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vu qu'une seule parotide, et je n’ai jemais rencontré d’anthrax. Pouppé Desportes, qui pratiqua à Saint-Domingue vers le milieu du siècle dernier, parle cependant de ces deux SFrap= * tômes comme s'ils s'étaient fréquemment pré- sentés à son observation ; il regardait les anthrax comme crises ordinaires pendant les
saisons sèches , et les parotides comme symp- |
t0me avant le septième jour , et comme crise après cette époque. Savarésy et Gilbert notent
les uns et les autres comme assez fréquens,
mais comme n'étant jamais bons signes, ou ne l'étant que rarement. Je ne sache pas que dans
les Etats-Unis ils se soient montrés plus qu'individuellement et de loin en loin. Dans l'Es-
pagne et à Livourne, ils ont toujours été très-
rares, et l’on pourrait les regarder comme
étant plus propres au climat des Antilles, si d'ailleurs le plus grand nombre des médecins qui , comme moi, ont pratiqué dans ces îles, n'assuralent ne les avoir Vus jamais ou presque jamais. En résultat, nous n'avons pas des connaissances certaines sur la valeur de ces symptomes; mais puisquon les a vus servir de terminaison à la fièvre jaune, le praticien doit les observer avec beaucoup d'attention, et, comme dans une foule d’autres cas, se guider
d’après les circonstances environnantes,
Il est encore un symptôme que l’on peut joindre aux précédens ; c’est l’excrétion des urines noires ; elle survient très-souvent dans la fièvre jaune, et indique toujours un grand danger.
Pouppe Desportes aflirme n'avoir jamais vu guérir un malade chez lequel ce symptôme concourait avec le vomissement noir.
Je crois entièrement inutile de parler de la rougeur de la face, du brillant des yeux, de la sécheresse de la bouche, de la fréquence du pouls, de l'agitation générale, de l'insomnie, etc. Tous ces symptômes se présentent dans la fièvre jaune, et s'y présentent constamment ; mais ils le font aussi dans presque toutes les autres maladies; et, rentrant ainsi danslesrègles de la thérapeutique générale, ils ne méritent pas qu'on s'y arrête, quand on étudie le caractère particulier d'une maladie. Ils ne méritent pas non plus qu'on s'y arrête, ces quelques symptômes qui, pour survenir un peu moins rarement dans la fièvre jaune que dans les autres affections, n’en sont pas moins des symptômes rares, et dès lors n’appartiennent plus à l'art, Ainsi, que M. Dalmas (a) ait vu deux malades qui exbalaient une vapeur sidense,
(a) Recherches historiques et médicales sur la fièvre jaune. DALMAS, p. 122.
que leur corps; a une légere distance, semblait être revêtu d'une couleur noire; que quelques auteursalentobservé l'hydrophobie; que d’autres aient remarqué la transsudation du sang par toutes les ouvertures naturelles, même par les pores de la peau, de quelle utilité cela peut-il ‘être pour faire connaître la nature, ou aider au traitement de la maladie ? d'aucune absolument. Les auteurs qui ont observé de pareils symptômes ont du les noter sans contredit ; | dans un traité ex professo on doit les signaler | aussi: mais on doit les signaler comme de simples épiphénomènes, ou tout au plus comme les | signes de la violence de la maladie, et ceux d'une mort prochaine, signes, du reste, touth-fait inutiles, puisqu'ils n'ajoutent rien à ce que l’on connaît déjà et à ce qui se manifeste constamment par tout ce quon a de plus certain à ce sujet. :
En définitive, la fièvre jaune offre des symptômes extraordinaires, mais c’est ce qui arrive dans toutes les maladies extrémement aiguës.
Elle offre ensuite des symptômes communs à toutes les affections en général, parce qu'ils dépendent de Ja lésion de certaines fonctions toujours altérées aussittt que la maladie est générale. Elle en offre enfin qui lui sont plus spéciaux, qui servent à la faire reconnaitre et
ee S
à guider le médecin dans le traitement; mais
elle n'en offre que deux qui surviennent con. É stamment et qui soient vraiment caractéristi= | ques : la teinte ictérique et le vomissement noir; encore .avons-nous vu qu'ils peuvent
manquer sur les individus, ainsi que les autres caractères de cette maladie.
= 1 Avant de terminer ce qui est relatif aux ca-
ractères de la fievre jaune, je dois remarquer
+ ve D - e , , £ que, quelles que soient les variations quils
éprouvent sur des individus , elles ne sont jamais assez grandes pour faire méconnaiire la maladie, surtout quand on est instruit des causes qui lui ont donné heu, et de la nature de laffection régnante.
Après avoir fait connaître les caractères que
la fièvre jaune présente dans toutes les épidé-
mues,il me reste à étudier les changemens qu’elle peut éprouver dans chacune d'elles; ces changemens résident dans les sympiômes, l'intensité
etles modes de terminaison de la maladie.
