‹ Traité de la fièvre jaune (volume 2)Chapitre 17 sur 22 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De rinfecUon et de la contagion , en général.

De r infection.

J'entendis par ce mot infection ^ le mode par lequel un centre de putré&ction donne à ua individu soumis à son influence la prëdisposi' iîon à contracter une maladie de nature particulière f ou occasione la détermination de cette maladie quand Findividu est déjfà prédisposé. Je dis que l'individu est infecté quand cette prédisposition ou cette détermination ont eu lieu ; enfin , les maladies qui en sont le résultat f je les appelle maladies par infection.

Les maladies reconnues telles , sont les fie* yres intermittentes , les rémittentes bilieuses , les dyssenteries y les typhus et la peste. Les intermittentes sont^ de ces maladies, la plus lé* gère; les autres vont en augmentant d'iùtensité jusqu a la peste, qui est la plus grave de toutes: elles présentent une foule de pliéuomènes qui leur sont communs avec les autres affections da système nosologique; mais^ outre ceux-là,

elles en présentent qui sont le résultat de Tac-' tion qui leur a donné naissance^ et qui leur sont entièrement propres. Ces phénomènes vraiment caractéristiques sont : ,

1^. De prendre leur origine dans tous les lieux soumis à l'influence d'un centre de putréfac«« tion , et jamais hors de ces lieux ;

2^, De pouvoir attaquer un grand nombre de personnes en même temps, et sans que ces personnes aient eu aucune communication ni entre elles, ni avec d autres déjà atteintes de la maladie qu elles contractent ;

3^. De se changer facilement les unes en les autres ;

4<^. Dëtre soumises à Faction immédiate de la chaleur , et à Faction relative des eaux et des vents.

J'ai dit que ces phénomènes étaient le résulr tat de rinfeçtion : pour le prouver^ il faut re-* monter au mécanisme de ce mode morbifique; voici comment je le conçois : « Tout centre de putréfaction lance dans Fatmosphère qui l'environne des particules très-subtiles , qui, agissant sur l'économie animale, tendent à produire en elle des maladies d'une nature parti* culière. Quel que soit lé centre de putréfaction qui exhale ces particules , elles sont toujours de même nature , et ne varient dans leur ac«

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que Tair le plus malsain ; et dans les marais les plus abrites^ comme sur les collines les mieux aérées^ ils ont obtenu soixante-dix-huit parties d azote , vingt-une d'oxigène , et une environ d'acide carbonique. Si , dans les rapports de ces principes entre eux , on avait trouvé quelque variation constante^ on pourrait attribuer à cette variation la propriété morbifique de l'air ; mais la chose n'étant pas ainsi ^ et d'ailleurs l'air ^ en gagnant cette propriété morbifique, be chan-' géant ni ne perdant aucune de celles qu'il avait auparavant , il est nécessaire d'admettre qu'il a acquis un nouveau principe. Les moyens chi*miques , il est vrai , ne nous en démontrent pas l'existence ; mfiis nous savons que nos moyens chimiques sont loin d'avoir atteint la perfection^ et toujours la raison nous défendra de croire qu'un corps peut acquérir de nouvelles propriétés sans acquérir de nouveaux principes. En étant donc admis un dans l'atmosphère infectante , quel est-il ? nous l'ignorons complètement; mais nous jugeons qu'il se compose de particules extrêmement subtiles lancées par le centre d^infectîon; d abord, parce qu'il échappe à tous nos n;ioyens d'investigation , et ensuite parce que l'air qui environne le centre de putréfaction est d'autant plus délétère qu'il se trouve plus près de lui. Cette exhalation de

particules délétères a été reconnue par les médecins de tous les siècles ; les chimistes en ont admis une semblable pour la théorie des odeurs; enfin ^ par elle on explique très-bien l'action des centres de putréfaction ; je crois , en conséquence, inutile de m'arréter plus longtemps à la prouver, et je passe à une autre question.

Ces particules , quand elles ont été exhalées , restent-elles libres dans lalmosphère ^ ou y sont-elles dissoutes dans Teau qu'elle tient en suspension? Plusieurs raisons font croire à ce dernier mode ; mais, du reste , peu importe.

