‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 115 sur 120 · Ibid, I · texte numérisé non relu

Ibid, I

182 UE LA FORMATION DES MOTS

Gross-vuler, «grand-père», etc.; hoch-deutsch, «hautallemand »; Hoch-wildy «gros gibier», etc.

Les poètes font un fréquent usage de ces sortes de composés. Goethe a dit, par exemple, über-glïicklich, «supérieurement heureux, plus qu’heureux », Übermensch , «qui est au-dessus de l’homme» (compar. surhumain) ; tV under-rnann , « homme merveilleux »; et Schiller, mil Wunder-armen, «avec des bras merveilleux, tout-puissants», schôngestulte pour -gestallete Glieder , «des membres bien formés». On emploie très-souvent aussi, tant en poésie que dans le langage familier, les adjectifs à signification comparative, dans le genre du sanscrit ghana-çjdrna, «noir comme un nuage», que nous avons cité plus haut. Exemples : kohl-schwarz , « noir comme du charbon»; hifd-sc/iôn, «beau comme une image»; schnee-weiss , «blanc comme la neige»; spiegel-hell , «clair comme un miroir»'.

i. Ces divers adjectifs, déterminés au moyen d’une comparaison, se trouvent, avec une infinité d’autres du meme genre, dans les Kinder-und Hausnuirchen des frères Grimm. Il y a plusieurs exemples du même genre, à la suite les uns des autres, dans les vers suivants de Schiller :

Deine Seele, gleich der Spiegelwelle ,

Silberhlar und Sonnenhelle ,

Maiet noch den trüben Herbst um didi.

Mot à mot : « Ton âme, semblable à la vague-miroir, claire comme l'argent, brillante comme le soleil, change encore en mai (en printemps) le sombre automne autour de toi. » Rapproches le verbe maien , dérivé de Mai, « (mois de) mai » , des verbes anglais que nous avons cités à la fin du § 19 bis. On trouve dans le vieux français un dérivé formé, d’une manière analogue, du nom d’un autre mois. Le mois d’août, /'oust, ToAl désignait la

Un autre composé déterminatif allemand , qui est souvent d’un usage fort élégant en poésie, est celui qui se forme en ajoutant le suffixe du participe passé à un substantif ; breit-gestirn-te Schaaren, a dit Schiller, dans son Chant de la cloche , en parlant dés bœufs : «les troupeaux au large front;» c’est une élégante traduction de reùpupuT&mo; d’Homère (//. , X, 292). ,

Remarque. Iæs verbes combinés avec des prépositions ou des préfixes sont aussi de véritables composés déterminatifs.

1® Exemples sanscrits : pra-dd, «présenter, livrer » ( pvr-rigere , pro-dere), de dd (àt-àu-pu, da-re ), «donner»; ava dhd, «déposer» ( deponere ); antar- -dhd, «(interposer) poser entre, cacher», de dhd (t£- -(bi-|/.i), «poser».

2® Exemples grecs et latins : â|A<pt-ëoav(ü, Trepi-éai'vw, aller autour , environner, circumire ; irpo-êaivw, aller devant, præ-ire; avancer , progredi.

3® Exemples allemands : aus-gehen , «aller dehors, sortir»; ein-gehen, «aller dedans, entrer». Quelquefois, en allemand, le même verbe sert pour deux préfixes : ein-und aus-gehen , «(aller dedans et dehors) entrer et sortir».

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