‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 106 sur 120 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DE LA FORMATION DES MOTS COMPOSÉS

Remarques générales sur la nature des mots composés.

1° Comme nous l'avons déjà dit dans les premières pages de ce Traité (§ 8), on appelle mots composés ceux qui sont formés de deux ou plusieurs mots combinés ensemble, et terminés par une seule désinence, qui appartient au mot tout entier et lui donne de l’unité. Exemple : £av6d-0pti;, gén. £av0G-Tptjr-oç , qui a les cheveux blonds, de £avÔ^o;), blond, et 0pi£, cheveu.

2° Cette désinence est souvent précédée d’un suffixe1, qui ordinairement appartient aussi, non pas seulement au dernier terme du composé, mais au mot tout entier. Exemple : £av(to-xdi/.-Yiî ou ^avôd-xojx-o ç, qui a une chevelure blonde , de ^avôd(ç), blondi, et xo'pLYi, chevelure.

On ne trouve pas à part dans la langue les mots -x.op lv)î, -xd[Ao î. Les suffixes yi(î), o(<), qui ont pris la place du suffixe t\ de xd[i-7i, appartiennent donc bien réellement au mot composé tout entier, auquel on

1 . Nous ne parlerons pas ici des suffixes qui servent le plus ordinairement à former les mots composés. Nous avons dit , dans le chapitre précédent, quels étaient ces suffixes, et comment ils se combinaient avec les radicaux auxquels on les ajoute.

les joint après que la combinaison des deux éléments £av6 ô(;), blond , et xôu.r, , chevelure , a été faite; ils ont même ajouté à la signification de ces éléments uue signification nouvelle, une idée de possession. 2otv- Ôoxojm, si la formation de ce mot était possible en grec, signifierait chevelure blorule ; ÇavOoxopiç, signifie qui a une chevelure blonde (voy . § 295).

3° On voit que, dans les adjectifs IjavOoxopûiç et ;av- Ooxou.oî, il y a à la fois composition et dérivation. La dérivation n’est pas toujours caractérisée par l’adjonction d’un nouveau suffixe, mais quelquefois aussi par une altération que subit la voyelle finale dans le dernièr terme du composé (§ 186). Exemples : à’ja-pi'TTip , mauvaise mère , ^uc-piToip , relatif a une mauvaise mère ou à une mère malheureuse. Le premier de ces deux mots est seulement composé, le second est composé et dérivé, et l’altération de la dernière voyelle est un caractère , non pas de la composition, mais de la dérivation.

4° Beaucoup de mots composés sont dérivés quant au sens, et ne le sont pas quant à la forme. Le dernier terme y reste absolument tel qu’il est, employé comme mot simple : â-yeip, qui n’h pas de mains (on dit aussi àf-^stp-o; ; voy. plus haut £av(k>-6pti;). e- 5° Un grand nombre de composés grecs sont terminés par des mots qui ne se trouvent pas à part dans la langue , et ne sont usités qu’en composition • — -(voy. plus haut , 2°). Tantôt ce sont des racines qui se rencontrent à la fin des composés sous leur forme la plus simple : Tcat^o-Tpi^ (iraiào-rpiê-ç) , gén. raiâo- -rptê-oç (§ 1 5) ; tantôt des mots dérivés : {ia-ro-Sporoî, qui arrache les opines,- eir-axToç, importe', amené' du dehorjn Les derniers termes -rpnj< (de la même racine

DANS LA LANGUE GRECQUE. Ail

que Tp£ê-«) , -àp'jTcoî (de àpe'-rj-oj , cueillir , faucher ) , -axToç (d’iy-w, conduire ), n’existent point à part.

6° La plupart des composas n’ont que deux termes. Ceux qui renferment trois ou même quatre mots n’ont cependant, en général, que doux termes principaux. Les autres mots, qui sont souvent des prépositions ou d’autres particules, expriment ordinairement des idées accessoires, qui servent à modifier ces éléments principaux; mais ils n’ont pas euxmêmes, dans le mot composé, une valeur propre et indépendante. Exemples : TCavTo-ptsTâêoXo; , qui vend île tout, de wîv, gén. irav-r(oç), tout, et ptETaëoXoç , trafiquant; âvT-eTreiaofîo;, moyen et attaquer à son tour , d’àvTt, à son tour, et sicewo£o$ , attaque. Ces deux composés n’ont chacun, en réalité, que deux térmes, dont le dernier, bien que formé de deux ou trois mots, n’exprime, de même que le premier, qu’une idée unique, que nous traduisons en français par un seul mot. Avs-aôwTOTciiuta , malheureuse mère et un héros , se divise aussi en deux termes : malheu-

reux, et àp'.«T&ToxEi«, mi're et un héros.