Comme quelles y soient contenues, on conçoit très-bien que l'air peut facilement les introduire dans la circulation générale , soit au* moyen de la respiration , soit au moyen des boissons ou des alimens qu'il sature toujours en plus ou moins grande quantité , soit enfin en les déposant sur les diverses surfaces cutanées , où les pores inbalans s'en emparent , et lès introduisent dans le torrent de la circulation , qtiiles transmet ainsi à toutes les parties de l'éconoinie animale. On conçoit encore facilement , comment ce corps nouveau ainsi introduit peut produire une action morbifique ; mais comment il la produit, cest sur quoi il est difficile que les médecins s accordent. Les uns diront que c'est

en irritant les solides , d'autres en viciant les humeurs , d autres en attaquant le principe de la vie, etc. Le résultat évident de cette diversité d'opinions est que personne ne sait comment ces particules agissent ; cela même doit être ainsi , parce que^ pour le savoir , il faudrait coi^naitre l'essence de la vie, ce à quoi nous n'arriverons jamais. Bien convaincu de cette vérité , je me contente d'avoir signalé l'action morbide , et j'arrive sans autre forme à la proposition que j'ai émise , que toutes les particules infectantes sont de même nature.

Quand un corps est inappréciable dans sa matière , et par nos sens et par tous nos moyens physiques ou chimiques, il ne nous reste, pour parvenir à le connaître , qu'à l'étudier dans ses causes et dans ses effets. Partant de ce principe, pour arriver à connaître les particules infectantes, je vais examiner les centres de putréfaction qui leur donnent naissance , et les maladies qu'elles produisent à leur tour.

J'admets volontiers, avec M. Nacqu art, trois sortes de foyers d'infection , ceux qui sont en*gendrés par des eaux stagnantes dans lesquelles viennent se détruire les végétaux et unefoulede petits animaux, tels sont les marais et les étangs; ceux qui sont le résultat de matières animales en état de décomposition ; tels sont les cimetiè-

res^ les voiriez ; ceux enfîa ^ qui naissent delà r^unipn d'un grand nombre d'hommes dans un même lieu, tels sont souvent les hôpitaux et les prisons. Mais comme je crois que ces trois sortes de foyers n'ont d'autre différence réelle que celle qui existe dans la forme de la matière dont ils proviennent; comme je crois que les principes qui les composent ne diffèrent nullement entre eux , je pense qu'on ne doit pas admettre les noms àiefflus^es pour désigner les principes de la première sorte , à^ émanations putrides pour désigner ceux de la seconde , enfin de miasmes pour désigner ceux de la troisième; à moins que ce ne soit pour faire connaître d'un seul mot^ et le foyer d'infection et le centre de putréfaction qui lui a donné lieu ^ et pourvu qu'on ait le soin de se rappeler que ces trois mots représentent tous un principe de même nature, ce dont je crois qu on peut démontrer la vérité même sans connaître cette nature ; c^est ce que je vais essayer de faire.

Tout foyer d'infection est nécessairement le résultat de la fermentation putride , et celle-ci ne peut s'établir que par la réunion d'une matière putrescible^ d'une certaine quantité d'eau, d'une certaine quantité de calorique^ et du contact de l'air atmosphérique; si une de ces conditions vient à manquer, la fermentation cesse, et

dès lors il n'ya plusd'infection. Voilà pourquoi les maladies qui en sont le résultat ne paraissent "pas dans les lieux arides où manque la matière putrescible ; voilà pourquoi elles cessent dans les lieux marécageux quand les glaces les cou* vrent , quand le soleil en a dissipé toute Thumidité , ou quand des eaux abondantes les ont privés du contact de l'atmosphère; et si elles peuvent naître toujours dans les prisons et les hôpitaux , c'est que les hommes qui sont dans ces lieux les vrais centres de putréfaction , ne peuvent vivre sans renfermer en eux-mêmes toutes les conditions requises. Parmi elles, il ji'enest qu'une seule qui semble pouvoir varier, c'est la matière putrescible qui peut se composer dé substances végétales ou de substances animales; mais ces substances sont-elles de nature différente? Non; car la chimie nous apprenant qu'elles ne se décomposent que par une opération parfaitement semblable^ la putréfaction, et que leurs principes immédiats connus ne varient que du plus au moins , il en résulte que leur différence n'existe que dans leur forme. Tous les centres de putréfaction produisant l'infection par une opération parfaitement semblable , leurs produits immédiats connus étant toujours les mêmes, pourrait-on penset que leur produit inconnu est de nature

