‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 38 sur 120 · Le suffixe «vov, joint à des thèmes verbaux , forme · texte numérisé non relu

Le suffixe «vov, joint à des thèmes verbaux , forme

des substantifs, qui sont pour la plupart des noms d’instruments. Exemples : yXûip-avov , outil /mur sculpter , de yXv«p(ti>), sculpter ; àperc-avov, faux , de $p£ir(w), faucher.

L’e de la racine ou du radical se change ordinairement en o. Exemples : ôpy-avov, instrument , d’ipy, radical d*£py(ov) ouvrage , et de plusieurs temps d’tp^(oj) , faire; £ô-avov, ouvrage sculpté de ;e(<»), gratter ; roir-avov , sorte de gâteau , de 7t^tc(tcii) , cuire , etc.

Remarquez le a intercalé dans Xe^ccvov (XEiir-ffavov), reste , de îtin(fo') , laisser , et dans o^avov (oir-eravov), vue, d’oie, radical d’offcopat, voir ; le changement de x en y dans -nfy-avov, poêle à frire , de r/fx ta), fondre.

II. Le suffixe n’est point précédé d’a dans vex-vov, fie Tîx(eîv), enfanter ; $eùt-vov, souper , qui paraît avoir la même racine que &Eir(aç), coupe, etc.

Il est précédé d’un p dans {ÎÉXe-pvov, flèche, de ( ’ii- Xoç (géil. (k'Xe-o;), trait, et dans xp7$£-pvov, bandelette, de xp*î, tête, et &(«), lier.

III. Un certain nombre de noms de plantes, qui sont presque tous d’origine.obscure, se terminent en vov, avov, ivov. Exemples : ûà-vov, truffe ; ôpiy-avüv, origan ; xup-ivov, cumin, etc;

vos, (y)), ov. — vo«, gén: vou (avoç, ivoç, nvo(, evvo;, >jvoî, ojvck).

I. Ce suffixe se combine avec des thèmes verbaux , pour former des adjectifs, qui ont , pour la plupart , un sens passif. Exemples : TEpir-vo;, agréable, de T£pic(wj, réjouir ; cxuy-vô;, odieux, de «rvy, ra-

J2fi - DE LA FORMATION DES MOTS

cine de rrvy-&» (aor. "2 ï^Tuy-ov), haïr; -voç, redoutable, de &8î(oat), craindre.

Remarques. 1 0 Les labiales p et «p de <df(o[icu), vénérer, et d’gp«<p(w), couvrir, se changent en la nasale des labiales, p, daus «p-voî, vénérable, et ipe|A-vo;, obscur. — Le P de cruê(u), luire, se change en la forte w dans otv^iï-voî, luisant.

2° Ku^-yoî, illustre , ne parait pas venir d’un radical ver bal, mais de la racine de gloire. —

enfantin , se rattache soit à iraîç (gén. itaiâ-ô;), enfant, soit à jouer.

3° Ce suffate termine aussi quelques adjectifs et quelques substantifs de formation obscure, tels que yup-vc*, nu; wpjfA-vo;, qui est à l extrémité ; xam-yk’, fumée, etc. • ;

H. Dans un certain nombre d’adjectifs, le suffixè voî est précédé d’un a. Exemples : ix-avo«, suffisant, de txA. >), aller ( atteindre à; cf. ixâvw); mô-avdî, persuasif, de im6(to), aor. 2. -ru&(eîy) , persuader , etc.

Remarques. 1“ Des verbes cxiffw), couvrir, et <jtu- •y üv), haïr, on dérive à la fois <rrty-vdç et <my-etvo<;, couvert; oruy-vo; et axuy-avd;, odieux. • .

2° Dans «y <x-v<k, agréable, Y* parait appartenir au thème verbal d’aya(pai), admirer , être charmé. — Dans ay-avoî, cassant, d’ay(vup), briser , il fait partie • du suffixe.

3° L’adjectif démonstratif exet-vo; , xeî-vo; (éol. xtô- voî, dor. tâ-vd;), celui-là, vient d’èxîî, là.

