‹ Traité de la gastro-stomieChapitre 10 sur 50 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA GASTRO-STOMIE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA GASTRO-STOMIE

Tous les chirurgiens qui ont pratiqué la gastro-stomie n'y sont arrivés qu'après avoir fait des tentatives plus ou moins nombreuses de cathétérisme, et après avoir reconnu l'impuissance de ce moyen ou l'impossibilité de le mettre en œuvre. Le malade était alors parvenu à la dernière période du marasme. Aussi ne doit-on pas s'étonner que dans la plupart des cas la mort ait suivi de près l'opération; on devrait plutôt être surpris des quelques guérisons que l'on a pu obtenir. Certains malades même, chez lesquels on se proposait de pratiquer la gastro-stomie, sont morts avant son exécution, retardée pour une raison ou pour une autre.

Nous avons déjà fait allusion au malade de Sédillot, atteint de pneumonie, qu'on ne voulut pas opérer à cause de l'existence de cette affection et qui mourut quelques jours après.

West rapporte également qu'on devait pratiquer la gastrostomie chez une malade affectée d'un rétrécissement syphilitique de l'œsophage, lorsqu'on découvrit des cavernes au sommet des deux poumons. — On renonça dès lors à l'intervention chirurgicale : la malade mourut quelques jours après (1).

Les chirurgiens n'ont pas toujours été seuls responsables de la détermination qu'ils ont prise et de l'insuccès qu'ils

(1) Dublin Jour, of med, science, 1860, t. XXIX, p. 86.

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ont eu à enregisti-er; souvent ils avaient demandé conseil ;\ plusieurs de leurs confrères qui, après examen, avaient été d'avis qu'il fallait opérer. Alors encore l'intervention avançait, la mort : on opérait mal à propos.

Quand donc faut-il opérer?

La nature et le siège du rétrécissement étant reconnus, questions dont nous n'avons pas cà nous occuper ici, le parti à prendre diffère suivant que le rétrécissement est cancéreux ou cicatriciel.

Dans les cas de rétrécissement cancéreux, toutes les opérations pratiquées sur l'obstacle, outre qu'elles sont inutiles, auront pour résultat d'irriter le mal et d'en accélérer la marche. Billroth, entre autres, est d'avis que les malades chez lesquels on emploie la dilatation meurent plus vite que si l'on n'eût rien fait.

L'alimentation par l'œsophage agit encore dans le même sens : ou bien les aliments ne passent pas, et alors ils provoquent de la toux ou des efforts de vomissement, fait signalé dans la plupart de nos observations ; ou bien ils passent, et ils irritent alors par leur contact la tumeur, dont l'ulcération est ainsi avancée, ou l'ulcération dont la marche est rendue plus rapide. Dansles deux cas le résultat est le même : une aggravation du mal.

L'ahmentalion par le rectum, faite pour suppléer au défaut de nutrition par l'estomac, n'a donné dans nos observations que des résultats peu satisfaisants. Dans i6 cas, où ils ont été tolérés par la muqueuse rectale, ils ont été manifestement impuissants à apaiser la faim et la soif et à arrêter les progrès de l'inanition; 5 fois ils n'ont pu être retenus, et 1 fois ils ont provoqué rapidement de l'entérite. Il ne faut donc pas trop compter sur ce moyen, qui jusqu'ici ne nous paraît avoir eu pour

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