‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 111 sur 120 · Verbes qui ont pour primitifs des composés de · texte numérisé non relu

Verbes qui ont pour primitifs des composés de

1. Aristophane a einplojé plusieurs fois ce mot [Je., 731; Vcsp 677 ; Fi/., 1091). lYieland l’a traduit par IV nhlxeinsfüllr. et Voss par Fuite des Rèiehthurus.

vt

dépendance : fi'ù.urr.qaq-tu, manger des glands , de 0a},avT,-<pa'p; , qui mange des glands ; SaxTyXo&sixT-éw , montrer du doigt , de SaxTuXo-Set'x-niç , qui montre du doigt ; aiyjAaWr-ewo, at^ptaWr-^u, faire prisonnier , d’aijtpxxWroî , pris à la guerre, etc.

3. Verbes qui ont pour primitifs des composés possessifs : sXeo0£po<jToiu-£w, parler avec liberté', d’éXeo- 9e po-cTo ao; , qui parle avec liberté (littér. qui a la bouche libre)’, âaôev-ow, affaiblir, d’a-dbvyft, faible (littér. qui n’a pas de force) ; xKxoSaipwv-scw, avoir un mauvais génie, être poussé par un mauvais génie , de xaxo-âaijiwv, qui a un mauvais génie, malheureux, etc.

Dans les verbes ainsi formés, la désinence verbale signifie je suis, plus rarement je fais, je rends ; et le composé déclinable joue le rôle d’attribut , rarement celui de régime direct : èXe>.i6tpo<TTO|A-£o>, je suis ayant la bouche libre; aiyjAedur-ewû, je fais prisonnier de guerre.

Des particules, et principalement des adverbes composés.

I. Dans l’état actuel de la langue, on peut aussi considérer la plupart des adverbes composés comme des mots de seconde formation. Ils viennent , soit de mots déclinables, soit de verbe? composés. Exemples : àup-t , intempestivement, du composé possessif a-topa; , intempestif ; vouvi^-wç1, sensément,

i. Il ne faut pas oublier toutefois que les finales i, wç, etc., étaient, dans le principe, des désinences de la déclinaison, et non des suffixes de dérivation adverbiale, et que, parconsé-

de vo'jv-s^yiî , sensé (ayant du bon sens)-, ûitep-6>.ïi'^r,v, avec excès , de ûite p-SaXAw; cuvo-yyiàov , eu resserrant étroitement, de <r uv-oyéw, etc.

Quelquefois le primitif de ces adverbes n’est pas usité. Ainsi l’on ne dit pas ôvo|x.axaWc>>, et pourtant l’on a formé de ce verbe ovopta-xAvî^v , nominativement.

II. Sont des mots de première formation, c’est-àdire non dérivés : 1 0 les adverbes qui se composent de deux mots indéclinables, ou qui ont au moins pour terme final un mot qui, même isolé, serait indéclinable. Exemples : èiu-irpo, à une grande distance, èm-icpQGtitv, par-devant, aùxo-^a$, avec les dents même , en mordant , etc.

2° Les conjonctions composées. Exemples : liru-H, iiwvSav (tirsi-àt-av), puisque , quand; iwfrt, parce que ; &î-irep, comme; piv-vot , cependant ; où-Sé , p.vj-5^ , ni, etc.

Sur les mots composés.

Les grammairiens indiens ont divisé les composés en six classes. Nous en avons indiqué quatre (voy. § 292); les deux autres sont les composés collectifs et les composés indéclinables. Voici quelques exemples des diverses classes, en sanscrit, en latin et en allemand. Ils montreront que, pour la composition

quent, les mots àwpf, vouvr/ôii;, si nous remontons à leur origine, sont plutôt des cas que des dérivés des adjectifs Aupoi; et vw-

des mots, il y a la même ressemblance entre les quati e idiomes que pour la dérivation*.