différente? Une seule chose pourrait ame« ner à cette idée , c'est que les maladies résul'tant de ce produit fussent elles-mêmes de nature différente. Examinons si elles le sont en effet*.

J'ai dit que les maladies par infection, sont les fièvres intermittentes , les rémittentes bilieuses, les dyssenteries, les typhus et la peste; laissons de côté , si Ton Teut , cette dernière qui, par laffection cutanée qui la xraracterise , peut former une classe particulière , quoique je n'eu croie rien, et contentons-nous d'examiner les quatre premières.

1 ^. Elles peuvent toutes naître du même foyer d'infection ; personne . n'ignore qu'à certaines époques de l'année , on voit naître au bord des marais le typhus le plus intense f aussi-bien que l'intermittente la plus simple. Je sais bien , qu'en général les intermittentes et les rémittentes bilieuses naissent plus constamment par l'action des effluves; tandis que les dyssenteries^ et les typhus naissent peut-être seuls par Tac-

tion des émanations putrides et celle des mias« mes ; mais cela prouve seulement que ces derniers foyers ont une plus grande intensité, et qu'ils la conservent toujours, tandis que le premier ne petit l'acquérir que par des circon-'

stances particulières, et la pei:d bien vite après qu'il la eu acquise.

:i*>. Elles se succèdent dans l'ordre des saisons. Quand le printemps parait , il amène les intermittentes; avec Fêté arrivent les rémittentes bilieuses, qui, à la fin delà même saison ou au commencement de l'automne, font place aux dyssenteries et aux typhus. Ceux-ci à leur tour se voient remplacés par les rémittentes bilieuses, que chassent les intermittentes, et avec rhîver toutes disparaissent. S'il survient quelque dérangement dans l'ordre des saisons , l'ordre de cette marche est dérangé aussi ; voilà pourquoi l'on voit naitre les typhus immédiatement après les intermittentes , ou les intermittentes après les dyssenteries; et ainsi d^ suite.

3"*. La même succession, les mêmes chan-* gemens que je viens de signaler pour des individus différens, peuvent se montrer sur le même individu; il n'est pas de médecin qui, vivant dans les lieux où naissent ces maladies, n'ait eu occasion d'observer souvent une fièvre intermittente dont les accès , se prolongeant peu à peu , changeaient la maladie en rémittente ; et les paroxysmes de celle ci ^^étendant de plus en plus, finissaient par former un véritable

typhus, qui quelquefois disparaissait par une

marche rétrograde. U n'est pas de médecin qni n ait vu ces changeniens se faire toat à coup et sans ordre. '

4''. Toutes les maladies par infection pnsentent les mêmes symptômes ; firissODS iiréguliers , dérangement des yoies gastriques, douleur frontale , fréquente teraiifiaison par les sueurs^ etc. Tous ces symptômes, varient fréquemment dans leur marche , mais ne yirient guère d une maladie à Tautre que rektivenient à leur intensité.

5*. Le quinquina guérit spécifiquement le type périodique; mais aussitôt q«e ce type cesse, ou que les intermittentes offrent quelque contre-indication dans son emploi ^ elles rentrent dans l'ordre commun des autres roala* dies par infection , c'est-à*dire , de n'avoir rie» de déterminé , rien de fixe.

6^. Enfin , toutes présentent , après la nort de leurs victimes » les mêmes lésions oi^aai' ques, savoir , presque constamment des traces d'inflammation sur les organes gastriques.