On trouve dans les comiques un certain nombre de mots allongés a plaisir. Mais, quelle qu’en soit la longueur, on' peut presque toujours leur appliquer ce que nous venons de dire : ils n’ont, en général, que deux termes principaux. Exemples : cTpE^o^ixo- -mxvoupy ta , fraudes subtiles de la chicane , de l’inusité trrpsij/Q-'îixo; , qui signifierait chicaneur (compare/ c-rpe^o-JtxEO), chicaner ), et de -Tcav-o-jpyta, fraude ; Topv£'iToX'jpa<rjri§o-ir»)Y(j; qui fait des lyres et des boucliers

1 . Ce mot renferme un composé de juxfa-position (voy. § 20f>). Il n’y a guère que les composés de ce genre, c’est-à-dire ceux

tournés ( au tour), et non, comme on le traduit ordinairement : qui tourne des lyres et fait des boucliers (voy. *5 294).

7° Nous avons dit, dans le premier chapitre de ce traité (§ 2), que les racines exprimaient -des idées abstraites, qu’elles n’avaient par elles-mêmes et sans désinences, ni une valeur verbale, ni une vàléur nominale. Celte assertion se trouve confirmée par l’analyse de certains composés. Dans épir-axavda, par exemple , épine rampante , plante épineuse qui rampe , le premier terme, qui , sous cette forme, ne se trouve en grec qu’accompagné -de désinences verbales, a une valeur d’adjectif; de même qu’tÔtX dans èôéX-sy 0po; , ennemi volontaire, malveillant sans motifs.

Si les racines, par elles-mêmes, n’ont exclusivement ni la valeur verbale, ni -la valeur nominale, elles ne doivent avoir, à plus forte raison, ni un sens actif, ni un sens passif. Aussi dans pou-rXvfi; , frappant les bœufs (aiguillon pour frapper les bœufs), irXyiy signifie qui frappe , et dans àxavOo-nrXin'l; » blessé par une épine , il veut dire qui est frappé.

Les thèmes nominaux peuvent exprimer aussi dans les composés tous les nombres et tous les cas. Lorsque nous traduisons flou-irXTil; par frappant les bœufs ; flou- représente un accusatif pluriel ; quand nous traduisons au contraire : axauHo-iclti^, blessé par

dont les divers termes, si l’on décomposait le mot, pour les détacher les uns des autres, seraient joints par la conjonction et, qui puissent avoir plus de deux termes principaux. Dans le mot latin su-ove-taurilia (où est contenu un composé de ce genre), se trouvent trois termes qui ont tous une égale importance : (sacrifices) d'un porc, d’une brebis, d’un taureau.

une épine, àxavSo- représente un datif singulier, ou un génitif du même nombre précédé d’une préposition.

Enfin les thèmes de substantifs peuvent jouer un rôle équivalent à celui des adjectifs. Exemple : ;xupo- -(îoaTpojro;, aux tresses de cheveux parfumées , de u.upov, parfum, et pofftpu^o;, tresse, boucle.

8° Ne sont pas de véritables composés les groupes de mots grecs qu’on pourrait séparer et détacher les uns des antres, sans y rien changer, et sans ajouter de désinence aux termes qui précèdent le mot final. Tels sont , par exemple, les noms de nombre qui renferment la conjonction xat, comme Èxxai'&sxa, seize ; certaines locutions adverbiales, comme èlîayç, également, etc. On dit tout aussi bien il ï<mç-, et la grammaire autoriserait à écrire, bien que l’usage s’y oppose, lu. y. aX Séxa, six et dix (voy. p. 477).

Dans les mots xaXoxâyaOoç , xo&oxaryaôia , qui signifient littéralement beau et bon , beauté et bonté , la composition est imparfaite. K«lo n’a pas de désinence de cas, et cependant il est joint à àyaôo; par la conjonction xai, qui proprement ne sert à unir les uns aux autres que des mots séparés.

• \ ' * i Y‘-Vr '* •*.**• ‘Vi.

Ce qu’il nous reste à dire des mots composés peut se diviser en deux parties. Nous nous occuperons d’abord de la forme de ces sortes de mots, et particulièrement de la manière de joindre entre eux les termes qui se combinent ensemble pour former des composés. Ensuite nous parlerons du sens des composés, et nous les classerons d’après leur sens.

AU

DG LA MANIÈRE DE JOINDRE ENTRE EUX LES DIVERS TERMES DES MOTS COMPOSÉS;

En général, dans les mots composés, le dernier Jerme a seul une désinence; ceux qui le précèdent sont des thèmes ou radicaux non infléchis.

. Ces thèmes ou radicaux se joignent au mot qui les suit, tantôt immédiatement, tantôt au moyen d’une voyelle, ou d’une consonne, ou d’une syllabe de liaison.

Se joignent immédiatement au mot qui les suit , sans ajouter au radical aucune lettre de liaison :

i° Un grand nombre de mots invariables, et, en particulier, toutes les prépositions, et les particules inséparables : àpi, sp t, £a, vn, etc. Ces mots ne

sont soumis qu’aux modifications euphoniques déterminées par le concours des lettres entre elles : èwi-TtpôiT-ÔeTi; , addition ; àpi-TvpeirrJç , très -dis tingue ; èX- -'Xip.evuo’jç, pour èv-XijAtvtxôi;, qui mouille dans un port ; éxa-rôy-yeip, pour éxarov-yetp, qui a cent mains , etc.

