‹ Traité de la fabrication de l'alcoholChapitre 148 sur 154 · I II · texte numérisé non relu

I II

Jus sucré 55,06 parties d'albuminoïdes. 54,46 parties

Vin fermenté 7i>27 » » 7i>95 »

Augmentation des matières albuminoïdes 16,3 1 parties. 17,47 parties

Comme la distillation ne peut guère changer la forme sous laquelle se trouvent les matières azotées, on ne s'écartera pas de la vérité en admettant que sur 100 parties de substances azotées contenues dans la vinasse de pommes de terre :

72 parties sont sous la forme d'albuminoldes ; 28 — — d'amides.

Puisque, sans qu'on ait bien pu définir la valeur nutritive relative des amides et des albuminoïdes, il est cependant certain que les matières azotées sont plus assimilables sous cette dernière forme que sous la première, il s'en suit que l'augmentation de la quantité d'albuminoïdes qui se produit pendant la fermentation donne plus de valeur à la drèche. On voit donc combien la fabrication de l'alcool est une industrie avantageuse au point de vue agricole et

conforme aux principes de l'économie rurale, puisque, non-seulement il n'y a que l'amidon qui est détruit pendant la fabrication, tandis que tous les éléments qui on été enlevés au sol, lui sont restitués, mais encore que certains composés azotés prennent une plus grande valeur pendant cette fabrication.

f Substances azotées des binasses de mélasses, La mélasse contient tout son azote presqu'exclusivement sous la forme d'amides et, comme on n'a pas à y ajouter de malt, elle ne peut donc contenir comme albumidoïdes que ceux qu'on y introduit par la levure. C'est, du moins, ce que l'on croyait autrefois, et Maercker n'avait, par conséquent, pas porté jusqu'ici grande attention aux matières azotées renfermées dans les vinasses de mélasses. Mais maintenant que l'on connaît 'les expériences de Behrend et de Morgen, que nous avons rapportées dans le paragraphe précédent, il faut bien admettre que, très probablement, des quantités notables d'amides des mélasses sont transformées en albuminoïdes pendant la fermentation. Tant que l'on ne sera pas mieux iixé sur cette transformation, on ne pourra pas se prononcer sur la valeur nutritive des matières azotées des mélasses.

Ce qui, par contre, est indiscutable, c'est que les vinasses de mélasses offrent tant d'inconvénients pour l'alimentation des animaux, par suite de leur teneur élevée en sels, qu'il est préférable de les employer comme engrais ou à la fabrication de la potasse.

Après toutes ces considérations, il y a une question qui vient tout naturellement se poser ; c'est la suivante ; « Est-il nécessaire et rationnel, dans une distillerie agricole, pour se conformer aux principes d'économie rurale, d'épargner les matières nutritives azotées ou, autrement dit, de ne donner aux animaux que juste la quantité de matières azotées qui correspond à la meilleure utilisation de t azote qu'elles contiennent. »

L'auteur croit pouvoir répondre que cela n'est pas nécessaire. Si, en effet, on fixe toujours une quantité déterminée de matières nutritives azotées pour obtenir un effet voulu, c'est que ces substances ont une valeur marchande beaucoup plus élevée que les matières non azotées, et qu'en général, en agriculture, on produit relativement plus de ces dernières que des premières. Aussi, doit-on dire

que pour obtenir un eflet déterminé, il faut employer au minimum la quantité de matières azotées nécessaires pour arriver à cet efFet, et sans laquelle on ne l'obtiendrait pas ; mais que si l*on dépassait cette quantité minima, cela ne nuirait, en effet, nullement au résultat désiré.

Rendons cette explication plus claire par un exemple : Supposons, par exemple, ainsi que cela est généralement admis, que, pour la production du lait, il soit nécessaire qu*il y ait entre les matières a2x>tées et non azotées, le rapport de i à 5,5 et supposons aussi qu'on doive donner aux vaches 12, 5 kgr. de substances non azotées par 1000 kgr. de poids. L'application de la proportion citée plus haut fait ressortira 2,5 kgr. la quantité d'aliments azotés qu'il faudra distribuer par 1000 kilos de poids du bétail. Si l'on en donne moins de 2 1/2 kgr., on nuira à la production du lait; mais si l'on est obligé, par le fait des circonstances, à en donner davantage, 3 kgr. par exemple, cela ne portera aucun préjudice aux animaux , au contraire ; on aura seulement à diminuer d'autant la ration d'aliments non azotés. Ceci ne peut naturellement être vrai que jusqu'à une certaine limite. Les agriculteurs ne sont d'ailleurs, en général, guère exposés à cette éventualité, vu le prix élevé des matières nutritives azotées, mais il n'en est pas de même pour les distillateurs qui, obtenant les matières azotées comme résidus, les ont à peu de frais et n'ont pas, par suite, à se préoccuper de les épargner.