111. Le même suffixe, précédé d’ a, forme un grand nombre de substantifs, qui sont presque tous d’ori-

1 K»*vx, fumée, a très-probablement la même origine qn* x«* -«*, i ouf fier,

gine obscure. Exemples : yép-owoç, grue; p«X-*vo;, gland. Dans ôu-savo? , frange , le suffixe pourrait être cavoç, car ce mot parait se rattacher à 0v(»), être agité. - ,

IYr. Combiné avec des thèmes nominaux et précédé d’i, le suffixe voç forme un grand, nombre d’adjectifs, qui expriment la matière. Exemples : «hç0ép- -tvoç, de cuir , de &t<p0£p(a), cuir ; x/fy-wo;, de cire , de' jonpfo'ç), cire ; xep»r-ivoç, de corne , de xtpaç, corne.

rXaûx-ivoç et os(pv-ivoç sont des formes poétiques, synonymes de yiaux(oç), bleu azuré , et d’ôp<pv(<f;), gris foncé. — vEv$-tvoç, intérieur , se dérive de l’adverbe tv^(ov), dedans ; ewiv-ivoç, de celui-là, d’èx*îv(o;).

V. ~lvo; (avec un accent circonflexe sur i) forme l’adjectif atyy wt-îvoi, serrés les uns contre les autres, d’ay^Mrr(oç), très-proche.

VI: Ivéî (avec l’accent sur la dernière) sert à former : \fi des adjectifs qui déterminent le temps. Exemples : i<ncep-ivd?., du soir, de i<rx(f a), soir; âep- -tvdc, d'été, de0fp(oî), été ; /eiaep-ivo;, d hiver, deytfpwp(o?), qui a le même sens ; y0e<r-tvdç, et hier, de yUt , hier;Tttf\»a-i^ôi;, de t année dernière , deitépuc(i), F année dérnière ; r/iT-wô{, de cette année, de Tf,r(eç), cette année ; 2° des adjectifs de signification diverse , tels que àv0-m<;, fait de fleurs, d’av8(o;), fleur ; àXï)0-ivdç, synonyme d’âto)0(n'ç), vrai ; iïux-ivoç, épais, de l’adverbe TOJx(a), dru, en grande quantité, etc.

VIÎ. Quand le radical du mot primitif se termine en f, cet e se contracte souvent en ei avec l’i qui précède le suffixe. Exemples : ôpaivdç, de montagne ; d’dpoç, gén. dpa(oç), montagne ;■ aiittivo;, haut, d’aliroî, gén. aïirï(os), hauteur.

Se terminent encore en uvqç , sans que le radical

UE LA FORMATION UES MOTS

> d’où ils dérivent ait pour dernière lettre un e, quelques adjectifs, tels que ttoÔ-eivo'î, désirable , de to>8(oç\ gén. -ou, désir ; eùài-eivoç, serein , d’eù^i(a), temps serein; èpax-eivo'ç, synonyme d’èpax(d;), aimable; rex- -etvoç, volatile , de •xéx(oy.ai), voler , etc.

VIII. Les poètes remplacent quelquefois ewd; par ewo;. Exemples : àpy-givdî et àpy-evvdç, synonymes d àpy(oç) , blanc ; «pa-tivdç et ça-evvd;, brillant, de <pao;, gén. çat-oî , lumière; gpeë-swdç, ténébreux , d’i'peêo; , gén. èpéÇe-o;, obscurité.

IX. Dans un petit nombre d’adjectifs, voç est précédé d’un ri , et dans quelques substantifs d’un ut, qui tantôt appartiennent au radical du mot primitif, et tantôt sont insérés entre le radical et le suffixe. Exemples :

1° Xxpi-voç, mur, d’âxpf, le plus haut point, maturité; 7MT-7)vdî, volatile, de 7rtT(ou.ai), voler ; û-ï|vo';, de porc, de u(ç), porc; ■ .

2° Tl-wvdî , petit-fils, vient de ui(dç), fils. Dans xoivü)v-o{ , synonyme de xoivwv , compagnon , et jieXe- Xwv-oî, gardien , de (itleSiow, soin, le suffixe est plutôt q; que vdî.

voç, gén. vto? (voy. § JÉ9j. • .

Ce suffixe est rare. 11 forme les substantifs xxt)-vo«, possession, de xxà(ou.ai), posséder ; xépu-vo; , terrain séparé, de xeaeîv (xsu.s-aiv) , aor. 2 de xtpLvw, couper, et probablement aussi &x-vo;, don , qui parait se rattacher à $o, radical de jtôcopù, donner.

oio, gwi. oîa;, voy. la, § 84.

oio<, oi«, oiov, voy. io<, i*, tov, § 94.

ov, gén. ou (voy. § 130).

I. Ce suffixe, qui n'est autre chose que le neutre du suffixe oç, de même qu’a, z, en est le féminin, sert à former : 1° le neutre des adjectifs en o Exemple : masculin «cyaô-o;, neutre à-pxH-ov, bon;

2° Des substantifs neutres, qui different, tantôt par la désinence seulement , tantôt par la désinence et par le sens, quelquefois aussi par l’accent, d’autres substantifs masculins (en o«) ou féminins (en a). Exemples : -kKvj o-«, irtaup-ov, côté ; yaui-oç, ■yaîff-ov', sorte de lance ; aÔ/.-o? , combat, aOX-ov, prix du combat , etc.