2° La plupart des thèmes de la deuxième déclinaison : ààtX<po-xTGvoç, meurtrier de son frère; xaXowiTpifçoî, cordier ( celui qui tourne des cordes); voo-irXv}i;, qui trouble la raison ; vov-ôetsw, mettre dans T esprit, etc. ;

3“ Un certain nombre de radicaux de la première et de-la troisième déclinaison : àtxr,-<pôpo;, juge ( celui qui porte la justice), à-y^eXta-çopo;, messager ( celui

Digitteed by

qui porte des nouvelles ) ; m>p-<p o'poî , qui porte du feu ; ae^au-rou; , qui a les pieds noirs ; abïUrXepo>ç, qui a les cornes élevées ; izoXi-mptioi , qui saccage les villes; vau-pxyia, combat sur mer ; {Jou-Tipù>ç , qui vaut un boeuf;

4° Quelques thèmes verbaux *. tao-6u|ao;, qui a le cœur courageux (de xi et, radical de xX-Â-vai , endurer , oser ) ; (ïàeXux-Tpoiroç , qui a des mœurs abominables (de fi&eXux, radical de p^EXucatu , fut. ftôeWijto, inspirer île l'horreur ), etc.

On n’insère pas non plus de lettre de liaison, quand le second mot commence par une voyelle : àv$p-eixeXo; , semblable à un homme ; ireiô-apy éw, obéir aux magistrats. Les radicaux terminés par une voyelle élident ordinairement cette voyelle devant celle du mot suivant : ài<pp-7)).aTéa>, conduire un char (de &9po-î , char), etc. — Exceptions : les radicaux terminés par un o conservent ordinairement cette vovelle devant les mots qui, dans la vieille langue, étaient précédés d’un digamma, devant les dérivés d’ey(tü), d’îpy(ov), et devant -ei&rîç ; les radicaux qui ne sont pas terminés par un aen prennent un devant ces mots. Cet o se contracte ordinairement en ou avec l’e d’eyf») et d’ep-f^), et en u avec la diphthougue initiale d’-et&n'ç. Exemples : àirmTnfc, xaxoùp-p; (pour xaxo-epyo?) ; àffwi^oùpî (pour àaiïià-o-exo«)>

Tw^vit (pour <7&>(A«T-o-£i§r>). La même contraction a lieu dans £i<pouXxoî (pour <;i<p-o-e'Xxo,{), etc.

L’o de la préposition irpo se contracte aussi quelquefois en ou avec la voyelle initiale du mot qui la suit , quand cette voyelle est un e.

Nous ne parlerons pas de quelques contractions exceptionnelles, comme celles d’oa en o> dans xupta-

Twyr , qui est pour jo[i.aT-o-avr', rivage ( où les flots se brisent ), etc,-

Remarques. 1° Parmi les mots de la troisième déclinaison, ce sont surtout les adjectifs en ’J(ç), gén. £o;, et les substantifs (3o5(ç) et vaD(ç), qui se joignent au mot suivant sans voyelle de liaison ; ils figurent dans les mot§ composés sous la forme que leur radical a au nominatif i$u-toty)ç , convive aimable ; fJou-ytvYte , ne d'un bœuf (les poètes disent aussi jfo-io-yîvïfc : voy. § 283). Les noms en u;-, gén. \io;, prennent ordinairement la voyelle de liaison o ( voy. plus bas, § 282), et l’on peut regarder comme des exceptions poétiques les mots àpj-Toao; , qui coupe les chéries ; àaxpu-yéuv, qui verse des larmes , etc.

2° On peut encore considérer comme des thèmes non modifiés et non suivis d’une lettre de liaison quelques neutres en o;, eoç, qui se terminent en w dans les mots composés; nous avons dit (§ 1 29) que c’était là très-probablement la forme primitive de leur radical. Exemples ; axxéc-izxkù; , qui agite son bouclier ; àv6ec-<popo; , qui porte des fleurs ; jdp«-xûo« , qui habite la montagne , etc. ' • •

En petit nombre de substantifs neutres qui ont un ? devant les désinences de cas se joignent aussi immédiatement au mot qui les suit, et se contentent de changer le t en <s ou plutôt de reprendre leur c primitif (voy. § 56). Exemples : yepac-çdpoç , qui remporte le prix; xepaff-flo'Ao; , qui frappe avec les cornes ; çùxwpdpo; , qui porte la lumière , etc.

Parmi les noms de la troisième déclinaison dont le thème se termine par une consonne, il n’y a plus guère, après ceux dont nous venons de parler, que quelques mots en v et en p qui se joignent immédia-

tement au mot qui les suit. Voy. plus liant, 3°, rup-

-tpôpo;, aeXau-Ttouç.

3° Nous avons vu dans le chapitre précédent que i la plupart des adverbes étaient des cas de mots inu- / sités. Aussi dans les composés sont-ils soumis , enj général, aux mêmes règles que les mots déclinables;, ils perdent comme eux toute désinence, et ne conservent que leur radical. Exemples : laôpo-àyixTr,? , qui mord en secret; à$»-eayo(, grand mangeur; ruy- -[/.styo; , qui combat à coups de poings. Les radicaux des adverbes "XotOpot , a£r,-v , me, , sont XaÔpo, àcir, , miy.

