‹ Traité de la fabrication de l'alcoholChapitre 26 sur 154 · ET A REFROIDIR · texte numérisé non relu

ET A REFROIDIR

On s'est occupé déjà depuis plus de 10 ans d'établir tes résultats que donnent les différents appareils qu'on emploie pour la fabrication de l'alcool ; on a donc pu déterminer d'une manière précise i'edicacité et la solidité des divers appareils à cuire sous pression et ce sont les résultats de ces observations que nous allons donner maintenant.

Le plus ancien de ces appareils est celui de Hollefreund, qui a de suite conquis d'une manière incontestable l'approbation de la pratique. Ce qui distingue cet appareil, c'est son maniement simple, sa construction élégante et le peu d'entretien qu'il exige. Les seules parties de cet appareil qui sont susceptibles de se détériorer un peu

sont les lames de l'agitateur, ce qui nuit très peu à Tefiet obtenu. Ces lames sont d'ailleurs faciles à remplacer. L'usure du cuiseur de HoUefreund a été dans quelques cas, il est vrai, assez rapide pour -qu'on ait été obligé, dans certaines distilleries, de le remplacer après 4 ou 5 8ns d'usage, et dans d'autres de changer les tôles du fond qui étaient devenues minces comme du papier, mais il faut ajouter que cette usure rapide avait pour cause la mise en œuvre de p>ommes de terre mal lavées dont le sable et la terre finissaient par user l'appareil.

Depuis qu'on apporte plus de soins au lavage des pommes de terre et qu'on emploie plus d'eau pour cette opération, on n'a plus les mêmes inconvénients. A la distillerie de Trotha, par exemple, où l'on était obligé de changer les tôles tous les 5 ans, on a pu se rendre compte que depuis 4 années elles n'avaient nullement souffert.

On doit cependant préférer au système HoUefreund l'appareil Henze qui est très perfectionné et coûte meilleur marché. Ce n'est que dans certaines grandes distilleries hongroises que l'auteur a vu des installations neuves d'appareils de HoUefreund ; ces appareils ne servaient du reste qu'à saccharifier l'empois sortant des cuiseurs de Henze et ils avaient été adoptés pour des raisons spéciales.

L'ancien cuiseur de Bohm présentait l'inconvénient d'avoir un arbre creux à circulation d'eau et des palettes qui manquaient de solidité. Quoique le constructeur ait remédié dans une certaine mesure à cet inconvénient, on ne fait guère entrer les anciens cuiseurs de Bohm dans les installations nouvelles. Ceux qui en possèdent peuvent cependant l'employer sans inconvénient; ils peuvent même en obtenir d'excellents résultats en complétant son action par l'adjonction d'un dépéleur de Bohm.

Le système qui a été le plus perfectionné et que l'on préfère actuellement est celui de Henze, ainsi que Ta prouvé l'exposition des distillateurs allemands en 1882.

La faveur dont jouit cet appareil est, du reste, bien justifiée par son bon marché, sa durée et la facilité avec laquelle on l'adapte aux anciennes installations. Les distilleries employant cet appareil se chiffrent aussi bien à l'étranger qu'en Allemagne par centaines et même par milliers.

Cet appareil a subi bien des transformations avant d'arriver au point oti il en est aujourd'hui, c'est-à-dire presque à la perfection. D'ailleurs ce ne sont que de bien petites différences qui placent un

au-dessus de l'autre, à savoir une dépense de force un peu ande, une rapidité plus grande pendant l'opération, quel-

'/j en plus d'amidon saccharîfîable, une économie d'un î d'eau de réfrigération par litre de moût, etc. On peut même

ne se trouve plus de mauvais appareils sur le marché.