Si je voulais entrer dans les détails é,e toutes ces ressemblances, j'arriverais^ sdbn les appirenoes, à conclure que les quatre maladie»

dont je m'occupe ne varient que par leur intensité ; peut-être même serai-je autorisé à k tonclure par les seuls traits généraux que je

Tiens de trac^; mais cek est inutile à mon spjet ; il me suffit de £aire voir qu eMes sont au moins de même nature; et je ne crois pas qu'on puisse se refuser à l'admettre. Gomment concevoir autrement ces successions constantes , ces changemens mutuels , celte parité de symptômes sur les maladies et de lésions sur les cadavres ? Les autres maladies peuvent bien sans doute présenter quelquefois entre elles des ressemblances ; mais ces ressemblances ne sont qu'accidentelles et ne sont jamais aussi saillantes.

Étant prouvé que toutes les maladies par infection sont ée même nature , je reviens à mon t€xte, et je dis que> si toutes les particules infectantes sont toujours engendrées par les mêmes causes; que^ si elles produisent toujours les mêmes efikts, elles lie peuvent être de na* ture différente « et c'est là précisément ce que je m'étais proposé de prouver.

U ne me reste plus , pour avoir démontré la justesse de la théorie de l'infection , qu'à faire voir que les particules délétères n'agissent qu^en raison de leur quantité , toutes choses étant égales d'ailleurs i et d'a:bord j'explique ce que l'entends dansxe dernier membre de phrase.

Noussavoas, par l'expérience, qu'un agent quelconque prodùitsuri'écofiomie vivanted'au'*

tant plus ou d autant moins d*effet qu*il est ad« ministre sous un plus ou un moins petit volume , dans un espace de temps plus ou moins court f à un individu plus ou moins prédisposé. Ainsi , prenant pour exemple le lartrate antimonié de potasse , nous savons que la même dose de ce médicament qui aurait engendré le vomissement si elle eut été administrée dans trois onces d'eau , dans une demi - heure de temps, et à un individu doué d'un estomac irritable , ne produira pas même une selle , si on l'administre dans trois pintes de véhicule, dans Tcspace de trois jours , et à un individa dont Testomaç se met difficilement en mouvement. En appliquant maintenant ce principe physiologique à la théorie de l'infection , nous verrons qu'elle doit être d'autant plus forte que les particules qui lui donnent naissance sont y au moment de leur action^ contenues dans une moins grande masse d'air atmosphérique; qu'elles sont ahsoii)ées dans un plus court espace de temps, et que l'individu qu'elles attaquent est plus prédisposé à son action. Cela étant ainsi posé, voyons quels sont les moyens que Ton a pour apprécier la quantité des particules absorbées par un individu.

Pour pouvoir bien apprécier la quantité de particules absorbées par un individu , il faut

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ûdre attention à la distance à laquelle il se trou-* vait du centre de putréÊBiction au moment ou il s'est infecté ; au temps qu'il est resté près de ce centre ; au mouvement de l'atmosphère qui environnait le centre ; enfin ^ an degi*é d'acH*vite de la fermentation. Je vais développer chacun de ce^ point$ toùv à tour.

I*. De la distance. Les particules dâétères , étant lancées d'un centre de putréfaction vers une circonférence quelconque , sont nécessairement d'autant plus pressées les unes contre'les autres qu'elles sont plus, près 4e ce centre;: car^ ànsesure qu'elles s'en éloi^gnent , le cercle s'agrandit , la masse d'air atmosphérique quelles doivent infecter augmente , , et il &ut bien qu'eUcs ' s y raréfiient^ L'individu , au moment où il s'infecte ^ absorbe donc f dans une mesure d'air donnée , une quantité; de particules. délétères, d'autant plus grande qu'il se trouve plus près du centre de putréfaction.

