C. AUMENTS qu'il FAUT DONNER EN MÊME TEMPS QUE LA VINASSE
1® Fourrage.
La constitution des organes des ruminants exige que la nutrition se fasse, en partie, à l'aide d'un aliment volumineux , le fourrage, qui puisse remplir l'estomac. Il n'est pas possible de nourrir un animal ruminant uniquement avec des aliments concentrés et facilement digestibles. Les expériences qu'on a faites à ce sujet ont démontré que lorsqu'on supprime à ces animaux le fourrage, foin ou paille, ou même qu'on en restreint la consommation dans une mesure trop forte, la santé de la bête s'en ressent, et il se produit immédiatement des désordres dans l'organisme. Il est donc essentiel de fournir une ration suffisante de fourrage au bétail que l'on veut nourrir à la drèche.
Si l'on nous demande quelle est la quantité de fourrage minima nécessaire au bétail, nous devons reconnaître qu'encore sur ce point, nous manquons de données précises ; on sait, cependant, que lorsque l'on donne comme fourrage la moitié du poids de substances sèches contenues dans une ration de drèche, on se place dans de bonnes conditions.
C'est ainsi que la quantité de substances sèches que l'on fournit pour looo kgr. de viande sur pied, étant, en moyenne, de 24 a à 26 kgr., il faudrait porter la ration de fourrage à 12 ou i3 kgr. Il faut cependant reconnaître qu'en général on n'atteint pas ce chiffre dans les distilleries agricoles et que les animaux ne paraissent pas s'en mal trouver. Il est rare que dans ces exploitations on atteigne ce chiffre et qu'on dépasse 5 kgr. environ par tête de gros bétail, et cette quantité paraît être suffisante. On ne donne même souvent que 4 kilos de fourrage par bête, mais c'est la limite extrême au-dessous de laquelle on ne peut pas obtenir de bons effets de l'alimentation par la drèche.
On peut objecter que cette limite n'est pas toujours observée ;
cela est vrai, mais, dans ce cas, on n*a qu'à considérer l'aspect chétif des animaux pour se rendre compte qu'on ne les a pas nourris d'une manière rationnelle.
Il faut donc s* arrêter, en somme, à une ration de 5 kihs de ftmrrage par tète de bétail pesant environ ^00 kilos.
Quel est maintenant le fourrage qu'il faut choisir? La question est aisée à résoudre, en théorie ; elle est souvent plus difficile en pratique.
Maercker conseille de donner sur les 5 kilos de fourrage, 2 1/2 à 3 kgr. de foin de prairie, de trèfle, de luzerne ou d'esparcette, car cette dose donne des résultats des plus satisfaisants.
Ajoutons que tous les distillateurs ne sont pas en mesure de donner aux animaux cette proportion d^ foin, soit qu'ils soient forcés, par suite des circonstances, de planter des pommes de terre, soit que l'espace leur manque pour la culture du fourrage. Aussi un grand nombre d'entre eux remplacent-ils exclusivement le foin par de la paille ou de la litière, et il faut convenir que ce genre d'alimentation peut, à la rigueur, être pratiqué, à la condition que ce ne soit pas là le seul aliment complémentaire.
L'inconvénient qu'offre cette nourriture, c'est que les animaux n'en absorbent pas une quantité suffisante. C'est ainsi que les bestiaux engraissés à la vinasse ne peuvent pas manger plus de 3 1/2 à 4 kgr. de paille, alors qu'ils prendraient une quantité notablement supérieure de fourrage plus savoureux.
2® Aliments concentrés.
Les aliments concentrés qui sont indiqués pour être distribués en même temps que la drèche sont, en première ligne, les aliments riches en corps gras et, avant tout, les tourteaux et le malîs.
Nous avons exposé précédemment que la vinasse de pommes de pommes de terre contenait fort peu de corps gras et nous avons feit ressortir que sil'on ne connaissait que d'une manière imparfaite le rôle qu'ils jouent dans l'organisme, il fallait cependant leur attribuer un pouvoir diététique énergique. Les corps gras ne seraient-ils, d'ailleurs, employés qu'à la production de chaleur dans l'organisme, qu'ils remplaceraient une quantité correspondante, soit 2 1/2 fois fois plus, d'hydrates de carbone ; maïs ce n est pas là leur seul rôle,
et Ton doit, par suite, admettre qu'une certaine proportion de ces substances grasses, dans les aliments, est très avantageuse.
Les tourteaux d'huilerie surtout sont joints à la drèchedans l'alimentation des bestiaux, aussi bien en vue de l'engrais que de la production de lait. Ils sont cependant plus indiqués pour le premier usage que pour le second, car les graisses facilement fluides qu'ils contiennent rendent difficile la séparation du beurre et lui communiquent une saveur acre analogue à celle de l'huile de moutarde.
Les tourteaux de palme doivent, au contraire, être recommandés au point de vue de la production du lait, car ils sont totalement dépourvus de ces composés analogues à l'huile de moutarde, qui communiquent au lait une saveur acre. Les essais d'alimentation qu'on a faits avec ces tonneaux ont fait voir qu'ils avaient pour effet, non-seulement d'augmenter la quantité de lait, mais encore d'élever le rendement en beurre.
Les tourteaux de palme doivent donc être spécialement recommandés aux exploitations ayant pour objet la production du beurre.
Le maïs concassé est aussi un excellent aliment ; il contient une assez notable proportion de corps gras (4,6 ^o)» niais ces corps gras sont aussi facilement fluides et communiquent cette propriété au beurre. Aussi ne peut-on en faire prendre aux vaches des doses illimitées. Il va sans dire que lorsque les animaux sont nourris avec de la vinasse de maïs déjà riche en corps gras, il est inutile de leur donner du maïs. Si l'on ne tient pas à ce que l'aliment que l'on veut donner à côté de la drèche contienne des corps gras, on doit alors employer le son ou les grains concassés qui contiennent une quantité considérable d'hydrates de carbone facilement digestibles et une quantité sensible de matières protéïques (10 à 12 ^/o], également assimilables. A vrai dire, ces aliments secondaires sont plutôt indiqués pour être pris en même temps que les vinasses de grains, plutôt que d'être pris comme complément d'une alimentation par la vinasse de pommes de terre. Nous avons vu, en effet, que celle-ci contient des substances azotées et manque de corps gras, tandis que la vinasse de grains, qui est très azotée et contient une quantité sensible de corps gras (6 ^Jq des substances sèches) a surtout besoin d'être complétée dans ses effets par des hydrates de carbone facilement assimilables.
d. PROPORTION DE SOLANINE RENFERMlÎE DANS LA VINASSE