‹ Traité de la fièvre jauneChapitre 20 sur 26 · TI · texte numérisé non relu

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D'après les détails que j'ai donnés sur les phénomènes qui caractérisent la fièvre jaune ; d'après l'examen que j'ai fait de ces mêmes phénomènes, et les considérations générales dans lesquelles je suis entré relativement à plusieurs d’entre eux, je crois pouvoir résoudre la question que je me suis proposée en commencant ce chapitre, et pouvoir affirmer, sans crainte d'être démenti , que la fièvre jaune est une maladie essentiellement par infection; . mais cette vérite étant admise, il s'élève une seconde question, peut-être non moins importante que la première. La fièvre jaune étant une maladie essentiellement par infection , ne peutelle pas devenir accidentellement contagieuse ? Telle est cette seconde question : je vais essayer de la résoudre dans le chapitre suivant.

Preuves de la non contagion de la fièvre jaune.

Si l’on se rappelle ce que j'ai dit de linfection, on verra qu'il ne suffit pas, pour prouver qu'une maladie est contagieuse, de montrer des exemples d'individus atteints de cette maladie apres s'être approchés d’autres individus déjà atteints eux-mêmes; quil faut encore, quand cette approche a eu lieu, que les premuiers malades ne fussent plus soumis aux causes -qui les avaient infectés ; car, dans ce cas, rien

NU ENMPRERE Er

| 212 ne prouverait que ce ne sont pas ces mêmes causes qui ontengendré aussi la maladie des derniers , et il serait même plus naturel de les en accuser que d'admettre dans ce casune nouvelle cause quinous est tout-à-fait inconnue, et dont

la supposition est entièrement inutile. En me

servant d'autres expressions, et me renfermant dans mon sujet, pour prouver que la fièvre jaune est contagieuse , 1l faut montrer que les individus qui en sont atteints peuvent la transmettre , même quand ils ne sont plus soumis à l'influence d’un foyer d'infection. Le peuvent-

ils ? C’est par des faits que je vais répondre à

cette question.

Les Antilles tiennent, sans contredit, le premier rang parmi les pays soumis à la malheureuse influence de ceite maladie ; et parmi elles , Sainte-Lucie se distingue encore , en ce qu’elle y est soumise toute l’année, et en ce que la maladie y est très-violente : cependant tout auprès, 1lest un lieu qui en est toujours exempt, quoique conservant avec elle des relations constantes. Voici comment s'exprime M. Pugnet : « La fièvre jaune ne règne cependant point, même durant la saison automnale, dans les lieux qui ne sont pas soumis aux mémes Causes d’insalubrité, c'est-à-dire, où la

chaleur humide ne trouve aucune substance

putrescible qu’elle puisse dissoudre et répandre dans l'atmosphère environnante. Je n’ai vu aucun des Français arrivés avec nous, la contracter dans le #ros ilet situé vis-à-vis le bourg du même nom. Cet îlet, ainsiappelé parce qu'il est un peu plus étendu et un peu plus élevé que les autres, offrait un asile assuré contreelle. Chaque mois on renouvelait la portion de troupes qui y faisaient le service militaire, chaque mois cette portion revenait saine et intacte. Nous n'avons pas seuls fait cette observation ; elle nous avait été transmise par les habitans de Sainte-Lucie, comme un fait annuellement constaté (a). »

__ Apres Sainte-Lucie, la Martinique est peut-

ètre l’Antille où la fièvre jaune commet le plus de ravages : cependant Savarésy nous apprend que le quartier Ste.-Anne, qui est tres- ‘sec, et où la végétation n'est pas riche comme dans les autres cantons de l'ile, est très-sain, et que la fièvre jaune n'y paraît jamais (b). Ce même médecin dit que, dans les hôpitaux de cette île , les malades de fièvres simples, de diarrhées, d’affections chroniques, étaient pêlemêle avec ceux de fièvre jaune, et qu'il ne put jamais recueillir une seule observation qui

(a) Puexer , p. 342.

(b) SAVARÉSY , p. 1601.

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