4° La liquide finale d’un thème s’assimile presque toujours à la liquide initiale du mot suivant'. Exemples : iraXtVXoysw ( pour raXiv-'Xoyeto ) ; ■na.'tiu.-p/iycn; (pour icaXtv-paiittiç ) ; àyap-pooç (pour ayâv-pooç). La même assimilation a lieu devant le or : ira>.t<7-<juTéio (pour Tra^tv-cruTew) . — Le p initial se redouble toujours après une voyelle brève, et quelquefois, chez les poètes, après eù : ypwoppuro; (pour ypuco-puro;). — Le <r se redouble de même dans un petit nombre de mots : XaSpoffffuTo; ( pour Xaëpd-cuToç).

Nous n’avons pas besoin de parler du changement régulier de la dentale ven jt devant les labiales, en y devant les gutturales.

1. La même assimilation a quelquefois lieu, en poésie, pour certaines consonnes muettes qui deviennent finales par suite d’une apocope : xajxui-vio (pour xaT-p£viu , xa-rs-uivio), xapuiopoc (pour xât-uopoî, xard-uopoç; selon d’autres, pour xaxduapcrç). Voy. la Grammaire grecque de M. Burnouf, § 174, IV. ■

UE LA FORMATION DES MOTS

Lettres de liaisoti.

Les lettres de liaison sont o, a, r,, i (si, ai), e, <n (<T, <T£, ffo)J -

La plupart des thèmes nominaux sont suivis d’o.

La plupart des thèmes verbaux sont suivis de la syllabe <n.

Nous ne rangeons pas parmi les lettres de liaison les lettres t;, a« , qui terminent, dans quelques mots composés des noms neutres en oç, eo;, a?, avo;. Ces lettres peuvent être considérées comme appartenant au radical (voy. § 280, Rem. 2°.)

la plupart des thèmes nominaux qui n’appartienn.ent pas à la deuxième déclinaison, c’est-à-dire qui ne se terminent pas en o , insèrent un o entre eux et le mot qui les soit. Cet o remplace la voyelle finale des thèmes de la première déclinaison. Exemples : cUp-o-êâTY.ç , qui marche dans b air; i/ôu-o -wüïç , vendeur de poissons; ai|i.aT-o-}(ap7)ç , qui aime le sang; ]ipciVT-o-irotoç, qui produit le tonnerre ; d^-ô-lecr/oç, babillard; aifi-o-^oyi'a, explication des causes. La voyelle de liaison o remplace l’r final des mots (ipov-ni, *&o-v (voy. § 280, Rem. 3°), et l’a final d’ama.

Remarques. 1 0 L’o prend aussi quelquefois la place des voyelles finales et même de certaines consonnes, dans des radicaux de la troisième déclinaison , par

exemple, dans la plupart des noms neutres en %, eo;, et des adjectifs en r,;, jç, dans quelques substantifs neutres en pta, p.a-7-oç. Exemples : àvÔ-o-Si'aiToç , qui vit sur les peurs ; àX7]Ôo-[McvTiç , prophète véridique ; aipuo-ëatpY'; (pour aiu.aT-o-êa<p7)Y), teint de sang.

2° La voyelle de liaison o s’insère aussi après quelques thèmes verbaux1 2 et quelques adverbes. Exemples : XeiTC-o-vawTYiç , qui déserte son vaisseau ; X 177-0- -çôoyyoç , qui n’a pas de voix (ces mots nous offrent deux radicaux divers du verbe Xei 77-«o, aor. 2 l-Xnr-ov); àvjf-o-ppoo; , qui a un repux (de l’adverbe aty, en arrière, et pe-«o, couler). Voy. plus haut, o;.

Après quelques radicaux de la deuxième et de la troisième déclinaisons, on insère, au lieu d’un 0, un r, ou un a long, probablement pour éviter le concours d’un trop grand nombre de voyelles brèves. Exemples : (ia).av-Y-(payo? , qui mange des glands;

-(pôpoç, qui porte un bouclier; aTaX-a-<ppwv, qui a la simplicité d'un enfant; 7?oXi-a-v<jp.oç , magistrat municipal dune ville. Les radicaux de ces mots composés sont [iaXavo, à.er.'.t, izTaXo, tcoXi.

L’a bref sert quelquefois aussi de voyelle de liaison. Exemples : roâ-a-vi-TTi'p, bassin pour laver les pieds ; y.uv-a-pia, mouche qui attaque les chiens \

1. Ou plutôt ces thèmes gaulent leur formative verbale. Voy. ce que nous avons «lit plus haut, p. 4 24, note 3, et p. 359, «le la voyelle initiale «le la dcsinence «les verbes en «a.

2. En prose, on «lit plus ordinairement xuvôj/uia. Dans ttoî»-

Remarques. C'est surtout chez les poètes que les voyelles de liaison z , a, se rencontrent fréquemment.

