OBSERVATION DE SMITH
ties étalées au grand jour, je ne puis glisser de haut en bas une sonde filiforme.
Ouvrant alors la partie inférieure de l'œsophage, je passe sans difficulté un stylet très-fin de bas en haut, et en fendant le conduit on reconnaît que le perluis par lequel passe le stylet débouche non dans le fond de la poche, mais latéralement, à un millimètre ou deux au-dessus du point le plus déclive, au milieu de brides cicatricielles. Cette situation excentrique de l'orifice nous explique comment nous ne pouvions le découvrir ni pendant la vie, ni même à l'autopsie, même en observant minutieusement de haut en bas. Il aurait fallu une chance invraisemblable et une certaine obliquité de l'extrémité de la sonde pour qu'elle enfilât ce rétrécissement. Au niveau et audessous du rétrécissement, les parois de l'œsophage étaient tellement dures et épaisses, le canal, au contraire, tellement étroit, qu'on aurait dit un cylindre plein; peu à peu il augmentait de largeur en même temps que les parois devenaient plus minces, et enfin, 9 à 10 centimètres au-dessous, comme nous l'avons dit, l'œsophage était normal.
Pas d'épanchement dans le péritoine. On voit seulement à la surface des circonvolutions quelques fausses membranes blanches, trèsmolles, preuves de la péritonite. L'estomac est adhérent au pourtour de la plaie des parois abdominales par nos dix points de suture, autour desquels une substance molle, très-analogue aux fausses membranes delà péritonite, représente le commencement des adhérences.
Fèces dures dans le côlon transverse, gaz dans l'intestin grêle. Vésicule biliaire pleine de bile verte. Foie et pancréas sains. Rate normale, un peu grasse.
L'estomac est sain et contient encore un litre du liquide injecté pendant la vie. On ne peut le faire sortir par la fistule qu'en exerçant de très-fortes pressions sur ses parois, tant la hernie de la muqueuse constitue un bouchon efficace.
Observation XIX
Rétrécissement cancéreux de Vœsophage. Gastro-stomie. Péritonile au 5" jour. Mort le 8° jour. (1)
M. B., trente-huit ans, admis à Saint-Bartholomeiv's hospital en (I) Thomas Smith, Trans. of the Clinical sociely ofLondon vol. V, 1872, p. 236.
DE LA GASTHO-STOMIE.
février 1872, dans le service du docteur Black. Patient exlrêmemen éniacié, gène croissante de la déglutition pendant 3 mois. 14 jours avant son entrée, impossibilité d'avaler des aliments solides, et depuis une semaine, disait-il, il n'avait rien pris. Tout liquide qu'il essayait d'avaler était rapidement rejeté. Jamais ni douleur ni malaise dans la gorge que par le passage des aliments. Il n'avait jamais craché ni sang, ni pus, jamais avalé de liquide caustique. Pas de tumeur appréciable dans la gorge, pas de sensibilité à la pression, pas d'engorgement ganglionnaire.
On essaya plusieurs fois de passer une bougie, qui fut toujours arrêtée cà environ 10 pouces des incisives inférieures; en la retirant elle n'était jamais teinte ni de sang ni de sécrétion d'aucune sorte. Pas de signe d'une affection thoracique.
Dans une consultation, on décida de faire des efforts persévérants pour dilater le rétrécissement, et d'administrer pendant ce temp< des lavements nutritifs.
Ce traitement fut suivi pendant quelques jours et le malade sembla en éprouver parfois de bons effets, bien qu'on ne pût faire traverser le rétrécissement que par une mince sonde d'acier. Mais le malade perdait peu à peu du terrain. Toux quinteuse; expectoration abondante d'un mucus transparent et glaireux.
Opération le 21 mars 1872. — Incision oblique sur le côté gauche, à un pouce au-dessous du rebord costal et parallèlement à ce rebord, commençant près de la ligne médiane et finissant à la ligne semi-lunaire gauche. Le muscle droit, l'artère mammaire interne, et quelques fibres du fascia transversalis furent divisés; estomac vide, contracté, et situé en haut sous le diaphragme; on l'ouvrit sur sa face antérieure, près de l'extrémité pylorique; on le fixa par plusieurs sutures métalliques aux bords de la plaie dans la peau; plaie extérieure fermée au-dessus et au-dessous avec des sutures métalliques et une épingle à bec-de-lièvre.
Un tube volumineux en caoutchouc, long de 3 pouces, fermé h son extrémité et muni d'une ouverture latérale, fut introduit dans l'estomac, garni d'une plaque de caoutchouc que l'on fixa sur le ventre h l'aide de bandes ; le tube fut fermé à l'extérieur avec un bouchon, on recouvrit d'ouate l'abdomen, et le tout fut solidement maintenu par une bande de flanelle munie de boucles. Les sutures exerçaient une traction assez considérable, de sorte que la paroi | abdominale présentait une dépression profonde.
Au moment de l'opération, on injecta dans l'estomac un peu de
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lait chaud et d'eau-de-vie, et 4 heures après une demi-pinte de lait avec un œuf, au moyen d'un petit embout adapté au tube de caoutchou c
Le tableau ci-joint montre la quantité et l'espèce de nourriture prise, et son mode d'administration.