Ceux qui surviennent dans les symptômes ont été consignés dans l'article précédent; on a dù voir quils se bornent à ce que quelquesuns de ceux qui sont essentiels, ma's non pas
caractéristiques, se montrent beaucoup plus fréquemment dans une épidémie que dans une autre. Î] serait curieux, sans doute, de pouvoir
assigner les causes de ce phénomène, de savoir sil tient au climat, aux constitutions atmo- ‘à sales aux habitudes des peuples, etc.
. Mais malheureusement l'observation ne s’est Mont encore portée de ce côté , et nous n'avons pas même des données pour hasarder une opinion à ce sujet; aussi, sans m'en occuper da- ; Ritace, vais-je passer à l'étude des différences relatives à l'intensité et aux terminaisons.
De l'intensité.
La fievre jaune , prise individuellement , est une maladie toujours dangereusé et souvent mortelle (a). Ce n’est pas non plus considérée sous ce rapport, mais bien relativement äu nombre de personnes qu'elle attaque , que je prétends parler de son intensité. J'ai déja dit au commencement de l'ouvrage, qu'elle peut être sporadique ou épidémique ; le
(a) On lit à l’article fièvre jaune du Dictionnaire des sciences médicales : « En 1793, le médecin français M. Mongez, réfugié de Saint-Domingue à Philadelphie, soigna environ trois cents personnes de la fièvre jaune, et ne perditqu'un enfant ( note de M. de Saint-Méry). » 1 s’est nécessairement glissé quelque erreur dans la rédaction de cette phrase, car il est impossible de penser que les auteurs de cet article eussent rapporté sans la
moindré observation une assertion aussi ridicule.
premier mode est celui qu’elle adopte généralement, et ce n’est que sous l’action de circonstances particulières qu’elle adopte le second. Je ferai connaître dans le livre suivant quelles sont ces circonstances ; dans celui-ci je me borne à énoncer les faits. Quand la fièvre jaune s'est déclarée épidémiquement, elle a plus ou. moins d'intensité, et cette intensité est extrê=" mement variabie ; quelques citations vont le prouver. À Saint-Domingue, lorsque nous envoyames des armées pour reconquérir ile, la fièvre jaune, qui n’y avait régné que sporadiquement depuis un grand nombre d'années , se déclara épidémiquement , et presque toutes nos troupes furent moissonnées par elle; Îles généraux furent ses premières victimes. En 1795, à Philadelphie, elle enleva un peu audessus de quatre mille habitans, c’est-à-dire, en se rappelant que la population était alors d'environ cinquante mille âmes, que l'épidémie la diminua d’un douzième. Les trois annees suivantes, la maladie fut presque sporadique, et ce ne fut qu'en 1797 qu'elle reprit sa fureur, et fut presque aussi terrible qu'en 1793. Depuis lors, elle s'est montrée très-souventépidémique dans cette même ville, et quoique la population ait été plus que doublée, la mortalité n'a jamais été à beaucoup près aussi grande. Dans
l'Andalousie, en 1800, la fièvre jaune enleva, dans certaines villes, jusqu’au quart de la population : elle y fut encore très-intense en 1805 ’
tandis qu'à Livourne, où elle régna l’année suivante, elle ne fit mourir que sept centshabitans sur une population de soixante mille.
Je ne pousserai pas plus loin le nombre de
citations: ; celles-la suffisent Dé prouver la vérité de ce que jai avancé. Je n'ai donné que le nombre des morts, parce que, si dans un hôpital on peut compter les malades, il est impossible deles compter dans une ville, et encore moins dans une province; et que d’ailleurs, de la comparaison du nombre des morts résulte nécessairement la comparaison du nombre des malades, en observant toutefois que, même proportions gardées, la fièvre jauneest d'autant plus meurtrière qu’elle atiaque une plus grande quantité d'individus à la fois, toutes choses étant égales d’ailleurs; car, comme je l'ai déjà annoncé , je ferai voir dans le livre des causes,
que cette maladie, soit pour son intensité gé-
nérale, soit pour son intensité individuelle, est soumise à l’action d’une foule de circonstances environnantes.
Des terminaisons.