Un certain nombre de mots neutres en o;, so;, s’adjoignent, dans les composés, ù la place de leur suffixe, tantôt un z, tantôt un o. Ainsi l’on dit ijup-r- -çôpo;, et £up-<>-<popo;, qui porte un glaire, etc. — Remarquez la forme poétique (be^e-vMpopo; (pour fie'X-z- -cp'jpo;', qui porte des flèches.

L’a sert souvent de voyelle de liaison après les noms de nombre : éx-r-a-^ax-nAo; , qui a huit doigts; s'-a-'TT’Ao; , qui a six colonnes; eixoa-a-e-rzî , qui dure vingt ans ; , né le septième jour, etc.

3° i (ci, ai, 01).

L’i joue le rôle de voyelle de liaison après quelques radicaux de verbes et de mots déclinables, surtout après des noms qui appartiennent à la troisième déclinaison. Exemples : àpwtpT-î-vooî , qui a F esprit égaré; 'XaÔ-î-TCovoç , qui ouf) lie les fatigues; àpy-i-puaoç, premier mime (d’apyto, primer ); aiy-i-êà- Tzç, qui a des pieds de chèvre ; x.aXX-1-^wvoî, qui a une belle ceinture; àpy-i-xépauvoç , qui a la foudre étincelante; [rjTT-i-roVj; ', qui célèbre les mystères , etc.

Remarques. 1° Dans les composés dont le premier terme est le radical d’un nom neutre en o?, eoç, et se

-vi7rcr,p, on pourrait regarder le premier terme comme un accusatif régi par le radical verbal qui le suit (voy. § 287).

1 . Quand le premier terme suivi d’un t est un thcme terminé par une voyelle, on peut regarder cet i comme un affaiblissement de ta voyelle finale.

: : -oigrti

termine en t<n , il ne faut considérer comme voyelle de liaison que t’i (et non les lettres e<n;. voy. § 280, Rem. 2°) r è'yyeu-i-iraAo; , qui brandit la lance; ôpe<y-i- -xoitoç, qui touche sur la montagne. — Quelquefois les poètes redoublent le a : opect-si-vdpwç, qui vit sur les montagnes.

2° Quelques thèmes nominaux gardent devant l’t leur voyelle finale : ôpa-êaT r,; , qui parcourt les montagnes ; o&owiTOpo; , qui va sur les chemins , voyageur ; p.Ecat-wî'X'.oç , à moitié blanc. — Quelquefois l’e ou l’a qui précède l’i n’appartient pas au thème : etv&p- -et-'povi r,;, homicide ; îf)-ai-yevr^ , légitime , etc.

3° U y a aussi quelques composés dans lesquels des adverbes sont joints au mot qui les suit au moyen d’un i. Exemples : fia^-t-Aoyoç, qui parle en vain nux-t-pi^yfi;, prudent (de irtix-a, prudemment)',

-yovoç , né tard.

C’est surtout après des thèmes verbaux que s’insère la voyelle de liaison s. Exemples : •ày-é-'irpaTo; , qui conduit les armées ; àxstp-e-xdp); , aux cheveux non coupés ; (pep-é-itoT-i; , qui soutient J état ; &ax-s-6ujxop, qui ronge le cœur; IX-é-v a;, qui fait périr les vaisseaux ; «poê-é-arpaTo;, qui épouvante les armées, etc.

Remarques. 1° Dans quelques-uns de ces composés, on peut considérer l’s comme appartenant au thème verbal1 : par exemple, dans yoGé-a-rpono;, qui a

1. Cette remarque peut même s’étendre à tous les verbes en io, puisque la voyelle initiale de la terminaison est dans toute cette classe de verbes une lettre formative. Vuy,. p. 124, note 3.

pour premier thème le radical de ço^e-w, épouvanter; dans £*xt-Ô'jao; , où Stai est le thème de $axeîv (Saxé-eiv), aor. 2 de ^àx(vw), mordre.

2° Il est très-rare que des radicaux de noms ou d’adverbes soient suivis de la voyelle de liaison t. Cependant on dit wyy-é-pxyoç , qui combat de près „ (d’ay/i, auprès ); Aeye~7coi7!, tjrnt offre un lit de gazon (de Xé/oç , lit). Ar/e est peut-être pour Aeyw- (voy.

§ 280, Rem. 2°); dans ce cas, l’e ne serait pas une voyelle de liaison.

3° oi (toi, to, o, ot, oo).

I. Comme nous l’avons dit plus haut, la plupart des thèmes verbaux 1 se joignent au mot qui les suit au moyen de la syllabe de liaison et. Devant cette syllabe le thème verbal a souvent la même forme que devant la désinence du futur actif (ow). Exemples : tozo- -oi-vooo;, qui guérit les maladies ; ^.Yr.-aî-Aaxo; , qui se soucient du mal, vindicatif; xputj/i-vooç , qui cache sa pensée; ÔeA^i-'ppwv, qui charme le cœur ; tyef-oî-ye'Xwç, qui excite le rire , etc.

Remarques. 1° Quelques thèmes verbaux font précéder oi d’un £, qui tantôt est une voyelle intercalée, et tantôt peut être considéré comme appartenant au thème de l’aoriste second. Exemples : rv/y-eGi-fAaAAoç, qui a une toison épaisse ; eupe-oi-xaico; , inventeur ou auteur de maux, etc.

