‹ Traité de la fièvre jauneChapitre 21 sur 26 · MN AU TES DR Er RTE ANSE PAS EM ETES Tia 17 NS · texte numérisé non relu

MN AU TES DR Er RTE ANSE PAS EM ETES Tia 17 NS

Vautorisät à soupconner la contagion. des lits de ceux qui mouraient étaient occupés par de nouveaux arrivans atteints de toute autre maladie, leurs vêtemens étaient pris par des hommes bien portans, et cela ne lui fournit aucun fait pour le constater (a).

St.-Domingue est une île tres-malsaine dans

beaucoup de ses parties ; la fièvrejaune y règne

presque toute l’année d’une manière sporadique, et s’y déclare quelquefois avec une violence extrême : cependant, même dans ce dernier cas , les Européens nouvellement débarqueés se mettent à l'abri de ses atteintes en allant habiter les Mornes. M. Dalmas dit : « J’invoque ici le témoignage de tous ceux qui ont fait quelque séjour aux Antilles, et qui ont été à même d'y observer la fièvre jaune. Jamais elle n’y a été considérée comme une maladie susceptible d'être propagée par le voisinage et le contact. J'ai vu, dans la guerre de l'indépendance américaine , plus de trois mille malades répandus dans les différens hôpitaux qui environnaient le cap; la fièvre jaune se montra plus ou moins dans tous, sans acquérir dans aucun le caractère contagieux, À côté d'un homme mourant de cette maladie, on en voyait un autre atteint

(a) SAVARÉSY , p. 157.

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d'une dyssenterie , ou d'une fluxion de poitrine , sans que ce voisinage parût influer en rien sur son état. Il en a été de même, lorsqu'en 1792 la France envoya quelques régimens à Saint-Domingue, et en 1796, lorsque les Anglais ont débarqué cinq ou six mille hommes de troupes européennes dans cette colonie ; la fièvre jaune en a moissonné , il est vrai , le tiers en six mois; mais à cette époque, comme à celles qui l'avaient précédée ou qui lont suivie, les régimens qui étaient depuis long-temps à Saint-Domingue , quoique soumis a la même discipline, quoique logés dans les mêmes casernes, quoique soignés, lorsqu'ils étaient malades, dans les mêmes hôpitaux, n'en ont point eu à souffrir. La même chose est arrivée aux îles du Vent, lorsqu’a différentes époques les généraux Gray et Abercombrie, Richepanse et Joyeuse, y ont abordé avec des troupes (a). »

Si je voulais passer en revue les autres Anülles, dans toutes je trouverais des faits parfaitement semblables : j'ai choisi Sainte-Lucie, la Martinique et Saint-Domingue, parce que ce sont celles qui ont la réputation d'être le plus funestes par la fièvre jaune. Les exemples que

(a) Darmas, p. 32.

j'ai rapportés nous ont été donnés par des observateurs exacts et dignes de foi ; 1ls prouvent la non contagion de cette maladie d'une manière évidente, car ils répondent à toutes les objections. Je laisse de côté la preuve que je pourrais tirer de cette communication entre

qui sont atteints de la maladie la transmettent à ceux qui ne l'ont pas: on pourrait m'objecter que les individus non atteints étant acclimatés, ne pouvaient pas être frappés; d'ailleurs, j'avoue que quand ils l’auraient été, je n'aurais pas cru la contagion prouvée;'puisque, dans tout hôpital où se trouvent beaucoup de malades, surtout quand cet hôpital est mal situé , je n’ai pas besoin d’accuser la contagion pour la naissance de la fièvre jaune. Mais que le gros îlet, que le quartier Sainte-Anne , que les Mornes, ne voient pas naître la maladie, ce sont des preu-

ves irrécusables ; 1l y a entre les lieux sains et les

lieux infectés, des communications constantes ; le trajet quisépare lesuns des autres estbeaucoup trop court pour que le principe contagieux, sil en existait un, püt perdre de sa force; enfin,

on ne peut pas sen prendre à lhabitude du

climat, puisque c'est dans ces lieux que se réfugient les étrangers ; ou à lidiosyncrasie, parce que, si l'on conçoit que trois ou quaire

