‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 48 sur 120 · Voy. la Gr\ comparative de M. Bopp · texte numérisé non relu

Voy. la Gr\ comparative de M. Bopp

kship-d , «jet, action de jeter», de la racine kship, «jeter» (masc. correspondant kship-n , «jet » ou « qui jette »); chid-d , « fente », de ch/d, « fendre » (sans masc. correspondant en a , mais on dit ch/d , sans suffixe, dans les deux sens analogues à ceux d e -kship-n) . Rien ifest plus facile, comme l’on sait, que le passage du séns abstrait au sens concret ; ainsi guh-d, de guh , « couvrir, cacher », prend la signification de «cachette», de «caverne» (voy. § 149); jar-d , de jri, «s’affaiblir, se consumer», celui de «vieillesse «.Quelquefois la racine , devant ce suffixe, reçoit le guna : ainsi le'kh-d, « trait, ligne, écriture», de likh, «écrire » .

Comme suffixe de formation secondaire, d s’adapte fréquemment aux formes dcsidératives (voy. § 217). Exemple : pi-pd-s-à , «envie de boire, soif», de p/l, « boire » (désidératif pi-pd-s-ati, « il veut boire »).

Comparez les suffixes grecs a, n, § 41 *.

En latin, le suffixe// ne garde pas, comme ordinairement en grec, sa quantité primitive (Pu s’abrége) ; mais il forme également des noms d’action ou d’objets agissants : par exemple , cur-a (d’où vient curare), « soin , action de soigner* »; fug-a, « action de fuir,

1 . Nous avoDS dit au § 95 que dans te suffixe grec c;, t(8), qui sert à- former des patronymiques féminins, comme Ilptau-iç, llpiau-îo-oç, le S pouvait être considéré comme inorganique. Il s'ensuivrait que cette formative grecque iS serait le substitut du suffixe sanscrit î , que nous avons mentionné comme la seconde forme féminine du suffixe sanscrit a. Nous avons aussi fait une remarque semblable au sujet de -aç; -»8(o<), qui, eu ne tenant pas compte du S, serait, de son côté, un équivalent du suffixe sanscrit tf.

2. M. Bopp {fir. comp. , § 92-1) dérive, avec une très-grande vraisemblance, le radical cur (de cura ) de la racine sanscrite tri, « faire » [kar-âmi , je fais ; kur-/nas , nous faisons). Cette même racine seretrouve, d’un autre côté, dans le verbe latin cre-are.

fuite », de la racine de fug-ere, « fuir » ; tnih-a, « lierse, traiucau», de trahere , «traîner»; und-a , « onde », qui a le même radical que l’adjectif ud-us (rem arque/ le «inséré dans la racine, et voy. § 214, I, Rem.).

Ce suffixe a passé aussi, avec une signification analogue, dans les langues germaniques. En gothique, il forme des thèmes féminins en 6 '. Exemples : gib-é, «don, action de donner» (de la même racine que gib-ati, «donner»); bid-ô, « prière, objet delà prière » (même racine que bid-jan , bid-tui , « prier»); tlail-é , « participation » (comparez dnil-i , « part », p. 283).

Dans l’ancien haut-allemand, dans Otfrid, par .exemple, nous trouvons encore les formes geb a (ailleurs g/b-<i)t dail-Q. (dans le sens de « partage »), bid-a ; mais plus lard la finale s’efface en un e mi-muet : (d/b-e, «don », Bitl-e , «prière».

3° Suffire sanscrit i!. Le suffixe i (nomin. masc. et fém. i-s , neutre /') forme en sanscrit des noms abstraits du genre féminin. Exemples : luïsh i, « labourage», de la racine kris/i , «labourer»; sac-i, «amitié», de la racine sac, «suivre»; lip-i-s, «écriture », de ///->, « oindre » ;

Des noms d’agents ou d’instruments. Exemples : vas-i, « habit », de vas, « vêtir, revêtir » ; pac-i, « feu », de pàc, « cuire» (ces noms d’agents prennent sou-

1. MM. de Gabelentz et Loebe, dans leur Grammaire de la langue gothique, considèrent a comme la voyelle finale du thème (Grundform). M. Bopp pense que la forme des thèmes esf plutôt gib-6, rfatl-â , etc., et la voyelle d ligure en effet, dans la déclinaison, à tous les cas du pluriel et au génitif singulier. Dans la langue gothique, dit-il ailleurs (§ 91 i, note), aucun thème féminin ne se termine en a.

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