‹ Traité de la fièvre jauneChapitre 19 sur 26 · SIC VIR TT · texte numérisé non relu

SIC VIR TT

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met ensuite en mouvement, elle ya pas à pas, et ce n’est qu’à la longue qu'elle finit par envahir toute une ville, toute une contrée.

Danscette marche, il est plusieurs circonstances qui veulent être notées : la première, c’est sa station ; la seconde, c’est qu'au lieu de s'irradier d’un centre vers une circonférence, ou d’ailer par sauts et par bonds, elle suit toujours un chemin tracé, c'est-à-dire, que des quartiers les plus bas elle passe à ceux qui le sont moins, et que ce n'est que quand tous les premiers ont

été envahis, et quand sa fureur est extrême,

qu'elle arrive aux lieux élevés, à moins cepen-

dant qu'il ne se trouve certaines circonstances

particulières qui intervertissent cet ordre, et qui fassent du lieu élevé un lieu malsain. La troisième circonstance digne de remarque , c'est que, si dans sa route elle rencontre une rue plus large que les autres, une place publique , ou tout autre lieu mieux aéré, elle le respecte pendantun certain temps; et que, si elle passe d’un côté à l’autre, ce n’est ordinairement qu'après avoir fait un détour. Enfin, la quatrième et dernière circonstance, c'est que, par le moyen de toute grande assemblée publique, la maladie acquiert tout à coup un plus grand développement.

Berthe, dans son Précis historique de l’é-

pidémie qui régna dans l'Andalousie , en 1800 (jesignale celle-là, parce que c’est sur elle principalement que s'appuient les défenseurs de la contagion de la fièvre jaune), demande si ce n’est pas la la marche naturelle et nécessaire d’une affection contagieuse au plus haut degré (a). Je réponds qu'il y a effectivement quelques traits de ressemblance, mais

qu'il en manque plusieurs, et surtout le plus”

essentiel. Pour le bien faire voir, examinons tour à tour les quatre circonstances notées, et voyons si on ne doit pas plutôt les faire dériver de l'infection.

Est-il de l’essence d’une maladie contagieuse de stationner pendant quelque temps dans un lieu? Je ne le crois pas; car, en prenant la petite vérole pour exemple, est-il quelque obstacle qui puisse l'empêcher de s'étendre dès qu'elle est née? Le premier individu qui en est atteint la communique d’abord à ses parens, à ses voisins, cela est vrai; mais 1l la communique aussi aux étrangers qui viennent le visiter ; et ceux-ci doivent nécessairement la disperser aussitôt : il n’est donc pas de son essence de stationner. C’est au contraire l'essence des

maladies par infection, parce que, pour s'é-

(a) BERTHE, p. 62.

Sage

tendre, elles ont besoin que le centre de putréfaction, qui a été assez fort pour lancer des particules délétères dans une rue, ait le temps d'acquérir assez d'intensité ou du moins assez de dimension pour lancer ces mêmes particules dans les rues ou dans les quartiers voisins.

Voila donc déjà un trait de ressemblance , qui nest pas très-fort, avec les maladies contagieuses, tandis qu'il est parfait avec les maladies par infection.

La seconde circonstance qui caractérise la marche de la fièvre jaune, c’est de suivre d’abord les quartiers bas. Jusqu'à un certain point la petite vérole présente un phénomène semblable, et l’on en trouve la raison dans le plus grand nombre d’enfans qui habitent ces quartiers, et dans le peu de soin que les parens mettent à les préserver de toute communication avec ceux qui sont déjà atteints; mais outre cette extension graduelle , la petite vérole va par sauts et par bonds, c'est-à-dire, que tout individu contagié devient lui-même un foyer de contagion dans quelque quartier qu'il se transporte, et c'est ce qui n'arrive pas dans la fièvre jaune ; c’est ce qui n’arriva pas dans l’épidémie de Cadix, comme le prouve un exemple rapporté par Berthe lui-même. « Je puis encore citer , dit cet auteur, ce qui arriva,

à cette même époque ( tout-a-fait au commen-

cement de l'épidémie), aun chanoine de l’église cathédrale, don Christoval Sanchès , qui logeait dans un quartier bien éloigné de celui de Sainte-Marie. Ce chanoine, propriétaire d’une maison située dans ce dernier quartier , fut obligé de s’y transporter pour affaires; il y resta néanmoins très-peu de temps, ainsi qu'il l'a déclaré lui-même, n'ayant pu supporter une odeur particulière dont il se sentit frappé en entrant dans la chambre d’un malade. Il dit, en rentrant chez lui, qu'il n'avait jamais éprouvé rien de pareil; qué ces exhalaisons Jui avaient porté un coup terrible, et Je Rep cet instant 1l ne se sentait pas bien. »

« Dans cet état d’anxieté 1l se ME mais l'agitation augmente , et le lendemain se développe en lui une maladie caractérisée par les symptômes les plus graves. Le médecin qui lui donna ses soins a assuré que ces symptômes étaient absolument les mêmes que ceux qu'on a observés ensuite sur les autres malades :

enfin , cet infortuné ecclésiastique succomba le 27 juillet, troisième jour de sa maladie, ou, pour mieux dire, cinquante-six heures après l'invasion ; et ayant éprouvé, dans un aussi court espace de temps, les accidens les plus caractéristiques de la malignité, anéantisse-

ment subit des forces, dissolution extraordinaire et prompte des humeurs, etc. , etc.