On distingue parfois, au moyen de cette désinence ov, le nom du fruit du nom de l’arbre qui le porte. Exemples : oôti-ov, poire, art-o;, poirier ; spive-ov, figue sauvage, tpive-o';, figuier sauvage ; xapo-ov, noix, xap«-«, noyer. — Rapprochez encore è"Xai-ov, huile , d’&at-a, olivier, olive , et d’êTXat-o;, olivier sauvage.

3" Prennent aussi la désinence ov, sans changer de sens, les substantifs £âxpt>-oy, synonyme de àaxpo, larme , et jîdrpu-ov, synonyme de {&*pu(ç) , grappe.

De 77eXex(uî) , hache , on a formé 7tD.*xxov, manche de hache,

4° Quelques substantifs qui, comme mots simples, ont la désinence masculine o? ou appartiennent à la troisième déclinaison, prennent en composition la désinence ov. Exemples : Si-o'êo>.-ov , pièce de deux

I. Mot gaulois ( gtes-tini , dans César, de B. G., III, 4). On trouve^ dans les ' dialectes eelti<|ues ceis, cnir. Comparez h. allem. kér.

230 DK LA FORMATION DES MOTS

oboles , de <5tç , deux fois , et d£o>-o ;, obole', aeTaypev- -ov, r/ay, de [X£Ta, après , et <ppv;v, péricarde , cœur.

Dans (xeuotêov, nom de la courroie qui attache le joug au timon, formé de peVdc), qui est au milieu , et de (3oùç, gén. po-d? , bœuf, ov prend la place de l’o final du radical de (io(dç).

Remarque. Quelques substantifs ont le singulier en oî et le pluriel soit en a seulement, soit à la fois en oi et en a. Exemples : «pipoç, bride , pluriel «pipa; i-oç , trait , pluriel i-oî et t-o«.

II. Le suffixe ov forme encore quelques substantifs primitifs, comme epy-ov, œuvre, de la racine ép-y, qui sert de radical à plusieurs temps d’epà-w (fut. èp£w), faire, et un certain nombre de substantifs d’origine , obscure ou étrangère, en particulier des noms de plantes, comme nodo-w, poireau , etc.

Rarement l’e de la racine se change en o, comme dans ôi|m>v, tout aliment cuit , de ê«Kw)> cuire.

o;, gén, £0Ç. — «î, gén. eoç.

Selon toute vraisèmblance , le a final de oc fait partie du suffixe, et n’est pas simplement une désinence de cas. Ce a se retranche au génitif et aux autres cas («it-t-o; est pour tn-ta- o;) ; mais , dans d’autres langues qui nous offrent le même suffixe, pous voyons le a conservé à tous les cas, et, en grec même, nous le retrouvons dans un certain nombre de mots composés, par exemple, dans exxta-n a.\%, dow-xwo; , Tï).£<j-<pdpo; , etc.

Le suffixe o;, gén. eoc, figure comme dernier élément dans un certain nombre- de suffixes composés;

sons la forme d’adjectif, son nominatif ordinaire est K* (ç, gén. eof (primitivement eor-oç).

I. Le suffixe of ne forme que des noms neutres: 1° des substantifs abstraits, tirés de racines ou de thèmes verbaux, comme yôô-oç, joie, de -pô, radical de YY!0(éw), se réjouir; é/Ô-oç, inimitié , d’?y0(w), haïr; «x-oç, remède , d’ax, racine d’àx(tou.ai) , guérir, etc. ;

2° Des substantifs qui expriment l'effet, le produit de l’action du verbe. Exemples : br-oç, parole, d'in, racine d’«is(*tv), dire ; Xay-oî, sort, part, de Xay(eîv), aor. 2 de Xayyavw, obtenir ( par le sort) ; xXd-o; , gloire , de x>i(o|iai), être connu , fameux , etc. ;

3° Quelques noms abstraits, tirés d’adjectifs, comme xâXX-oç , beauté, de x«X(dî), beau. Remarquez dans ce substantif le redoublement du X. — Dans [liy-i-ÔQç, grandeur , le suffixe est 8oç. 11 se joint, au moyen de la voyelle de liaison t, à (t*y> radical de grand; » <- ■

4° Un certain nombre de mots d’origine obscure, comme âyy-oç, urne; acyx-oç, fond , etc.

Remarque. Dans les noms qui se terminent par le suffixe oç, la racine ou le thème ne subissent aucune altération.

Page 1