Le suffixe «vov, joint à des thèmes verbaux , forme
des substantifs, qui sont pour la plupart des noms d’instruments. Exemples : yXûip-avov , outil /mur sculpter , de yXv«p(ti>), sculpter ; àperc-avov, faux , de $p£ir(w), faucher.
L’e de la racine ou du radical se change ordinairement en o. Exemples : ôpy-avov, instrument , d’ipy, radical d*£py(ov) ouvrage , et de plusieurs temps d’tp^(oj) , faire; £ô-avov, ouvrage sculpté de ;e(<»), gratter ; roir-avov , sorte de gâteau , de 7t^tc(tcii) , cuire , etc.
Remarquez le a intercalé dans Xe^ccvov (XEiir-ffavov), reste , de îtin(fo') , laisser , et dans o^avov (oir-eravov), vue, d’oie, radical d’offcopat, voir ; le changement de x en y dans -nfy-avov, poêle à frire , de r/fx ta), fondre.
II. Le suffixe n’est point précédé d’a dans vex-vov, fie Tîx(eîv), enfanter ; $eùt-vov, souper , qui paraît avoir la même racine que &Eir(aç), coupe, etc.
Il est précédé d’un p dans {ÎÉXe-pvov, flèche, de ( ’ii- Xoç (géil. (k'Xe-o;), trait, et dans xp7$£-pvov, bandelette, de xp*î, tête, et &(«), lier.
III. Un certain nombre de noms de plantes, qui sont presque tous d’origine.obscure, se terminent en vov, avov, ivov. Exemples : ûà-vov, truffe ; ôpiy-avüv, origan ; xup-ivov, cumin, etc;
vos, (y)), ov. — vo«, gén: vou (avoç, ivoç, nvo(, evvo;, >jvoî, ojvck).
I. Ce suffixe se combine avec des thèmes verbaux , pour former des adjectifs, qui ont , pour la plupart , un sens passif. Exemples : TEpir-vo;, agréable, de T£pic(wj, réjouir ; cxuy-vô;, odieux, de «rvy, ra-
J2fi - DE LA FORMATION DES MOTS
cine de rrvy-&» (aor. "2 ï^Tuy-ov), haïr; -voç, redoutable, de &8î(oat), craindre.
Remarques. 1 0 Les labiales p et «p de <df(o[icu), vénérer, et d’gp«<p(w), couvrir, se changent en la nasale des labiales, p, daus «p-voî, vénérable, et ipe|A-vo;, obscur. — Le P de cruê(u), luire, se change en la forte w dans otv^iï-voî, luisant.
2° Ku^-yoî, illustre , ne parait pas venir d’un radical ver bal, mais de la racine de gloire. —
enfantin , se rattache soit à iraîç (gén. itaiâ-ô;), enfant, soit à jouer.
3° Ce suffate termine aussi quelques adjectifs et quelques substantifs de formation obscure, tels que yup-vc*, nu; wpjfA-vo;, qui est à l extrémité ; xam-yk’, fumée, etc. • ;
H. Dans un certain nombre d’adjectifs, le suffixè voî est précédé d’un a. Exemples : ix-avo«, suffisant, de txA. >), aller ( atteindre à; cf. ixâvw); mô-avdî, persuasif, de im6(to), aor. 2. -ru&(eîy) , persuader , etc.
Remarques. 1“ Des verbes cxiffw), couvrir, et <jtu- •y üv), haïr, on dérive à la fois <rrty-vdç et <my-etvo<;, couvert; oruy-vo; et axuy-avd;, odieux. • .
2° Dans «y <x-v<k, agréable, Y* parait appartenir au thème verbal d’aya(pai), admirer , être charmé. — Dans ay-avoî, cassant, d’ay(vup), briser , il fait partie • du suffixe.
3° L’adjectif démonstratif exet-vo; , xeî-vo; (éol. xtô- voî, dor. tâ-vd;), celui-là, vient d’èxîî, là.
111. Le même suffixe, précédé d’ a, forme un grand nombre de substantifs, qui sont presque tous d’ori-
1 K»*vx, fumée, a très-probablement la même origine qn* x«* -«*, i ouf fier,
gine obscure. Exemples : yép-owoç, grue; p«X-*vo;, gland. Dans ôu-savo? , frange , le suffixe pourrait être cavoç, car ce mot parait se rattacher à 0v(»), être agité. - ,
IYr. Combiné avec des thèmes nominaux et précédé d’i, le suffixe voç forme un grand, nombre d’adjectifs, qui expriment la matière. Exemples : «hç0ép- -tvoç, de cuir , de &t<p0£p(a), cuir ; x/fy-wo;, de cire , de' jonpfo'ç), cire ; xep»r-ivoç, de corne , de xtpaç, corne.
rXaûx-ivoç et os(pv-ivoç sont des formes poétiques, synonymes de yiaux(oç), bleu azuré , et d’ôp<pv(<f;), gris foncé. — vEv$-tvoç, intérieur , se dérive de l’adverbe tv^(ov), dedans ; ewiv-ivoç, de celui-là, d’èx*îv(o;).