\ . Aux yeux de M. Bopp (voy. Gr. cnmp., § 963), et les raisons qu’il donne sont assez solides, ces radicaux, qni paraissent appartenir à des verbes, sont plutôt des thèmes nominaux. Dans ce cas, les syllabes ot, oi, etc., ne seraient point des lettres intercalées, mais la partie finale du thème. .

' 2° Ou trouve aussi en composition quelques thè-

mes nominaux suivis de ei. Exemples : vau-ffi-iropo;, qui fait un trajet en vaisseau ( par mer). — Quelquefois le e se redouble : iro-cat-xporo; , frappé avec les pieds ; x7ip-ed<ri-<pôp7)To; , amené par les Parques. Voy. § 284, Rem. 1°, et § 287.

3° L’i s’élide souvent devant les mots qui commencent par des voyelles. Exemples : âei-<r--4vwp, qui redoute les hommes ; èpu-ff-apjxaxoî, qui traîne un char. Cependant on dit Aïî'i'-apyo; , lexiarque , etc.

Il ne se supprime presque jamais devant les consonnes : <pepéd-€io; , qui donne la vie.

II. Un petit nombre de thèmes verbaux remplacent 5i, les uns par go, les autres par et. Exemples : îeu-ffo-iroiô; , qui teint (de àtu-w, teindre); |xi£'>-ëâp€apoç, à demi barbare (de [xiy-vujxi, mêler ) ; ittp-eé-xoki;, qui ravage les villes (de xt p6-a> , ravager) ; âxïp-xe-xdpiç, aux cheveiuc non coupés (de xtip-tu, tondre).

Le radical de <rrpéç(<i>), tourner , est suivi tantôt de ai, tantôt de et , et tantôt de go : GxpeiJu-ixaW.0; , qui a la toison crépue ; axpe^e-àive'w, faire tournoyer ; oxpeij/o- -àixetü, chicaner.

Remarques. 1° Dans tvciXi-ggc-vo'ixo; , qui régit une cité t le radical de TtdXi(ç) est joint aussi au mot qui le suit, au moyen de la syllabe ao. Le e est redoublé comme dans xro-oai-xpoxoç.

2° Devant le substantif (ipoxci; , mortel , on a quelquefois inséré, après la voyelle finale du premier terme, un fx attiré par le fi *. Exemples : [xi^ô-fx-époxa;,

i . C’est au contraire un fl qui a été attiré par la liquide |x dans le second ternie du composé |xtG-i)p6pîa (pour |xtj-r,|«pia), le milieu du jour { comparez àvôpôç, pour àv^poç). Théocri te (VII, 2t) a dit ixemifxsptoi;, dans le sens de ixï<n)u6pivo<.

de la Formation des mots

à demi homme ; et de même, Tc7e«jT<S-|A-€poTo ç, qui renferme beaucoup d'hommes

III. Un petit nombre de thèmes nominaux se joignent parfois au mot qui les suit au moyen d’un a, qu’on pourrait regarder comme une désinence de cas (voy. § 287). Exemples : ^lou-àoToç, donné par Jupiter ; Ôeou-^oto ç, donné par Dieu; éw<i-<popoç', qui apporte la lumière ; èuojj-itôlot;, qui rend la justice ; Ôeiiia-xpécov, qui gouverne avec justice; — Dans 6 é<r- -<P«toç*, prononcé par les dieux, une partie du radical a été supprimée devant le a (voy. § 288).

Liaisons exceptionnelles .

qui a de la sagesse, a pour premier terme l’accusatif de voù{ (voy. § 274, 4°). Dans vewc-oixoi, chantier maritime (littéralement maisons de vaisseau), vewî est le génitif de vaùç.

1. MiÇô|i6poTO? est dans les Suppliantes d’Eschyle (369), et irXeurnipiêpoToi; dans Pindare ( Olymp . , VI, 116). Il y a aussi de bonnes éditions des Choéphnres d’Eschyle qui ont au v. 362, Wiiuëpoiroç, pour uEiffîpp jTo;, qui persuade les hommes.

2. Voy. ce que nous allons dire , au paragraphe suivant, au sujet des cas dans les mots composés. Ces compositions grecques comme 0ioer-8oîot 6é«-<p*T0i: (pour 6tô;-yïto0, etc. , pourraient aussi être considérées comme des formations analogues à celles que nous trouvons dans la langue zende, qui met ordinairement au nominatif singulier le premier terme du composé (voy. la Gr. Compar. de M. Bopp, § 971). Dans êiod-ootoi;, 8iéç paraît être au geniLit, comme probablement aussi 8i x»î (pour î(jaj<) dans Sixai-itoXoî. Quant à eux;, dans iuxi-ïopoç, son a fait probablement partie du thème (voy. § 189, note 1).