On pourrait, sans doute, objecter à cela qu*il serait plus avantageux pour le distillateur d'acheter des matières non azotées et d'augmenter le nombre de ses animaux, de manière à pouvoir employer l'excédent d'azote se trouvant dans sa vinasse ; mais la plupart du temps les conditions dans lesquelles se trouvent les distilleries agricoles, s'opposent à ce que l'on adopte ce moyen. Le distillateur qui a déjà de la peine à se procurer le fourrage nécessaire, ne peut songer à en augmenter la quantité, et le manque de capital ou le manque d'étendue et la disposition générale de son exploitation ne lui permettent pas d'acheter plus de bétail. On comprend donc que les distilleries qui produisent les matières azotées à meilleur marché que les autres exploitations et en ont souvent un superflu, en donnent une plus forte proportion dans leur alimentation, car si elles voulaient produire des matières moins azotées, comme les betteraves

fourragères, elles leur coûteraient plus cher que la vinasse, et si elles voulaient les acheter, elles supporteraient encore plus de perte.

C, MATIÈRES NON AZOTÉBS DBS VINASSES.

Les matières nutritives non azotées des drèches sont formées surtout de composés du groupe des hydrates de carbone et de leurs transformations. Les corps gras méritent aussi une mention spéciale.

/• Hydrates de carbone des drèches.

Ceux-ci se composent, en petite partie, de sucre de malt ou maltose et principalement de dextrines ; ces deux corps sont facilement solubles et assimilables, de sorte qu'il faut leur attribuer la plus grande partie de la valeur nutritive qu'on prête aux hydrates de carbone. Il faut citer aussi l'amidon qui a échappé à la saccharification ; il n'est pas soluble, mais on est cependant certain qu'il devient assimilable dans l'organisme et sert à la nourriture.

En outre de ces véritables hydrates de carbone, on trouve encore dans les vinasses de pommes de terre de la pectine, des gommes et d'autres composés analogues aux hydrates de carbone, auxquels il ne faut pas refuser non plus une certaine valeur nutritive.

On trouve, enfin, dans les vinasses des quantités d'acides qui ne sont pas négligeables, entr'autres les acides lactique et acétique. Quoique ces composés soient facilement solubles et digestibles, il faut les regarder seulement comme des accessoires gênants, car lorsqu'ils se trouvent en quantité un peu plus grande, ils influent d'une façon pernicieuse sur l'alimentation,

2® Corps gras.

La vinasse de pommes de terre est un aliment excessivement pauvre en corps gras, car, d'après les chiffres que nous avons donnés, loo litres de cette vinasse ne contiennent que 0,2 kgr. de graisse ; encore y a-t-il lieu de se demander si cette quantité minime de matières à l'apparence graisseuse, est même bien un véritable corps gras. Si ce n'était pas le cas, il n'y aurait à tenir compte dans la drèche de pommes de terre que des corps gras pro-

venant du malt, c'est-à-dire d'une quantité absolument insignifiante.

On n'est pas encore bien fixé sur l'utilité des . corps gras pour l'alimentation. Il ressort cependant de certaines considérations diététiques qu'il est à désirer qu'une ration ne soit pas absolument exempte de corps gras. C'est pourquoi l'on recommande de joindre à l'alimentation par la drèche des rations de tourteaux ou de maïs. Il vaut encore mieux, dans le même but, travailler le maïs mélangé avec les pommes de terre. Nous remarquerons en passant que cette dernière méthode s'est très répandue ces dernières années.

d, SUBSTANCES MINERALES DES VINASSES.

Les sels de potasse forment la majeure partie des cendres provenant de l'incinération delà vinasse de pommes de terre ; viennent ensuite, mais en moins grande quantité, les phosphates.

D'après E, de fVolff^ loo parties de ces cendres contiennent 44,79 de potasse et 19,51 parties d'acide phosphorique. Ces quantités sont largement suffisantes pour subvenir aux besoins de la nutrition ; par contre, la quantité de chaux contenue dans la vinasse n'est pas assez forte. Il n'y a, en effet, que 5,2 % de chaux dans les cendres de vinasse, et, comme, en moyenne, 100 litres de drèche ne produisent guère que 0,6 kgr. de cendres, il s'en suit qu'une tête de bétail n'absorberait que o,o3i kgr. de chaux par 100 litres de vinasse, ce qui est insuffisant. On pourrait remédier à cet inconvénient en ajoutant de la craie à la vinasse.

Bien des personnes, d'ailleurs, préconisent l'emploi de la craie (100 grammes par jour et par tête de bétail) contre les malandresde la drèche y cette maladie qui atteint si £sicilement les animaux nourris avec la drèche.

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