‹ Traité de la gastro-stomieChapitre 25 sur 50 · DEUXIÈME OBSERVATION DE SYDNEY JONES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBSERVATION DE SYDNEY JONES

mac est surchargé, on ne donne de nourriture que toutes les trois ou quatre heures. Pouls de 81 à 100. T- 36%6.

28. Onhiifait prendre pour la première fois un peu de viande pilée^ ce qui hiiest très-agréable. Un peu de sang dans les crachats.

:29. Les sutures tiennent encore ferme. Crachats teintés. Le malade avale facilement deux gorgées d'eau glacée, et désire boire du lait. Peau froide. Pouls 96. 37°.

30. A minuit on introduit vingt gouttes d'une solution de morphine avec la nourriture dans l'estomac, pour apaiser Tinsomnie et l'agitation. Sommeil. Sang dans les crachats, rendus facilement en toussant. Pouls 96 à 100. V' 360,6.

oct. Pas de tympanite, pas de sensibilité abdominale ; on enlève deux sutures ; il s'écoule un peu de pus de la partie inférieure de la gaine du muscle droit. Face livide toute la journée ; mains froides. Dans la nuit la nourriture est rejetée par la plaie de l'estomac. Pas de sang dans les crachats. T""" 37". Pouls, à huit heures du matin, 120, faible; à huit du soir, 136, intermittent.

2. — Peut prendre de l'eau-de-vie et de l'eau par la bouche. Les aliments tendent à ressortir par la plaie de l'estomac. Nuit moins bonne; assoupissement, mais pas de sommeil réel. Pouls de 116 à

3. — 10 heures du matin. Le malade est plus mal. Pouls 130. Yeux éteints; subdelirium; gémissements. Cinq heures de l'après-midi, face très-livide ; respiration très-imparfaite ; mort à huit heures du soir. Il y eut prolapsus de la muqueuse, quelquefois dans l'étendue de 1 ou 2 pouces, dans les 2-i ou 36 dernières heures.

Autopsie. — Au niveau de la 1" et de de la 2° vertèbres dorsales, tumeur dure, cancéreuse, ayant envahi les parois de l'œsophage en en respectant la muqueuse. Il restait un passage tortueux, admettant un stylet. Dépôt cancéreux dans le rein gauche.

L'estomac était ouvert à 2 1/2 ou 3 pouces du pylore; bords de la plaie stomacale unis solidement à ceux de la plaie pariétale ; le reste du péritoine était sain.

Partie inférieure des poumons indurée; hépatisation rouge à gauche, grise à droite. Pas de lésions de branches importantes du pneumogastrique.

Observation IX

Rétrécissement de Vœsophage par ulcération syphilitique chez un sujet tuberculeux. Gastro-stomie. Mort de pneumonie au ô-^ jour, 130 heures après V opération (1).

Thomas G., 48 ans, habitudes d'intempérance, admis àGz<î/'s hospital le octobre 1866, dans le service duD"" Habershon; syphilis à 20 ans, mais pas d'autres symptômes depuis.

Quatre mois avant son admission, mal de gorge qui augmenta rapidement de gravité; bientôt, impossibilité de prendre des aliments solides.

Pendant 3 mois, douleur dans le côté droit du cou ; toux pendant 3 semaines. Pendant les 4 derniers mois il avait perdu 28 livres de son poids.

A son entrée il était très-émacié et pâle, la voix faible, l'haleine fétide ; toute tentative de déglutition causait une grande douleur, et alors les aliments étaient toujours et immédiatement rejetés par le nez et par la bouche. La sensibilité du voile du palais était trèsgrande et l'on ne put pour cette raison faire d'examen laryngoscopique ; mais en enfonçant profondément le doigt dans la gorge, on sentait une tumeur dure derrière le larynx.

On prescrivit des lavements nutritifs toutes les 4 heures ; pendant quelques jours il sembla s'améliorer sous l'influence de ce traitement, mais bientôt les lavements ne furent plus conservés, et comme la déglutition restait impossible, l'opération de la gastro-stomie fut décidée dans une consultation entre M. Habershon et M. Bryant.

24 îzof. Opération parM. Bryant, après chloroformisation. Incision oblique, partant de la ligne semi-lunaire gauche, au-dessous du rebord des fausses côtes, dans l'étendue d'environ 3 pouces. L'estomac fut facilement attiré avec le pouce et l'index, ouvert et fixé aux bords de la plaie au moyen de la suture empennée. Pas de difficulté dans l'opération ; pas de nourriture dans l'estomac pendant 24 heures ; on employa les lavements nutritifs. Le lendemain, on introduisit dans l'estomac un mélange de lait et d'œufs par l'ouverture artificielle, et le malade parut reprendre des forces; mais les progrès ne furent

(1) Th. Bryant, The Lancet, 7 juillet 1877, p. 9.

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