‹ Traité de la fièvre jaune (volume 2)Chapitre 6 sur 22 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Saint-Domingue , partciat il avait protège mes compagnons d'infortune , et ^ par sa touchante pitié , il avait verse sur nos plaies un baume consolateur; et lorsque à son tour il se voyait en proie à la douleur la plus cruelle , lorsque les habitans de Philaddphie étaient moissonnés par une affreuse maladie , nous aurions été insensibles à leurs maux y nous leur au« rions refusé nos secours ! non , c'était impossible à des Français y et il n était aucun de nous qui ne fût prêt à se sacrifier pour soulager les peines de ses bienfaiteurs.

Trop heureux moi-même que le sort me désignât pour cet acte glorieux ^ je le remerciai de la préférence que mon état me procurait! Ces sentimens qui étaient dans mon cœur^ et que je manifestai au comité^ me valurent des complimens flatteurs dont je cherchai aussitôt à me ren« dre digne par mes actions»

Je me rendis à Thôpital Bush-Hill^ qui^

c'est que j*avaîs eu le bonheur de sauver ^ de mes désastres, un billet d'une valeur assez considérable»

bruit se repandit qu'elle l'ëtait essentiellement 9 lorsqu'elle parut à Philadelphie , je ne le crus point ; cependant je n'osais pas soutenir l'opinion contraire , parce que la xnaladie à Saint-Domingue avait toujours ëtë simplement sporadique , et qu'à Philadelphie étant épidëmique , elle pouvait bien avoir acquis un caractère que je ne lui avais pas connu auparavant. Pour savoir s'il en était ainsi , je voulus profiter de la position extrêmement favorable dans laquelle je me trouvais y et je portai , dans ce dessein y toute mon attention sur cet objet. Le résultat de mes observations fut qu'il n'existait aucune espèce de contagion ; je crus devoir le dire au public , soit pour calmer ses craintes ^ soit pour faire cesser une foule de mesures inutiles ou même dangereuses qu'avait introduites l'opinion contraire. J'allai même plus loin; j'ayais reconnu que les causes de la fièvre jaune çta^ient les mêmes à Philadelphie qu'à Çâint-Dominguç , et je voulus enseigner les npioyens de les détruire ou de prévenir leur action. Ces deux points impor-

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tans y la preuve de la non contagion de la fièvre jaune , et letude des' causes qui lui avaient donné naissance , firent lobjet principal d'un petit ouvrage que je publiai en^ ryg^r , et qui a pour titre : Recherches et obseîvations sur les causes et les effets de la maladie épîdémique qui a ravagé Philadelphie en 1 793 ^ depuis le mois daoût jusque i^ers la moitié de cC" lui de décembre.

Quoique j'eusse , dans cet écrit , accumulé les preuves de mon opinion , l'opinion contraire avait jeté des racines trop profondes , et était trop fortement soutenue par les médecins du pays , pour que je pusse même l'ébranler; et l'on continua à croire à la contagion de la fièvre jaune.

Les' années suivantes, les preuves contraires que j'avais signalées se renouvelèrent et furent encore laissées de côté ; en 1 797 même, 1 épidémie étant très-violente^ les idées de contagion semblèrent prendre .

une ncmvelle force ^ le bruit courut que je les avais enfiù adoptées, et la terreur répandue dans la ville né fit que &accroitre«.

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