:^*. Du teifips que ï individu reste exposé à Vir^uence des foyers d-ir^ection*, J'ai dit plus haut que les particules délétères ]peuvent s'introduire dans le corps de l'homme par la^ respirati^on , au moyei)« 4^ ^imens et des boissons ; en^n , par les pores^ inhalans. Laiissons de ce côté les alimens et les . boissons f cat

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non» Bé ponTons coMialtre la «foantHé de particules qaeUea contiennent ; lakâons aussi de c^té les pores iiikalanp donrt Texisf ence n'est pas très-pronTée ^ et examinons la respiration. Cette iopction peut bien être suspendue ino* xnentanémenf ; elle peut bien être plus ou moins active cbea tel individu que chez tel autre ; mais cx>oime en général rhomnae ne cesse jamais de respirer , et qu'il respire également; comme à chaque inspiration il reçoit avec Fair ia nouvelle quantité de particules dont cet air est chargé p il s'ensuit que le nombre de partie cules qu'il absorbe est en raison du temps qu'il reste dans le foyer d'infection.

5"^. i%â mouvement de VaUmsphère^ Tout centre de putréfaction exhalant sans ce^se des particules délétères ^ si l'air qui Tenvironne i^ est dans un état de stagnation ^ il faut bien '^ qu'il s'en sature; si au contraire cet air est M agité par de violens mouveinens , il se renoua tm velle à chaque instant et n^a }e temps de pren» :>>i dre que quelques particules qui se raréfient \k aussitÀt ; nuis si les mouvemens de l'air sont -,^ réglés^ s'il balaie un centre de putréfaction ^v d'une grande étendue ^ il peut se charger d une J^ grande quantité de ces particules» et^, les portant \^^ avec lui , aller établir des foyers d'infection i^ dans des lieux qui paraissent être à l'abri d'un

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pareil BÀftlheur; et^ en resiiitati vm individu qui s*infecte doit absorber d'autant plus de partie cales dâetères <fu« le centre de potre&ction à ractÎQD duqud il est soumis ». se trouve envi-rofiinë d une sAmaspbere plus lente dans son mouvetnenta

4^. De ractiviie de la fermattaiioR. Des quatre conditions requises pour que la fer^ mentation putride puisse s'établir^ une seule foue un rôle actif: c'est Ja chaleur. Sans doute plus la matière putrescible est abondante, plus la quantitd d'eau est en rapport avec cette matièffe; plus enfin le contact de lair est étendu, el plus lo centre de patré&ctîon est vaste:

maÎB; son activité n'en est pas plus grande, cWi4*<^re9 qu'il n'y a pas plus de force dans «osr «kNOvem^at de déoomposîtion. Four la chaleiir, il en est tout autrement ; lesehimistes peuvent^ en l'augmentant ou en ladimiiniant, augmenter ou dimîoaer ce mouvement de dé« composition ; et ce que les chimistes font dans Ijsur .'Isfaonatoira , la nature lé £iit partout oit etts a étadbiî des csmtres de putréfiMtion : per* SMéOf n'igahoré qu'un marais ou un caxiavre se«t d'antani pfais tôt détruite qu'ils sont soumis à une température atmosphérique plus élevée* £n:partant de ce princ^, comme les partie odes délétères , étant le résultat de la ferment-

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tation f doivent suivre dans leur dégagement k marche de cette opération , il en résulte que, dans un temps donné , elles se dégageront en d'autant plus grand nombre que laetivité da centre qui leur donne naissance sera plus forte ; et de là , que l'individu absorbera les particules délétères en raison directe de l'activité du centre de putré&ction, à l'actiondaqad il est soumis.

Les règles pour calculer la quantité de pa^ ticules délétères absorbées étant ainsi posées; pour savoir si , en effet , ces particules agissest en raison de leur quantité , il n'y a plus qs'i examiner si la vivacité de l'iniection et l'intensité des maladies qui en proviennent sont en raison directe de la proximité des ceatres^^dn séjour que l'on £ait auprès d'eux , de la lenteof de Tatmospbère qui les environne , enfin da degré de leur activité. Cet examen ne sera ni long y ni difficile f et les résultats, n'en sont pas douteux.

Pour la proximité des foyers , chacun sait que dans les pays marécageux ce sont les indi* vidus qui vont travailler dans les ûuiges mêmes qui sont les premiers atteints de fièvres intermittentes, et qu'elles sont plus intensies ehei eux^ que ceux, au contraire , qui se tiennent à une certaine distance ^ en sont plus rarement

atteints , et que, quand ils le sont , la maladie est moins grave.