Ah»

Ou peut de même considérer comme des datifs singuliers, ou comme des locatifs, quelques-uns des thèmes nominaux qui sont suivis de la voyelle i, par exemple : vuxTU7îdpo;, ôpsi-éamç, é^oi-irdpo; ; comme des datifs pluriels, quelques mots en <n : vautri-itdpoç, vau- -<H-êaT7iî, xTipeaai-çdpnToç ; comme un génitif singulier, Aid;, dans Aioc-xopoi, Awo-xoupoi ; comme un accusatif singulier, le premier terme de iroâa-vnrrr[p, et enfin comme un génitif singulier ou un accusatif pluriel $(- )ia(, dans àix.ao-m'kQç.

Radicaux apocopés, etc.

Un certain nombre de radicaux terminés, pour la plupart, par la muette tou par la liquide v, perdent, devant le mot qui les suit, leur dernière consonne, et quelquefois même la voyelle qui précède cette consonne. Nous avons déjà remarqué plus haut, § 282, Rem. 1°, que celte suppression avait lieu fréquemment pour les noms neutres en pcc, fAavoç, et qu’ils remplaçaient ordinairement leur a par un o. Exemples :

1 “ Radicaux terminés par un t : aip-o-êaiprlç ( pour alfiÆT-o-éaçYfç), teint de sang; <tirep|A-o-Xdyo$ (pour crrrepji.aT-0-^dyoç), qui ramasse des grains ; cwp.-acxé w (pour Gtop.aT-aTxéio ‘j , exercer le corps ; 6vo|/.a-ÔeT r,ç (pour àvop.aT-o-6énriç) , celui qui impose un nom ; âppwt-Tpc%«i (pour âpfraT-o-Tpoyia), ornière ; (jtelt-cpdoyyoç (pour p.eXiT- -d-çôoyyo;), qui rend un son doux; 6ep. i-ttXsxto; (pour

1. Ztopoaxs'o) est dérivé d’un thème déclinable, virtuellement" existant. On ne dit pas awpaffxvfc, mais

ÜêjAicT-o-rXexToç ) , tissu régulièrement ; Txv-àat<j(a ' (pour 7rav T-o-S«i<7t«), festin complet ; (pour

&eXeaT-apictxl; ) , qui happe l’appdt; >,eô-ir^pào; (pour >.ïovT-o-7îap^o;), léopard , etc.

2" Radicaux terminés par uu v : àxptfr-OtaiK (pour àx[/.ov-o-9&Tvi;), billot de t enclume ; xpêunro-Texvoî * (pour xpeiijaov-o-Ttxvoî), que ton préfère à ses enfants ; [teio- -çpwv(pour jj.etov-o-'ppcov), insensé; pt,eX-av07i'ç (pour pieXav- -avôrlç), qui a une fleur noire, etc.

3" Radicaux terminés par des consonnes autres que v et t : ■pvai-pi.av7i; (pour yuvaw-o-jJiavTfo), qui est fou des femmes ; -pjv-xvSpo; (pour yuva£x-xv£poç) , homme efféminé; (d’èXs7i£w, f. i\€kd,ui) , qui se-

coue la terre, etc.

4° Radicaux terminés par une voyelle : xpaTat-ireào; (pour xpavaio-itE^o;), qui a un terrain solide; (w-ypaça; (pour ÇûiO-ypwpoç), peintre; tvap-çopo;’ (poursvapo-çôpo;), qui remporte des dépouilles ; ^a-ôupto; (pour païô- ou p-flïo'-Û’jao?) , d un esprit facile , insouciant ; (et-àwpo; (pour (s La- ou (Ei.-ô-(ïwpo;), qui donne du blé, fertile , etc.

Les prépositions irapa, àva, xa-râ, perdent aussi quelquefois leur voyelle finale (voy. plus haut, p. 447, note 1 , et la Grammaire grecque de M. Burnouf, § 174, IV).

5° 11 y a des apocopes encore plus irrégulières.

1 . Le radical **v, bien qu’il ait perdu la dernière consonne, est cependant suivi de la voyelle de liaison o, dans itavoupyo; (pour Trav-d-sp-yoi;), capable de tout faire, scélérat.

2. Le mot xpsKjnôtexvo; se trouve dans Eschyle ( Theb ., 784), mais on le regarde comme douteux.

3. Epithète d’Arès ou Mars, dans Hésiode (Seul., 192). D’autres lisent évapoipopLx;. Voy. Buttmann, Ausf. Gramm., § 120, Anmerk. 11.

‘'UfAt'ïu;, par exemple, perd presque toujours sa dernière syllabe : demi-pied; xeXai-vtijnis, qui a

de noirs nuages , est pour xeXaivo-ve<pv]; ; y.'.ai-<povso) , se souiller par un meurtre, pour puaivo-ipoveM ; àXg-xpavov, tête ou pointe du coude , a pour premier terme ôXévvi, coude; (iXaff-ipzaêw , médire , paraît être composé de pX«7r«o et de <pvf pt-vi (probablement pour (3XaiJ«'p7|tzêV , etc. — Meya; nous offre en composition, tantôt le radical du nominatif (j/.sya), tantôt celui de la plupart des cas obliques (pieyaXo-) : ainsi I on dit jxtya- -aôev/iç et f/.eyaXo-<ï9£V7);, qui a une grande force , etc.

