‹ Traité de la gastro-stomieChapitre 23 sur 50 · I OBSERVATION DE CURLING · texte numérisé non relu

I OBSERVATION DE CURLING

i'oincntation de Ccamomille sur l'abdomen. A 10 heures on redonna lu laudanum. A 11 heures, lavement d'eau-de-vie, d'arrow-root et le thé de bœuf. Nuit assez confortable ; jusqu'à minuit on donna outes les heures du lait en petite quantité, soit seul, soit avec des timulants; après cette heure la malade ayant une tendance à s'asoupir, et se sentant mal au cœur, avec des envies de vomir dues à 'introduction des aliments, on n'en donna plus que toutes les deux leures.

Le lendemain, pouls très-faible, peau chaude, mais moite; douleur lans le voisinage de la plaie, mais pas de sensibilité générale du entre. On prescrivit d'introduire les aliments toutes les heures; :ette introduction produisit quelques nausées, mais rien ne s'échappa par la plaie. Injection à 11 heures du matin. Dans la soirée, ilfaiblissement rapide; mains, jambes et pieds froids, pouls à peine )erceptible. Mort cà 3 heures du matin, 36 heures environ après l'opé- 'ation.

Autopsie. — Le larynx et le pharynx étaient envahis par un cancer 'pithélial. L'ouverture de l'estomac siégeait à peu près entre les oriîces cardiaque et pylorique, et à la même distance entre les bords supérieur et inférieur. L'estomac, au voisinage immédiat de la plaie, uihérait par de la lymphe récente à la paroi abdominale. Pas de race de péritonite. Viscères thoraciques et abdominaux sains.

Observation VII

Rétrécissement cancéreux de l'œsophage, produisant une obstruction presque complète. Gastro-stomie. Grand soulagement de la faim et de la soif. Mort d'épuisement 31 heures après l'opération (1).

William G., 57 ans, entre à London Hospital le 30 janvier 1866, dans le service de M. Davies.

Marin pendant les quarante-quatre années précédentes ; pas de syphilis, mais de grandes fatigues ; jamais de lésion dans la gorge,

(1) Curling, Clinical Lectures and Reports of the London Hospital, 1866, t. III,

DE lA GASTHO-STOMIE.

et n'en a souffert que dans les quatre dernières semaines; il a maigri et perdu ses forces très-rapidement. Actuellement il est trèsabaltu et tourmenté de sa position.

Syniplômes pendant la première quinzaine. — Corps très-émacié; face Irès-pâle, air hagard, anxieux, apparence trouble des conjonctives; bouche humide et pleine de salive qu'il est obligé de cracher constamment; dents et langue saburrales; haleine très-fétide; sensation très-pénible de faim et de soif, et de besoin, rapportée à l'épigaslre. Pendant les quatre dernières semaines il a vomi tout aliment solide immédiatement après l'avoir pris, et c'est avec la plus grande difficulté qu'il peut avaler les liquides; l'action d'avaler lui cause toujours une douleur intense. La nourriture s'arrête d'habitude brusquement en face delà fourchette du sternum, mais elle semble quelquefois s'arrêter à la pomme d'Adam. Pas de tumeur au cou, et on ne découvre rien d'anormal en le faisant avaler ; l'abdomen est entièrement flasque et rétracté. L'examen stéthoscopique de la gorge, de la poitrine et de l'abdomen donne le même résultat négatif. Des bougies de tout calibre, même une bougie spéciale, petite et flexible, qu'on ht faire exprès, s'arrêtent brusquement, sans aucun spasme apparent, à environ 10 pouces des gencives. Pouls variant de 90 à 110, faible et dépressible.

On prescrivit le repos absolu au lit et une alimentation composée de lait, de thé de bœuf et d'oeufs. Très-grandes difficultés à avaler le lait et le thé de bœuf. L'intestin agit modérément après un purgatif.

Du 12 février au 9 mars, il vomit presque tout ce qu'il prit par la bouche; faim et soif très-vives; malgré les lavements nutritifs, il maigrit considérablement; le 23 on le pesa : il avait diminué de près de 11 livres par semaine depuis l'entrée; son poids actuel est de 71 livres seulement.

9 mars. — Vomissements presque constants, les aliments solides ou liquides pouvaient à peine arriver à l'estomac. On ordonna du hachis de viande digéré artificiellement au moyen de la pepsine et de l'acide chlorhydrique ; il fit tout ce qu'il put pour en avaler un peu et il parut le trouver bon, mais cela, comme toute autre chose, provoqua des vomissements. On dut renoncer à toute alimentation par la bouche et on ne donna que des lavements; comme les médicaments n'apportaient aucun soulagement, on en cessa l'usage.

13 mars. —Mauvais état sous tous les rapports; vomissements constants, faiblesse excessive; pouls plus faible, tendant à devenir inter-

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