Pour la durée du séjour, il est de fait con* stantque, si une personne ne fait que passer à travers un foyer d'infection , souvent elle n'en éprouve aucun dommage; tandis que, si elle y sé-^ journe, elle prend presque toujours quelque maladie , qui devient d'autant plus dangereuse que le malade reste plus long«-temps soumis à Finfluence de cette cause morbifique.

Pour le mouvement de l'atmosphère^ personne n'ignore les accidens terribles survenus à l'ouverture d'un tombeau , d'un cloaque , ou de tout, autre lieu renfermant un centre de pu* tréfaction, lieu clos depuis long>temps , et ou par conséquent l'air était dans un état de stagnation, par&ite.

Enfin , quant à l'activité dé la fermentation, tous les habitans des pays infects savent trèsbien quele danger est pltis grand le matin , au moment où le soleil frappe les centres de putréCaiction ; et si dans la journée l'infeclion s'o-^ père moins bien , c'est que la chaleur , en dilatant tons les corps , raréfie lés particules à mé-^ sure qu'elle les fait naître : aussi, quand la fraidieùr du soir peut les condenser , elles ac*^ quièrent une fdrce beaucoup plus grande. Tout concoorant ainsi à prouver que plus une per-

jaonè^ étnde de laquelle je m'occuperai toat a rheune, mais qu'il me faut ifaire précéder de quelques considérations générales sur Id contagion et sur les maladies contagieuses. -

, Delà Contagion.

Le mot contagion indique le mode par lequel un individu malade communique à un autres individu la maladie dont il est atteint luimême. Toute maladie qui peut ainsi être communiquée, est dite contagieuse.

Les maladies contagieuses ont pour seul caractère distinctif , qui leur soit commun à toutes y de pouvoir se communiquer d'individu à individu par contact immédiat ou > médiat , et de n'admettre ^ comme; cause colmue , que cette communication. On avait bien era jiis^ qua nos jours , que la gale pouvait être produite par la malpropreté; mais M.Aliberta fait voir qu'on confondait le prurigo avec la gale ; et , si dans quelques cas la petite vérole est née sans qu'il ait été possible d'en accuser la contagion, il a été également impossible d'en accuser une autre cause connue , et ht maladie a été regardée comme spontanée.

Pour: expliquer ce caractère des maladies CQn]tagifiu$es , orna supposé, pour chacune d'elles j l'existence d'un principe^ morbifique>

y on Icnr a recoono les denx : I*. de poQTCwr oo^jendrer jXLramics vue mabdSe p«r6itcDMiit semblable à qui les a c^endres en De ooaservcr lenr propri é té

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I^TÎrossjpiiilitkpieengendrelasypbîiis; le psoricfoe, la gale; el le TariolH|iie, la petite rérole. Toos ces TÎnis penveat engendrer nne mata d ir plos on moÎDS intense; mab elle est tooîoors la même et ne s'amalgame jamais , comme tendrait à le ^re penser cette foole d'épitbctesqœron prodigne â géDereasemant^

surtout à la variole. Ces oialadies peuvent sànl doute se compliquer dabord entre elles , puis avec le scorbut ^ les dartres , les fièvres bétwgnes ou malignes / mais ce soat de pures oomplicatioQSi et non des maladies d*uae. pâture particulière : si elles étaient vraiment géneh«« ques, il existerait des virus syphilitiqiie-soorbii* tique , psorique-dartreux , varîolique-bénin oo malin ; et ces nouveaux virus engendreraient toujours des syphilis scorbutiques , des gaies dartreuses ^ des petites véroles bénignes on ma« lignes y ce qui est bien loin d'étie vrai , comme l'expérience le démontre tous les jours {a)«

Les maladies contagieuses peuvent se oom" muniquer , non-seulement par le conitact ini'< médiat, c'est'-à-dire , d'individu a individu, mais encore par contact médiat, c'est- à-^ire,