Tous les médecins s'accordent à regarder la
fièvrejaune comme une des maladies qui seterminent généralement sans crises; cependant on. remarque quelquefois, et même dans chaque épi- : démie, que la maladie affecte les unes de préfé= rence aux autres. Les épidémies de 1793 et ; 1797 me présentèrent des crises par diverses : hémorragies, par la salivation, par les vomissemens, par les selles et les gangrènes par= tielles; celles par les hémorragies et par les selles furent les plus fréquentes. Je n’en vis aucune, du moins parfaite, par les urines ni par les sueurs; je n'en vis pas davantage par la jaunisse, ni par les bubons, n1 par les anthrax; mais Pouppé Desportes et Gilbert , qui pratiquaient à Saint-Domingue , ont signalé toutes
ces dernières, jusquà la jaunisse, qu'ils ont donnée comme critique quand elle se montre après le septième jour ; cependant elles furent toutes très-rares. Berthe nous apprenil que dans lAndalousie les.sucurs et les urines formérent des crises heureuses, et mûine assez souvent. Palloni dit que les sueurs, les urtnes troubles et sedimenteuses, des déjections bilieuses abondantes, d'abord noirâtres, jaunes … sur la fin . furent les voies que la nature se ménagea pour opérer une crise favorahie dans l'épidémie de Livourne. Ce médecin observa également un très-bon effet des sueurs qui se
Doi dans la ei ou de la ma-
2e ce que jai dit au commencement du parahe graphe, et je suis persuadé que, si l’on compa- | rait les épidémies d'une même contrée entre elles, comme je viens de comparer les épidé- | mies des contrées différentes, on obtiendrait des résultats semblables. Cette variabilité dans les terminaisons de la maladie est d'autant plus
importante à connaître, qu’elle doit souvent 4 guider le médecin dans le traitement qu’il doit è prescrire. Quand il saura dans une pere À - quetellé crise est ie favorable , 1l chercher
à la seconder; il s'opposera au contraire à telle autre que l'observation lui aura démontré être
| rien d'absolu dans ces cas, et que le plus sûr . est d'arrêter d'abord la maladie, quand il y a le moindre doute sur les desseins de la nature. J'ai donné le pronostic que l'on pouvait porter dans l'épidémie que j'ai décrite : quant à celui des autres, les variations qu'il doit éprouver en général, sont fondées sur les phé- nomènes particuliers que j'ai fait remarquer; et comme j'ai noté leur valeur au fur et à mesure, vouloir m'y arrêter encore, ce serait vouloir . me répéter inutilement et prolonger sans fruit "
ficheuse; se souvenant cependant qu'il n'ya
des détails quine sont déja que trop longs; je ne puis cependant terminer ce chapitre sans parler de lidentité de la fièvre jaune, dans quelque pays, sous quelque climat, en quelque temps qu'elle se soit montrée. |
L'identité de la fièvre jaune, dans quelque lieu de l'Amérique qu'elle paraisse, n’est pas contestée depuis long-temps, et personne ne croit plus aujourd’hui le mal de Siam différent du vomissement noir , et celui-ci différent dela fièvre jaune ; mais quelques auteurs veulent admettre plusieurs espèces de cette même maladie , etje pense que c'est à tort. Savarésy (4) en reconnaît deux; l'une, qu'il appelle typhus ictérique , qui a lieu par asthénie indirecte ; il la divise en deux variétés, et chacune de ces variétés en deux degrés; l’autre, qu'il appelle typhus américain ou occidental , qui a lieu par diathèse nerveuse, et qu'il ne subdivise pas. J'ai vainement cherché , à travers ces espèces , ces variétés et ces degrés, à reconnaitre une différence essentielle ; je n'ai pu voir qu'une maladie, qui, comme la pleurésie ou toute autre
affection , varie selon l’âge, le sexe, la con-
(a) Savarésy , de la fièvre jaune en général , et particulièrement de celle qui a régné à la Martinique en lan XI et l’an XII ( 1803-1804 ). p. 261 et suiv-
stitution , les habitudes de l'individu, la violence des causes ou l'action des agens extérieurs, mais qui pour cela ne cesse jamais d'être parfaitement la même. M. Bally (a) propose d'admettre une espèce de fièvre jaune qui est contagieuse, et une qui ne l'est pas toujours. Comme
: l’auteur ne nous dit nullement à quoi il reconnai-
trait ces deux espèces différentes ; comme d’ailleurs jesuis convaincu qu'il n'existe pas de fièvre jaune contagieuse, je n admettrai pas plus cette division que la précédente ; et celles de quelques auteurs anglais ne me paraissant pas mieux
fondées, je persisterai à voir dans la fièvre jaune
une maladie qui peut sans doute varier par son intensité, mais qui est toujours fondamentalement la même, et ne forme qu'une seule espèce. C’est, du reste, l'opinion générale, et elle n'a pas été detruite par FRERE de la maladie en Europe.
Lorsque l Andalousie en fut ravagée en 1800, on douta d'abord que ce füt la même que celle d’Amerique ; mais bientôt Berthe, dans un parallele qu'il fit de ces deux maladies , prouva que ce doute n’était pas fondé (b); M. Caizergues a
(a) Bazzy, p. 5.
(b) BERTHE. Précis historique de la maladie qui a régné
dans l’Andalousie, en 1800.
5o | renouvelé depuis peu ce parallele, et a obtenu les mêmes résultats(a) ; aussi très-peu de médecins aujourd'hui ont-ils une opinion contraire. Cependant mon ami , M. Valenün, a cru pouvoir élever de nouveaux doutes. Je ne discuterai pas
son opinion ; mais, Comme son nom a droit d'en imposer, je vais faire un rapport succinct
de la description de cette épidémie, tiré de
l'excellent tableau que nous en a donné
Berthe , pour que le lecteur puisse lui-même,
en comparant avec ce que J'ai dit jusqu’à présent,
juger de la ressemblance.
Description de l@ fièvre jaune qui régna à Cadix en 1800.