« J'ai déjà dit que le quartier habité par le chanoine Sanchès était très-éloigné de celui dans lequel la maladie était encore concentrée au moment dont je parle : je dois ajouter qu’il a été un des derniers ravagés par elle ; il paraît donc que c’est la circonstance particulière de sa visite au barrio Santa-Maria qui détermina en lui l'infection : l’on peut également conclure de la que la maladie était éminemment contagieuse dès son origine (a). » | \

J'en demande pardon à l’auteur; mais je soutiens non-seulement qu'on peut , mais qu'il faut en conclure le contraire. Car, pour peu que la maladie eût été contagieuse, le chanoine Sanchès l'aurait communiquée à ceux qui l’entouraient, et son quartier n'aurait pas été un des derniers contagiés. C’est là la grande diffe-

rence qui existe entre l'infection et la contagion ; il faut toujours aller chercher la premiere dans le lieu où elle se trouve, et on ne la propage pas hors de ce lieu, même en l’emportant avec so1; la seconde , au contraire , on la prend partout où elle est, et on la communique partout où l’on va. Si le chanoine San-

(a) BERTHE , p. 28.

chès avait eu la petite vérole, son médecin, sa gouvernante , ses domestiques, ses voisins, ses amis l’auraient prise de lui; elle aurait bien attaqué peut-être certains quartiers plus fortement que les autres, mais cela ne l'aurait pas empèchée de se disséminer aussitôt dans toute la ville, et certainement elle ne serait pas restée pendant quinze jours, confinée dans le faubourg de Triana. L’infection ne se prend que dans les lieux ; la contagion se prend sur tout sur les hommes. Je ne dis pas que ceux-ci ne puissent aider à faire naître l'infection ; bien loin de là, j'ai avancé que chaque individu était un centre de putréfaction, mais il l’est dans l'état de santé comme dans l’état de maladie ; et, soit dans l’un, soit dans l’autre état, ses miasmes ne sont pas plus propres à la fievre jaune qu'a toute autre maladie par infection. Isolé et mis dans un lieu bien aéré , 1l ne peut jamais rien ; réuni à un grand nombre, il peut tout. Je ne doute même pas qu'en Espagne, pendant les grandes émigrations de Cadix et de Séville, certains villages n’aient dû l’origine de la fièvre jaune, qui les a désolés, à cette grande quantité de fuyards sains, mais qui, s’entassant dans les maisons , en eurent bientôt infecté l'air, soit par les miasmes qui s’élevaient conünuellement de leur corps , soit encore parles

Due LE Dex?

émanations putrides qui s'élevaient de leurs excrémens accumulés et de la malpropreté, suite indispensable de pareils encombremens.

C'est au moyen de ces ahimens fournis à linfection dans les lieux bas, toujours les plus habités et les plus sales, que l’on explique très - bien pourquoi la fièvre jaune les suit de préférence, et pourquoi, au contraire , elle n'arrive que très-tard sur les lieux élevés, où les rues sont plus larges, les habitans moins nombreux et plus soigneux de veiller à la proprete de tout ce qui les environne.

!: La troisième circonstance s’explique trèsbien encore par cette localité de l'infection, Qui ne permet n1 aux hommes n1 aux choses de transporter d’un lieu dans un autre le principe morbifique, Elle s'explique aussi par le renouvellement plus fréquent de Pair dans un lieu

Spacieux, ce qui empêche que les particules infectantes se rassemblent en assez grande quantité pour devenir nuisibles. Sans doute on

peut bien allésuer cette dernière raison en fa-

veur de la contagion, puisque l’air peut se

charger de certains virus ; mais, outre que la plus petite quantité de ces virus suffit pour faire naître la maladie dont ils sont le résultat, comment concevoir que la simple étendue d'une

place coupe toute communication entre les in-

dividus? on répondra que la chose est possible ; je l'accorde , mais elle n'arrive pas généralement, et c'est presque toujours que la fièvre jaune, dans ces cas, suspend sa propagation.