>**aW"W****«*MMM«Mi«aiBWMM*M*M*l

(a) Je paît citer k rappui an fidté^aviaiit p^us curieux ^ qu^il prouve en même 4emp6 que k vir&s ^ahoHque conserve sa propriété morbifique 5 même sur les cadaT<«s« Une dame avait deux filles en bas ige | qui n^avaisnt peint eu la petite vérole. Cette maladie ayant causé la mort du fih unique de l'une de ses amies , cette tendre mère fnt effrayée, vint me prier d*inocuIer ses deux enfans^ et y dans de longues recommandatiotis , sVtendit sur le choix que je devais faire du virus qne j'inoculerais. J'eus le malheur de vouloir lui prou\«r q-ne oc chois d'aa virai était insignifiant , en lui promettaiit t<Hit^#is de lui

au moyen d\ia corps quelconque « qui , étant imprégné du virus de la maladie ^ le transporte à un autre individu : ce corps contagié peut conserver sa fiiculté morHâque encore quelque temps ; mais il est impossible de dire à quelle époque il doit la perdre. On a des exemples bien constates de vètemens qui ont communiqué la petite vérole deux mois après avoir cessé de servir à un varioleux ; si le virus a ainsi conservé sa qualité morbifique pendant deux mois ^ il peut sans doute , sous certaines

montrer sous ^pea àt y^vtn «ne deueakie d'enfens que l'avais inoculés defiaîs peu» pour qa^elie pÀt choisir ^ie^ même. Cette offre ne put la rassurer sur ce ^ue je lui avais dit d'abord ; et elle alla s'adresser à un autre luélecin qui , n'ayant pas non plus de virus pour le moment, vint m*en demanda*. « Vous en avez , me dit^il , vos dom oti q u e s me l'ont as^nré. » J'avais en effet un nègre atteint du pian , pour lequel je devais le traiter , mais qoi ayant ^té pris •d'ona petite vérele confinente et maligne » venait d'en «ourir. Je le dis à oe médecin , en lai conseillant de ne pas prendre de vsms snr «ti pareil su** jet. Il ne tint aucun compte de mes conseils, chargea deux lancettes du pus de ce cadavre , qui répandait une odeur insupportable, était extrêmement enflé , et rejetait nn sang noir par la bouche et Tanns, et alla en inoculer les enfans de M. G. Ces denx demoiselles eurent une petite vérole très-discrète et ireB^bâugne ; je les ai vues h Paris vingt--six ans après , joaissant d'me sainte parfaite*

circonstances , la conserver plus loi»g-temps; mais quand doit-il la perdre définitivement ? Je le répète , on n en sait rien du tout : excepté les fluides , tous les corps peuvent se chaîner de ces virus , les uns plus, les autres moins; mais tous le peuvent.

Ces deux caractères sont les seuls qui soient communs à tous les virus ; mais chacun d^eux eu a de particuliers, et c'est de ces derniers qoe naissent les difficultés qui ont fait confondre à long-temps les maladies contagieuses et les maladies par infection. On sent bien que ce serait sortir de mon sujet que de vouloir énumérer tous ces phénomènes particuliers; je ne dob m'occuper que de ceux qui rapprochent ces deux classes de maladies ; et , la petite vérole me les présentant presque tous, son histoire abrégée me suffira pour arriver au but que je me suis proposé.

. La petite vérole , outre le contact médiat par tous les mêmes corps qui peuvent servir à transmettre les autres virus , a la Êiculté de se propager par Tatmosphère.. C'est vainement que M. Nacquart voudrait. la lui refuser, les faits parlent trop haut. Il serait sans doute fort utile , pour distinguer Tinfection de la contagion, qu'elle n'existât pas; mais le contraire a lieu. Que le virus y soit contenu dans un pollen,

qu'il y soit dissous dans les vapeurs qu'a exhalées le malade , ou qu'il soit dissous dans l'air même > peu importe ; il est certain quun individu transporté dans l'atmosphère d'un variojeux peut contracter la variole ; le vent peut même changer cette atmosphère de place sans lui faire perdre toujours sa nouvelle faculté morbifîqué ; donc elle peut se charger du virus variolique. Les exemples les mieux constatés se présentent chaque jour, et rien ne peut permettre d'aller contre une pareille vérité*

