‹ Traite de la formation des mots dans la langue grecque avec des notions comparatives sur la derivation et la composition en sanscrit, en latin et dans les idiomes germaniquesChapitre 80 sur 120 · Voy. p. 162, note · texte numérisé non relu

Voy. p. 162, note

La même chose a dû arriver dans les verbes, et il est très-probable que y* i'p-w entre autres , est pour une forme primitive yap-i-w , yap-y-w, qui se rapproche beaucoup de la racine sanscrite hrish (/ ïarsh ), qui signifie également «se réjouir1 ».

3° Verbes qui insèrent Une nasale dans leur racine (7* classé).

a) Cette nasale , conformément aux principes de l’euphonie, se règle, en sanscrit comme en grec, sur la nature de la consonne qui la suit. Des racines 7.<xë, rvy , £$, on forme, comme nous l’avons vu (§ 214, 1, Rem.), , vj yy , <xvS; et de même, en sanscrit, de yuj., «joindre », on tire le thème verbal jrunj, avec la nasale des palatales, qui, devant la gutturale, produite par la rencontre de la muette J avec la désinence té, se change en nasale gutturale, yungk-té*; devant le d de la racine bhid, « fendre » , c’est la nasale dentale qui entre dans le thème : bhind é. Cette classe, qui , du reste, n’est pas bien riche en sanscrit (elle ne renferme guère que vingt-quatre verbes) , attache les désinences immédiatement au thème ; seulement, devant les désinences faibles, la nasale s’adjoint un a , et devient na : yu-na-j-mi , « je joins », bhi-na-d-rni , a je fends ».

b) Eh grec, les Verbes comme 7«jtê-*v-w, p.avô-av-w,

* ^ Voy,, sur toute cette classe de verbes, la solide et lumi-

neuse discussion de M. Bopp, dans son Système d’accentuation , ,'-?K 1Và. S 84, et note 22.

v 2. Dans cette transcription, ng représente une seule lettre, la

nasale, des gutturales^ /

ne se contentent pas de l’insertion de la nasale dans la racine ; ils la répètent en dehors, entre le thème et -les désinences : c’est comme un équivalent du développement no, que nous venons de remarquer en sanscrit; ou plutôt il semble qu’ils aient ajouté au caractère de la 76 classe celui de la 9% dont nous parlerons bientôt. Une autre différence du sanscrit et du grec, c’est qu’en grec , outre la nasale intercalée, ces sortes de verbes ont les voyelles o, e, insérées devant la désinence, comme ceux de la 1 rc et de la 6e.

c) En latin, la nasale s’introduit de la même manière dans la racine : fi-n d-o (parf. fid-i, fis-sum , par assimilation) , franco ( freg-i , frac-turri). Dans un certain nombre de verbes, elle se conserve même aux formes de la deuxième série : fingo , finxi ( finc-si ), ficturn. Nous avons vu de même en grec, chez les Ioniens., les formes 7ap.^opai, ).ap.«pÔ^vai (de Xapêavoi).

([) Dans l’allemand moderne, nous trouvons encore aujourd’hui des formes qui paraissent suivre les règles de formation de cette 7e classe. Ainsi bri-n-gen, « apporter » , présfent ich bri-n-ge , participe passif ge- • brach-t , prétérit ich brach-te y. de-n-ken, « penser w, ge-ilach-t, ich dach-te. Dans l’ancien haut-allemand, bring-an tantôt garde et tantôt perd la nasale, au prétérit et au participe passif*. Dans Ulfilas, l’inlinitif est bri-g g-an (le g sert en gothique, comme en grec, de nasale gutturale), et le prétérit brah-tn. De-n-ken (gothique tha-g-k-jan , ancien liaut-alle-

i . Otïrid dit au prétérit er bra-n-g, sic bru-ri-gun, et ailleurs er brah-ta. Au participe passif, on trouve pru-u-gan et brah-l.

mand da-n-k-jarî) perd son n dans ces deux anciens idiomes, comme dans l’allemand d’aujourd’hui , au prétérit thah-tn , dnh-ta. Le participe passif gothique est thah-t(s)1.

V Serbes qui insèrent u ou nu entre le thème et la désinence (5 ' et 8e classes).

Ces deux classes, dont la première insère nu, la seconde u, ne comptent guère à elles deux, en sanscrit, que quarante verbes. L’a se change en 6, par le guna, devant les désinences légères. Exemples : Rac. ci, « amasser », ci-nô-mi, «j’amasse », ci-nu-mas, « nous amassons». Nous n’avons pas besoin de dire que c’est parmi les verbes en ujtt, vujai (voy. §§ 197 et 199), qu’il faut chercher les verbes qui répondent à cette classe sanscrite. Voy. aussi, aux §§ 213 et 221, un petit nombre de verbes grecs qui ajoutent à ces suffixes des désinences commençant par une voyelle, c'est-à-dire, par la formative de la lr* classe.

Il est remarquable qu’à la première personne du singulier, c’est-à-dire à la forme où la racine sanscrite prend le guna (ainsi de tan, » étendre », on fo'rme la 1rp pers. s. tan-é-rni)', les verbes grecs en upa , la forme identique -rav-u-ju, par exemple, allon-

1 . Je ne parle pas des deux verbes irréguliers stehen et gc/icn, dont la forme ancienne est en goth. standan et gaggan, en anc. haut-allem. gangan et gdn, stdn. C'est la forme iddja qui sert de prétérit à gaggan dans L'Hilas (cependant gaggida se trouve dans S. Luc). Quant à standan , il fait au prétérit stol/t. Les anomalies de ces deux verbes nous entraîneraient trop loin. Voy. ce que dit M. Bopp, dans sa Gr. comp., p. \ î2, du changement de la racine sanscrite ttd en cette forme germanique stand.

gent leur -u, tandis qu’ils ont la brève, comme les verbes sanscrits, à la première personne du pluriel : tan-u-mas , rav-u-jjuç , -rav-u-^sv1 .