La maladie se déclarait chez quelques individus, comme par explosion, au moment même de l'infection ; tandis que chez d’autres , et c’était le plus grand nombre, elle était précédée par des prodromes sensibles : c'était, comme dans presquetoutes lesmaladies, lassitudesspontanées, diminution notable des forces, défaut d'appétit, quelquefois dégoût pour toutes sortes d'ahmens ou pour quelques-uns seulement, et particuhèrement pour les substances animales : découragement, douleurs vagues, fatigue extrè-
(a) Guzercues. Mémoire sur la contagion. de lafièvre jaune.
me, pesanteur de la tête, vertiges plus ou moins fréquens. À ces Symptômes généraux s’en joignaient de plus particuliers à cette maladie ; tels étaient le sentiment de malaise à l'orifice supérieur de l'estomac, leresserrement du ventre, un violent mal de tête,ou plus souvent encoreune douleur fixée aux tempes et dans l'intérieur des orbites ; la rougeur des paupières, qui s’'étendait quelquefois sur toute là conjonctive, des inquiétudes générales dont le malade ne pouvait se rendre raison , une altération commencçante de la physionomie.
En général, quand ces prodromes étaient légers , la maladie était bénigne ; lorsqu'ils se manifestaient en vingt-quatre ou quarante-huit heures, la maladie était grave sans doute, mais le plus souvent elle ctait exempte de danger, et sa terminaison presque toujours heureuse.
Lorque, au contraire, eile se déclarait d’une manière brusque , lorsque les symptômes les plus graves se manifestaient dès le commencement de l'infection , elle parvenait rapidement à son apogée et elle était constamment mortelle.
»“ À cette période d'imminence succédait un nouvel appareil de phénomènes. D'âbord. les symptômes qui avaient paru, augmentaient d'intensité , la céphalalgie devenait plus vive ; la prostration des forces était extrême, et durait
pendant toute la maladie ; le malaise éprouvé aux creux de l'estomac se changeait en une douleur plus ou moins violente; les nausées, les éructations étaient remplacées parle vomissement de matières généralement bilieuses; quelquefois il s’y joignait quelques frissons ; une chaleur brülante succédait ; le pouls devenait fort, plein et dur, les artères temporales battaient avec force ; la rougeur des paupières et des conjonctives, après avoir envahi toute la face, se changeait en une couleur plus ou moins jaune ; en général, les malades ne supportaient qu'avec peine l'impression de la lumieère. Cet état durait deux, trois et même quatre jours; alors la maladie se décidait en bien, et tous les symptômes diminuaient de gravité; ou elle tournait à mal, et tous les accidens augmentaient, ou même 1l s’y en joignait de nouveaux.
L'haleine devenait fetide; la langue se recouvrait d’un enduit muqueux, elle paraissait noire quelquefois. La respiration était gênée et difficile ; lesmalades poussaient de profond soupirs; ils étaient sans cesse tourmentés par le vomis+ sement. Les hypocondres, qui jusque-là avaient conservé leur état naturel, se tumeéfiaient et devenaient douloureux au tact ; des flatuosités se faisaient entendre dans le ventre ; elles
étaient suivies de selles bilieuses, dont les matières étaient semblables à celles rendues par le vomissement ; elles répandaient une odeur abominable , et ne faisaient pas toujours cesser les vomissemens.
Quand enfin ces accidens avaient acquis une certaine violence, la marche de la maladie augmentait de rapidité, et l'on voyait arriver les soubresauts des tendons, les mouvemens convulsifs, le hoquet et le vomissement noir ; on voyait aussi survenir des hémorragies par
le nez, la bouche, les gencives et l'urètre ; chez les femmes, par le vagin. La peau se recou-
vrait de pétéchies ; elle prenait une couleur jaune noirâtre et livide. Le pouls devenait presque insensible. Le bas-ventre, encore météorisé, n'était plus douloureux ; les malades rendaient les selles sans s’en apercevoir , leurs forces étaient complétement supprimées; une sueur froide et gluante couvrait la surface de leur corps; quelques-uns d’eux rendaient encore, par le vomissement, des matières de couleur de café, et entremélées de filamens, mais 1ls les rejetaient sans efforts et sans vio-
lence; enfin, cette scène était plus ou moins promptement terminée par la mort. Ces phénomènes morbifiques, ces accidens dort on vient de voir lénumération, ne se développè-
} 54 rent pas constamment dans le même ordre et avec cette espèce de régularité que l’on est obligé demetire dans une description générale.
