TITRE XI
Construction du Stretto.
358. — Deux parties seulemenl du stretto doivcni, dans loule espèce d.l'ug-ue, présenter la même disposition : ce sont le premier et le demie/ strettos.
359. — Tous (/eux doiveul upparleitir au ton principal de lu fugue, êlre composés de quatre entrées dont l\ dehnikuk seule esl obligée (ibsoluinent de faire entendre le iliènie principal [sujet ou réponse) dans son entier.
Le premier et le dernier strettos ne dillerent l'un de l'autre que par l.» disposition des <>nlrées qui sont plus rapprochées dans le second que dans le premier.
360. — Toutes les autres parties du stretto varient suivant les sujets; on peut y moduler et le nombre des entrées n'y est pas fi.xé d'une façon absolue.
361. — Théoiu(^uemk>t, un stretto dans son ensemble ne devrait ètie composé que d'une succession ininteri-ompue de canons du sujet et de la réponse, canons de plus eu plus serrés à mesure que l'on avance vers la conclusion de la fugue.
Dans l.v I'H.vtioie il en est rarement ainsi : [)cu de sujets se prêtent à des combinaisons canoniques nombreuses, et l'on supplée à l'insuffisance de ces combinaisons par des artifices divers.
362. — On peut résumer comme il suit les différentes manières de construire un stretto :
V Les entrées canoniques du sujet et de la réponse se succèdent sans interruption.
2° Les strettos du sujet et de la réponse sont reliés entre eux par des strettos du contresujet.
3° Les strettos du sujet et de la réponse sont reliés entre eu.x par des divertissements.
Chacune de ces façons de construire un stretto va être étudiée îi part.
363. — l*"'' cas. — Les canons du sujet et de la réponse se succèdent sans interruption :
a. On l'ait un preniier s/irllo compose de quatre entrées, comme il a été expliqué plus haut (§§ 169-170).
h. Immédiatement après le premier stretto, on commence le second, auquel succède sans interruption le troisième, et ainsi de suite jusqu'à la conclusion de la fugue. Pour éviter la monotonie, les strettos successifs peuvent moduler à quelques tons voisins, s(ins cependant faire oublier la tonalité principale de la fugue.
Exemple :
Bach Clavecio bien tempère (fugue 1*")
i^Stretto. ' Réponse^
r'Sfri'fto.
Sujel^
5'Stretto. Sujet tronqug.
364. — Nous rappellerons ici une observation déjà faite : les exemples empruntés par nous aux œuvres des orands maîtres ne suivent jamais la marche convenue de la fug-ue d'École. Aussi ne faut-il pas les étudier à ce point de vue, mais comme des modèles de formes musicales et artistiques. — On peut, môme dans la fugue d'École, s'elForcer d'atteindre au s/i/le et de parler le langage des Bach et des INIozart.
Ce qu'on doit éviter par-dessus tout, ce sont les formules j)lates, banales et convenues que l'on est accoutumé de rencontrer dans les fugues scolastiques et qui n'ont rien de commun avec l'Art. Même en employant le cadre raide et conventionnel de la fugue d'Ecole, on peut faire de la musique. Et ce doit toujours être le but d'un musicien.
365. — On remarquera dans l'exemple précédent que, contrairement aux règles de la fugue dJicole :
1° Le premier strctto présente une seule entrée du sujet suivie de trois entrées de la réponse ;
■i" Les quatre entrées se font à distances inégales de la tête du sujet;
3" Le dernier strctto ne comporte que trois entrées au lieu des cpiatre qu'il devrait avoir réglementairement ;
'i" Les différents strcttos sont présentés dans un ordre ar])itraire, en ce qui concerne le degré de rapprochement des entrées.
366. — P]n somme, dans cet exemple, les analogies avec ce qu'on appelle la fugue d'École sont fort peu nombreuses : elles se bornent à l'enqîloi d'une courte pédale de dominante (mesures 7-8) séparée par deux entrées de la pédale de tonique sur laquelle se fait la conclusion.
Tel qu'il est cependant, cet exemple est à méditer longuement : c'est un modèle accom- ])li du style véritable d'un strctto. Les élèves s'en inspireront dans leur travail scolaire, en évitant les quelques libertés d'écriture et de forme que Bach pouvait se permettre et qu'on trouverait répréhensiljles à l'iu'ole.
367. — -jj^ cas. — Les strcttos du sujet et de la réponse sont séparés par strettos des strettos du contresujet. sujet et du
CONTRESUJET.
Après avoir fait le preuiier slretlo du sujet et de la réponse à quatre entrées
obligées, ou fait un premier slrello du coiilresiijcl <jue suil iiiuiiédialciiiciit, dans un ton voisin, le second stretlo du siijel. Ce second slrello peut, comme il a été dit ci-dessus, n'être qu'à deux parties, quil soit canonique ou non. A ce second stretlo succède un nouveau slrello du conlresiijel, suivi à son tour d'un troisicinv stretlo du sujet, el ainsi de suite jusqu'à la con<'lusion de la f'uoue.
368. — A ce j)oint de vue, la ag"" l'ugue du Clavecin bien tempéré de J.-S. Bach est intéressante et instructive à étudier. La voici tout entière, mise en partition :
Aadaute con moto
E.vp 0 s ition
Oiirrtisst /d'I'" Stretlo du C.S . >
ma.
Sujet au 2^degré
EÏ3
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J ij^'i.
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