Je conviens que la dernière circonstance que j'ai signalée dans la propagation de la fièvre jaune est tout en faveur de la contagion ; car. c'est là le caractère essentiel des maladies qui rentrent sous ce mode morbifique , de se communiquer par le contact des individus entre eux; et quoi de plus propice à ce contact que les grandes réunions! mais je soutiens en même temps que cette circonstance s'explique tout aussi bien par l'infection. Que faut:l en effet pour que cette dernière ait lieu? que l'air atmosphérique se charge de particules délétéres, et qu'il réagisse sur les individus. Cela arive-

t-il dans les grandes réunions? Pour répondre AS ° . 9 2\ ke aflirmativement, 1l n'y a qu’à se rappeler ce

que je viens de répéter plus haut, savoir, que tout étre vivant est un centre de putréfaction. Quand beaucoup d'individus sont rassemblés

dans un lieu, surtout si ce lieu est ferme comme

l'est une église, par exemple, l'air qui les environne, trop stagnant et en trop petite quanlé pour que les particules délétères qui s’exha-

lent et par la respiration et par les surfaces |

cutanées de tant d'hommes, ne s'accumulent pas , devient bientôt un vrai centre d'infection, qui, réagissant aussitôt sur ces mêmes hommes qui l'ont formé, leur donne la prédisposition aune maladie par infection, ou bien détermine cette maladie.

Il faut, en outre, remarquer dans cette dernière circonstance un phénomène particulier ; c’est que ce n'est pas le jour même ou le lendemain de la grande réunion qu'a lieu l’accroissement de là propagation de la fièvre jaune, mais bien quatre ou cinq jours après.

Comment expliquer cela par les lois de la contagion ? Quelques-unes des maladies qui appartiennent à ce mode morbifique ont bien leur période d'incubation, mais cette période est signalée par certains symptômes , et je ne vois pas qu'un seul auteur en ait noté de semblables aussitôt après les grandes réunions tenues pendant les épidémies de fièvre jaune; tous disent aucontraire, qu'après lequatrième ou cinquième . jour seulement , on voit cette maladie atteindre un plus grand nombre de personnes ; comment pour cela a-t-elle attendu si long-temps? si elle est vraiment contagieuse , cela ne s'explique pas. En accordant qu’elle est une maladie par infection , on l'explique parfaitement. Aumoment de la réunion, l'exaltation des idées

religieuses , souvent l'action d'un soleil brùlant, tombant d'aplomb sur des têtes nues, quel-

. r Lé 4 . 4 quefois la débauche , engendrent un éréthisme

très-grand chez les individus réunis , et leur donnent ainsi la force de resister à l’action de l'infection; mais, quand cet éréthisme est passé, il laisse en sa place une faiblesse générale, et la maladie fait son explosion. C'est là ce qui arrive dans toutes les maladies par infection , et c'est ce qui n'arrive au contraire dans aucune maladie contagieuse, par cette dernière circonstance encore, la fièvre jaune rentre donc sous les lois de l'infection; 1l est vrai quelle rentre aussi sous celles de la contagion , mais elle y rentre par celle-là seulement, tandis qu'elle rentre sous les lois de l'infection par toutes les quatre, et dès lors donne le droit de conclure qu'elle appartient à ce dernier mode

morbifique par sa seconde époque, encore …

mieux peut-être qu'elle ne lui a appartenu par la première. Je me suis étendu longuement

sur toutes les deux, parce que c'est sur leurs phénomènes surtout que se sont basés les defenseurs de la contagion; et que j'ai voulu prouver d'une manière évidente la faiblesse de

leurs raisons. Je vais maintenant étudier les caractères que présente la maladie , dans son etat et dans sa disparition ; comme aucun

su die

ni matt ie CE de à aber né

TOI d’eux n'est susceptible d'une double interprétation , je me contenterai , pour ainsi dire, de les indiquer.

De l’état de la fièvre jaune.

Lorsqu'une épidémie de fièvre jaune est bien établie , 1l est très-rare qu’elle reste dans le même état : tantôt, après s'être annoncée avec violence et avoir frappé beaucoup de monde à la fois , elle s'arrête tout à coup ; tantôt au contraire, après s'être répandue peu à peu, elle reste long - temps au même degré , et ce nest que vers la fin qu’elle déploie toute sa fureur ; souvent elle interrompt son cours pendant quelques jours, mais on dirait bientôt qu’elle ne l’a fait que pour prendre de nouvelles ‘forces. Pour tout dire en peu de mots , il n’est pas de variations que la fièvre jaune ne puisse éprouver dans son état, et toutes ces variations correspondent constamment à quelques changemens survenus dans la manière d'être des agens physiques. Les vents, les pluies agissent en augmentant ou diminuant son intensité ; la chaleur l’augmente toujours, et cependant quelquefois elle fait cesser la maladie : tous ces phénomènes sont consignés par les divers auteurs dans les histoires des épidémies particulières ; et, si l’on veut réfléchir sur

leur manière d'agir et sur les circonstances qui les accompagnent, l’on pourra s'assurer combien facilement on peut leur appliquer les lois de l'infection; l’on verra constamment que les vents forts , froids ou continus, ont agi généralement en diminuant le nombre des malades et l'intensité de la maladie ; que les vents 4 chauds, doux et humides, ont agi en sens con- |

