‹ Traité de la fièvre jaune (volume 2)Chapitre 16 sur 22 · IIS · texte numérisé non relu

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bus des plaisirs Yénëriens ^ etc. , se predlspo^ sent à toutes les maladies* 11 fiiut compter e&core tous les gens de la classe pauyre t abattu par la misère , entassés dans des maisons étroites ^ habitant les quartiers les plus malsains, pourraient-ils ne pas être les premières vie* times désignées par une maladie née esseotieilement de la putré&clion ? Rush rapporte on &it qui tendrait à faire croire que ^ quand la individus ont été soumis à une indigence coqplète» ils perdent toute susceptibilité à cod' tracter la maladie. Il dit que, lors de répidémie qui régna à Légfaorn en i8o4> il mourut sii personnes riches, dix qui étaient dans laisancet près de sept cents pauvres , et pas un seul iDeo* diant (beggar) (a). Ce phénomène ne doit-il pas être rapporté à quelque circonstance parti* culière que Ton a négligé d observer, ou bien prouverait-il p comme le pense le médecin de Philadelphie, que fai nature trop épuisée cbei ces individus , n'a pas eu la force de Êiire mitre la fièvre? Ce nest pas sur un £iit ainsi isol« que l'on peut se permettre de décider la ques; tion. Je n'en ai fait mention que'pour eùg^^ les . médecins pratiquant dans • dés villes soQ'

(à) Rush. Facts îatended topro?e the jellowieverBoi to be contagious , p. 2a»

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mises à une pareille épidémie , à examiner si

c'est un phénomène constanti

La dernière cause prédisposante que je Veti:t ' signaler ^ c'est la crainte : sans doute ^ toutes les ' passions prédisposent pïus ou moins à la fièvre ' jaune ; maisla crainte est celle qui le fait le pdus ' fréquemment. Elle joue un grand rôle dans tou- ' tes les épidémies; elle peut agir comme cause • générale et comme cause individuelle: cette der- ^ nière manière est celle qu'elle prend le plus

habituellement. La crainte est d'autant plus } terrible , que , n'abandonnant pas Tindividu ^ pendant sa maladie ^ elle l'empêche de résister 1 à ses efibrts; ou que, si elle disparaît, c'est ^ presque toujours pour laisser en sa place une ! trompeuse sécurité.

Des causes déterminantes •

^ Les causes qui déterminent la fièvre jaune ^ ne sont autres que celles qui déterminent tou- ^ tes les autres maladies; on doit seulement re« ^ marquer qu'elles agissent avec beaucoup plus '^ de rapidité : cette rapidité est telle, qu'on ^ pourrait souvent dire qu'elles n ont pas eu be- ^ soin du concours d'une cause prédisposante. " Parmi les plus fréquentes on peut signaler l'air ■f de la nuit, le coït, les excès de table et l'exposition aux rayons d'un soleil ardent.-

Lind (a) a dit Wut ce qu'il y a à dire sur l'action de l'air de la nuit. Malheur aux étrangers lïon acclimatés qui s'exposent à son impression! Pour le coït> c'est une règle connue, qu'il faut s'en abstenir autant qu'on le peut dans les pays soumis à une épidémie : dans ces pays on a toujours reinarqué que les nouveaux mariés étaient constamment victimes de là maladie.

La même observation a été faite sur les hommes trop adonnés aux plaisirs de la table ; et tous les auteurs recommandent d'éviter surtout de s'exposer à une forte chaleur.

Je ne parlerai pas d'une foule d'autres causes déterminantes qui, quoique se présentant de temps à autre, n'offrent rien de particulier; mais je remarquerai que le docteur Rush (b) a considéré le sommeil comme une des plus fréquentes. Cette idée singulière peut paraître spécieuse , parce que c'est effectivement pendant ou après le sommeil de la nuit que l'on ressent les premières atteintes de la maladie: mais doit-on pour cela accuser le sommeil de Tavoir déterminée? Je ne le crois pas. Je pense que ce phénomène doit être attribué à ce que

{à) Lind. Maladies des Européens dans les climats chauds.

ib) Rush , p^ 35.

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la fièvre jaune fait naturellement son irruption pendant la nuit^ comme d'autres maladies font la leur plus volontiers le matin ou le soir. Et d'ailleurs, quand il serait prouvé que le sommeil est cause déterminante de la fièvre jaune , on ne pourrait point s'en priver pour cela :

l'interruption d une habitude , qui , bien plus ^ est un besoin naturel , serait nécessairement plus funeste encore.

Des causes nécessaires.

Il n'est que deux causes que Ton puisse regarder comme nécessaires à la production de la fièvre jaune , la chaleur atmosphérique et un foyer d'infection. Partout où ces deux causes sont réunies , cette maladie peut se montrer ; partoxit où elles manquent, elle ne se montre amais.

