‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 60 sur 120 · Voy, Diintzer, lat. Jfrortb., p. 83 et suiv · texte numérisé non relu

Voy, Diintzer, lat. Jfrortb., p. 83 et suiv

sifflante ( ulus , ctpiov, mi ov, en allemand el, lein, en italien, ut/o, etto, ina, rel/o, etc.); les dentales, surtout redoublées (ilal. etto, français et, ette, etc.). Les gutturales cependant entrent aussi dans ces fondations, mais souvent avec un son adouci par l’aspiration ou par une prononciation qui les rapproche du son des palatales sanscrites ou par la combinaison avec une liquide (allemand moderne chen , italien iccio, latin cutus, culum, etc.).

La langue latine est très-riche en diminutifs. Ce sont surtout des suffixes composés qui servent à les former, et devant ces suffixes le thème se conserve ordinairement bien entier, ce qui fait paraître les formatives plus longues encore : ainsi dulci-culus , mediocri-cu/us, corpus-culum, grandius-culus , quæstiun- -cula, homun-culus . Dans corpus-culum , le thème a conservé son s, qui, aux cas obliques, se change en r (voyez ce que nous disons un peu plus bas, p. 312, du suffixe sanscrit us , grec oç, toç , latin us, ofis, eris, etc.); dans grandius-culus, le s n’est pas la désinence du nominatif neutre, mais la dernière lettre du suffixe primitif de comparatif (sanscrit (pas)’, dans quæStiun-cula, nous avons le thème quæstion- ; dans homun-culus, le thème homon-, qui s’est adouci en homin- dans la déclinaison (l’o ne s’est conservé qu’au nominatif;. .

6° Remarques diverses, Nous terminons ces notions comparatives, sur les suffixes des mots déclinables, par un petit nombre d’observations trèssommaires sur diverses formes intéressantes qui n’ont pas trouvé place dans les pages qui précèdent, et dont nous ne pouvons nous occuper en détail.

a) l^e suffixe sanscrit va, fém. vd, forme un pe-

tit nombre de noms : entre antres, le moi aç-va, «cheval», proprement «le rapide, le coureur1»; puis, des adjectifs de formation primaire, comme pak-va, <t Cuit », de prie, « cuire » ; ou de formation secondaire, comme koça-va, « chevelu » , de ftrça,

« chevelure » , etc. , etc. Cette formative a passé en latin, où elle est tantôt ru-s, tantôt uu-s : al-vu-s, de la racine à'aliere) , « nourrir » , noc-i-vu-s , cad-i-vu-s , conl/g-uü-s, perspic-uu-s, etc. M. Bopp suppose que la finale su-? (ypaç-eû?, ^popisu?) pourrait bien , dans la langue grecque, qui n’a point de v, être l’équivalent du suffixe sanscrit va; il se serait fait une transposition, u (pour v) se serait placé après la voyelle.

Il croît reconnaître aussi, et ce rapprochement est très-vraisemblable, le suffixe possessif sanscrit vat (qui fait âux cas forts vaut , comme ut et mat font ant, rnant ) dans le grec si?, evr-o? (pour Fa?, Fsvr- -o?), par exemple, dans oaxpu-o-îi?, Jaxpu-ô-Evroç.

b ) Nous avons vu le n remplacer le * dans le suffixe ci?, qui parait être bien souvent pourri?; le p, dans Tin? pour rr,p; d’autres fois, il cède la place au r (par exemple, surtout en latin , entre deux voyelles et à la fin des mots*); il se glisse, en grec, devant la dentale , devant le pi (ypuc-ro?, ypi-cr-pia); en sanscrit, de-

1. Voyez plus haut p. 284, note 2. On a souvent énuméré les divers mots qui , dans les langues de la famille, nous offrent la même racine et le même sens que le sanscrit aç-va. En zend aç-pa, en grec ïu-rcoç pour fxxo?, fxFoç, en latin equus (er-e/Af), en lithuanien az-wa, en ancien saxon ehii, dans le composé ehusralc, « servus equarius ». Voy. Bopp. Gr. comp., § 94ÎL

2. Voyez ce que dit M. J. Grimm (t. II, p. 263; de là substitution de r à r dans les langues germaniques.

vaut le k après certaines prépositions; en latin, après ab et ob, devant c, q, p ; enfin, c’est une consonne de nature, parfois très-souple et très-mobile et sujette à beaucoup d’altérations et de caprices euphoniques. De même qu’elle s’insère aisément devant certaines lettres, de même elle disparaît quelquefois entièrement (voy. cependant p. 118 , note 1). Sa suppression, comme nous l’avons dit au § 129, a défiguré un suffixe grec fort usité, oç,’eoç, qui est pour oç, sm; : le ? final du nominatif parait n’être plus qu’une désinence de cas , tandis qu’il fait réellement partie du suffixe. En parlant de l’infinitif sanscrit (p. 299, note 2), nous avons cité la forme -as/, qui est proprement le datif d’un suffixe as. Ce suffixe forme, eu sanscrit, un certain nombre de noms neutres1 dont la signification abstraite se rapproche beaucoup de celle de l’infinitif, par exemple, tej-as , « éclat », de tij, « aiguiser » ; puis, son sens s’est étendu et on l’a employé pour dériver des substantifs de sens et de genré divers, et des adjectifs. Le grec nous présente des formations de même nature : d’abord, comme

