‹ Traité de la fabrication de l'alcoholChapitre 146 sur 154 · ELEMENTS · texte numérisé non relu

ELEMENTS

Matières azotées

Corps gras

Cellulose

Matières minérales

Àvic des pommes de terre renfermant i6 ^/^ d'amidon :

Matières extractives non azotées

Substances sèches

Rapport des matières nutritives

Avec des pommes de terre renfermant 20 "/^ d'amidon :

Matières extractives non azotées

Substances sèches

Rapport des matières nutritives

Avec des pommes de terre renfermant 24 % d'amidon :

Matières extractives non azotées

Substances sèches

Rapport des matières nutritives

Rapport du volume du moût à celui' de

80 kgr. pommes de terre 32 kgr. orge pour 100 litres de moût.

Fermentation.

bonne amidon restant

moyenne amidon restant

mauvaise

75 kgr. pommes de terre 30 kgr. orge pour 100 litres de moût.

Fermentation.

bonne 10%

moyenne

mauvaise

DES DRÈCHES

la vinasse

Rapport du volume du moût à celai de la vinasse

70 kgr. pommes de terre 28 kgr. orge pour 100 litres de moût.

80 kgr. pommes de terre 32 kgr. orge pour 100 litres de moût.

75 kgr. pommes de terre 30 kgr. orge pour 100 litres de moût.

70 kgr. pommes de terre 28 kgr. orge pour 100 litres de moût.

Fermentation.

Fermentation.

Fermentation.

Fermentation.

bonne

moyenne

mauvaise 1

bonne

moyenne

mauvaise

bonne

moyenne

mauvaise;

bonne

moyenne

mauvaise

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II. POINTS DE VUE GÉNÉRAUX AUXQUELS ON DOIT SE PUCER POUR JUGER DE LA VALEUR NUTRITIVE DE LA DRÈCHE.

a, PROPORTION d'eau CONTENUE DANS LES DRÈCHES.

La quantité d'eau que contient la vinasse varie entre 92 et 96 7o- La drèche est donc , parmi les produits alimentaires qui sont les plus employés, un de ceux qui renjerment la plus grande quantité d*eau, et cette forte proportion diminue d'une manière très sensible la valeur des divers éléments nutritifs.

Lorsqu'on force un animal à absober de grandes quantités d'eau, en le nourrissant avec un aliment très aqueux, la première manifestation de cette absorption d'eau plus considérable est une augmentation dans le volume de Turine. L'eau de l'aliment a donc passé dans le sang, puis en a été expulsé, par l'action spéciale des reins, et rejetée comme résidu inutile sous la forme d'urine, de sorte qu'un animal , nourri avec un aliment très aqueux , possède une plus grande quantité de sang et, par suite , un sang plus dilué qu'un animal nourri avec un aliment plus sec. La circulation d'une plus grande quantité de sang exige naturellement une dépense de force plus considérable qu'une quantité plus réduite. D'autre part la force ainsi dépensée ne peut être fournie que par les éléments nutritifs qui , sans cela, serviraient à former les tissus des corps des animaux. Une bête nourrie avec des aliments très aqueux demandedonc pour sa nourriture une plus grande quantité d'éléments nutritifs , à cause de la dépense de force plus considérable occasionnée par la circulation de l'eau dans le sang.

Une autre source de perte réside dans les exhalaisons de la peau et des poumons, qui augmentent J une manière sensible quand les aliments sont très aqueux. De même que la vaporisation d'une certaine quantité d'eau dans une chaudière exige une certaine quantité de combustible, de même la transformation, dans l'organisme, de l'eau en vapeur , ne peut se faire qu'aux dépens de la chaleur animale produite par les éléments nutritifs. Une certaine quantité de ces éléments ne sert donc pas à la formation des tissus , et c'est là la seconde raison pour laquelle une quantité déterminée d'éléments nutritifs a une valeur moindre dans un aliment très aqueux que dans un aliment moins chargé d'eau.

La dépense de force et, par suite, de chaleur causée par les exhalaisons des poumons et de la peau est facile à chiffrer : looo grammes d'amidon qui contiennent 444.4 grammes de carbone, exigent ii85 grammes d'oxygène pour être complètement brûlés, et comme 1000 gr. d'oxygène produisent 33oo calories , la combustion d'un

33oo

kilogr. d'amidon produira X 1 1 85 = 3910,5 calories.