6° Nous ne parlerons pas des radicaux qui subissent, non pas une apocope, mais une espèce de mutilation intérieure , comme xép-Toaoç, qui paraît être pour xiap- ou scvjp- tojjio; ; àXX-vfXwv , qui est composé d’aXXo; répété, etc. C’est parfois l’euphonie cpii détermine les suppressions et altérations de ce genre.

C’est aussi par euphonie que l’on a dit Ut-yt ip£a, trêve, pour iyt-ye ipta. Le y du radical d’ey w) s’est changé en *, afin qu’il n’y eut pas deux syllabes de suite commençant par des aspirées.

Remarquez encore l’influence qu’exercent quelquefois les voyelles aspirées et la liquide p (p) sur les consonnes qui les précèdent, ou même sur celles qui les suivent : par exemple, dans (ppoOàoç, qui est pourirpo- -o&oç; dans TeÔp-uïiroç, TsOp-éospov, qui sont pour Tevpâ- -ïittto;, T£Tpa-YijAepov. Le i. et le t ont été changés en ç et en 6, par suite de l’influence des voyelles aspirées 6, î, ii, et peut-être aussi par l’influence du p (comparez les suffixes xpa, Ôpa, Tpov, 6pov, §§ 160 et 164, et (ppoîjiiov, <jui est pour irpo-otjziov). C’est probablement à l’action de cette même liquide qu’est du le (p de vmep-

-cpva>.oî, immodéré, violent, qui parait être pour ’n repêi'a^oç (de fli'a, force, violence).

Allongement des voyelles initiales.

Lorsque, dans un mot composé, un terme non initial commence par une des voyelles a, e, o, cette voyelle s’allonge ordinairement : a , e se changent en r; o, en w. Exemples : àv-iîvsjy/>ç (pour àv-avepioc), sans vent, à F abri du vent; àvîp-^axr,; (pour àv^p-e^a-mç), qui chasse les hommes ( de leur patrie ) ; inr-rpé-nriç (pour Cnr-epeTYiî), rameur ; aiy-toV’jÇ (pour aiy-ovu!;), qui a des pieds {des sabots ) de chèvre.

Mais cette règle est loin d’être générale. Ainsi l’on dit cuy-sXaTr; , qui chasse les chèvres , chevrier ; à<jTepy-âvfc>p, qui hait les hommes ; âv-o&oç, chemin montant, etc.

L’allongement a pour objet de bien marquer où finit le premier mot, de relever le commencement du second, quelquefois aussi d’empécher le concours d’un trop grand nombre de voyelles brèves.

De la forme des verbes composés.

Parmi les verbes composés, ceux qui ont pourpremier terme une véritable préposition, un préfixe (si;, sir 4 Svü, etc-), sont ou primitifs ou dérivés, plus souvent primitifs : âia-xpè/oi, àia-àpopiw, courir à travers.

-Ceux qui ont pour premier terme un autre mot qu’une préposition, sont, à fort peu d’exceptions

près, des verbes nominaux, c’est-à-dire dérivés de mots déclinables Ils se terminent, pour la plupart, en c'b>, ou en £«, plus rarement en a£w, au, a£v<>>, eut», ou. Exemples : àêXeirTéa», ne pas voir, d’â-êXeTmiiç, qui, ne voit pas ; aù-rop-ctT^w , a^/'r spontanément, d’aù-ro- -jiaro;, spontanémen t ; oivoiroTaÇw, Æo/re rfu

WB, d’otvo-TCÔT7i? , buveur de vin ; xaxo^aijAovâw , être poussé par un mauvais génie, de xaxo-^at g.tov , qui a un mauvais génie; $ua6up.a£vu , perdre çourage , de £d<j-6ui/.oç, découragé ; aiy p-aXwxeuw, faire prisonnier de guerre, d’aè/jA-ocXwToç, />rw « la guerre; àxupdu, an nuler, d’a-xupoç, annulé.

Très-rares sout les verbes comme côiOecffw, nétre pas accoutumé ; âiuvu<i<itd y manquer de prudence ; et tout à fait exceptionnelles des formations, comme à- r£w (poétique pour axi^u, mépriser ; à-jxefpa», priver [île sa part )

En général , il faut considérer la composition comme ayant précédé la formation du verbe; et les verbes qu’on appelle composés ne sont pas, à proprement parler, des composés, je veux dire le produit d’une composition immédiate, mais des dérivés de mots composés (voy. § 297).

Quelquefois on ne trouve pas dans la langue les mots d’où sont tirés ces sortes de verbes ; mais on peut en général leur supposer des primitifs dont la formation, bien qu’ils soient inusités, serait trèsrégulière. Nous avons eu souvent l’occasion de re-

t. En sanscrit, en latin et en allemand, la particule privative ne précède non plus que des verbes dérivés. Aussi M. Pott (Etym. F., II, p. 127), considère- t-il l’i d’àpclptu comme tenant la place d’im, et èrîto (Théognis, 621) comme équivalent peutêtre à àno-npati), plutôt qu’à àn-(JLaiG). ,

marquer, dans le chapitre 2, que les mots qui servaient de transition pour former d’autres mots , n’existaient parfois que virtuellement.

Page 1