La petite vérole -, très-souvent sporadique ^ peut quelquefois devenir épidémique; les autres maladies contagieuses le peuvent aussi, comme on le conçoit facilement; mais, n'ayant pas lair pour moyen de transmission, elles le deviennent plus rarement, d autant mieux que certaines constitutions atmosphériques ÊLVorigent l'inoculation de la petite vérole. Ces constitutions se présentent surtout dans le printemps et l'automne; mais elles peuvent également se moiltrer l'hiver et l'été; e.t, comme l'observe très*bien M. Nacquart , elles ne peuvent être considérées que comme prédisposant les individus à cette maladie. Sous certaines constitutions on voit un plus grand nombre d^ catarrhes; sous d'au** très, un plus grand nombre d'inflammations vraies; sous certains veqits il se détermine un

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•r^œ contenu «iaos cette cxnns, aasat pco»

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Eofitt la petite ^ecole se pmt ■■ètoeiniiiiie senle Imb sot le aérne ii&iiAi ; c est à cela <fm fat èœ Tuié^ hfiiiiiff it fiaacHblioB dn vin» ^ariolkpe laft-eBoee; de là est Terne futilité de f iaocwlatw m cEa wa&^acciii, «{ai.

(tf], Le» d<«x iiU de M. BonUaj , piiarmaoen dôtîngué ée la capitale , loi fiDireat revrojé de fevr pension , €tmme étant att£Îat> ^ la petite vérole. Ils araiefit été Taccinéi^ les bootons s'étaicBl bîca âevés, et araient fooiui Al pus à «B aMdeaB dm co^uié ooitnd de vacâne^ qn Farait iaocnlé aivec hkccs k d^aatrcs enfiuBs.

M, Bonllaj coevo^oa piiHMn pnticieiis de Paris , §pi tMtf asmrèrcot que la maladie était une rëritable petite Térole. Ce £iit se répandit dans le public , parce ^'il portait à la vaccine nn cbnp terrible. Je Toalns le vérifier , et )e me rendis cbez M. BonDajr. En approdiant des enfans , ]e ne reconnus pas Todenr de la petite' vérole; et, qnoiqne de larges pustules couflaçntes sur les paupières , sur tout le visage et sur les membres , pussent bien £ure croire à Teustence de la petite vérole, l'osai soutenir que ce nétait que la varicelle , qui peut aussi produire tous ces phénomènes, et qui d'ailleurs peut revenir plusieurs fois. Comme cette maladie n'est pas contagieuse , je proposai , pour décider la question I d'inoculer plusieurs enfans avec le pus des boutons

maladie légère à une maladie toujours dange-> reuse^ dérobe chaque ijour tant [de victimes dévouées à la mort,: et place Tauteur de cette découverte au rang des » plus grands bienfai*teurs de l'humanité..

Cette impuissance d'une maladie , de naitre deux fois chez le même individu , est bien sans doute un des phénomènes les plus extraordinaires qu'offre la pathologie; mais combien d'autres sont pour nous aussi incompréhensibles, et moins avantageux pour Ihumanité !

la gale et la vérole ne le présentent malheureusement pas, U est vrai que la n'^ture, toujours sage en ses décrets, a mis entre nos mains des moyens que l'expérience nous a appris à employer avec fruit contre la maladie , et sans danger pour le malade.

Tels sont les phénomènes communs que présentent les maladies contagieuses , et les phénomènes propres à la petite vérole en particulier ; ils vont tous recevoir leur application et de nouveaux développemens dans l'étude que

des deux malades. Ma proposition fut adoptée , et même les médecins du comité central de vaccine voulurent bien se charger de faire Tinocuiation , qui , comme je l'avais prédit , ne produisit d'effet sur aucun des enfans soumis à Topera tioQ.

je vais faire de la nature de la fièvre jaune. Je serai sans doute fiorcé à beaucoup de répéti* tions ; mais je n'écris pas un ouvrage d'agrément; je discute une question qu'on a toujours cherché à embrouiller y et mon but est de réclaircir.

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