1 . Ces noms abstraits en as sont donc à proprement parler, et dans l’origine, en sanscrit, de véritables infinitifs déclinés. Ce rôle nominal, l’infinitif le joue dans toutes les langues ; en grec, l’article lui rendait ce rôle facile; dans le latin, il finit, quoique l’idiome n’eût pas ce moyen commode de marquer les cas et de suppléer aux désinences, par avoir absolument le même emploi. Saint Augustin dit, par exemple : « Videre enim Verbi si videas, forte in en quod vides videre Verbi, ipsum Verbum videbis, ut non aliud sit Verbum, aliud videre Verbi, •• (Ser/n. ad popul., CXXII, to). Et un peu plus haut: « Videre meum quid est?» L’infinitif est bien là un véritable nom indéclinable : il se trouve à trois cas divers; au nominatif, à l’accusatif et à l’ablatif, il est déterminé par des adjectifs qui s’accordent avec lui, il gouverne des génitifs.

nous l’avons dit, dans les noms en oç e(?)o;; puis, dans les adjectifs en e(a)o; qui dérivent de ces noms. En latin, on retrouve aussi ce suffixe : d’une part, dans des noms neutres en us, e-r-is ; us, o-r-is ; ur, o-r-is; ur, u-r-is ; et d’autre part, dans les masculins en os ou or, o-r-is ( le grec a supprimé le s, le latin, selon sa coutume, l’a changé en r entre les deux voyelles).

De cette finale as, o; (parfois aussi a;, soc, en grec), s’est formé par l’addition d'une nasale le suffixe composé nas, en grec voç (So-voç, x-rt-v oç), en latin nus (pig-nus, faci-nus).

M. Bopp reconnaît les formatives as, oç, us dans un certain nombre de dérivés germaniques et croit aussi les retrouver dans le suffixe composé gothique assus , qui forme des noms d’action ou d’état, comme leikin-assus , « guérison , Ôepaireia » , de leikin(on) , « guérir », dérivé du substantif leikeis , « médecin» (comparez l’anglais leecfiy, skalkin-assus, «servitude», de ska/ki( non), « servir, ^ouAsueiv », d eska./k(s), «serviteur, esclave» (comparez l’allem. mod. Schalk, «coquin », primitivement « valet »), etc. La plupart des noms ainsi formés étant tirés de verbes en in(on ), les dialectes postérieurs au gothique, par une de ces confusions dont nous avons déjà vu des exemples , ont fini par considérer le n comme appartenant, non au radical, mais à la dérivation. Dans l’ancien hautallemand, le suffixe était déjà nissa,niss( , aussi , nessi,

nissi, et aujourd’hui c’est la finale si commune niss'.

ji-, l :

1 . Voyez, dans la Gr. comp. ( §§ 931 à 936), tes détails intéressants que donne M. Bopp sur ce suffixe gothique assus (qui est probablement pour tis-tus), et en général sur le suffixe as et toutes ses variétés. Voyez aussi la Grammaire allemande de M . J. Grimtn, t. Il, p. 321 et suiv., et la Gramm. gothique de MM. de Gabelentz

c ) Nous n’avons trouvé jusqu’ici les labiales ', d’une manière bien certaine, dans aucun sufïixe, et nous avons même dit que leur rôle était beaucoup moindre dans la dérivation que celui des autres consonnes. Cependant le latin fait exception, et nous y voyons la labiale douce b figurer dans uh grand nombre de dérivés, surtout dans des suffixes composés, c’est àdire, où elle se combine avec des consonnes appartenant à d’autres ordres. Telles sont les formatives bi/is, bulum , ber , bra, bruni , bris, bre *, etc., et les adjectifs verbaux en bandas , comme conciona-bündus, saude -bandas ou naudi -bandas, lascivi bundus ' (Plaute).

et Loebe, § 148, fin. On pourrait croire, au premier aspect, que nos substantifs français en esse ont de l’affinité avec les formations germaniques en assus, (n)csst, [n)ess(, ( n)isse ; mais quand on compare les finales françaises à l’espagnol eza, à l’italien ezza, on v.oit, comme le dit M. Grimm ( ibid ., p. 329, 4), que la vraie source de ces terminaisons néo-latines est le latin -lia.

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