‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 53 sur 120 · III. SCFFIXES FORMÉS DK VOYELLES ET DE CONSONNES · texte numérisé non relu

III. SCFFIXES FORMÉS DK VOYELLES ET DE CONSONNES

Ici encore nous ne pourrons qu'effleurer notre sujet; mais nous n’aurons pas besoin d insister beaucoup pour montrer aux personnes les moins familiarisées avec ces sortes de comparaisons , combien est étroite, dans les procédés de dérivation dont nous nous occupons ici, l’affinité des idiomes. Ce n’est pas seulement dans les grandes lois, mais souvent jusque dans les plus petites habitudes, que l’on retrouve les traits de famille et les marques certaines de la communauté d’origine.

Dans les suffixes formés de voyelles et de consonnes combinées, le mot déclinable, quand c’est la consonne qui est finale, appartient à la déclinaison que les grammaires grecque et latine appellent imparisyllabique et ordinairement; quand c’est la voyelle, à la déclinaison parisyllabique. Les consonnes formatives qui terminent le plus volontiers le thème déclinable, sont les dentales, les gutturales, les liquides r et u. Dans les langues dont nous parlons , les labiales jouent plus rarement le rôle de consonnes de dérivation '.

i. Nous avons déjà parlé ailleurs (p. Iî>9, note 1) d’une iliéorie qui classe les muettes selon leur poids et le degré de force de l’articulation. Dans celle échelle, les gutturales tiennent le premier rang, les labiales le second, les dentales le troisième. Il est remarquable, et du reste assez naturel, que ce soient les consonnes les plus fortes et les plus faibles qui dominent dans la dérivation, et que

Quand la consonne est suivie d’une ou de plusieurs voyelles , il y a ordinairement une combinaison de plusieurs suffixes, ou au moins d’une consonne avec l’un des suffixes "dont nous avons parlé en premier lieu , a , i, u ; c’est pour préciser et déterminer davantage le sens du dérivé, que la consonne vient se préposer, soit seule, soit précédée d’une autre voyelle, à l’un des suffixes primitifs.

1° Serni-voyelies , r, 1. On peut regarder les suffixes où figure l, comme originairement identiques à ceux qui ont pour lettre dominante r. Nous l’avons déjà dit plusieurs fois, „rien n’est plus commun que la permutation de ces deux liquides. Elles forment un grand nombre de suffixes, d’un aspect très-varié, à cause de la diversité des voyelles dont la liquide est précédée ou suivie. Un autre principe de variété dans la forme des suffixes où entre le r, c’est la facilité avec laquelle cette semi-voyelle se déplace pour être, tour à tour, initiale ou finale (le n a quelque ressemblance avec le r, à cet égard : yao-rvip, yanTpa, roipfv, itoi'pivi] , etc. ; voyez plus haut, § 37, 5°). Enfin les deux liquides / et r se combinent très-aisément avec d’autres consonnes formatives, pour faire des suffixes composés (aX-i-jiOî, aX-a-io; , T-wp, T-pov ,

T-Tjp-lOÇ, etc.). rÿ

Les suffixes où ces liquidés ne sont accompagnées que de voyelles serventà la formation, soit primaire, soit secondaire ; ils s’adjoignent à des racines ou à des radicaux, pour former des noms ou des adjectifs, surtout des adjectifs : un certain nombre des noms où

les moyennes, qui caractériseraient d’une manière indécise, en soient, dans certains idiomes, à peu près exclues.

tÛO DE LA FORMATION DES MOTS

ils figurent ne sont que des adjectifs employés substantivement. Ainsi, en sanscrit, di/t-ra , « brillant », de di/> , «brûler, briller»; bhad-ra, « salutaire, heureux», qui primitivement parait signifier aussi beau, brillant (on le dérive de b/innd, qu’on traduit par « être heureux », et qui n’est qu’une forme allongée de la racine bhü, «briller1 #); cand-ra , « lune » , proprement « la jaune, la blonde, la brillante », de cand *, « briller».

A la suite du r, la voyelle finale la plus ordinaire en sanscrit est a (répondant, comme nous l’avons dit, à l’o et à Vu des suffixes nominaux grecs et latins); cependant, au lieu de ra, on trouve aussi ;7 et ru, mais seulement dans un petit nombre de mots sanscrits, dont plusieurs sont de formation obscure, comme jiv-ri, «temps», de jiv, «charmer» et «accroître», qui est peut-être une forme primitive de jiv, «vivre» ; aç-ru , «larme», qui, comme nous l’avons dit, est probablement pour daç-ru (comparez le grec Àax-pu)*.

Le / figure à la placé du r dans des formations comme çuk-la, « blanc » (et dans les Védas çuk-ra, «brillant4»), ùeçuc, «briller»; ari-i-la, «vent», pro-

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