VERBES ET FORMES VERBALES ISSUS D'UNE JUXTAPOSITION
I. — Les verbes formés par juxtaposition peuvent être composés d'une particule, telle que beney maie, bis, etc., et d'un verbe simple. L'étude de ces verbes est réservée pour le chapitre Le la composition par particules : nous nous permettons d'y renvoyer le lecteur.
Ils peuvent présenter la combinaison de deux verbes ensemble réunis, telle qu'on la trouve dans certains temps et certaines personnes du verbe faire : « Nous faisons frire » (à côté de
< Alius et aller étaient devenus de bonne heure synonymes dans la langue vulgaire. En voici un exemple qui remonte à l'époque de Tibère. Les soldats du centurion Lucilius avaient donné à ce dernier le sobriquet de cedo alteram, « passe m'en une autre », «quia, dit Tacite, fracta vite in tergo militis, altsram clara voce ac rursus o/iam poscebat.>»(Ânn.9l, 13.) Les mots « ac rursus aliam », que Tacite croit devoir ajouter pour atténuer l'incorrection de cet alleramy montrent bien que le sens de aller, dans le parier populaire des camps, s'était déjà confondu avec celui de alius.
« je fris >) ; il faut alors que le verbe soit défectif. On ne peut pas mettre au rang des juxtaposés, ni même des locutions juxtaposées , les expressions où un verbe neutre se fait précéder de faire pour prendre un sens actif : « Cette pierre l'a fait tomber. >
D est rare que deux verbes l'un régissant l'autre entrent dans une locution juxtaposée ; cela n'est possible que quand les deux verbes sont à l'infinitif, et encore cet infinitif est-il pris substantivement : le savoii -faire , le savoir-vivre (voir plus haut,
II. — On connaît les formes verbales issues de juxtaposition : le futur et le conditionnel dus à la combinaison du présent et de l'imparfait de hdbere avec l'infinitif : j* aimerai = ego amare habeo, j'aimerais = ego amare habebam S et les temps composés dus à la combinaison du verbe habeo à divers temps, avec le participe passé : fai aimé = ego habeo amatum, etc. (voyez Diez, Grammaliky 3, II, 1 18 et sq.). Iln'y a rien à ajouter aux pages si précises que consacre à cette question l'illustre auteur de la Grammaire comparée des langues romanes.