traire ; on verra que les pluies abondantes ont nui à l'épidémie, comme les petites pluies l'ont favorisée ; on verra enfin que, si dans quelques cas l'épidémie a disparu sous l’action d’une haute température , c'est seulement quand, en amenant la sécheresse , elle a eu enlevé à la : matière putrescible l'humidité nécessaire à sa décomposition. Je ne rapporterai point ici des | exemples particuliers; 1ls ne seraient d'aucune | utilité, car des conséquences semblables ne | peuvent être tirées que de l’ensemble des faits ; | et, cet ensemble ne pouvant résulter que de la : comparaison d'un grand nombre d’épidémies entre elles, cest à la méditation de ces épidé-. mies que je renvoie.

Les mêmes variations que je viens de noter pour les épidémies de fièvre jaune, se font.

remarquer dans cette maladie, considérée

LR

individuellement. Selon les vents, selon les pluies, selon la chaleur surtout, elle dimi-

nue ou augmente d'intensité. On peut même ici la reconnaître d'une manière plus certaine ; cette influence des agens physiques, on n’a pour cela qu'à transporter les malades d’un lieu dans un autre ; si ce lieu est plus éloigné du centre de putréfaction, s'il est mieux aéré, la maladie diminue d'intensité ; c'est ainsi qu’on a vu, dans toutes les épidémies de Philadelphie, que ceux qui se faisaient transporter à la campagne, guérissaient beaucoup mieux que ceux qui étaient restés à la ville; c'est d'apres la connaissance de ce phénomène, qu'à Saint- Domingue on envoie sur les mornes les malades susceptibles de transport; qu'a Sainte- Lucie, on les envoie au gros îlet dont plus tard je ferai connaitre l’heureuse position ; que dans tous les pays enfin où règne cette maladie, on suit un pareil exemple. Si le lieu où l’on transporte les malades est plus malsain que celui-là même où ils ont pris leur maladie , on éprouve le phénomène contraire, lon voit le danger saggraver aussitôt. Combien d'hôpitaux sont ainsi devenus funestes aux malheureux qu'on était forcé d'y envoyer ! Je me contente d’en rapporter un exemple extrait de l’Essai sur les maladies des Européensdans les climats chauds, par Lind.

« On y construisit ( dans l'ile de la Ja- ; 13

maique), un superbe hôpital , pourvu de toutes les commodités imaginables ; il était destiné à servir d'asile aux matelots qui tomberaient malades à bord des bätimens du roi stationnés dans ces parages. Eu égard à sa grandeur et à l'utilité dont 1l devait être, on le nomma lhopital Greennwich. Malheureusement il fut bat près d'un marais, sur un terrain extrèémement malsain. Qu'en arriva-t-11? c’est que les fièvres les plus simples , les intermittentes les plus bénignes, les dispositions les plus légères, se changèrent souvent en fièvres malignes , en flux de sang, ou toute autre maladie mortelle. On remarqua que la fièvre jaune y dominait presque toujours, et entrainait des pertes considérables de sang par les vomissemens, les selles , et mème tous les pores de la peau ; tandis que ce même symptôme ne se voyait jamais chez les personnes qui se trouvaient en pareilles circonstances et obtenaient la permission de rester à leur bord. Le rétablissement était long , pénible et incertain dans cet hôpital ; le moindre écart, ou la plus petite irrégularité dans le régime, déterminaient une rechute. Le flux ayant été arrèté pendant quelques jours, l'usage d’un aliment quelconque, susceptble de se corrompre, suffisait quelquefois pour faire revenir la fièvre en très-peu d'heures,

avec tous ses fâächeux symptômes : dans certains cas, une seule écuellée de bouillon produisait cet effet ; on ne pouvait pas dire que cela vint d’une source decontagion existante dans cet hôpital, ou de ce que l’on rassemblait trop de malades dans les salles, puisque les mêmes accidens arrivaient lorsqu'il n’y en avait qu'un petit nombre, placé dans l'air le plus salubre, et les endroits lesmieux choisis. La mortalité fut si prodigieuse dans cette maison, et sa cause si palpable , qu'on s’est vu contraint de l’abandonner : depuis il a été remplacé par un autre élevé en meilleur air (a). »

En traitant de l'infection en général, j'ai fait voir que lesparticules délétères produisaient une maladie de nature particulière , en agissant sur l'économie animale ; que lors même qu'elles avaient produit cette maladie, elles pouvaient encore continuer leur action, et que si cela arrivait, cette maladie était beaucoup plussouvent mortelle. J'ai fait voir au contraire, en parlant de la contagion, que les virus, une fois qu’ils avaient déterminéune maladie chezuu individu, ne pouvaient plus rien sur lui, du moins pour aggra- ver cette maladie. Qu’on fasse maintenant l’application de ces principesgénérauxet l’on pourra