des malades d'un même hôpital , sans que ceux /

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individus ne sont pas propres à cette maladie, ilest impossible de penser qu'il en soit de même pour tous, etquece soient précisément ceux qui ne restent pas dans les lieux où règne la maladie, qui se trouvent dans ce cas : et même, en admettant la possibilité d’une pareille idée, on en prouverait la fausseté en montrant que, quand quelqu'un des habitans de ces lieux privilégiés s'est hasardé à aller dans le foyer de la maladie, 1l l'a priseet l’a rapportée avec lui, maistoujours sans la communiquer aux autres. Lind nous offre une foule d'exemples pareils; je vais luien emprunter un qui est on ne peut pas plus con- cluant, et c’est par luique je terminerai la preuve de la non contagion de la fièvre jaune aux Antilles. « Vers l'année 1756, quandon renvoya les Français neutres de la N ouvelle-Écosse, un vaisseau destiné pour la Virginie, dans lequel ils étaient, fut poussé par la tempête sur Anüigoa : hommes, femmes et enfans, tout fut conduit au Monk’s-Hill afin qu'ils se remissent des fatigues du voyage. Immédiatement apres, une épidémie se déclara dans l'ile. Nos matelots vivant dans le Havre anglais, périrent en grand nombre ; ils étaient moissonnés par la fièvre jaune et le flux. Dans le même temps, nos soldats composant la garnison de Monk’s Hill, et les Français neutres, quoique arrivés

218 | depuis peu de leur pays froid, jouissaient de la santé la plus brillante, et se voyaient totalement exempts des maladies st redoutables atlleurs (a).

» À Antiooa, la fièvre! jaune ne peut-elle pas attaquer un officier ou un soldat de la garnison de Monk’s-Hill? J'en ai parlé à une personne qui a vécu pendant lovg-temps dans le Havre anglais d'Antigoa; elle m'a dit avoir connu plusieurs hommes de la garnison de Monk’s- Hall attaqués de la fièvre jaune. Lèà-dessus je lai priée de rassembler les circonstances qui avarent précédé leur maladie, et surtout de s'informer s'ils n'avaient point passé la nuit quelques jours auparavant dans des lieux bas ou dans le Havre anglais. Sur-le-champ, elle s'est rappelée qu'a la même époque où elle avait été frappée elle-même de la fièvre jaune, deux officiers de la garnison de Monks-Hili l'avaient contractée, et s'en étaient trouvés atieints de grand matin , après avoir couché pendant deux nuits de suite dans le Havre anglais. C’est alors que, réfléchissantsur le danger qu'il y a de coucher dans des endroits malsains, danger dont elle n'avait eu jusqu'alors aucune Connaissance, elle se souvint que pres-

fe) Linb, p. 213.

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que tous les habitans de Monks-Hill chez lesquels cette fièvre s'était déclarée, ne l'avaient eue qu'après avoir passé la nuit sur des terrains bas, les officiers de cette garnison ayant pour habitude de coucher dans des maisons du Havre anglais, où ils dinent et soupent (a). »

C'est par ce fait convaincant que je me proposais de terminer, ainsi que je l'ai dit, ce qui est relatif a la non contagion de la fièvre jaune des Antilles, parce que, réuni aux autres, 1l me semble déciderla question d’une manière concluante : cependant je ne puis résister au désir d’en citerencore un que me fournit M. Bally; l'opinion prononcée de cet auteur en faveur de la contagion, empèchera de jeter le moindre doute sur la vérité du fait. « Mon séjour à la Jamaïque, dit-il, m'a mis à portée de voir qu'indépendamment des sources de maladies propres aux Antilles, un vaste marais partant du voisinage de Kingstown, s’étendait au loin sur la belle route de Spanish-town. Ce marais concourt sans doute a augmenter l’insalubrité de cette première ville, qui d'ailleurs est un port de mer; tandis que Spanish- town, situé à plus de six milles du rivage, et à une distance considérable des ‘eaux stagnantes, voit souvent la fièvre jaune

| (a) tiS » P- 214.

dépeupler ses environs, sans qu’elle pénètre

dans son enceinte (a). » ’

Si des Antilles nous passons à l'Amérique septentrionale , nous trouverons que plusieurs de ses états sont ravagés de temps à autre par la fièvre jaune ; que, généralement sporadique, cette maladie y a été tres-souvent épidémique; mais que tout prouve qu'elle n’y a jamais été contagieuse. Examinons les faits de ses principaux règnes, et d’abord de celui qu’elle fit à Philadelphie et dont j'ai été témoin. Aussitôt que l’on éut annoncé que la fièvre jaune régnait, beaucoup de citoyens de Philadelphie se retirèrent dans la campagne; cette émigra-

tion continua même pendant toute l'épidémie,

et beaucoup d'individus déjà atteints de la ma-

ladie avant leur départ, allèrent se guérir ou

mourir dans tous les lieux des environs, sans qu'on ait pu en citer un seul qui eüt communi-

qué la maladie à ceux qui lui avaient rendu des :

soins.

Quelques paysans appelés pour leurs affaires ou pour toute autre cause, à la ville, y contractèrent la maladie , quelquefois dans un séjour de quelques heures, revinrent mourir au

sein de leur famille, et jamais ne propagèrent

cette affection. | mme om so (a) Bazzy, p. 347.

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