V. ~lvo; (avec un accent circonflexe sur i) forme l’adjectif atyy wt-îvoi, serrés les uns contre les autres, d’ay^Mrr(oç), très-proche.
VI: Ivéî (avec l’accent sur la dernière) sert à former : \fi des adjectifs qui déterminent le temps. Exemples : i<ncep-ivd?., du soir, de i<rx(f a), soir; âep- -tvdc, d'été, de0fp(oî), été ; /eiaep-ivo;, d hiver, deytfpwp(o?), qui a le même sens ; y0e<r-tvdç, et hier, de yUt , hier;Tttf\»a-i^ôi;, de t année dernière , deitépuc(i), F année dérnière ; r/iT-wô{, de cette année, de Tf,r(eç), cette année ; 2° des adjectifs de signification diverse , tels que àv0-m<;, fait de fleurs, d’av8(o;), fleur ; àXï)0-ivdç, synonyme d’âto)0(n'ç), vrai ; iïux-ivoç, épais, de l’adverbe TOJx(a), dru, en grande quantité, etc.
VIÎ. Quand le radical du mot primitif se termine en f, cet e se contracte souvent en ei avec l’i qui précède le suffixe. Exemples : ôpaivdç, de montagne ; d’dpoç, gén. dpa(oç), montagne ;■ aiittivo;, haut, d’aliroî, gén. aïirï(os), hauteur.
Se terminent encore en uvqç , sans que le radical
UE LA FORMATION UES MOTS
> d’où ils dérivent ait pour dernière lettre un e, quelques adjectifs, tels que ttoÔ-eivo'î, désirable , de to>8(oç\ gén. -ou, désir ; eùài-eivoç, serein , d’eù^i(a), temps serein; èpax-eivo'ç, synonyme d’èpax(d;), aimable; rex- -etvoç, volatile , de •xéx(oy.ai), voler , etc.
VIII. Les poètes remplacent quelquefois ewd; par ewo;. Exemples : àpy-givdî et àpy-evvdç, synonymes d àpy(oç) , blanc ; «pa-tivdç et ça-evvd;, brillant, de <pao;, gén. çat-oî , lumière; gpeë-swdç, ténébreux , d’i'peêo; , gén. èpéÇe-o;, obscurité.
IX. Dans un petit nombre d’adjectifs, voç est précédé d’un ri , et dans quelques substantifs d’un ut, qui tantôt appartiennent au radical du mot primitif, et tantôt sont insérés entre le radical et le suffixe. Exemples :
1° Xxpi-voç, mur, d’âxpf, le plus haut point, maturité; 7MT-7)vdî, volatile, de 7rtT(ou.ai), voler ; û-ï|vo';, de porc, de u(ç), porc; ■ .
2° Tl-wvdî , petit-fils, vient de ui(dç), fils. Dans xoivü)v-o{ , synonyme de xoivwv , compagnon , et jieXe- Xwv-oî, gardien , de (itleSiow, soin, le suffixe est plutôt q; que vdî.
voç, gén. vto? (voy. § JÉ9j. • .
Ce suffixe est rare. 11 forme les substantifs xxt)-vo«, possession, de xxà(ou.ai), posséder ; xépu-vo; , terrain séparé, de xeaeîv (xsu.s-aiv) , aor. 2 de xtpLvw, couper, et probablement aussi &x-vo;, don , qui parait se rattacher à $o, radical de jtôcopù, donner.
oio, gwi. oîa;, voy. la, § 84.
oio<, oi«, oiov, voy. io<, i*, tov, § 94.
ov, gén. ou (voy. § 130).
I. Ce suffixe, qui n'est autre chose que le neutre du suffixe oç, de même qu’a, z, en est le féminin, sert à former : 1° le neutre des adjectifs en o Exemple : masculin «cyaô-o;, neutre à-pxH-ov, bon;
2° Des substantifs neutres, qui different, tantôt par la désinence seulement , tantôt par la désinence et par le sens, quelquefois aussi par l’accent, d’autres substantifs masculins (en o«) ou féminins (en a). Exemples : -kKvj o-«, irtaup-ov, côté ; yaui-oç, ■yaîff-ov', sorte de lance ; aÔ/.-o? , combat, aOX-ov, prix du combat , etc.
