Pind., O/., I, HO et
2. Il arrive souvent que l’attribut ne peut pas se rejeter à la fin, parce qu’il ne fait qu’un seul mot avec le Vei be. Dans ce cas, toutes les fois que le verbe adjectif n’est pas simple ou indivi-
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quand elle est subordonnée par le verbe , sur qui tombe en effet surtout la dépendance; de placer en dedans toutes les nuances , tous les déterminatifs , tout ce qui ne fait que modifier ou compléter les termes principaux. : au dehors et comme enceinte les gros murs, au-dedans toutes les dépendances. Cette habitude d’isoler les propositions et les phrases, d’en faire autant d’unités bien arrondies , donne à l’alle-
sible, on en détache tout ce qui s’en peut détacher, et l’on porte à la fin de la proposition, pour la clore, à défaut de l’attribut tout entier, une des parties de l’attribut, qui marque sa place et encadre la pensée. J’en citerai pour exemple une phrase où Jean Paul Richter défend la liberté de la construction allemande contre une assertion de Mme de Staël : „$enn Ijefct nidjt im @egentf)eil gerabe utiferè @prad)e aKeitt unter attm neuern jebeS 2Bort, jeben Oirtetljeil ofjne ’Jtu8naf?me — ja fogar, wie f)ier fornrnt, fin Çal&eê SBort — oljne 3>t>ang jum îCefertwein beè auf?". Cette phrase, très-bien faite, qui est tirée d'nn recueil de critiques fort spirituelles, publié par Jean Paul et intitulé Klcine Buclierschau, prouve sans doute qu’on peut, en variant les types de phrase, produire des effets de construction et de style très-divers et souvent très-heureux; mais elle montre encore mieux la puissance et la rigueur du type. Le tour est interrogatif; les termes principaux devraient donc se construire ainsi : Verbe , sujet, attribut. Mais le verbe auffjebt ( pour ifi auffiebenb) renferme, comme le montre, cette décomposition logique, le verbe et l’attribut. L’attribut ne peut donc passe renvoyer tout entier. Que fait-on pour obéir, autant qu’il est possible , à la loi de la construction ? On détache le préfixe auf et il va , au lieu et place de l’attribut complet, se mettre tout à la fin, comme borne de la phrase.
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mand, pour la syntaxe extérieure, une force synthétique qu’aucun autre des idiomes dont nous avons parlé n’a peut-être au même degré. Elle répare ainsi les ravages de l’analyse depuis longtemps sensibles dans cette langue par l’appauvrissement des désinences ou sigDes des relations. La synthèse agrandit son cercle d’action : elle est devenue moins sensible dans le mot même , elle le devient davantage , par compensation, dans la phrase.
Quant aux idées accessoires et aux mots qui les rendent et qui sont enfermés , nous l’avons dit , audedans de la phrase, par un arrangement qui ponctue en quelque sorte les propositions, ils ont aussi chacun leur place assignée. Cette place se règle sur l’échelle même de la détermination. La grande loi, et l’on dirait que c’est un emprunt fait par la syntaxe extérieure à la syntaxe intérieure , à la formation même des mots, c'est que les modifications précèdent les idées modifiées, que le mot déterminé n’apparaisse, en général, dans le discours, que précédé de tout son cortège, de tout ce qui le complète et lui donne sa valeur actuelle et relative. Nous venons de voir que , dans la construction allemande , la proposition était une unité collective et complexe, bien séparée; chacun de ses termes en est une autre, bien marquée aussi par la place des éléments dont elle se compose , et qui figure comme partie dans celte première unité, plus compréhensive, de la proposition. Il y a une locution grecque qui rend fort
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bien compte de ces ensembles composés qui ne font qu’un : oi irepi XXsçav&pov, c’est Alexandre tout seul, parce que tout son entourage n’est là que pour lui , ne vaut que par lui , et n’est , pour ainsi dire , comme on l’a dit de la propriété en général, qu'une extension du moi.
Cette régularité, à la fois méthodique et variée, de la construction allemande est tempérée par une grande faculté d’inversion , dont les poètes ont souvent tiré, pour l’harmonie comme pour le mouvement de la pensée, un admirable parti. Qn’on lise, par exemple, dans Schiller, la ballade du Plongeur ou celle du Gant , on n’y trouvera aucune inversion sans motif et de simple fantaisie; on sent, et c’est en cela que la langue allemande diffère des idiomes classiques, que chacune d’elles est une exception, une licence que le poète a le droit de se donner, que l’idée ou l’image, ou l’harmonie appelle, toujours cependant une licence; mais cela ne l’empêche pas , tout en restant dans les bornes du goût , de produire tous les effets de stvle et d’harmonie imitative
qui peuvent embellir la pensée. Seulement on sent, je le répète, que ce sont des hardiesses, que c’est le fait du poète plutôt que le cours ordinaire de la langue; et, par cela même, elles servent à mieux distinguer la manière de la poésie de celle de la prose, l’originalité de chaque auteur de celle de tout autre. Tant il est vrai, comme je l’ai déjà dit, au sujet de notre propre langue , qu’il n’y a pas pour le génie
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d’insurmontable obstacle , qu’il sait toujours se dégager, se frayer sa voie. Il y a si l’on peut ainsi parler, comme un double instinct de la parole : l’un national et actuel, propre à un temps, à un pays, c’est le maniement de notçe idiome sous sa forme présente ; l’autre humain , universel, c’est le jeu libre et absolu de la faculté générale du langage, qui fait le fond de toute langue, mais y est modifiée plus ou moins , tantôt aidée , tantôt gênée par des influences diverses et des habitudes relatives. Ces deux instincts et ces deux facultés se tempèrent réciproquement dans les esprits d’élite, et ils savent toujours plus ou moins parler, dans leur propre idiome , la langue de tous.