Admettons maintenant qu'un animal absorbe par jour 60 kilos

d'eau sous la forme de vinasse et que 40 ^g de cette eau soient

exhalés par la peau et les poumons, les 20 autres % étant expulsés

dans les excréments et les urines. Il y aura donc 34 kgr. d'eau qui

seront journellement exhalés,c'est-à-dire réduits en vapeur, et comme

la chaleur latente de vaporisation de l'eau est de 542 calories , ils

exigeront 542 X M = > ^^^^ calories qui représentent la chaleur

produite par 3,33 kgr. d'amidon , qui sont donc perdus pour l'en*

tretien et le développement de l'organisme. On voit, par cet

exemple, combien une trop grande abondance d'eau enlève de sa

valeur à une drèche.

Un autre inconvénient de la vinasse trop aqueuse est le délaiement des sucs digestifs. La base de la nourriture des animaux herbivores est, en majeure partie, formée d'éléments difficiles à digérer. La cellulose, les matières extractives non azotées, les matières protéiques des fourrages sont peu solubles et ne peuvent devenir assimilables que sous l'action prolongée des sucs digestifs concentrés * du corps des animaux. Aussi si l'on dilue ces sucs, en nourrissant les animaux avec des aliments très étendus d'eau, a-t-on à craindre que la digestion ne soit moins facile.

Il faut enfin ajouter que des aliments trop aqueux produisent chez les animaux qui en font usage, des tissus renfermant plus d'eau, par suite plus relâchés, et moins aptes à développer de grands efforts. Les jeunes animaux aussi ne supportent que difficilement une nourriture renfermant une trop grande proportion d'eau.

Il faut donc conclure, de toutes les raisons que nous venons d'énumérer, que les aliments trop aqueux sont peu favorables à l'élevage et à la production des animaux et que . par suite, la quantité de vinasse entrant dans l'alimentation du bétail ne doit pas dépasser une certaine limite. De même, les moûts dont les

▼inasses sont destinées à l'alimentation , ne doivent pas 8tre préparés au-dessous d'un certain degré de concentration.

b. SUBSTANCES NUTRmVES AZOTÉES DES VINASSES.

Nous n'avons pas fait de distinction en parlant de la teneur en eau des vinasses, dans le chapitre précédent, entre celle de pommes de terre et celle de grains, distinction que nous sommes obligés de faire en traitant leur teneur en matières azotées.

1® Substances azotées des grains et de leurs drèches. Le seigle, le froment et le maïs ne renferment que peu d*amides ; la plus grande partie de l'azote qu'ils contiennent, s'y trouve sous la forme d'albuminoïdes et, lors même qu'il se transformerait pendant la fermentation un peu d'albumine en amides , ce serait en si petite quantité qu'on n'en peut pas moins établir que :

Les matières azotées des vinasses de grains se trouvent presque entièrement à F état d'albuminoïdes , c* est-à-dire sous une forme très assimilable ; ces vinasses ont par suite une haute valeur nutritive,

2^ Substances azotées des vinasses de pommes de terre. La question est ici plus complexe que pour les vinasses de grains. Un grand nombre d'expériences ont appris que les pommes ne terre ne contiennent que 55 % de leur azote sous la forme d'albuminoïdes tandis que les 45 % restant sont formés d'amides.

Quelle est la valeur nutritive des amides î C'est ce que l'on n'a pas encore bien déterminé; mais , ce qu'il y a de certain, c'est que de deux aliments de même composition dont l'un renferme son azote sous la forme d'albuminoïdes et l'autre sous la forme d'amides, c'est le premier qui aura la plus grande valeur nutritive. Nous devons donc nous rendre compte dans quelle proportion l'azote se trouve sous chacune de ces deux formes dans la drèche de pommes de terre.

Les jus sucrés , avant fermentation , contiennent beaucoup d'amides , car les pommes de terre aussi bien que le malt en sont riches. Behrend et Morgen trouvèrent que deux échantillons de jus sucrés renfermaient sur 100 parties de matières azotées :

Albumlnoîdes. Amides.

Il ne s'en suit pas que les drèches soient aussi riches en amides ; il est, en effet, connu que les amides sont une excellente nourriture pour la levure et l'on peut conclure de ce fait qu'une partie notable des amides est utilisée par la levure pendant la fermentation et transformée en albuminoïdes. On pouvait déjà tirer cette conclusion d'un autre fait connu : de ce que pendant la fermentation une certaine quantité de matières azotées devient insoluble.

C'est ainsi que Behrend et Morgen ont trouvé que sur loo parties de matières azotées solubles, les proportions suivantes étaient devenues insolubles pendant la fermentation :

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