Cet exposé rapide des symptômes qui se présenterent dans lépidémie de l’Andalousie, suflira, je pense , pour montrer qu’elle fut la mème que celle que j'ai décrite. Comme toutes les épidémies qui depuis ont ravagé la péninsule se sont constamment présentées avec le même cortége, je n'en dirai rien. Quant à celle qui se fit voir à Livourne , en 1804, voici, en se résumant , ce qu’en dit Palloni , témoin oculaire : « Quels que soient néanmoins le principe et la marche de la maladie , ses symptômes caractéristiques sont toujours, des nausées à son debut, des douleurs dans les membres , une douleur céphalalgique beaucoup plus forte vers le front et les tempes, un sentiment de gêne plus ou moins pénible dans la région épigastrique et au foie, une couleur ictérique, un vomussement (sur la fin ) de matières semblables au marc du café , des hémorragies par la gorge et par les narines, le hoquet et les convulsions (a). ))
L’énumération et l'ordre de ce peu de sym-
Der ue rare
(&) Observations médicales sur la fièvre régnante à Livourne , par PazLonr , traduites par REVOLAT. aus JR
Late) Das + RER
piômes ne peuvent laisser aucun doute sur la nature de la maladie ; pour les détails, je renvoie 3 l’ouvrage de cet auteur , ainsi qu’à toutes les autres monographies particulières : ce n’est, comme je l'ai déjà dit en commençant, qu'en les étudiant séparément, et puis les comparant . entre elles, que l’on pourra se bien convaincre par soi-même de cette importante vérité , que la fièvre jaune est parfaitement la même maladie, dans quelque pays, sous quelque climat, en quelque temps qu’elle se montre. Sans doute elle présente des variations; mais ce n’est pas Ja soustraction de quelques symptomes, ou - quelque interversion dans leur marche, qui rendent les maladies différentes entre elles ; il faut encore que les causes ne soient pas les mêmes, que la masse des indications soit differente , que le même traitement ne puisse convenir; et c’est ce qui n’a point lieu pour lés épidémies de fièvre jaune, comme cela a été démontré depuis long-temps, et comme cela résultera encore mieux, je l'espère, par la suite de cet ouvrage. Avant d'attaquer ces divers su- " ») Je vais faire connaître les lésions qu'ont présentées les cadavres des individus morts de cette maladie; 1ls aideront aussi à nous faire arriver à des idées exactes sur ses divers caracteres.
56 ca
RAA AURA GUR Lue vu tar AAA VAMAar datés “ie L22 LEA LUI VAR LA LUE BALLE | # CHAPITRE III ; 7 4
Résultats généraux obtenus par l’inspection des cadavres des individus morts de la fièvre jaune.
L’ANATOMIE pathologique-est devenue de nos jours une branche tellement essentielle de la science médicale , que ce serait commettre une faute très-craye , en faisant l’histoire d’une maladie , que de ne pas s'occuper des lésions organiques que cette maladie laisse sur le cadavre des individus qui ont été ses victimes. Presque tous les médecins qui ont traité de la fièvre jaune paraissent bien avoir senti cette vérité ; mais soit qu'ils n’eussent pas eu le temps nécessaire à consacrer aux recherches qui sont indispensables pour cela, soit qu'ils eussent trouvé des obstacles trop grands à leurs désirs, … toujours est-1l certain que plusieurs ne nous ont rien laissé à ce sujet, que la plupart n'ont donné que des résultats généraux. Cependant, comme ces résultats sont parfaitement conformes à ceux qu'ont obtenus les médecins qui ont porté sur ce sujet une grande attention; comme ces derniers médecins , quoiqu’en trèspetit nombre, ont appuyé leurs résultats géné-
. raux par des observations particulières et bien soignées, nous avons droit de croire que l'inspection cadavérique n'a plus grand’chose à nous apprendre sur la maladie qui nous occupe. On pourra découvrir quelques nouveaux phénomènes accidentels, maisles lésions essentielles nons sont entièrement connues ; il ne reste qu'a les confirmer par de nouvelles observations, et surtout qu'à s'accorder sur les conséquences à en déduire.
M. Ball, qui paraît s'être beaucoup occupe de ce sujet, et qui nous a donné de bonnes observations , convient avec Rush , que les phénomènes offerts par l’autopsie varient selon les contrées , et, dans la même contrée, selon les épidémies ; 1l aurait pu ajouter encore, qu'ils varient dans la même épidémie selon l’intensité de la maladie , le mode de traitement, la
. constitution, l’âge des individus, etc. Leur variabilité est si grande, que, soit que je consulte tous les divers auteurs qui en ont parlé, soit que je m'en rapporte à mes propres observations, je trouve qu'il n’en est aucun qui ne puisse s'offrir ; et si quelques organes paraissent être plus souvent et plus spécialement lésés, les autres ne laissent pas que de présenter des affections fréquentes et profondes, quelquefois même quand les premiers sont parfaitement
an
sains. C’est ce que l'on va voir dans l'exposé. des résultats généraux, et ce qui sera PERF par quelques histoires particulières.
Résultats généraux.
Les individus morts dans la premièr pé-.
riode de la maladie, m'offrirent souvent la peau teinte d'un jaune plus ou moins foncé ; elle était plus livide vers la partie supérieure du corps, comme dans la suite Pallon l'a également observé à Livourne. La graisse et les liqueurs séreuses contenues dans les grandes cavités, étaient évalement jaunes; j'ai vu cependant, et Rush avait fait la même observation, que chez certains sujets, cette couleur ne se manifeste que quelques heures apres la mort.
