TITRE VII
Du Divertissement de la Fugue
DÉFINITIONS. 187. — En analysant une phrase musicale quelconque, on remarque bientôt
qu'elle offre une certaine symétrie causée par le retour à intervalles et à distances variables des mêmes formes mélodiques ou rythmiques.
Cette répétition plus ou moins fréquente de fragments semblables engendre nécessairement une série d'enchaînements harmoniques de même nature : il se produit donc une marche d'harmonie.^ plus ou moins régulière, plus ou moins complexe.
188. — Le divertissement ou développement de la fugue consiste précisément en une série d'imitations plus ou moins rapprochées, formées de frag-
ments du sujet, du contre-sujet, de la coda ou des parties libres entendues dans l'exposition, et combinées de telle sorte que leur ensemble forme une ligne mélodique ininterrompue et reliant naturellement l'une à l'autre les rentrées du sujet et de la réponse dans les tons voisins du ton principal du sujet.
Les tons auxquels on fait moduler la fugue d'école sont, pour chaque mode, les cinq dont l'armature ne diffère du ton principal que par un accident en plus ou en moins, et le relatif mineur ou majeur selon les cas (').
189. — Si l'on prend systématiquement un même trait mélodique très court et qu'on le transpose à divers intervalles, les basses fondamentales déterminées par le premier fragment se reproduiront régulièrement à chaque retour du trait primitif, et la marche d'harmonie se trouvera implicitement constituée.