‹ Traité de la formation des mots composés dans la langue française comparée aux autres langues romanes et au latinChapitre 40 sur 113 · IV. — PaRTICULBS NiOATIVKS · texte numérisé non relu

IV. — PaRTICULBS NiOATIVKS

n n'y a que deux particules négatives : non et in : non séparable, in inséparable.

50. Non se joint aux substantifs (et infinitifs pris substantivement) et aux adjectifs (participes compris), et il forme avec eux des juxtaposés : non-conformiste, non^jouissance, nonobstant (adverbe), non-pair, nonrpareil, la non^areUle, non-

* Cf. Bopp., Gramm. sanscr., 4* édit., p. 446 et note.

' On la trouve pour la première fois dans le Danat provençal {caluc, eurtum et oblutum vimm habens), texte du ziii* siècle.— Voyez Ouessard, Gramm. provenç., !• èdit., p. 57.

* Par i*intennédiaire des Normands.

paiement, non- résidence, non-sens , non-tLsage , nonvaleur, non-vue, et, de l'archaïque nonchaloir, nonchalant, d'où nonchalance. Le vieux français , d'accord avec le grec (ifj où îtaXuŒiç) et l'allemand, avait développé cette construction : non-aage , non-plevine, -prix, -puissance, -sachance^, -chaloir, -pooir, -savoir, etc. , et avec des adjectifis : non sage, non sachant , non feis (sans foi). — Le latin joignait ne aux verbes : nescio, nequeo, nolo.

51 . In, en latin , formait des parasynthétiques : infelicare (Plante), injuriare, etc., ou des composés simples. Il s'unissait moins bien aux verbes, mieux aux adjectifs et aux substantifs : indignics, iniquus, inimicus, inhabilis, indocilis, etc.; inconstantia, inelegantia^ infecunditas, infirmitas , etc. Parmi ces composés quelques-uns ont passé en fr. par la voie populaire : in fans, enfant; infirmitas, enferté(v. fr.); inimi" eus, *in-amicus (voir p. 76), ennemi ; integer (in-tango), ^inte^ grinus, entérin (v. fr.), etc. Le français a développé considérablement cette composition, qui cependant appartient surtout à la langue savante ; in, en eflfet,est resté in (par assimilation il, fr), mais non en comme son homonyme in, préposition. On le joint rarement aux substantifs , mais très-souvent aux adjectifs, surtout aux adjectifs verbaux et aux participes. L'emploi de cette particule est devenue si fréquent, et elle a donné naissance à des composés si nombreux, que de la classe lettrée , chez qui elle avait cours , elle commence à pénétrer dans le peuple 2.

* Ou nonsavance : Je m'avisai que c'cstoit nomçavance (Gh. d'Orléans , Ballade, 89).

^ Le prov. et le îr,, parmi les langues romanes , connaissent seuls la composition avec non. On en trouve cependant quelques exemples en italien. Le rhéto-roman (dialecte roman du pays des Grisons, en Suisse) remplace in devant un adjectif par nwi : nun-xqual (inœq.); nun-civil; le valaque, par ne : ne-bun (non-bonus), ne-copl fincoctus); le vieux français employait quelquefois nient dans le môme sens : nient acoustumeit (insolitus), etc.

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