Quand les malades ne moururent que dans les deux dernieres periodes , leur cadavre me présenta la couleur d’un violet tirant sur le noir; des taches gangréneuses étaient répandues cà et là sur toute sa surface ; quelquefois les extrémités étaient sphacelées ; le ventre boursoufle , raide et tendu; 1l s'échappait du sang par le nez , par la bouche et par le fondement (a). Souvent , après quelques heures, le
(a) On fut obligé de faire goudronner les bieres pour que le sang ne se répandit pas dans les rues par où pas-
saient les tombereaux.
sujet répandait une odeur infecte , il était en complète putréfaction ; : souvent aussi la roideur s'emparait des membres; quelquefois cependant , la chaleur se conservait long-temps et l’on ne remarquait que les phénomènes ordinaires de la mort.
L'ouverture du crâne m'offrit généralement les membranes de cette cavité daus leur état naturel ; le cerveau plus ferme et plus blanc qu'il ne l'est de coutume, la substance corti- cale décolorée, la méduillaire tres-blanche, les ventricules quelquefois secs, quelquefois humectés d'une sérosité jaunâtre ; l'artère calleuse et les plexus choroïdes tantôt pâles et décolorés, tantôt gorgés d'un sang noir; les sinus de Ia dure-mère étaient également , tantôt vides, tantôt gorgés d'un sang noir. |
Sur les phénomènes extérieurs du cadavre, les auteurs s'accordent assez bien; mais eur les organes contenus dans le crâne, on trouve dans leurs écrits une foule de résultats différens et même contradictoires. Ainsi MM. Physick
et Cathrall assurent avoir observé généralement toutes les parties du cerveau dans leur état naturel. M. Bally dit aussi que le cerveau n'a ordinairement changé ni de volume, ni de consistance ; que quelquefois cependant son üssu est plus mollasse. Sayarésy soutient que
cet organe est généralement affaissé , réduit à peu près aux cinq sixièmes de son volume , et souvent comprimé par du sang extravasé dans les sinus de la dure-mère, sans rupture des vaisseaux sanguins : ce médecin observe que, dans quelques parties, sa substance est plus dure que dans l'état ordinaire , et d’une couleur tendant au jaune ; que quelquefois elle est plus molle et plus blanche. M. Bancroft, au contraire, a trouvé le volume de ce même viscère augmenté. M. Frost l’a vu enflammé dans toutes ses méninges.
L'on voit combien sont différens ces résultats. Examinons tour à tour les autres organes essentiels, et nous trouverons presque sur tous la même dissidence entre les auteurs.
J'ai rencontré des poumons sains ; mais le plus souvent je les ai vus flétris , couverts de taches noires , gorgés de sang de même couleur, gangrenés, et s’'écrasant entre les doigts comme de la pulpe. Le médiastin et son tissu cellulaire m'ont présenté une teinte jaunätre. Le péricarde, humecté d’une petite quantité de sérosité jaune-clair, couvrait un cœur flétni, décoloré, et d’une consistance très-molle ; l'oreillette gauche était vide et flétrie ; la droite, distendue et gorgée, renfermait tantôt du sang noir, tan-
Gr
tôt des caillots de même couleur : les ventritricules étaient vides.
MM. Physick et Cathrall ont trouvé tous les viscères de la poitrine parfaitement sains ; ils ont seulement remarqué que, dans le cœur, le sang était fluide et semblable à celui des personnes qui ont été pendues ou frappées par le tonnerre. M. Bally a observé sur les poumons à peu près les mêmes phénomènes qui s'étaient présentés à moi : il a vu de plus de fréquentes adhérences avec la plèvre costale, opérées par une gélatine jaunûtre , et toute la plèvre parsemée de taches rougeätres. Ce médecin dit encore avoir presque toujours rencontré dans les ventricules, les oreillettes du cœur , quelquefois même jusque dans l'aorte, un caillot considérable d'un jaune transparent, comme une belle gelée de viande ou comme du bel ambre : outre cette substance, il y avait habituellement dans le cœur et les gros vaisseaux des caillots noirs, grumeleux , formés d’un sang qui paraissait carbonisé. Savarésy dit : « Les ventricules du cœur sont pleins de sang , et le diamètre des vaisseaux qui en sortent plus agrandi; les oreillettes, dilatées ou tfes-rétrécies , surtout la gauche, qui est quelquefois oblitérée ; les troncs des grosses veines dilatés , et les coronaires toujours engorgées ;
62 | le péricarde s'observe phlogosé et plus distendu ; le fluide qu'il contient est jaunâtre et plus dense ; il est des cas où où le trouve vide : les poumons, souvent adhérens à la plèvre, enflammés, livides , affaissés et remplis d'un sang noirâtre ; leurs artères sont entières et sans au» cune déchirure. »
M. Aréjula, dans l'épidémie de fièvre jaune qui régna à Cadix en 1800, nota que l'organe de la respiration se sphacelait dans une portion du poumon , et que le sphacèle s'étendait même à quelques vaisseaux considérables , ce qui donnait lieu aux grandes hémorragies de la poitrine par la bouche. M. Bally, qui rapporte cette
“observation , se permet d'en douter. D’après MM. Ameller, Sabater et Ramos, Berthe dit seulement que, dans certains sujets, on aper-
cevait des points noirs et ER sur la surface des poumons. |
Pallont a également observé des points gangréneux sur les poumons, qui étaient , surtout dans leur lobe droit, gorgés d’un. sang noir; leur substance était hépatisée. T'antôt une seule cavité de la poitrine, tantôt toutes les deux , présentèrent à cet observateur l’épanchement d’un fluide rouge-jaune.
