle de farine.

Le chaufTe-vin est divisé en hauteur en deux compartiments à forme hélicoïdale, dont l'un est rempli de vin froid et l'autre de vinasse chaude, de telle façon que le vin, pour entrer dans la colonne à distiller, soit obligé de passer à côté de la vinasse chaude et de s'y chauffer.

La colonne à distiller proprement dite B se compose d'une capacité longue et relativement étroite qui est traversée de haut en bas, dans toute sa longueur, par le vin à distiller.

La vapeur arrive en o, marche en sens inverse de la nappe devin et la dépouille de son alcool ; cette distillation se fait rapidement et avec une dépense réduite de vapeur.

La marche du vin est la suivante:

Il est envoyé dans la colonne par une pompe à vapeur ; il y entre en d, se chauffe aux dépens de la vinasse bouillante contenue dans le chauffe-vin, traverse de bas en haut la colonneà distiller dansun tuyau central et se déverse dans la colonne à la hauteur du tube de niveau n. Le vin, en descendant dans la colonne, rencontre les vapeurs qui marchent en sens inverse et le dépouillent de l'alcool qu'il contient. Le vin est ainsi réduit à l'état de vinasse qui emplit d'abord le premier compartiment du chauffe-vin, puis passe dans le second où elle cède une partie de son calorique au vin froid qui y arrive constamment. Elle passe ensuite dans le compartiment inférieur c pour s'écouler par le tuyau de vidange J, qui remonte verticalement jusqu'en K. T est un appareil d'épreuve pour la vinasse.

Le tronçon qui se trouve au-dessus de la colonne à distiller B et que nous appelons le brise-mousses, sert à empêcher l'entraînement du vin. Pendant que l'appareil travaille, la colonne est pleine de vin jusqu'au tube de niveau n.

Les vapeurs alcooliques sortant de la colonne se concentrent dans le rectificateur f formé par des plateauxen cuivre et des tubes analyseurs, de telle sorte qu'elles deviennent assez riches pour pouvoir donner un produit à fort degré. Elles passent ensuite du rectificateur C dans le réfrigérant S où elles sont condensées.

L'eau froide servant à la condensation passe d'abord dans le réfrigérant, puis dans les tubes du déflegmateur et s'écoule en h.

T^ représente le compteur à alcool, système Siemens.

Les frères Siemens construisent aussi des appareils plus petits pour une fabrication intermittente. Ces appareils sont d'ailleurs identiques

Fig. 194. Rg. 193

Eau. à celui que nous venons de

décrire ; ils n'en diffèrent qu 'en ce que le brise-mousses E est sensiblement plus haut et muni de deux tubes de niveau.

Quand on travaille d'une manière intermittente, on procède à peu près de la même façon que pour les appareils à chaudière: chaque demiheure environ, on laisse écouler zSo â400 litres de vinasse que l'on remplace par la même quantité de vin. On ic/ici peut facilement apprécier ce >i. volume de vinasse au moyen '8' '95- des deux tubes de niveau.

Comme la nouvelle quantité de vin qu'on introduit dans la colonne à distiller proprement dite a déjà séjourné pendant une demi-heure dans le chauffe-vin et s'y est échauffée, l'interruption de la distillation ne dure que fort peu de temps.

Les âg, 193, 194 et 195 représentent les détails des divers organes

de l'appareil Siemens, tek qu'ils ont été décrits par E. Ritter et Delbrûck dans la Zeitschrift fCir Spiritus Industrie, année 1879, page 160.

La colonne à distiller proprement dite B se compose d'une plaque perforée se déroulant en spirale autour du tube central D. Le vin qui suit la spirale est maintenu en ébullition par les vapeurs ascendantes qui traversent les ouvertures ménagées dans les plaques. Le chauffevin se compose de deux compartiments juxtaposés qui se déroulent en hélice autour du tube central, et dont l'un sert de passage au vin froid entrant dans la colonne, et l'autre, à celui de la vinasse chaude sortant de la colonne. Ainsi que nous l'avons déjà vu, le vin, au sortir du chauffe-vin, s'élève dans le tube central D et se déverse dans le premier compartiment de la colonne.

Le rectificateur C se compose d'une triple hélice se développant autour du tuyau central K. Les vapeurs mixtes sortant delà colonne à distiller suivent un de ces compartiments hélicoïdaux , s'élèvent jusqu'au haut de l'appareil, descendent dans le tuyau central jusqu'au niveau du vin, s'enrichissent pendant ce trajet et remontent dans une autre spirale du rectificateur, qui est destinée aux vapeurs concentrées. Le troisième compartiment du rectificateur est destiné à l'eau froide qui marche en sens inverse du vin et exerce une action rectificatrice et déflegmatrice.

Si donc, on considère les divers compartiments dont est composé cet organe, on rencontre d'abord, en partant du bas de l'appareil, une tranche occupée par les vapeurs mixtes à une température élevée ; au-dessus de cette tranche se trouve celle qui est occupée par les vapeurs concentrées, à une température moyenne ; le compartiment à eau froide vient ensuite. Ce même ordre se répétant jusqu'au bout du rectificateur.

Par suite de cette disposition , la tranche des vapeurs mixtes se trouvant au-dessous de celle occupée par les vapeurs concentrées, cède de la chaleur à celles-ci et rectifie le liquide qui s'y condense. De même, on remarquera que la tranche occupée par les vapeurs riches prend la chaleur de celle qui est au-dessous et qui est occupée par les vapeurs mixtes, exerçant ainsi sur celle-ci une action déflegmatrice.

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