(a) Lino, t. Ï, p.245.

juger aisément si par ce caractère la fièvre jaune appartient au premier ou ausecond de ces modes morbifiques ; et pour juger même cette question d'une manière encore plus certaine, on n’aura qu'à se servir de quelques autres phénomènes accessoires. Quand la fièvre jaune règne aux Antilles, les habitans de ces îles sontexposés aux 1ntermittentes, aux renuttentes bilieuses , aux dyssenteries, et aux typhus. Elle peut se changer en ces maladies, comme ces maladies peuvent se changer en elle. Enfin, quoiqu'elle prenne habituellementle type rémittent, elle peutcependant revêtir le type continu, et même le type intermittent. Qu'on se rappelle que tous ces phénomènes sont propres aux maladies par infection, qu'aucun d'eux ne se trouve dans les maladies contagieuses, et la question ne pourra plus être douteuse : la fièvre jaune, par son état, entre en entier dans la classe des premières.

De la disparition de la fièvre jaune.

Quand la fièvre jaune est déclarée chez un individu , 1l faut qu’elle achève son cours; des mouvemens atmosphériques peuvent bien sans doute favoriser son issue , mais ils ne peuvent lamener tout à coup. Quand la fièvre jaune s'est déclarée d’une manière épidémique, le contraire a lieu : de grandes pluies, de grands

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{ 197 vents, ou de grands froids, peuvent interrompre ou même renverser son règne tout à coup; et on a de cela plusieurs exemples, quoique cependant ils soient assez rares (a). Pour l'ordinaire, la maladie se retire par une marche rétrograde à celle qu’elle avait suivie en se propageant : elle abandonne les lieux élevés, se retranche dans les quartiers malsains, et finit par disparaître entièrement. De même qu’elle a attendu les chaleurs pour paraître , de même elle attend les froids pour se retirer : toujours elle cesse quand les glaces se forment. On trouvera bien dans quelques auteurs que la fièvre jaune a continué à régner pendant les froids , et la chose est vraie au fond ; mais c'est alors, que la maladie était bornée aux seuls individus qu'elle avait attaqués avant l’arrivée du froid , ou bien que ce froid avait été de courte durée ; ou bien enfin qu’il n’était que relatif à la température naturelle du pays où régnait la maladie. Et encore dans tous ces cas, la dimi-

(a) La fièvre jaune exerçait de grands ravages dans la Caroline méridionale. Le 21 septembre, le thermomètre de Farenheit étant descendu à 58 degrés, à la visite que je fis à mes malades, je les trouvai tous beaucoup mieux; et le froid ayant continué, il ne mourut plus personne, et dans toute la province, la maladie n’attaqua plus que deux ou trois individus. { MouLTRiE, Traité de la fièvre jaune, traduit par AULAGNIER, p. 9.)

nution sensible de l'intensité de la fièvre jaune sert à prouver combien une haute température est nécessaire à l'existence de cette maladie. Quoique tous les phénomènes que présente cette dernière époque de la fièvre jaune , arrivent dans un ordre inverse de celui qu'ils ont suivi, soit dans la naissance, soit dans la propagation , comme ils sont parfaitement Îles mêmes, je ne reviendrai pas sur l'examen que J en ai fait en parlant de ces deux époques ; les résultats ne sauraient être différens.

Ici se termine l'exposé des phénomènes qui caractérisent tout le cours de la fièvre jaune : je les ai présentés avec quelque détail, pour pouvoir faire l'examen des rapports que cette maladie a avec les maladies par infection , et de ceux qu'elle a avec les maladies contagieuses. Il est résulté de cet examen, 1°. que sur trois phénomènes que nous avons reconnus dans la naissance de la fièvre jaune, il n’en est aucun qui appartienne aux maladies contagieuses ; que deux appartiennent aux maladies par infection; qu'il en est un qui lui est entièrement propre; 2°. que dans sa propagation, il est quatre circonstances dignes de remarque : que l’une d’entre elles rentre parfaitement sous les lois de la contagion, qu'une autre peut y rentrer jusqu'à un certain point; mais que les

deux autres s'en éloignent complétement; que toutes les quatre rentrent sous les lois de l’infection ; 3°. que le seul phénomène essentiel qui caractérise la fièvre jaune dans son état est parfaitement analogue à celui que l’on trouve dans une véritable maladie par infection; qu'il en est de même des phénomènes secondaires ; que le premier , pas plus que Îles derniers, ne se trouvent dans aucune maladie contagieuse ; 4°. enfin, que la fièvre jaune présentant dans sa disparition les mêmes phénomènes qu’elle a présentés dans sa naissance et sa propagation, quoique les présentant dans un ordre inverse, donne, pour ses rapports avec les maladies contagieuses et les maladies par infection , les mémes resultats qu'elle a donnes à sa première et à sa seconde époque.