L'abdomen , qui contient un tres - grand nombre de viscères dont plusieurs ont une
5 influence si grande et si prompte sur toute l’économie, est aussi la cavité qui a donné les résultats les plus satisfaisans.
J'ai vu l'estomac tantôt resserré sur lui-même, tantôt distendu par un gaz méphitique , mais presque toujours d’une épaisseur double de celle qu'il a dans l'état naturel. Il contenait des matières fétides et noires, et des caillots de sang de même couleur. La membrane interne rouge et enflammée dans les premiers temps de la maladie, dans les derniers était en partie gangrenée et en partie détruite. Îl nest arrivé de trouver le pylore entièrement gangrené. Les intestins me présentaient les mêmes altérations que l'estomac , les mêmes matieres. contenues.
. Presque tous les auteurs s'accordent sur ce point, que le plus grand nombre des individus morts de la fièvre jaune; portent dans l’estomac et dans les intestins des traces d’inflammation et même de gangrène, plus ou moins prononcées. M. Bailly cependant pense que l'on a beaucoup trop exagéré l’état gangréneux de l'estomac, disant que quand il a lieu, 1l est presque toujours borné à la membrane mu- ‘quéuse, et qu'il s'étend rarement sur une
grande surface : ce médecin étaie son Opinion d’un assez grand nombre d'observations.
Hume, après avoir dit qu'il a presque toujours trouvé l'estomac et le duodénum enflammés,
ajoute qu'il a vu des cadavres sur l'estomac desquels il n’a pu découvrir la moindre trace d'inflammation, quoique les individus, pendant leur maladie, eussent éprouvé des vomissemens très-violens. Je rapporterai deux faits qui me sont propres, et qui prouveront la vérité de cette assertion : dans les deux, nonseulement l'estomac, mais encore le tube in= testinal, ont été libres de toute lésion. |
J'ai trouvé le mésentère livide, ses vaisseaux et ses glandes d'un volume considérable, gorges de sang, ses feuillets écartés du côté de la colonne vertébrale, et formant une poche qui contenait du sang noir extravasé, et quelquefois aussi une matière jaunâtre purulente.
Savarésy et M. Bally, qui parlent de cet organe, disent qu'il suit généralement le sort de l'estomac et des intestins.
J'ai trouvé rarement des altérations dans la rate et le pancréas ; et le silence que les auteurs gardent généralement sur ces deux viscères, semble prouver un résultat analogue. Je dois remarquer cependant que j'ai vu la rate molle et presque réduite en une substance pulpeuse ;
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ce qui s'accorde très-bien avec les résultats qu'a
obtenus M. Valentin, qui l’a trouvée quelquefois livide et comme pourie.
Le foie, quelquefois dans son état naturel, m'a souvent présenté des engorgemens volumineux dans toute sa substance, et, dans certains cas , des dépôts d’une matière sanguinolente. La vésicule du fiel, généralement vide, contenait quelquefois une petite quantité de bile dont la causticité n'était pas très-srande. J'ai trouve aussi cet organe d'un volume énorme, et gorgé d'une bile épaisse; de diverses couleurs.
Savarésy a vu que le foie était ordinairement augmenté de volume et d’une couleur plus foncée que dans l’état naturel; que ses vaisseaux sanguins , plus dilatés, contenaient un sang d'un rouge noir; que son parenchyme était altéré, plus mou et grumeleux. Palloni dit que la surface externe de l’estomac, des intestins et du foie, annonce, par sa couleur jaune livide, linflammation et la gangrène qui avaient promptement aflecté ces yiscères. Ce médecin semble ainsi avoir observé l'altération du foie aussi souvent que celle du tube intestinal, M. Bally dit au contraire que ,ce viscère est assez souvent dans son état naturel; il dit en même temps que la vésicule du fiel est souvent remplie d’une bile épaisse, visqueuse,
noirâtre, ou même très-noire. Quelques meédecins ont prétendu que la bile contenue dans la vésicule du fiel était tellement äcre, qu’elle enflammait les mains si on ne prenait des précautions en ouvrant la vésicule. Il est cependant vrai de dire qu'en général les altérations du foie et celles de la vésicule, qui sont notées par les divers auteurs, ne varient guère que du plus au moins d'intensité.
Je n'ai trouvé que bien rarement les reins hors de leur état naturel; seulement, quand tous les viscères du bas-ventre étaient altéres, ils présentaient quelques taches gangréneuses; la vessie, assez souvent contractée sur elle-même, était tapissée intérieurement de points enflammés et gangrenés; parfois aussi elle contenait une urine noirâtre, feétide et sanguinolente. Beaucoup de médecins ont obtenu sur les voies urinaires des résultats à peu près semblables à ceux que je viens d'énumerer; mais Savarésy en a noté de bien différens. « La vessie urinaire est, dit-il, constamment maltraitée et considérablement diminuée de volume ; quelquefois elle est tellement rétrécie, repliée et réduite, que l’on peut considérer sa cavité comme oblitérée, ayant même beaucoup de dificulté à la trouver et à la déployer ; quelquefois elle est vide; quelquefois elle contient un
peu d'urine; les uretères sont rétrécis ou entièrement oblitérés et réduits à une espèce de cordon. » M. Bally craint que dans ces assertions, Savarésy ne se soit laissé emporter par son goût pour le merveilleux.