Les vents et les pluies, ou le débordement de quelque rivière, peuvent bien être également, lans certains cas, causes nécessaires de la fièvre aune; mais ce n'est qu'en produisant les foyers rinfection , comme je le ferai voir plus tard; ^t dès lors elles ne doivent être considérées que omme causes secondaires.

Oa a voulu encore , pour la production de ette maladie, faire jouer un rôle au fluide élecri que; et il est certain, en général, que l'absence

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des orages, et la grande dijQficulté d'obtenir des étincelles, dans le moment où règne la fièvre jaune, pourraient faire présumer que ce fluide agit par défaut ; mais ce n'est là qu'une présomption , et tellement obscure , comme toutes les idées que nous avons sur 1 action de réiectricité , qu'elle nous devient entière- ^ ment inutile ; et , en résultat , la chaleur at-

mosphérique et les foyers d'infection restent les seules causes nécessaires de cette maladie.

De la chaleur.

La fièvre jaune ne s'est jamais montrée en l'absence d'une certaine chaleur atmosphérique. Elle ne s'est jamais développée dans les pajs froids. Si elle exerce ses ravages dans les régions tempérées, elle choisit celles dont les saisons chaudes sont long-temps prolongées; elle ny parait que vers le milieu de ces saisons , et se retire sitôt que l'hiver arrive. Dans les contrées chaudes, où la température est constamment élevée, telles que les Antilles et une partie des côtes de l'Afrique, la maladie peut régner toute l'année. A Sainte^Lucie , par exemple , elle est presque sans cesse endémique pour les étrangers non acclimatés. Enfin , dans tous les pays où elle règne , son intensité et le nombre de personnes qu'elle attaque sont en raisoa

directe de 1 élévation du mercure dans le ther* momètre* Tous les auteurs s accordent sur la vérité de ces observations ; aussi aucun ne refuse-t-il d'admettre la chaleur atmosphérique comme cause nécessaire de la fièvre jaune , quoique cependant on ait vu , dans quelques cas y cette maladie cesser par Faction même de cette chaleur. Je ferai voir plus tard combien est naturel ce phénomène, qui peut paraître d'abord si extraordinaire.

Peut-on déterminer 9 comme quelques auteurs ont essayé de le faire , quel est le degré de chaleur nécessaire pour que la fièvre jaune puisse se développer? Non, en premier lieu , parce que , pour que la fièvre jaune puisse se développer, il ne suffît pas que la chaleur soit élevée > mais il faut encore que son action soit plus ou moins subite et plus ou moins continue *, je développerai cette proposition quand je rechercherai la manière dont les agens se comportent pour la production de la maladie qui nous occupe. Non, en second lieu , parce que , outre les causes occasionelles qui , pour produire la fièvre jaune, concourent avec la chaleur, et qui nécessairement modifient son action , cet agent se trouve encore soumis à rinfluence réciproque d'un foyer d'infectioa , cause aussi, nécessaire que lui-même.

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Des foyers cCififection.

On appelleyo;^er dinfeçtion tout air atmosphérique qui est en rapport avec un centre de putréfaction , ou qui a été en rapport avec ce

centre^ et conserve encore la propriété niorbifique que celui-ci lui a transmise. On appelle centre de putréfaction tout lieu dans lequel se trouvent des matières végétales ou animales en décomposition. Tout être vivant étant dans un état de décomposition continuelle , est 1 ui-mênie un centre dé putréfaction ; et s'il vit long-temps dans le même air atmosphérique , ou s il se réunit à d'autres êtres vivans comme lui , il peut donner lieu à des foyers d'infection. Tous les médecins conviennent que l'action de ces foyers est nécessaire pour la production de certaines maladies ; mais un assez grand nombre nient que cette action soit nécessaire pour la production de la fièvre jaune; plusieurs même soutiennent qu'elle est entièrement inutile , pensant que cette maladie est toujours le résultat d'un virus contagieux. Comme j'ai cru devoir adopter l'opinion diamétralement opposée à cette dernière; comme d'ailleurs la vérité sur ce sujet importe essentiellement au salut de beaucoup de peuples y je vais entrer dans de grands détails pour essayer de déterminer d'une manière

positive si, en effet , ht fièvre jaune est de na;^ ture contagieuse , si elle ne le devient qu'accidentellement , ou s; enfin elle ne l'est jamais. Pour cela, il est indispensable que j'entre auparavant dans quelques considérations générales sur l'infection et la contagion,modes morbifiques qui f quoique fort différens / n'ont cependant jamais été bien distingués. Je\ commepce par l'infection, le moins connu des deux, et celui auquel , je crois, il faut rapporter exclusiveinent là maladie qui £ait le sujet de tel ouvrage.

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