5° V erbes qui insèrent nà devant la désinence (9e classe ).

Devant les désinences pesantes, \'d long s’affaiblit en ( long. Exemples : Rac. sku, « couvrir » , sku-nd-mi , «je couvrè », sku-nl-mas , « nous couvrons ». Il suffît de jeter les yeux sur une grammaire sanscrite, pour être frappé tout d’abord de la ressemblance de cette classe de la conjugaison sanscrite, qui contient environ cinquante-deux racines, avec les verbes grecs en vt-jai et en vu (voy. §§ 198 et 214). Ces derniers, les verbes en vw, et c’est une addition que nous avons déjà remarquée souvent , prennent en outre les voyelles qui remplacent la formative a sanscrite de la 1re classe.

11 serait possible que, parmi les vçrbes grecs en av-co (§ 214), il y en eût aussi qui se rapportassent à cette division : c’est la même formative dans un ordre inverse ; il peut se faire d'ailleurs que le suffixe complet ait été primitivement, même en sanscrit, ana. Comparez les verbes grecs en avi-w, §211.

M. Bopp rapproche, avec raison, des verbes de la 9e classe les verbes latins qui prennent, aux temps

1. Voy. la Gr. compar. de M. Bopp, § 1Ü9, a), t. Le savant grammairien rapproche des verbes de cette classe quelques verbes gothiques dont le thème se termine par un v, qui pourrait bien être un vestige de la formative u. De ce nombre seraient, par exemple, sigg-v-nn , «chanter», prêter, sagg-v ; saiwan, «vpir», pré'.ér. uuv.

de la première série, la formative ni (et devant r, ne) cer-ne-re (crervi) , ster-ne-re [stra-id), sper-ne-re ' ( spre-vi j, li-ne-re ( li-vi et le-vi), si-ne-re (si-yi), cerni-r/ius , ster-ni-mus1 , etc.

Nous avons déjà parlé plus haut (à la fin du § 28 bis, p. 1 39) des verbes gothiques qui se forment par l’ insertion d’un n. Ce sont des thèmes de dérivation secondaire ; ils se tirent d’aulres verbes, de conjugaison, soit forte, soit faible. Comme le n y est suivi des voyelles que nous avons considérées comme les substituts de la formative a de la 1re classe sanscrite, ils ressemblent , quant aux lettres intercalées, aux verbes grecs t é(A-v-w, ^ax-v-w, aux latins ster-n-u, sper-n-o ; mais, en réalité, ils viennent de participes passifs et sont des verbes nominaux. Exemples : Infinitif [tind^mmUna-n, « être délié », XüeaOat, de bind-an , « lier ».

6° Verbes qui insèrent aya" devant la désinence (10e classé).

Les verbes de cette classe ont cela de particulier, comme nous l’avons déjà dit , qu’ils gardent ay, c’est-à-dire leur formative, moins Va qui leur est commun avec ceux.de la première, dans les temps

i . Bopp, Gramm. compar. , § -496.

2. Ster-ni-mus, comme le fait remarquer M. Bopp, est en quelque sorte identique avec le sanscrit ftri-ni-mas , bien qu'il ne faille pas regarder ici l’t latin comme remplaçant l’t long sanscrit. La racine strï, strt, est à la fois de la 5* et de la 9* classes.

3. La vraie formative est t, plus Va de la 1” classe et devant cet a, et devant les voyelles de liaison, l’i par le guna se transforme en ay.

généraux. En grec, c’est parmi les verbes en au», tu, ou, et parmi ceux en Çu (a£u, i&o), et en sou1, qui se tirent de racines et non de thèmes nominaux, que se trouvent les verbes qui rentrent dans cette catégorie ; en latin, parmi ceux en e-o ( mon-e-o , mon-ë-re ), a-o (contracté en o, am-o, am-â-re). et io ( aud-i-o , aud-ï-re). Ce sont les verbes en io , I re, qui semblent avoir conservé le plus fidèlement, en latin, ce type de conjugaison : ils gardent, après leur formative i (qui représente la semi-voyelle sanscrite y), les voyelles de la lre classe, autres quV; le concours de. deux i produit une contraction. En grec, tous les verbes contractes conservent aussi les deux voyelles ou des traces manifestes de leur fusion. Remarquez que, dans les deux langues classiques, ces voyelles formatives ne sont pas restreintes non plus aux temps spéciaux, mais s’étendent à toute la conjugaison (ti p-ri-cw, am-a-vi ) : les verbes latins en eo , et quelques verbes grecs que nous avons déjà cités, font seuls exception : mon-e-o , mon- ni *; %w.- -e-co, £<*> f'îfj/.-cw), etc. ‘ >

En gothique, la plupart des verbes de la conjugaison faible ont la figurative y . Exemples : lag- -ja-n, «placer», présent de l’indicatif lag-ja, la g- iis, lag-Ji-lh , etc. A certaines formes de la conjugaison, et le nombre de ces formes varie;, selon la nature des verbes, le y se remplace par un /, qui, avec un i suivant, se contracte en ei : aux trois personnes

1. Voy. ce que nous avons dit plus haut, p. 363, 363, de l’origine du Ç et du double a dans la dérivation grecque.

2. Les verbes comme fto-o, flc-ei, etc., ne font pas exception à cette règle : IV n'y est point Un suffixe, niais appartient à la racine .

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