De tout cela que pouvons-nous conclure ?

Sans hésiter, que la fièvre jaune n’est pas une maladie essentiellement contagieuse, car elle a avec les affections de cette nature trop peu de traits de ressemblance. Mais peut-on dire qu'elle est une maladie essentiellement par infection ? Non, si lon veut en faire une maladie particulière, une maladie sui generis; oui, si on veut la regarder seulement comme le maximum des maladies de cette nature (a).

me

(a) L'on doit se rappeler que j'appelle maladie par in-

La première opinion a été et est encore soutenue par des médecins du plus grand mérite, fondés presque uniquement sur ce que les maladies par infection ne sont pas contagieuses ; tandis que, disent-ils, la fièvre jaune lest essentiellement. Comme je viens de démontrer que cette dernière partie de leur raisonnement estune erreur, leur opinion s'écroule dans sa base, et dès lors il devient inutile de la combattre.

La seconde opinion, qui est aujourd'hui généralement adoptée, me semble vraie de tout point. En effet, la fièvre jaune a la même cause, les mêmes symptômes , la même marche et les mêmes terminaisons que les maladies par infecüon ; elle laisse enfin sur le cadavre de ses victimes les mêmes lésions organiques. 1°. La même cause, l’action des particules infectantes sur l’économie animale. 2°. Lesmèmes symptômes, ceux qui caractérisentun éréthisme général, et surtout ceux qui caractérisent une grande 1irritation des voies gastriques, à la première période; à la seconde , ceux qui sont propres à l’ataxie; ceux de la troisième, annonçant la suppression des forces. Quant aux deux qui sont caractéristiques de la fièvre jaune, lictère et le vomisse-

fection, les maladies dites vulgairement fievres intermittentes , rémittentes bilieuses , etc.

ment de matières noires, ils ne se présentent. pas avec la même gravité dans les autres maladies par infection ; mais cependant ils s'y présentent. La teinte jaune n’est point aussi foncée; souvent elle ne se manifeste que dans les yeux, mais il est bien rare qu’elle ne s’y manifeste pas. Les matières rendues par le vomissement n’acquièrent jamais ce noir et cette densité du marc de café ; mais, généralement jaunes, elles deviennent très-souvent d’un vert foncé , couleur ordinaire de celles qui sont rendues dans la fièvre jaune. 3°. La marche est la même ; la fièvre jaune et les autres maladies par infection sont sujettes aux mêmes changemens : dans la première seulement tout est plus rapide. 4°. Les terminaisons sont également semblables; généralement sans crises, elles en ont quelquefois par les sueurs, un peu plus souvent par les selles. 5°. Enfin, j'ai fait voir plus haut que les lésions trouvées sur les cadavres , existaient principalement dans les voies gastriques, soit après la fièvre jaune, soit après les maladies par infection. Toutes ces ressemblances ayant été exposées dans une foule d'ouvrages, je crois inutile d’entrer ici dans aucun détail; 1l me suffit de les avoir indiquées, pour que la justesse de cette seconde opinion soit prouvée en partie : pour la prouver entiè-

rement, il ne me reste plus maintenant qu'a faire connaître le rôle qu'une haute température joue dans la production de la fièvrejaune.

Pour la production de la fièvre jaune , une haute température agit de deux manières : 1°. elle active les centres de putréfaction, et augmenie, par ce moyen, la densité des particules infectantes; mais ce n’est là qu’une action très-secondaire et qui peut être engendrée par d’autres causes; 2°. elle donne aux individus une prédisposition particulière, et c'est là son action essentielle. Comment la produit-elle ? cest ce que je n’essaierai pas de déterminer ; mais qu’elle la produise c’est ce qui nous est démontré par une foule de raisons.

1°. Toutes les maladies, quand elles naissent sous les climats chauds, sont toujours plus violentes que quand elles naissent dans les conirées froides ou tempérées : une égratignure , qui à Paris peut à peine exciter une légere inflammation, suflit quelquefois aux Antilles pour déterminer un tétanos.

2°, Dans tous les climats, les mêmes malai dies sont beaucoup plus intenses et ont une marche beaucoup plus rapide en été qu'en hiver.

Quand, après une grande chaleur, 1

s'élève un temps frais , les malades atteints de

la fièvre jaune ou de toute autre maladie par infection, éprouvent dans leur état une amé- lioration sensible; et ce qui prouve que cette amélioration n’est pas due seulement à la diminution des particules infectantes dégagées par les centres de putréfaction , c'est qu’elle s'opère lorsque le changement de temps arrive dans un lieu sain où les malades ont été transportés, aussi-bien que lorsqu'il arrive dans le lieu infect où les malades ont pris le germe de leur maladie, et où ils sont encore.