I. composés de juxtaposition, {que la grammaire sanscrite nomme dvandvas*; voy. § 296).

Il y en a de deux sortes : 1 ’ ceux dont le dernier terme prend la désinence du duel ou du pluriel (du duel, quand il n’y a que deux termes combinés, qui, par leur sens, sont tous deux au singulier; du pluriel, quand il y a plus de deux termes, ou que l’un des deux termes, lorsqu’il n’y en a que deux, est au pluriel); 2° ceux dont le dernier terme prend la désinence du singulier neutre. Cette seconde forme est habituellement celle des combinaisons de noms abstraits, de certains noms d’animaux inférieurs, de noms des membres du corps , et des énumérations d’objets inanimés en général*. Exemples : harihardu,

1 . Nous rangeons ici les diverses classes de composés, comme fait aussi M. Bopp ( Gr. compar., § 972 et suiv. ) , dans l’ordre suivi par le grammairien indien Vôpadêva, que nous citons dans la note 3.

2. Voy. Pânini, II, 2, 29. Le mot dvandva est un redoublement , avec insertion d’une nasale , du thème dva, qui signifie « deux » .

3. Les grammairiens indiens distinguent très-bien, et par leur nature même, ces dèux sortes de composés : Itarctarayôgé ca samâhârê ca cô dvidhd , « le dvandva est de deux espèces, (la \ ", dans le cas d’union mutuelle, (la 2") dans le cas de collection »•. Quand deux personnes, ou deux êtres de nature supérieure, sont réunis, il y a en effet relation mutuelle, et pour marquer que chaque partie compte et a son rôle, son importance dans le mot, la désinence du duel ou du pluriel constate la dualité, la triplicité. Dans une réunion de choses inanimées, au contraire, il ne s’agit que de marquer le tout, l’ensemble, et c’est ce

(au nomin. duel), « Hari et Hara » , c’est-à-dire « Vishnu et Çiva »; Btahmdcyutéçdh (au nomin. plur. ), «Brahma, Atehyuta et Ica», c’est-à-dire « Brahma » (et encore sous d’autres noms) « Vichnu et Çiva » ; anna-pdnarn, « nourriture et boisson » ; ajâvi-kam, « chèvres et brebis » , de aja, « chèvre » (aï^, aiyoç), et «<</, «brebis» (ol; , ovi-s) : il y a dans ce dernier mot dérivation, en même temps que composition ; le suffixe ka rend plus abstraite encore l’idée du collectif. ' .

On peut aussi réunir en un seul mot des adjectifs coordonnés. Exemple : adharôttara , « inférieur et supérieur», composé d 'ad/tara, «inférieur», et uttara « supérieur».

Nous avons vu (§ 296) quelques noms propres réunis plaisamment en dvandvas par Aristophane ; mais il n’y a guère que le sanscrit, et peut-être jusqu’à un certain point le Zend1, qui emploient régu-

que fait le genre abstrait, le neutre. Cette distinction montre combien la langue est logique, et l’on voit dans la règle de Vô|>adèva (cli. vi, 4) que je viens de citer, avec quelle précision les grammairiens indiquent la vraie nature et la raison des choses. Il y a dans l’énoncé de Cette règle un autre fait digne d’être relevé dans un Traité de la formation des mots. L’avant-dernier mot cô (changement euphonique pour ca-s) est le terme technique par lequel Vôpadèva désigne le dvandva ou composé de juxtaposition. Or ce mot n’est autre chose que l’enclitique ca 'répondant au grec tî, et au latin que ), dont il fait un thème déclinable, en y joignant les terminaisons de cas. Il serait difficile de trouver un terme qui rendît mieux la nature du composé dvandva, dont les parties sont liées en effet par le rapport de coordination que marque la particule ca , en latin que, et : cdrthé (pour ca arthé) dvandva/i (s. e. samdsah ), dit Pânini. II, 2, 29, « le composé dvandva est dans le sens d’et ».

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