Voy. Bopp, Gr. cnmp
participe, dont le thème est tri , tar, tdr, et du présent du verbe asr/ii. Aux troisièmes personnes des trois nombres de l’actif comme du moyen, ce participe s’emploie seul et sans l'auxiliaire (comme la deuxième personue du pluriel du passif latin, dont nous avons parlé plus haut, - mini ): ihi-td signifie « il donnera »; dd-tdrdu, « ils donneront » (au duel); t id-tdras , «ils donneront» (au pluriel). Comparez à cet adjectif verbal le participe du futur latin en tur- -us, qui, lorsqu'il est employé seul et avec ellipse de l’auxiliaire, joue absolument le même rôle1 2.
Les deux principaux suffixes où figurent , comme dans ces participes, le t et le /•, ont une signification qui se rapproche de la leur, et attachent aussi à l’idée contenue dans le thème une idée d’avenir. L un est le suffixe tri, tdr, en sanscrit; lor, en latin ; xwp, Tr,p, ttîç, tou (avec chute du p), en grec : il forme des noms d’auteurs, c’est-à-dire, des noms qui désignent ceux qui auront, qui ont eu, la capacité, le moyen de faire, qui « feront être, qui créeront telle ou telle chose ». La capacité, le moyen, l’agent, sont antérieurs au résultat, à l’action accomplie, comme la cause à l’effet. L’autre est le suffixe sanscrit tra, fémin. trd, en latin trum, en grec xpov, Ôpov, xpa, Opa : il forme des noms d’instruments, d’auteurs inanimés, c’est-à-dire, des noms qui ont une valeur analogue à celle des précédents’. Comparez, pour le premier suffixe, le san-
1 . M. Bupp est le premier qui ait appelé l’attention sur cette furmedu futur sanscrit (voy. ConJugationssjrstem, p. 26 et suiv.). On trouvera dans sa Grammaire comparative des détails fort intéressants sur les suffixes qui, par leur forme, se rapprochent cle ces participes du futur sanscrits et latins.
2. Dans les Védas, ces formations en tri, tdr, ne servent pas
scrit dd-trï , dd-tdr , nomin. dd-td, au grec ào-r-zip, £o- -tviî, ÿw-T7(p, Îiâ-Tviç, au latin da-tor, mots qui signifient tous «donneur», et sont tous formés de la même racine et de la même finale ; et pour le second suffixe, les formations identiques, quant au procédé de dérivation , vak-tra(m), «bouche», proprement «parleur», de vac , « parler » ; apo-Tpo(v), ara-tru(m)t « charrue », d’âpo'(w), ara' re).
Les langues germaniques sont moins riches en formations de ce genre; cependant elles nous offrent quelques dérivés remarquables où l’on reconnaît ces suffixes : par exemple, le gothique rnaur-thr (thème maur-thra ), « meurtre » (comparez la racine sanscrite mri, rnar, « mourir », le latin mor-ior ); l’ancien hautallemand hlah-tar, «le rire», qui s’est conservé dans l’allemand moderne Ge-làch-ter , et dans l’anglais /augh~ter, qui ont le même sens, etc.
Les noms de parenté, tels que le sanscrit pitrï, pitar (affaiblissement de patar), irarrfp, lat. pater, allem. Fater (goth. faillir , ancien haut-allemand fatar ), ont aussi le suffixe des noms d’auteurs et d’agents.
seulement pour le futur, mais aussi pour le présent, et en effet il n’y a rien dans les lettres dont elles se composent (si ce n’est peut-être l’affinité du r et du .s) qui semble les devoir consacrer spécialement à marquer l’avenir ; mais il est assez naturel que l’idée de futur, plus ou moins inhérente aux noms oit elles figurent, les ait fait adopter peu à peu pour marquer le futur dans la conjugaison. Au reste, parmi les noms, il en est peu qui tiennent autant que ceux-là de la nature des participes et laissent davantage au thème verbal toute l’énergie de sa signification. Dans les Védas ils gouvernent l’accusatif, tant dans le sens du présent que dans celui du futur (voy. Bopp, Gr. comp., § 814).
1. Voy. Bopp, Gr. comp., § 817, et J. Griram, Ü. Gramm., t. 11 , p. 123 et suiv.
L’étymologie de ces mots est fort intéressante, mais demanderait de trop longs développements
5° Diminutifs'1. Le sanscrit n’a point de suffixes de diminutifs, et dans la plupart des idiomes où se rencontrent les formatives qui ont ce sens, elles avaient dans le principe une valeur différente. M. Düntzer suppose que les langues ont employé à cet usage des suffixes qui avaient avec le temps perdu leur signification première. Ce sont surtout les consonnes les plus douces, les plus coulantes, qui jouent ce rôle de lettres diminutives : IV devant des voyelles (iov, (àtov), etc.; les liquides /, r, n , quelquefois la
1 . Voy. Bopp, Gr. compar., § 812. L’auteur fait remarquer que le mot qui désigne « la sœur », a perdu son / en sanscrit, et en latin, svat-ri, svas-dr (pour svast-dr), sor-or, pour sos-tor, tandis que les langues germaniques et slaves ont gardé la dentale : goth. svis-tar, allemand moderne Schtves-ter , ancien slavon ses-tra. D’après l’étymologie que propose M. Bopp, le mot signifierait « la femme sienne, la parente par excellence » , de sva, « suus, sien » ,et d’un mot voisin de si ri, « femme » (ce serait donc un mot composé, et il faudrait diviser sva-sri, sva-stri , et non suas -ri). — ■ Le Prdcrit (voy. l’Introduction, p. 27), tire de ces noms sanscrits en ri, ar , dr, des nominatifs en u, ou, par l’addition du suffixe a au thème des cas obliques, en ara, dm : brdlri , «frère», devient bhâdu ou bhddara ; bhdrtn, « époux » , bhattu ou bhattâra (voy. les Institutions tiiigux pracriticæ de M. Lassen, p. 291). Nous regrettons de ne pas pouvoir joindre » ces notions comparatives un grand nombre d’exemples de ces sortes de dégénérescences qui transforment les idiomes et créent peu à peu des langues nouvelles : les divers dialectes nés du sanscrit, eotnme aussi les langues néo-latines , nous fourniraient de curieux sujets d’étude et île comparaison. Voyez, outre l’ouvrage que nous venons de citer de M. Lassen, la Grammaire des langues romanes de M. Dicz, et pour notre langue en particulier, Y Histoire de ta formation de ta langue française de M, Ampère.