est arrivé ft ce beau résultat, c'est en grande partie grâce ilerie modèle de l'Union des distillateurs allemands qui a us les systèmes et indiqué aux constructeurs ,de quel côté ent chercher à perfectionner leurs appareils. C'est à que revient le mérite d'avoir montré que la forme du

une influence certaine sur le temps nécessaire à la trans- 1 en empois et sur le rendement en amidon saccharifîable. 1 qui le premier donna la forme conique au vase clos de uoiqu'il faille reconnaître que Gontard, indépendamment sch. était arrivé à cette forme. La construction la plus u cuiseur de Henze, telle que Paucksch l'exécute, a^ecte complètement conique que nous avons indiquée. 1 pu transformer par la cuisson la presque totalité de

des matières premières, notamment du maïs et des grains, [u'on a appris à connaître la nécessité de répartir réguliè- 1 vapeur dans le cuiseur.

e cuiseur de Henze, il n'y avait à l'origine qu'une seule e vapeur entrant au milieu de l'appareil, et ce furent les teurs yenuleth et Eïlenherger qui. les premiers, placèrent Sx, de vapeur dans le bas du cône, pour le travail des grains lïs (car pour les pommes de terre c'est inutile), aussi citer comme étant munis d'une bonne répartition de is appareils des frères Avinarius et de Leinkaas. La dispoloptée par Delbrtick est la plus simple et paraît bien

>ndition essendelle d'un bon broyage de la masse cuite dans

ur Henze est d'avoir une disposition convenable pour la

ie l'appareil.

linsi qu'on a remplacé le robinet de vidange ordinaire qui

i l'origine par un autre dont l'ouverture à la forme d'une

rétes vives.

erger remplaça le robinet par un registre qu'il place encore

hui k ses appareils.

Citons encore les dispositions adoptées par les frères AvinariuSy Leinhaas, Schmidt et enfin celle qui a été inventée le plus récemment ^T Joseph Scheibner et que Delbrûck regarde comme très bonne. Barihel a atteint le même but dans la construction de sa soupape de décharge qui est cependant basée sur d'autres principes; cette disposition est très employée pour le travail du seigle en grains entiers.

lî est essentiel pour que ces dispositions produisent un effet utile, que la cuisson ait ètè conduite selon les règles de Fart, Si cette condition n'est pas remplie, elles ne procurent pas les avantages voulus.

Le plus grand reproche que Ton pouvait faire à l'appareil primitif de Henze était l'irrégularité de la température dans la cuve à saccharifier, qui était due à ce que la masse cuite tombait telle quelle dans cette cuve. La température passait alors dans ce vase par des bas et des hauts qui détruisaient ou altéraient la diastase du malt. Il s'en suivait qu'on ne pouvait vider le cuiseur de Henze que lentement et qu'on était obligé d'employer une grande quantité de malt. On a remédié d'une manière sensible à cet inconvénient en faisant aboutir le tuyau de vidange dans une cheminée à i ou 2 mètres au-dessus de la cuve et en y faisant agir un exhausteur.

On peut dire que ce nest que f adaptation de Fexhausteur à l'appareil de Henze, qui a rendu celui-ci pratique, en permettant de saccharifier rapidement et ifune manière sûre.

Ce n'est que récemment à la suite de perfectionnements apportés à d'autres procédés de réfrigération, qu'il s'est produit une réaction contre l'emploi de l'exhausteur. Cet appareil présente en effet un inconvénient : il oblige à faire tomber la masse cuite dans la cuve, à la sortie du cuiseur, d'une hauteur de 1 à 2 mètres ; celle-ci se réunit de nouveau pendant ce trajet en formant de grosses boules et quelquefois, trop refroidie, prend une consistance cornée.

On n'a guère à craindre un échaudage du malt lorsqu'on a à sa disposition un bon procédé pour refroidir le moût dans la cuve à saccharifier, mais Tintroduction de la masse cuite dans cette cuve doit toujours être faite de manière à ce que ce soit par petites parcelles ou gouttelettes qu'elle soit mise en contact avec le malt. Dans l'appareil d'EUenberger qui est fort bien construit à ce point de vue, la masse de pommes de terre tombe directement sur le tambour en

mouvement qui la distribue sous une faible épaisseur. De mtme dans les appareils de Hentschel et de Hampel, l'empois sort du tuyau de vidange par suite d'une disposition spéciale décrite dans le tome premier, sous la forme d'une cloche mince. Citons enfin l'appareil de Pampe dans lequel la masse est projetée par l'action de la force centrifuge contre les parois en cuivre de la cuve à saccharifier, qui «ont refroidies à l'extérieur par un courant d'eau.