4°. Les habitans des Antilles sont exposés seulement aux fièvres intermittentes , aux rémittentes bilieuses, aux dysenteries et aux typhus, quand la fièvre jaune règne pour les étrangers non acclimatés, Ces mêmes habitans, s'ils vont ds NE long-temps peurs les régions tempérées, à leur retour dans leur” pays, peuvent être frappés de la fièvre jaune.

50, Dans quelque pays que se déclare la fièvre jaune, elle atteint les individus qui l'habitent dans le moment , avec d'autant plus de facilité ét d'autant plus de force qu'ils habitaient auparavant sous un Climat plus froid.

6°, Enfin, les habitans des pays froids peuvent eux-mêmes, en Shabituant peu à peu à la

température des climats chauds, perdre la dis-

position qu'ils avaient à contracter la fievre jaune.

Toutes ces observations, si constamment

répétées qu’elles sont connues du peuple dans |

les pays où règne la fièvre jaune, si vraies qu'elles n’ont été révoquées en doute par aucun médecin ; cesobservations, dis-je, tendent à prouver, d'une maniere évidente, que l’action principale de la chaleur , pour la production de la fièvre jaune, consiste à imprimer aux individus une prédisposition particulière. Elles n'ont cependant pas paru suffisantes à tous les médecins , et on a élevé quelques objections à ce sujet. Pourquoi, dit-on, si la haute température n'est que cause prédisposante de la fièvre

jaune, cette maladie se montre-t-elle sur quel-

ques personnes le jour même de leur arrivée dans le pays où elle règne? Parce que, pour arriver dans ce pays, 1l faut que ces personnes supportent en route des chaleurs tresfortes ; parce que la nourriture salée dans les vaisseaux , les fatigues du voyage, et la crainte mème de la maladie, les disposent à la contracter; parce qu'enfin ces personnes viennent d'un pays plus frôid que celui où elles arrivent ;

car, dans le cas contraire , elles sont entière-

ment à l’abri de la maladie.

Pourquoi , dit-on en second lieu, si la fièvre

à LA TE, DRE SERRE AE LIN.

jaune n’est que le maximum des maladies par infection , et si ce maximum est déterminé par l'action d'une haute température, cette maladie se montre-t-elle pendant certaines années qui ne sont pas soumises à une chaleur trèsélevée; tandis , au contraire , qu’elle ne se montre pas pendant d’autres années soumises à une chaleur excessive? Parce que dans les premières la chaleur est forte, continue et soudaine , tandis que dans les dernières elle ne l'est pas. C’est là une faute que l’on a com-

mise généralement, de ne considérer dans la température, relativement à la production de la fièvre jaune , que son degré d’élévation , et cette faute mérite d’être relevée.

Si une forte chaleur suffisait pour prédisposer les individus , les maladies seraient, en été, très-souvent aussi violentes à Paris qu'aux Antilles ; car le thermomètre s'élève souvent à Paris autant qu'aux Antilles. Les choses ne se passent point ainsi cependant, parce qu'à Paris les chaleurs ne sont jamais continues ; et que, lors même qu’elles durent plusieurs jours, leur action est interrompue et détruite par la fraicheur des nuits ; tandis qu'aux Antilles, ces chaleurs continuent plusieurs mois au même degré, etnes’affaiblissent que très-peu pendant les nuits. Et ce qui prouve mieux encore que la chaleur

n’agit pas seulement par son élévation , mais qu’elle agit encore par sa continuité, c'est l’epoque de l'apparition de la fièvre jaune dans les climats tempérés. Ce n'est point seulement quand le thermomètre sy est élevé très-haut que se montre cette maladie, mais bien quand il est resté long-temps à ce degré d'élévation ; aussi l'y voit-on rarement paraitre avant la fin de l'été, et quelquefois elle ne commence qu'en automne.

A l'élévation et à la continuité de la temperature, pour déterminer la prédisposition des individus à contracter la fièvre jaune, 11 faut qu'il se joigne une troisième condition : c’est une certaine soudaineté dans l’action de cet agent. L'homme est organisé de telle manière que tout changement subit dans son économie lui devient funeste, quelque léger qu'il soit ; tandis que, lors même qu'il est extrème , il peut le supporter sans danger , pourvu qu'il s'opère d'une manière insensible. C’est d'après cette loi bien connue de la physiologie que l'on explique pourquoi un grand nombre d'Européens, arrivés aux Antilles pendant l'hiver, à ne sont pas même attaqués de la fièvré jaune | quand elle se déclare, tandis que tous ceux qui y arrivent pendant l'été y succombent. C'est encore d'après cette loi que l'on concoit très-

bien comment la chaleur peut s'élever trèshaut, et continuer très-long-temps dans les climats tempérés, sans que la fièvre jaune se déclare, du moins d’une manière épidémique ; car, danscecas, si la chaleur arrive insensiblement , les individus ont le temps, qu'on me

pardonne cette expression , de s’acclimater

dans leur propre pays.