Il m'est enfin arrivé d'ouvrir des cadavres
d'individus morts de la fièvre jaune, et de n’a-
voir pu y trouver aucune espèce d'aération :
tous les viscères étaient dans leur état naturel. Savarésy, M. Bally, et presque tous les méde-
<ins, qui ont ouvert un grand nombre de su-
jets, ont noté des faits semblables. Ils ont
observé, comme je l'avais déjà fait, que ce
phénomene avait lieu surtout sur les individus que la violence de la maladie avait promptement conduits au tombeau.
Telles sont les lésions organiques le plus généralement observées sur le cadavre des individus morts de la fièvre jaune ; je les ai exposées de manière à en faire ressortir, autant qu'il était en moi, les différences : on peut s'assurer que , comme je l'avais annoncé, elles sont nombreuses et assez souvent très-grandes. Il serait curieux , et surtout utile à la médecine ; de savoir à quoi elles tiennent. Pour arriver à cette connaissance , 1l faudrait mettre en rapport les lésions avec les épidémies, et mieux encore avec chaque maladie en particulier; ce
n'est que par ce moyen qu’on pourrait parvenir à distinguer l'affeetion primitive de l'affection secondaire, et celle-ci de celle qui n’est que coïncidente; mais que de difficultés pour remplir cet objet! En supposant même le médecin doué de ce talent d'observation , sans lequel la médecine ne peut exister, et qui cependant est si rare, en le supposant libre de toute idée préconcue, combien encore faudrait-il qu'il füt favorisé par les circonstances ! Un grand 'con-
cours de malades est indispensable, on le trouve
surtout dans les hôpitaux; mais presque toujours on y ignore tous les antécédens de la ma-
ladie, et presque jamais les ordonnances du
médecin n’y sont bien exécutées. On peut aussi avoir de nombreux malades en ville; mais qui ne sait combien d'oppositions on trouve pour faire l'ouverture des cadavres. Ces oppositions sont insurmontables dans certains pays, ét précisément dans éeux que désole la fièvre paune. Lies Américains, les Anglaisiet les Espagnols conservent sur ce point un préjugé désolant pour le médecin. À Philadelphie, dans l'hôpital même de Bush-Hill, j'ai rencontré des obstacles incroyables; ét, si je les ai surmontés, c'est que le comité de santé croyait mes services indispensables. Tous les autres médeeins de Philadelphie, réunis, ne firent pas,
je suis certain, plus dé vingt autopsies cadavériques dans tout le cours de cette épidémie de 1793. Enfin ce n'est pas dans un seul pays, dans une seule épidémie que le médecin doit observer la fièvre jaune; 1l a besoin de Îa voir sous les divers climats, sur les divers peuples, et de y voir plusieurs fois. Sans cela il pourra faire une bonne histoire séparée ; mais il ne pourra comparer ses résultats qu'avec ceux des autres auteurs, et il perdra une foule de rapports essentiels : c'est la ce qui est arrivé et ce qui sans dôute arrivera encore long-temps.
Enfin , l’état actuel de nos connaissances sur ce sujet peut-1l amener à quelque vue utile pour établir la nature de la maladie d’une maniere exacte ? jen doute. Il résulte bien de tout ce que nous avons vu, 1°. que tous les viscères peuvent être lésés; 2°. que l'estomac ct les 1ntestins le sont presque toujours; 3°. que le foie l'est assez souvent. Mais de là que conclure d'une manière positive ? ce que chacun voudra. Les vitalistes, dans la variété des organes lésés, et mieux encore dans l'absence de toute lésion, trouveront la preuve que la vie seule était malade primitivement. Les solidistes et les humoristes diront que beaucoup d’autopsies ont été mal faites, et que d’ailleurs nous sommes loin de connaître encore la structure intime de
notre économie; et les défenseurs de la médecine organique ne manqueront pas de crier que, si On n'a pas vu certaine lésion dans quelques cas, c'est qu'on n’a pas voulu les voir. Je laisse à chacun liberté entière de croire sur ce point ce que bon lui semblera; il peut nier certains résultats, il peut en torturer d’autres; s'il veut même en inventer, 1l le peut. Pour moi, satisfait d’avoir exposé ce que je crois avoir vu, ce que les divers auteurs disent avoir observé, je finis en me gardant bien d'émettre une opinion avant de nouvelles et plus concluantes experiences, bien convaincu que l'erreur sur ces matières ne peut qu'être funeste, tandis que le doute qui cherche la vérité ne peut même être dangereux.
RAÉRAS LS LUI ILI LAVE LAILLA BUT MULLER AAA VALLAR LE VALLE LL RAA VAS LAAAAAN OS