On arrivera certainement à joindre encore à cet appareil l'action d'un exhausteur, mais en ayant soin de ne pas le placer dans la cheminée de vidange.

Des appareils perfectionnés réfrigérants et pulvérisants, placés dans les cuves à saccharifier, produiront toujours une réfrigération plus sûre et plus complète de la masse sortant du cuiseur.

Examinons maintenant les appareils de broyage, qui peuvent se diviser en trois catégories :

1^ Ceux qui sont placés dans la cuve à saccharifier même, parmi lesquels il faut citer ceux qui sont connus sous le nom d'appareils universels.

2® Ceux qui exercent leur action sur la masse cuite à la sortie du cuiseur et avant son arrivée dans la cuve à saccharifier.

3^ Ceux qui aspirent le moût dans la cuve à saccharifier pour l'y renvoyer ensuite après l'avoir broyé.

C'est le constructeur Ellenberger qui a le premier préconisé les appareils de broyage exerçant leur action dans la cuve à saccharifier ; son appareil est le plus ancien et est employé depuis nombre d'années. On avait craint d'abord qu'il ne fût pas bien solide, mais l'expérience a prouvé qu'il pouvait marcher pendant plus de 5 ans, sans exiger de grosses réparations.

L'auteur ne peut pas juger avec la même connaissance dç cause tous les différents appareils construits sur des principes analogues ; il sait cependant que les petits broyeurs à moûts, construits tout d'abord par Lwowski^ Camin et Neumann, et qui ont été imités ensuite , par de nombreux constructeurs» se sont rapidement répandus. II. a pu, par contre, apprécier lui-même la plupart des nouveaux appareils, mais il ne lui est pas possible de donner ici la critique de chacun d'eux , car ce n'est pas en voyant un appareil, ni même en l'expérimentant pendant quelques jours ou

quelques semaines, qu'on peut arriver à apprécier les avantages et les inconvénients qu'il peut présenter, d'autant plus qu'au début il fonctionne presque toujours bien.

Ce que l'auteur peut dire, c'est que tous les appareils appartenant à cette catégorie sont très réussis comme construction; ils effectuent bien le mélange et la saccharification du moût et assurent la perfection du travail, tout en le rendant plus rapide. Grâce à des moyens mécaniques, ils rendent le moût très fluide et évitent ainsi l'engorgement des pompes, des clapets et des colonnes à distiller.

On peut en outre y adapter très facilement des dispositions spéciales permettant d'enlever tes morceaux non désagrégés de pommes de terre atteintes de pourriture sèche et les corps étrangers comme la paille, les brins de balais, etc.

11 faut encore ajouter à l'actif de ces appareils leur puissance de mélange. La vidange du cuiseur pouvant se foire très rapidement et la masse cuite étant vite refroidie par l'action de l'exhausteur et du système réfrigérant de la cuve à saccharifier, un agitateur ordinaire serait en effet tout-â-£aît insuffisant, tandis que le mélange s'effectue très bien au moyen des broyeurs centrifuges qui communiquent au moût un mouvement continu énergique et permettent ainsi d'éviter que certaines parties ne s'échautfent trop. Ce mélange rapide du malt avec l'empois présente aussi l'avantage de diminuer la durée de la saccharification, quoiqu'on ne puisse nier que Ifl durée de cette opération dépende surtout de l'état dans lequel l'amidon sort du cuiseur.

Mais le progrès le plus important qu'ont réalisé les nouveaux appareils, consiste, comme DelbrlJck le fait remarquer avec juste raison, en ce qu'ils ont permis de rendre la cuve à saccharifier plus libre.