On distingue parfois, au moyen de cette désinence ov, le nom du fruit du nom de l’arbre qui le porte. Exemples : oôti-ov, poire, art-o;, poirier ; spive-ov, figue sauvage, tpive-o';, figuier sauvage ; xapo-ov, noix, xap«-«, noyer. — Rapprochez encore è"Xai-ov, huile , d’&at-a, olivier, olive , et d’êTXat-o;, olivier sauvage.
3" Prennent aussi la désinence ov, sans changer de sens, les substantifs £âxpt>-oy, synonyme de àaxpo, larme , et jîdrpu-ov, synonyme de {&*pu(ç) , grappe.
De 77eXex(uî) , hache , on a formé 7tD.*xxov, manche de hache,
4° Quelques substantifs qui, comme mots simples, ont la désinence masculine o? ou appartiennent à la troisième déclinaison, prennent en composition la désinence ov. Exemples : Si-o'êo>.-ov , pièce de deux
I. Mot gaulois ( gtes-tini , dans César, de B. G., III, 4). On trouve^ dans les ' dialectes eelti<|ues ceis, cnir. Comparez h. allem. kér.
230 DK LA FORMATION DES MOTS
oboles , de <5tç , deux fois , et d£o>-o ;, obole', aeTaypev- -ov, r/ay, de [X£Ta, après , et <ppv;v, péricarde , cœur.
Dans (xeuotêov, nom de la courroie qui attache le joug au timon, formé de peVdc), qui est au milieu , et de (3oùç, gén. po-d? , bœuf, ov prend la place de l’o final du radical de (io(dç).
Remarque. Quelques substantifs ont le singulier en oî et le pluriel soit en a seulement, soit à la fois en oi et en a. Exemples : «pipoç, bride , pluriel «pipa; i-oç , trait , pluriel i-oî et t-o«.
II. Le suffixe ov forme encore quelques substantifs primitifs, comme epy-ov, œuvre, de la racine ép-y, qui sert de radical à plusieurs temps d’epà-w (fut. èp£w), faire, et un certain nombre de substantifs d’origine , obscure ou étrangère, en particulier des noms de plantes, comme nodo-w, poireau , etc.
Rarement l’e de la racine se change en o, comme dans ôi|m>v, tout aliment cuit , de ê«Kw)> cuire.
o;, gén, £0Ç. — «î, gén. eoç.
Selon toute vraisèmblance , le a final de oc fait partie du suffixe, et n’est pas simplement une désinence de cas. Ce a se retranche au génitif et aux autres cas («it-t-o; est pour tn-ta- o;) ; mais , dans d’autres langues qui nous offrent le même suffixe, pous voyons le a conservé à tous les cas, et, en grec même, nous le retrouvons dans un certain nombre de mots composés, par exemple, dans exxta-n a.\%, dow-xwo; , Tï).£<j-<pdpo; , etc.
Le suffixe o;, gén. eoc, figure comme dernier élément dans un certain nombre- de suffixes composés;
sons la forme d’adjectif, son nominatif ordinaire est K* (ç, gén. eof (primitivement eor-oç).
I. Le suffixe of ne forme que des noms neutres: 1° des substantifs abstraits, tirés de racines ou de thèmes verbaux, comme yôô-oç, joie, de -pô, radical de YY!0(éw), se réjouir; é/Ô-oç, inimitié , d’?y0(w), haïr; «x-oç, remède , d’ax, racine d’àx(tou.ai) , guérir, etc. ;
2° Des substantifs qui expriment l'effet, le produit de l’action du verbe. Exemples : br-oç, parole, d'in, racine d’«is(*tv), dire ; Xay-oî, sort, part, de Xay(eîv), aor. 2 de Xayyavw, obtenir ( par le sort) ; xXd-o; , gloire , de x>i(o|iai), être connu , fameux , etc. ;
3° Quelques noms abstraits, tirés d’adjectifs, comme xâXX-oç , beauté, de x«X(dî), beau. Remarquez dans ce substantif le redoublement du X. — Dans [liy-i-ÔQç, grandeur , le suffixe est 8oç. 11 se joint, au moyen de la voyelle de liaison t, à (t*y> radical de grand; » <- ■
4° Un certain nombre de mots d’origine obscure, comme âyy-oç, urne; acyx-oç, fond , etc.
Remarque. Dans les noms qui se terminent par le suffixe oç, la racine ou le thème ne subissent aucune altération.