GREC, LATIN ET ALLEMAND
Serbes intensifs, cnusatifs, désidératifs et nominaux' .
Nous pourrions ici accumuler les comparaisons et noter beaucoup de ressemblances intéressantes; mais nous nous bornerons à un petit nombre de rapprochements, qui achèveront de mettre dans tout son jour la conformité des procédés de dérivation, dans les idiomes dont nous parlons. Seulement, nous trouverons, comme toujours, une régularité moins constante, et les catégories de dérivés moins nettement déterminées et moins distinctes les unes des autres, dans les trois langues européennes, que dans le sanscrit. r
a). FORME INTENSITE.
Ce qui rend surtout curieuse la comparaison des intensifs sanscrits avec les intensifs grecs, dont quelques-uns ont une signification plus ou moins affaiblie et effacée, c’est que nous trouvons, dans les formes sanscrites, le type des diverses espèces de redoublements , soit réguliers, soit irréguliers, de la langue grecque : 1° des redoublements avec guna, comme ceux qui se rencontrent en grec dans les for-
t. Voy. sur tous ces verbes dérivés secondaires les§§ 740 à 747 delà Grammaire comparative de M. Bopp, qui sont, à mon gré, une des parties les plus intéressantes de ce livre si remarquable.
mes T:ou-TtvX)M , intensif de ttxX'Xw, agiter , p.ai-p.ao«to, se précipiter, être avide, verbes où l’a radica) s’est changé en ai; 2° celui des redoublements altiques, propres aux racines qui commencent par une voyelle, et que nous présentent, sous des formes diverses, les verbes sTi-Aiy», faire tournoyer, ôv-£vyi[x.i, être utile, ix-nâXkiù, intensif d’àral'Xû), bondir, etc.; 3° le type des redoublements terminés par une nasale, cqmme celui que nous avons, en grec, dans resplen-
dir ; en gothique, dans gag-gan ( gan-gan ), «aller1». Ce dernier genre de redoublement est particulièrement usité, en sanscrit, pour les racines qui, commençant par une consonne, se terminent par une voyelle et ont a pour voyelle radicale; mais l’insertion de la nasale dans le redoublement a lieu quelquefois aussi pour des verbes dont la racine se termine par / ou par r : il en est de même en grec dans ri remplir, Tria- Trouai, brûler, yay-yaXÇw, chatouiller , etc. Un a comparé à ces sortes de dérivés les verbes latins tin-linnire, tin-tinnare, formes anciennes, synonymes de tinnire, «tinter», et gin- - grio « jargonner » (cf. yiy-ypaivw, crier comme les ores), etc.
Aux intensifs latins qui précèdent on peut ajouter quelques-uns de ceux que nous avons cités au § 28 bis (p. 135), comme mur-murare, su-surrare (qui
t . Sur les diverses espèces de redoublements en sanscrit, voy. la Grammaire de M. Benfey, §§167 et suiv. Ce savant ouvrage est partout d'une admirable richesse, et renferme sur les dérivations verbales dont nous parlons ici, et en général sur toute* les formes grammaticales de ta langue, des renseignements à la fois très— détaillés et très-précis.