La réunion de ces trois conditions de la température, l'élévation, la continuité et la soudaineté de son action , sont nécessaires pour changer l’idiosyncrasie des individus, et les rendre aptes à contracter la fièvre jaune ; mais 1l n’est nullement besoin qu'elles se présentent toutes avec un même degré de force, etelles peuvent, jusqu’à un certain point, seremplacer entre elles. C’est là ce qui nous explique pourquoi , dans quelques cas, la fièvre jaune est née presque dès le moment de l'élévation de la température ; pourquoi, dans quelques autres , elle a paru quoique cette élévation de la tempé-

rature n’eût pas été très-forte ; pourquoi enfin 1l €n est dans lesquels la maladie a paru , quoique

cette élévation füt arrivée d'une manière presque insensible.

C’est pour n'avoir pas étudié ces divers modes d'action dela température, que l’on a sisouvent répété la dernière objection que j'ai présentée;

200 | c’est en les faisant connaître , qu’on la détruit et que l’on explique un des phénomènes les plus curieux de la fièvre jaune , phénomène qui, opposé aux défenseurs de la nature contagieuse de cette maladie , les force d’avoir recours aux causes occultes, ou, pour mieux dire, d'avouer que leur système est insoutenable. |

L'on fait enfin une dernière objection. Comment, dit-on, si la fièvre jaune est une maladie par infection, concevoir qu’elle puisse rester trente, quarante ans, sans paraitre dans un pays, et s’y montrer ensuite périodiquement pendant un grand nombre d'années, ce qui est arrivé, par exemple, à Philadelphie , qui resta exempte de cette maladie depuis 1765 jusqu’à 1795, et qui, depuis lors, la voit reparaître presque chaque année ; et à Cadix, qui en ful ravagée en 1761, en fut libre ensuite jusqu’en 1800, et qui, depuis cette dernière époque, a vu rarement passer un été sans en être plus ou moins infestée ? |

Je pourrais d'abord demander à mon tour comment ce phénomène peut s'expliquer en admettant la nature contagieuse de cette maladie ; comment on peut concevoir que les relations des deux villes que j'ai prises pour exemple, n'ayant jamais cessé avec les Antilles, où la fièvre jaune règne toujours, soit dans les

unes, soit dans les autres ; comment, dis-je, on

peut concevoir qu'elle n’y ait jamais été impor: tée dans le cours de trente ans, et que depuis elle l'y soit chaque année , quand la chose est devenue plus difficile par les mesures de pré- Caution que l’on a prises. Gette objection, comme beaucoup d’autres , demeurerait sans réponse ; mais il ne s'agit point en ce moment de prouver la fausseté du système de la contagion, c’est ce que je ferai tout à l'heure; je veux seulement demontrer ici que, par les lois de l’infection, on explique tous les phénomènes que présente la fièvre jaune, et ce n’est pas certainement ce dernier qui mettra obstacle à mon dessein. Pour que la fièvre jaune puisse se développer , outre l’action d'une température élevée , continue etsoudaine, il faut l’action des particules infectantes, quine peuvent être engendrées que par un centre de putréfaction : ce centre de putréfaction ne peut, à son tour, exister qu'autant qu'une matière putrescible dissoute dans une certaine quantité d’eau, et frappée de l'air, peut être mise en décomposition par l'action du calorique ; lors même que ces conditions existent , elles peuvent être rendues nulles par la présence des vents, par des pluies abondantes ; leur action peut être empèchée ou favorisée par les changemens survenus dans

les habitudes du peuple, dans ses relations commerciales, dans ia population et l'assiette de son pays , les constitutions atmosphériques ‘qui y régnaient auparavant, etc. ; et, au travers de toutes ces circonstances qui, quoique naturellement accessoires, peuvent si souvent devenir essentielles, qu’y a-t-il d'étonnant que les conditions requises pour la naissance de la fièvre jaune restent long-temps à se réunir , et qu'une fois réunies elles continuent pendant plusieurs années ? Les faits sur lesquels repose lohjection sont-ils d'ailleurs bien exacis? J'en doute. Je crois plus volontiers que la fièvre jaune s’est montrée plus où moins souvent dans le laps de temps que l'on dit avoir été exempt de ses ravages, mais qu'on m'y a point fait attention , parce qu'elle se présentait d'une manière sporadique, qu'on la confondait avec des rémittentes bilieuses très-intenses, et qu'enün, ni les idées du peuple, ni celles des médecins, n'étaient tournées de ce côté. Ge n'est là, du

reste , qu'une opinion quej'émets, sans pouvoir en démontrer la vérité; j'avoue même que les faits qui font la base de cette dernière objection sont très-possibles; et c’est pour cela que j'& consacré quelques lignes à faire voir qu'ils ne se soustraient nullement aux lois générales de Finfection.

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