Ils permettent en effet de supprimer l'ancien agitateur qui était inévitable dans les anciens appareils, car on obtient un mélange meilleur en installant un broyeur centrifuge au milieu de la cuve et en donnant aui cuves à saccharifier une forme plus propre à favoriser le mouvement que Ton veut communiquer au moût. Ce n'est que depuis cette suppression de l'agitateur qn'il a été possible de bien suivre la saccharification, en plaçant un thermomètre à l'endroit pouvant donner les indications les plus sûres, c'est-à-dire au centre de la cuve à saccharifier. C'est de l'observation attentive de cette température que dépend tontle succès de la saccbarilicatioa

et même, dans une certaine mesure, de la fermentadon, car si la diastase est tuée, elle ne peut exercer plus tard une action complémentaire sur la dextrine. Le mérite des broyeurs à moût consiste donc autant à assurer le mélange et la régularité de la température du moût qu'à produire un broyage parfait.

Le second groupe de broyeurs comprend les appareils qui sont reliés directement au tuyau de vidange des cuiseurs.

On a, pendant un certain temps, laissé un peu de côté ces appareils auxquels on n'attribuait pas une puissance de broyage suffisante, mais on est revenu depuis quelques années de cette opinion et Ton a reconnu qu'il est possible d'obtenir un bon broyage avec une soupape de décharge convenablement disposée.

Disons enfm quelques mots des appareils broyeurs placés en dehors des sacchariûcateurs, comme le dèpèleur de Bohm. Ce petit broyeur produit un excellent travail et s'est répandu partout. On le relie, soit à la cuve à saccharificr, soit à l'appareil de Hollefreund soit enfin à l'ancien saccharificateur de Bohm,

En arrivant maintenant à la construction des cuves à saccharifier qui sont employées pour transformer en sucre l'empois sortant des cuiseurs, nous signalerons l'extension qu'a prise la réfrigération des moûts, non-seulement pendant la décharge du cuiseur et la sacchariii cation proprement dite, mais aussi après cette opération, dans le but de refroidir le jus sucré à la température favorable à la fermentation.

y. Hampel est le premier qui soit entré dans cette voie avec sa cuve à saccharifier que nous avons déjà décrite. Un grand nombre d'autres constructeurs ont essayé, en adoptant des dispositions analogues, de produire le même effet ; parmi ces appareils celui A'Eckert, à réfrigérant tubulaire fixe, peut être considéré comme type. Citons encore la cuve à saccharifier de Bohm, puis les nouveaux appareils comme celui de P/untsch, dans lesquels on a délaissé les poches réfrigérantes pour revenir aux simples serpentins. Schmidt^ de Custrin, a aussi construit un bon réfrigérant tubulaire.

On attache actuellement, et avec raison, une grande importance à ce que les diverses parties des poches réfrigérantes ou des réfrigérants tubulaires soient démontables, pour que le nettoyage de ces appareils puisse se faire avec la plus grande facilité. Cette condition est nécessaire pour qu'un réfrigérant puisse être regardé

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comme satisfaisant, car le tartre qui se dépose sur les surfaces réfrigérantes en diminue bientôt la conductibilité.

Rappelons ici que le cuivre est, en somme, préférable au fer pour la construction des appareils réfrigérants, car si ce dernier métal est meilleur marché que le cuivre, il est, par contre, moins durable et les usines qui emploient des appareils de réfrigération en fer feront bien d'être toujours munies de pièces de rechange.

La marche méthodique des jus et de l'eau dans les réfrigérants, qui a été adoptée pour la première fois par Nœgeli, s'est aussi perfectionnée ; dans cet ordre d'idées nous devons recommander les réfrigérants de Fenuleih et EUenberger et de Paucksck qui sont basés sur ces principes, mais sont bien supérieurs aux anciens appareils.

Nous terminerons enfin ce chapitre en disant que les appareils à broyer le malt ont aussi subi des perfectionnements nombreux, qui en ont fait des appareils excellents. Nous citerons, en particulier, les appareils de Bohm, celui de Leinhaas et le broyeur excelsior de //. Gruson^ de Buckau, destinés au broyage du malt vert.

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